Fear Effect (PSX) -- TEST sur GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


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Sorties du jeu : février 2000 (en Europe) - aout 2000 (aux Etats-Unis) - pas sorti au Japon

Développeur : Kronos Digital Entertainment
Editeur : Eidos Interactive
Genre : action - exploration

Version testée : Euro PAL FR
Doublage : français / anglais
Textes à l'écran : français

Support : 4 CD-Roms
Difficulté :
Temps de jeu : 15 heures de die & retry (5 heures réelles)
Multi-joueurs : non

Abréviation : FE1
Titres alternatifs : FEAR Effect - Fear Factor
Prix au lancement : 350 Frs




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Fear Effect









Il y a des
Fear Effect était un prétendu Resident Evil-killer... mais finalement, il est trop orienté vers l'action pour être vraiment comparable
genres porteurs, à succès, qui sont naturellement copiés, parfois améliorés mais dont les jeux d'origine restent généralement ceux qui ont le plus de renommé. Normal, lorsque c'est vous qui imposez un genre, pas vrai ? En fait... pas toujours. Si bien évidemment on pense à Super Mario Bros et aux innombrables jeux de plate-formes qui en ont découlé, pour Resident Evil les origines viennent plutôt d'Alone in the Dark. Mais soit, l'incontestable succès de la licence de Capcom a forcé bien des développeurs à se tourner vers cette nouvelle formule et Fear Effect (qui n'a strictement rien à voir avec le F.E.A.R de Monolith) est clairement de ceux-là. A l'édition on retrouve Eidos, le fameux éditeur derrière Tomb Raider depuis sa première apparition en 1996, et au développement, on retrouve un studio peu connu du nom de Kronos Digital (notez au passage que ce jeu n'est jamais sorti au Japon, alors que l'épisode 2, qui a vu le jour un an plus tard, si... parfois, faut pas chercher à comprendre ce qui passe par la tête des décideurs).
Ce petit développeur américain basé à Pasadena (en Californie) est né en 1992 et au départ, il ne faisait que créer des cinématiques, notamment pour Sierra (un éditeur qui a eu beaucoup de succès dans les années '90 mais qui a disparu en 2008). Le premier véritable jeu de Kronos fut Criticom sur Saturn et PlayStation, ils ont aussi participé au développement du portage Mega-CD d'Eternal Champions puis suivirent 3 jeux que personne ne connait : Dark Rift sur Nintendo 64 et PC (1997), Meat Puppet sur PC (1997) et Cardinal Syn sur PlayStation (1998). Sentant bien que le studio n'a sorti jusque-là que des titres anecdotiques, c'est l'heure de la remise en question, voilà pourquoi leur premier grand succès, Fear Effect, aura mis presque 2 ans à voir le jour. Ceci dit, en février 2000, les temps sont durs pour le jeu vidéo. En effet, il subit une nouvelle crise financière (car de l'aveu même des éditeurs, l'âge d'or des cartouches rapportait bien plus d'argent que celui des CD-Roms), la DreamCast est déjà disponible partout dans le monde (elle a déjà 4 mois sur le sol Européen, 1 an et 3 mois sur le sol Japonais) et la PlayStation 2 sort bientôt (mars 2000 au Japon, novembre de la même année en Europe).
Ceci dit la première PlayStation est un énorme best-seller mondial, elle a enquillé les hits, s'est vendue par palettes entières, au point que Nintendo a vacillé, que SEGA est au bord de la faillite et qu'elle est le support de naissance de licences mythiques dont les noms raisonnent encore aujourd'hui tels que Tomb Raider, Ace Combat, Dino Crisis, Metal Gear Solid, Oddworld, Pandemonium, Silent Hill, WipEout... sans parler de tous ces jeux PC portés avec brio tels que Duke Nukem, DOOM, Diablo, Quake II, Descent ou Command & Conquer.



L'effet de la peur...


