Metal Gear Solid (PSX)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 1999
Développeur : Konami (Kojima Productions)
Editeur : Konami
Genre : infiltration - action

Support : 2 CDs
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : MGS
Prix au lancement : 400Frs
Score des ventes : 6 Millions


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Metal Gear Solid

Tactical Espionage Action




Difficile de parler de jeux cultes sur PlayStation en occultant Metal Gear Solid, l'un de ses plus grands et légitimes succès. L'appelation "Solid" est d'ailleurs une double référence : le lien est évident avec son charismatique héros (Solid Snake), ensuite il est le premier opus qui propose des graphismes en 3D, d'où l'idée de "volume solide", gagné grâce à la 3e dimension de la réalisation graphique. Après 2 épisodes en 2D parus sur 8-bits (MSX et NES), Hideo Kojima a repris la direction de ce qui allait être la première étape vers la nouvelle génération de jeux. Car même si aujourd'hui les graphismes piquent les yeux, on retrouve tout ce qui fait l'attrait des titres actuels dans ce parfait mariage d'action et de scénarisation poussée, ce délicieux mélange qui se compose de 2 ingrédients goûteux : le jeu vidéo et le cinéma. Description d'une oeuvre art...


Développement scénaristique

On peut le dire :
La qualité du scénario et de la mise en scène sont sans commune mesure : du jamais vu sur console !!
ça c'est du scénario !! Digne d'un grand film d'espionnage, on a enfin une trame énorme qui accroche jusqu'à la dernière seconde de jeu. Très en avance sur son temps, tout en restant pas si éloigné du présent, l'approche de Metal Gear Solid s'avère assez réaliste (à quelques boss près) et survole pas mal de sujets en même temps : le problème du recyclage des déchets nucléaire et des armes atomiques, le génome humain, le clonage, les nano-machines, la fabrication d'armes secrètes financées par les gouvernements, les manigances de politicards... des sujets graves auxquels on se sent tous un peu concernés. Très moraliste sur certains propos, les dialogues font aussi dans le jeu d'esprit. On sera parfois bouleversé par la tournure des événements, avec des scènes sentimentales encensées par une musique somptueuse, totalement en opposition avec celle de la torture. Les développeurs ont aussi pris un malin plaisir à (de temps en temps) nous remettre à notre place de simple joueur en nous disant par exemple que ça fait un moment qu'on n'a pas sauvegardé (Kojima aimant particulièrement briser le 4e mur). On retrouve donc tous les ingrédients d'un grand film avec de l'action, du suspens, du sexe (et oui!) et un Snake qui drague tout ce qui bouge. Afin de bien se mettre dans l'ambiance, le jeu nous propose de suivre un petit didacticiel qui nous apprendra les bases de l'infiltration (10 leçons sous réalité virtuelle). Chaque nouveau mouvement nous est inculqué en cours de jeu, on a un résumé des 2 premiers Metal Gear et même plus de 20 minutes de briefing avant de commencer l'aventure. Beaucoup de cut-scènes en 3D (et même quelques vidéos réelles sorties d'archives) viennent développer cet énorme scénario où on en apprendra beaucoup sur chaque personnage. Si on calcule bien, plus d'un tiers de l'aventure se résume au développement scénaristique, soit par des scènes soit par Codec (le Codec est une sorte de radio/talkie-walkie amélioré). Cette ultra scénarisation peut saouler mais comme le sujet accroche (de par sa vision contemporaine) et que les retournements de situations ne manquent pas, au final on ne s'ennuie jamais (après c'est sûr, faut aimer). Enfin, le Codec sert à diverses choses : glaner des infos sur les armes, avoir des tuyaux sur le marche à suivre, sauvegarder ou tout simplement faire avancer l'histoire. Sorte d'émetteur/récepteur radio, il nous permet de garder la liaison avec le commandement. Seul regret : les scènes étant parfois très longues, on aurait juste aimer pouvoir les mettre en pause.