Donc développer
Développé par Kronos Digital (un studio jusque-là inconnu) le jeu tient sur pas moins de 4 CD-Roms
un jeu sur une PlayStation que tout le monde a, c'est l'assurance de toucher un max de monde et de (potentiellement) confortablement vendre le fruit de son labeur. Ensuite, rien n'empêchait le développeur de sortir un portage sur les consoles dites Next-Gen comme la DreamCast. Le but de Fear Effect était donc de surfer sur la vague montante du Survival Horror, intimée par Capcom et son Resident Evil (bien qu'ici, on est plus sur un jeu d'action). Une série qui justement, verra sortir 2 nouveaux épisodes en 2000 justement : Resident Evil 3 verra le jour en février, et Resident Evil Survivor sortira en mars (on peut également rajouter que Dino Crisis 2 verra le jour en fin d'année).
Et là par contre, c'était sans doute mal jouer ses cartes car sortir un concurrent en même temps que l'épisode canonique de celui qu'on veut concurrencer, ce n'est pas très judicieux. D'autant plus que Fear Effect n'est pas encore un nom connu et que son développeur est plus ou moins anonyme. C'est sans doute ce qui explique que Fear Effect a reçu de bonnes appréciations (malgré certaines critiques assez vives) mais un succès commercial très tiède. De mon côté, j'ai toujours été attiré par ce titre auquel je n'avais jamais joué. Quelques photos dans des magazines, quelques vidéos par ci par là... mais au final, ce gros jeu qui tient sur 4 CD-Roms m'a toujours intrigué. Car on peut le dire, durant les années '90 les jeux sur plusieurs CDs étaient assez rares. On se souvient bien de Metal Gear Solid et Resident Evil 2 en double-disque, Final Fantasy VII en 3 CDs ou encore Final Fantasy VIII sur 4 CDs... mais ce genre de pratique ne courait pas les rues et pour cause : plus il y a de disques et plus la marge de bénéfice est mince.
Ceci dit, au regard des jeux évoqués, on remarque une chose : les développeurs et éditeurs ne s'aventuraient sur le circuit du multi-disques qu'en étant sûrs de leurs produits. Relisez les lignes précédentes, les jeux sur 2, 3 ou 4 CDs sont tous des best-sellers et de très gros hits !! Donc je me suis toujours dit qu'en tant que fan de Survival Horror, et avec un jeu sur 4 CDs, j'allais forcément en avoir pour mon pognon (même si aujourd'hui, on trouve de très belles occasions pour 20€ environ). En réalité, c'est un peu plus compliqué que ça...



4 CDs pour 4 fois plus de plaisir ?


Au départ,
La fine équipe au complet : Glas, Hana et Deke
le jeu devait se nommer "Fear Factor" (oui, comme la minable émission TV américaine, qui sera reprise par TF1) mais au dernier moment, il prit le nom de Fear Effect, on ne sait pas trop pourquoi (puisque l'émission est apparue bien après le jeu). Bref, procédons de façon méthodique, par l'histoire : "lorsque la fille d'un puissant homme d'affaires chinois disparaît dans le dangereux protectorat hédoniste de Shanxi (qu'on écrit aussi Shan Xi) et ce, dans des circonstances mystérieuses, une équipe de mercenaires est alors engagée pour s'infiltrer dans la ville et tenter de la retrouver en échange d'une prime extrêmement motivante (plusieurs Millions de Dollar$)". Notre trio de héros se nomme donc Hana (la belle et plantureuse héroïne principale, avec décolleté pigeonnant de série et une féminité que les développeurs prendront plaisir à exposer) mais aussi Glas et Deke, les 2 gars qui l'accompagnent (un badass' et un trapu à moustache).
Dès l'intro on est dans le bain... peut-être même un peu trop puisqu'on ne connait rien de nos protagonistes, ni leur motivation (l'argent ? sûrement...) ni leur passif. Mais déjà là, pour ce qui est de la mise en scène ou du design, on s'aperçoit que la vidéo est de qualité, et qu'en plus, il n'y a pas de transition entre la cinématique et le jeu en lui-même. Comme dans Oddworld, ce procédé prouve une belle maitrise du support et de ses capacités en FMV et en 3D. A contrario la vidéo subit une pixellisation assez forte. Evidemment, ça devait passer relativement inaperçu sur les TVs à tubes cathodiques de l'époque, mais sur nos écrans HD d'aujourd'hui, ce genre de détails saute aux yeux. Très vite on apprécie que le doublage soit en français, mais comme souvent à cette époque, il est pris à la légère et on le trouve parfois même grotesque (toutes proportions gardées, ça reste quand même un cran au dessus de Metal Gear Solid).
Par contre, on voit tout de suite les limitations que ce sont imposés les développeurs : les voix sont sous-samplées (donc elles "sifflent") et l'image accusent 2 grosses bandes noires en haut et en bas de l'écran, qui rognent exactement 37% de l'affichage (calcul à l'appui). Heureusement, ça ne gêne pas tellement la visibilité, et l'interface (en bas) en profite pour s'y insérer. Par contre, pour ce qui est de l'histoire, c'est vraiment n'importe quoi !! Je le dis souvent (notamment en regardant une série) : un scénariste peut tout nous faire gober, à partir du moment où c'est bien amené. Or dans Fear Effect, le scénario part dans tous les sens et l'écriture est totalement absurde ! Au fond, cette histoire de réincarnation, d'Enfer chinois et de démons part d'une bonne idée, mais c'est tellement mal fait, qu'on n'y croit pas une seconde, c'est aussi simple que ça...




Les bandes noires rognent exactement 37% de l'affichage,
sans doute pour fluidifier le jeu et faire en sorte
que les vidéos soient moins gourmandes...



Prise en mains et interface ratées !


OK j'ai été surpris,
L'aventure comporte son lot d'énigmes, généralement peu évidentes
et c'était sans doute le but, le contexte est sympa et nous change autant des dinosaures revenus à la vie, que des virus mortels qui déciment les populations. Mais en attendant, Capcom a un savoir-faire que Kronos Digital n'a pas ! La façon dont les choses sont présentées et la manière de mettre le scénario en scène, font que le Virus T est bien plus crédible. Ici le scénario est purement et simplement débile (on sent que le scénariste John Zuur Platten ne buvait pas que de l'eau...), et les développeurs ont sûrement voulu se démarquer à tout prix. En attendant, c'est un fail total ! Ça n'a ni queue ni tête, d'autant plus qu'ils n'ont pas pu s'empêcher de nous coller des boss avec des formes improbables, comme quoi, l'ombre de Capcom ne plane jamais loin.
Alors certes les cinématiques ne sont pas mauvaises et la VF fait qu'on les apprécie d'autant plus. Mais l'écriture est mauvaise et entre nous, ça manque autant de subtilités et de transitions que de cohérence. C'est une déception certes, mais peut-être que le gameplay va améliorer cet état de fait, non ? En réalité, c'est un peu plus compliqué que ça... Fear Effect se joue comme Resident Evil : on pivote sur soi avec gauche/droite, on avance avec haut et on recule avec bas. Jusque-là, rien d'exotique mais vous l'avez compris, Kronos Digital a tout fait pour se démarquer des hits de Capcom donc ils imposent une prise en mains pour le moins déconcertante. En effet, il n'y a pas de menu donc on sélectionne les objets en les déroulant via les touches [carré] et [rond], et on les active avec [triangle]. La tuile c'est que changer d'arme en plein combat est impossible, et activer la plupart des objets à l'endroit précis où ils doivent être utiliser est tout sauf intuitif. Les combats justement profitent d'une sorte de visée automatique : lorsque notre personnage est dans le bon alignement, un icone en forme cible apparait. Une fois encore, c'est peu intuitif, peu réactif (pendant ce temps, nous on se fait dégommer !) et surtout peu immersif ! Pourquoi ne pas avoir repris l'idée de Capcom où en appuyant sur R1, on verrouille l'ennemi le plus proche ?
Pour éviter de se faire toucher, il existe un mouvement de roulade mais c'est aussi ridicule qu'irréaliste (même si ce n'est pas forcément le but d'un jeu vidéo). Et puis bonjour la lourdeur du gameplay : si un portail a besoin d'une clé pour être ouvert, sachez qu'à chaque passage par ce même portail, il faudra rechercher ladite clé et l'activer, ce qui est lourd au niveau du rythme (sans parler des inénarrables allers-retours propres au genre). Déjà pourquoi le portail ne reste-t'il pas ouvert ? Ensuite, cette prise en mains lourd-dingue et peu précise n'arrange rien... à moins que tout ceci ne soit fait pour rallonger artificiellement la durée de vie. En fait, c'est pas bien plus compliqué que ça...



Retry if you die !!