Jouabilité & Gameplay

Metal Gear Solid
MGS alterne des phases d'infiltration et d'autres d'action
(MGS pour les intimes ^^) use d'une caméra en vue de dessus, légèrement inclinée. On apprécie parfois mal la perspective mais ça permet de mieux appréhender tout ce qui nous entoure. Compatible avec la manette DualShock, j'ai par contre regretté que seule la vibration serve vraiment. En effet, les sticks analogiques sont progressifs pour ce qui est de viser ou pour regarder, mais pour les déplacements, on garde un signal "tout ou rien". Impossible donc de marcher doucement pour surprendre un garde. De plus, Snake n'a pas de "position intermédiaire" entre debout et couché, on ne peut donc pas se déplacer à 4 pattes ou agenouillé. Tout ceci est bien dommage d'autant la jouabilité s'avère vite imprécise (à la croix comme au stick), Snake visant en plus de façon automatique mais bien trop lentement. Avec une jouabilité à la Resident Evil, certes plus raide mais ô combien plus précise, on aurait gagné en ergonomie. Mais ce sera là les seules critiques à ériger envers ce monument du jeu vidéo. Le Codec est le premier gadget d'importance dans l'aventure, puisqu'il nous permet de communiquer avec les amis comme les ennemis. A l'image d'une vulgaire radio FM digitale, on entre la fréquence de la personne pour pouvoir lui parler. Par ailleurs, on appréciera le fait que les développeurs taquinent un peu le joueur, avec par exemple le fait que la fréquence de Meryl se trouve au dos de la boite du jeu (c'est le PDG d'ArmTech qui nous dévoile l'info), que Mantis nous ordonne de poser le pad par terre afin qu'il puisse le faire bouger par télékinésie (pour ceux qui n'ont pas de DualShock... dommage) ou encore qu'il faille brancher le pad sur le port 2 pour que Mentis justement, ne puisse pas "lire nos pensées" (et anticiper nos moindre mouvements). C'est très original et le jeu en profitera pour nous traiter d'imprudent si on ne sauvegarde pas souvent (Kojima aime la métafiction et nous le fait savoir :).


Si on croit la base
La jouabilité est imprécise mais au final, on s'y fait vite
de Shadow Moses (théatre du jeu) totalement ouverte, ce qui est un peu le cas dans l'absolu, on ne pourra rejoindre certaines zones qu'avec le passe correspondant. Ça cloisonne un peu le joueur qui aura tout loisir de fouiller plusieurs fois un même endroit selon son niveau d'acréditation, et ça évite d'être perdu dans ce vaste complexe car les cartes d'accès sont acquises au fil du scénario. On regrettera juste qu'il faille qu'on s'équipe d'une carte pour ouvrir une porte, comme si le procédé ne pouvait pas être automatique (cette défaillance est directement issue des épisodes MSX2). Après chaque boss abattu, Snake voit ses capacités augmentées. Ce principe, issu du premier Metal Gear, permet de porter plus de munitions, plus de vivres et surtout, d'avoir une jauge de vie boostée. D'ailleurs, on a tendance à mourir un paquet de fois, notamment contre les boss. Le jeu est pourtant relativement facile, c'est juste le temps qu'il nous faut pour apprendre l'attitude des ennemis et donc, la bonne parade. Lorsqu'on est bloqué, qu'on ne sait plus quoi faire, il faut toujours aller chercher des renseignements auprès de l'équipe (via Codec) car il y en a toujours un qui aura un bon tuyau. La fouille des niveaux est bien entendu conseillée afin de trouver des munitions, de rations (pour régénérer sa santé) ainsi que divers gadgets très James Bond, qui se révèlent vite utiles : masque pour les zones gazées, un gilet pare-balles qui nous économise 50% de vie à chaque blessure, un détecteur de mines, des lunettes de vision nocturne ou infra-rouge et même, un déguisement en forme de carton afin de passer inaperçu (je m'en suis jamais servi mais bon). Petite originalité supplémentaire : pour détecter les faisceaux infra-rouges, Snake se craquera une clope mais celle-ci grignotera sa santé (fumer tue d'accord mais là, c'est pousser le bouchon un peu loin).


La manière dont on
Snake est parfois raide à bouger mais le jeu est grisant par moment
choisit son équipement est aussi originale. Avec les touches R2/L2 on fait défiler à gauche les objets, à droite les armes et avec R1/L1 on les active ou les désactive. Ça évite d'avoir un lourd menu étant donné que Snake est un surhomme et qu'il a dans ses poches des dizaines de choses, notamment des fusils ou des lance-roquettes. Balaise le mec. Car si Metal Gear Solid nous fait entrer à 2 pieds dans son univers de science-fiction, en essayant d'éviter d'abuser à outrance, il faut reconnaître qu'il n'est pas très réaliste. La meilleure preuve sera le radar. Aussi appelé Soliton, c'est un objet extrêmement important car il permet de connaître la forme du décor, la position des ennemis et des caméras ainsi que leurs "cônes de vision". Et selon la difficulté, ce cône est plus ou moins grand. En "easy" par exemple, les gardes ne voient à plus de 3m. Le réalisme en prend un coup mais comme je dis souvent, il faut bien faire un jeu et sans ça, ce serait bien plus difficile. Puisqu'on est dans le sujet, il faut tout entreprendre pour éviter de se faire repérer. Auquel cas l'alarme est sonnée et on n'a plus que 2 solutions : fuir ou riposter. Etant donné que les gardes arrivent en nombre infini tant que vous vous faites remarquer, il est plus judicieux de se planquer le temps que ça se tasse. Pour se faire, on peut dénicher une bouche de ventilation où se faufiler, ou se planquer dans un endroit reclus, en espérant que les ennemis nous oublient vite. Pour chercher les recoins, une vision à la première personne (en pressant triangle) est également disponible. Mais comme chacun sait, Metal Gear Solid est avant tout un jeu d'infiltration où la discrétion est notre meilleure arme. Cependant si on veut riposter, l'arsenal est conséquent : Socom 45, Famas, C4, grenade à fragmentation, Nikita, lance-missiles... y'a de quoi s'éclater même si on s'en servira peu (dans le cas contraire, c'est que vous n'avez rien compris au jeu). Il y a même des grenades aveuglantes (pratique pour les ennemis un peu trop collants) et d'autres parasitaires qui brouillent les caméras (l'équivalent d'une grenade IEM). Avec tout ça, y'a de quoi faire un grand jeu avec ce que l'infiltration apporte de grisant, l'action étant plus défoulante.