L'aventure
La difficulté est vraiment élevée ! Et si vous activez les cheat codes, c'est la durée de vie qui en pâtira...
est très portée sur l'action, au détriment de l'ambiance (et donc de son aspect Survival Horror). Heureusement il y a pas mal d'exploration et de collecte d'objets, dont certains seront indispensables à la résolution d'énigmes. Le problème, c'est qu'on a aucune indication, aucun texte ne vient étayer le fond de l'histoire, ou même nous aguiller sur la marche à suivre. Le jeu étant extrêmement difficile, chaque zone s'apparente alors à du "die & retry" ! Souvent, on refera plusieurs dizaines de fois chaque zone, pour comprendre comment déjouer le piège, ou comment affronter au mieux les ennemis sans se faire dessouder. Extrêmement difficile et très vite pénible, voire même punitif, finalement ce qui sauve le jeu ce sont les "cheat codes", mais là encore, ça entraine des effets indésirables.
En effet, chaque CD-Rom est une zone différente de l'aventure, un chapitre a clôturer avant de passer au suivant. Le truc, c'est qu'en jouant normalement, entre des énigmes franchement tordues, des ennemis en surnombre et une jouabilité toute pourrie, on meurt souvent, très souvent, trop souvent. Mais soit, par la force des choses Fear Effect vous prendra bien 15 heures de votre temps si vous ne connaissez pas le jeu et ne regardez pas les astuces sur Internet. Mais pour les moins patients, celles et ceux qui vont galérer dès le premier disque (tout en sachant que la difficulté augmente à chaque disque) et subir "game over" sur "game over", activer un petit "god mode" sera forcément salvateur. Le revers de la médaille c'est qu'alors la durée de vie chute énormément : de l'ordre de 5 heures environ. Ainsi vous avez le choix : jouer invincible et ne vous prendre la tête que sur les énigmes, ou jouer normalement et prendre des médocs pour éviter d'encastrer votre PlayStation dans un mur, tout en faisant bouffer la manette au chien et en brûlant le CD sur un autel païen en lançant des jurons sataniques qui feront peur à vos enfants... C'est à vous de voir, au final, c'est pas plus compliqué que ça...
On alterne souvent entre les 3 personnages du jeu, parfois pour une raison évidente de suspense, souvent de façon absurde. Autre détail étrange : régulièrement le téléphone émettra un son, signalant alors qu'on peut sauvegarder. Mais là encore, en voulant absolument se démarquer de la concurrence, le processus parait totalement débile. Déjà on sauvegarde grâce au téléphone, et seulement en se déplaçant sur des zones bien définies. Tout à fait entre nous, je préfère et de loin mes machines à écrire, mes cigles rouges collés au mur, mes ordinateurs ou simplement le passage d'une porte, car là c'est vraiment n'importe quoi.



Des décors à couper le souffle !


Encore un détail
Voilà le genre de décors que nous offre le jeu : des images de synthèses somptueuses et animées. La grande classe !!
particulièrement agaçant : à chaque tir l'interface affiche notre niveau de santé (un électrocardiogramme situé en haut à gauche de l'écran) et ce, avec le bruitage de battement de cœur qui va avec. Ce qui parait être une bonne idée au départ, fini très vite par taper sur les nerfs, déjà parce que ce bruit est dérangeant et surtout parce qu'il revient sans cesse ! Et puis dernier détail un peu fâcheux : si lors des cinématiques les dialogues sont en français, le reste du temps le personnage parle en anglais (notamment lorsqu'il refuse d'exécuter une action). Mais bon, on ne va pas en faire un fromage, ce n'est qu'un détail.
En regardant les bons côtés du titre (car oui, il y a aussi de bonnes choses dans Fear Effect :) j'ai apprécié la maniabilité des déplacements (normal, je joue à Resident Evil depuis plus de 20 ans), la touche courir et demi-tour sont agréablement positionnée sur les gâchettes et s'il n'y a aucune transition lorsqu'on passe une porte (contrairement à son concurrent direct qui en a fait l'un de ses signes distinctifs), on se peut dire qu'à minima c'est bon pour le rythme de l'action et que les déplacements s'enchainent plus vite (dommage du coup qu'il faille réutiliser chaque clé ou carte magnétique pour passer certaines portes). Si Fear Effect tient sur 4 CDs ce n'est pas pour rien. On l'a vu, au fond la durée de vie n'est pas bien longue or généralement, qui dit plusieurs disques dit "jeu long". Alors comme vous vous doutez que ce sera un peu plus compliqué que ça, je vais vous expliquer "où sont passés les données". Pour comprendre ce qui a pris tant de place (puisque le volume moyen de chaque CD de ce jeu fait environ 550 Mo, soit un total de plus de 2 Go, bien loin des 700 Mo de Resident Evil 3) Kronos Digital est allé bien plus loin que Capcom en termes de rendu.
Reprenant le principe de son rival, avec des décors en images de synthèses sur lesquels viennent se greffer des sprites en 3D, le développeur américain a innové en offrant carrément des micro-vidéos en guise de décors. Le résultat c'est que bien avant que Capcom ne reprenne le même principe pour les grands jeux de la marque tels qu'Onimusha 2 ou Resident Evil Rebirth, nous avions pour la première fois et sur la première PlayStation, des décors en images de synthèses animés ! Waow, autant vous dire que lorsqu'on se remet dans le contexte de l'époque, ça avait de quoi impressionner ! Ainsi chaque plan et chaque point de vue est une mini-vidéo de 1 à 4 secondes qui tournent en boucle (un peu comme une image animée type GIF).