L'image

Le sous-titre "Solid"
A part quelques bugs, le jeu est une tuerie graphique !
est sans doute un clin d'oeil au fait que la série soit passée de la 2D à la 3D, cette dernière apportant du "volume" au jeu. Si comme je le disais en intro les graphismes piquent un peu les yeux de nos jours, lors de sa sortie Metal Gear Solid était l'un des plus beaux titres de la console. Il persiste des textures ayant la bougeotte, lors des cut-scènes les protagonistes bougent la tête plutôt que d'ouvrir la bouche (les visages étant peu détaillés et figés) et globalement, tout le titre baigne dans les mêmes tons aux couleurs bleu, gris et vert. Mais le soft de maître Kojima a pour lui des éclairages dynamiques impressionnants et quelques passages avec des sprites énormes qui n'arrivent pourtant pas à mettre à mal un moteur 3D parfaitement optimisé ainsi que des textures parfaitement détaillées pour l'époque. Il faut ajouter à ça que le design est fabuleux (futuriste sans excès afin de garder un côté contemporain au scénario) et le jeu use pas mal du streaming. En plus, les loadings sont hyper courts, ce qui ne casse pas le dynamisme de l'aventure. Car oui, le jeu est dynamique. Loin d'être mollasson, il faut toujours être aux aguets pour ne pas se faire repérer. Les divers personnages ont aussi un excellent chara-design et lors des nombreuses scènes où le Codec est roi, on en apprendra plus sur chacun d'eux, Snake compris. Les cut-scènes sont en 3D, basées sur le moteur graphique, ce qui permet d'apprécier une modélisation moyenne mais à contrario une animation particulièrement fluide et réaliste.


Le son

Le principal défaut
Ok le doublage fait peine mais pour le reste, chapeau bas l'artiste
que la presse de '99 ait pu trouver à Metal Gear Solid, c'est que le doublage était un peu pourri. Entièrement traduit en Français (ce sera d'ailleurs le seul épisode à être doublé), il faut reconnaître que nos doubleurs maison ont un peu déconnés. Avec des intonations à la Rambo, quelques envolées textuelles inutiles, rares sont les passages où on trouve le doublage d'un bon niveau. Et c'est vraiment dommage car devant le résultat, Kojima n'a plus jamais doublé de jeu en Français, tout ça à cause d'acteurs à la manque qui n'ont pas su y mettre du leur et rendre que plus sérieux, plus dramatique une situation désespérée. C'est pour ça que ce chapitre n'obtient pas la note maximale (ce doublage raté sert de preuve formelle aux intégristes de la VO), une note pourtant méritée à la vue d'une bande-son d'une qualité irréprochable. On y découvre la fameuse sonorité du Codec (presque une marque de fabrique pour la série) et le moindre bruitage assume une qualité reconnue. Les musiques quant à elles, prennent des envolées cinématographiques dont le thème de fin, véritablement somptueux, est le point culminant. Du grand art, à peine gâché par un doublage réalisé par des amateurs.


Note générale

Metal Gear Solid est un jeu culte à bien égards. Méritant un gros 20/20 si seulement quelques détails avaient étés plus travaillés (maniabilité, doublage), je suis le premier à reconnaître l'énorme potentiel de ce titre désormais incontournable. Hideo Kojima peut-être fier de son oeuvre, d'être arrivé à si parfaitement marier le jeu vidéo et le cinéma. Plus que jamais, on sera un héros derrière son pad, un héro impliqué et vivant l'aventure comme un film interactif. Avec ses trouvailles de gameplay (comme le fait que les rations gèlent par grand froid ou utiliser les clopes pour voir les détecteurs infra-rouges) et sa réalisation d'orfèvre au service d'un scénario Hollywoodien comme on en voit trop rarement, si aujourd'hui Metal Gear Solid a presque 10 ans, il est toujours aussi marquant, toujours aussi poignant, toujours aussi immersif, toujours aussi grandiose...



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Test réalisé par iiYama

juin 2008 (mise à jour : mars 2010)