PEGI 18


La qualité
On peut le dire, avec la PlayStation les consoles de jeux vidéo ont passé un cap en terme de contenu pour adultes (attention, Fear Effect n'est pas un jeu érotique pour autant)
est évidemment identique à celle des cinématiques, à savoir qu'on a un très bon design, une superbe coloration mais une pixellisation assez prononcée qui, avec les bandes noires, ont sans doute vocation à économiser l'espace disque. Il n'empêche qu'au lieu d'avoir des décors superbes mais désespérément fixes, le fait d'avoir toujours des animations (vapeur, effets d'ombres et de lumière, ventilateurs qui tournent...) donne un indéniable cachet à l'image et offre l'un des plus beaux titres de cette bonne vieille console 32-bits. Par-dessus les décors sont greffés des sprites en 3D qui ont pour originalité d'avoir un design en pseudo cel-shading (je dis "pseudo" car ça n'en est pas réellement... mais on s'en rapproche).
Certes un peu coupé à la serpe, ça n'empêche pas que les modélisations arborent des véritables expressions faciales, des bouches qui s'ouvrent lors des dialogues et des mains pas si palmées que ça. Mieux encore, étant donné que les décors sont des vidéos, on a parfois des changements dynamiques de plans, pour un résultat très impressionnant. Seul petit défaut à ce design assez atypique, c'est qu'Hana est censé avoir des origines asiatiques mais en toute honnêteté, ça ne se voit pas. Le jeu se veut également très mature dans le sens où la violence est assez ostensible, le sang ne manque pas et on a même quelques scènes dénudées qui feront plaisir aux plus mangaphiles. Enfin la plage sonore est très correcte. Les musiques ont été composé par Matt Furniss, qu'on connait pour pas mal d'adaptations audio notamment sur Mega Drive (Mr Nutz, Chuck Rock, Puggsy, Mortal Kombat II, Le Roi Lion...), mais aussi la création des partitions de quelques titres comme Assault Rigs ou Cool Boarders 4.
Malgré tout, l'homme est loin d'être un génie et j'ai beau avoir fini le jeu hier, je n'ai aucun souvenir particulier des musiques. Comme c'est souvent le cas ces dernières années, le jeu voulant se rapprocher le plus possible du cinéma, fait également en sorte de s'en approprier le style musical. Résultat on obtient des musiques orchestrales super banales et sans aucune accroche, des sonorités passe-partout qui accompagnent correctement l'aventure, mais qui s'oublient très vite une fois la console éteinte. Quant aux bruitages, la qualité est très convenable, il n'y a à redire là-dessus, surtout pour des armes qui sont relativement dynamiques. Là au moins, ils n'ont pas cherché à faire plus compliqué que ça...



 

 

Fear Effect est un jeu assez mature avec pas mal de violence et de scènes dénudées



Fear Effect Note


est un pari risqué car il propose 4 CD-Roms pour une aventure au fond très courte. Qualifié de Resident Evil-killer, c'est dans cette idée de comparaison avec l'un de mes jeux préférés que j'ai entamé ce test, alors que ça fait bien 20 ans qu'il m'intrigue. Et le résultat c'est que Resident Evil pouvait dormir sur ses 2 oreilles et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord le scénario part dans tous les sens sans pour autant être crédible et bien écrit. Certes un jeu n'a pas besoin d'être réaliste (regardez le premier Tomb Raider, sur la fin c'est assez capillotracté) cependant c'est la façon dont les choses sont amenées, la façon dont elles sont présentées qui me dérange, avec parfois des cinématiques qui manquent cruellement de finesse et de mise en scène. Mais le pire n'est finalement pas là, non le plus difficile à encaisser c'est cette interface lourd-dingue, cette jouabilité merdique et trop peu précise, et des combats bordéliques !
Car ce sont bien les combats les plus brouillons et les plus mal-fichus que j'ai jamais vu ! Certaines énigmes (ou combat de boss) n'ont rien de logique (d'autres si, je vous rassure) et cette difficulté abusive ne fait que masquer une aventure au fond très courte. D'ailleurs c'est un choix : soit vous jouez normalement et obtenez une bonne durée de vie (au prix de potentielles crises de nerfs tant ces phases de "die & retry" sont frustrantes et punitives), soit vous jouez en mode invincible et vous vous retrouvez avec un jeu qu'on torpille en 5 heures. Bref, à tant vouloir se démarquer des autres titres du genre et de Resident Evil en particulier, les développeurs de Kronos Digital ont fait n'importe quoi !!

Heureusement tout n'est pas à jeter dans ce Fear Effect, à commencer par ces belles cinématiques, une partie audio sympa, un joli doublage en français et surtout une réalisation absolument somptueuse ! Reprenant la formule à succès des décors en images de synthèse et des sprites en 3D, les développeurs ont poussé le concept plus loin avec des décors entièrement animés et superbes, donnant un cachet unique à ce titre dont l'ambiance est assez particulière et qui oscille entre Ghost in the Shell et Blade Runner (tout du moins dans sa première partie).
Malheureusement, ce n'est pas la beauté de l'habillage qui rattrapera le massacre de la jouabilité ou la médiocrité de l'écriture. A l'image de Tunnel B1 que j'ai mis plus de 20 ans à tester, je suis désolé de démystifier ce que beaucoup s'accordent à penser comme un très bon jeu, voire même un hit, sous le prétexte qu'à l'époque, c'était l'un des plus beaux titres. Je pense en toute humilité que Parasite Eve, Dino Crisis et Resident Evil étaient bien meilleurs, d'ailleurs 20 ans plus tard, ce sont encore ces noms-là qui ressortent, et non celui de Fear Effect. C'est sans doute un signe...






PS : ce jeu avait beaucoup de mal à passer sur les consoles de première génération. Résultat, les vidéos qui font office de décors étaient saccadées (c'était d'autant plus vrai si votre console était déjà fatiguée et qu'elle avait besoin d'être sur le côté ou à l'envers pour fonctionner... que de souvenirs ^_^). Ce problème n'a pas touché les consoles de série 5000 et au-delà, qui étaient plus performantes et surtout, plus fiables. Enfin pour en revenir au fait qu'un jeu garde une bonne appréciation dans l'esprit des gens, je leur conseillerai justement d'y rejouer. Car c'est facile de dire qu'un jeu est excellent parce qu'on en garde un bon souvenir, puisque les souvenirs finissent par s'altérer avec le temps. Le meilleur exemple que j'ai sous la main est Tomb Raider : L'Ange des Ténèbres, pour lequel j'ai toujours eu un minimum d'affection. A l'heure où j'écris ces lignes, ça faisait exactement 18 ans que je n'y avais pas touché et justement je me suis dit qu'il était grand temps de s'y remettre. Qu'elle ne fut pas ma déception !! En plus d'être devenu atrocement moche, le jeu est totalement injouable... Résultat, de cette bonne impression que m'a laissé le titre lors de mon test en 2006, il ne reste pas grand-chose. La morale est donc la suivante : arrêtez de dire que Fear Effect est un excellent jeu si vous n'y avez pas jouer depuis plus de 10 ans car très certainement qu'aujourd'hui votre avis changerait radicalement à son sujet...



Les -

  • Le système de sauvegarde positionné à des endroits vraiment aléatoires et ce, via de faux appels téléphoniques... c'est débile
  • Jouabilité déconcertante, peu précise et interface particulièrement pénible
  • L'incessant retour de ce bruit de battement de cœur... chiant !
  • Extrêmement difficile et trop porté sur le "die & retry"
  • Au fond, la durée de vie n'excède pas les 5 heures
  • Système de combat vraiment peu convainquant
  • Les bandes noires rognent 37% de l'image


  • Les +

  • Des décors animés de toute beauté ! La grosse plus-value du titre est belle et bien là...
  • De superbes fondus cinématiques / jeu presque imperceptibles
  • Ce sont les cheat codes qui sauvent le titre de la noyade !
  • Contenu relativement mature : violence et sexe à l'appui
  • Plusieurs fins possibles (selon nos choix)
  • Les dialogues sont doublés en français


  • Test réalisé par iiYama

    septembre 2024