Mr Nutz (SNES/MD/GBA)

 







Note générale (SNES et MD)
Note générale (GBA)


Sortie du jeu : 1993 (SNES) / 1994 (MD) / septembre 2002 (GBA)
Développeur : Ocean (SNES)
Adaptation : Ocean (MD) / Dreamon (GBA)
Editeur : Ocean (SNES) / Infogrames (GBA)
Genre : plate-formes

Support : cartouche de 8Mb (SNES/MD) - 32Mb (GBA)
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 450Frs (SNES) / 400Frs (MD) / 50€ (GBA)


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Mr Nutz








Il ne faut
Evidemment, le scénario tient sur un timbre poste...
pas être devin pour savoir que les jeux de plate-forme étaient très largement représentés dans le catalogue des consoles 16bits. Et dans cette catégorie, comme pour toutes les consoles de Nintendo, les aventures de Mario constituaient la référence absolue. Il était donc assez délicat, pour un éditeur tiers, de se faire une place au soleil. Mais certains y sont malgré tout parvenus, dont Ocean, avec le titre qui nous intéresse aujourd’hui : Mr Nutz. Si on regarde un peu la production « plate-forme », en marge des titres tout juste moyens qui venaient gonfler artificiellement le nombre de jeux sur nos consoles, on constate que certains développeurs misaient tout sur l’originalité, histoire de se démarquer (par exemple Sonic ou Earthworm Jim). D’autres, par contre, se concentraient sur la qualité intrinsèque du soft, en appliquant des recettes vues de nombreuses fois mais qui avaient fait leurs preuves. Pour Mr Nutz, Ocean a résolument opté pour la seconde solution. Nous verrons par la suite que ce choix était judicieux, même si certains joueurs vous diront le contraire, en prétextant que les aventures du petit écureuil sont, à de nombreux égards, bien trop « classiques ». Sur le plan du scénario, on ne pourra cependant pas leur donner tout à fait tort. Notre héros, écureuil de son état, coule des jours paisibles dans sa forêt, en compagnie des autres animaux. Jusqu’au jour où le méchant de service, Mr Blizzard le yeti, décide de congeler tout ce qui l’entoure. Craignant pour son avenir et sa collection de noisettes, notre écureuil part donc braver mille et un dangers pour mettre Mr Blizzard hors d’état de nuire. Comme vous pouvez le voir, le scénario de Mr Nutz n’est pas des plus original et tient sur un post-it, mais on a déjà vu bien pire. On se dira que pour un jeu de plate-forme, ce n’est pas l’histoire qui compte mais bien le fun éprouvé une fois le pad en main, et sur ce point, Mr Nutz tient toutes ses promesses. Dès les premières minutes de jeu, les graphismes de Mr Nutz donnent le ton. On est dans un jeu de plate-forme « bien sous tout rapport », avec un héros très cool et mignon, baskets aux pieds et casquette vissée sur la tête. Il est entouré d’ennemis relativement classiques. A titre d’exemple, dans le premier niveau, notre écureuil rencontrera des pommes avec des pattes, des guêpes, des plantes carnivores ou encore des hérissons (qui se retrouvent en couche-culotte après avoir perdu leurs piques). Comme vous pouvez le voir, les différents ennemis présents dans le jeu ne créent pas vraiment la surprise. Certains ont bien une petite touche d’originalité, mais sans plus. Les développeurs ont donc fait preuve d’une certaine retenue, et ce, tout au long de l'aventure.


Au final,
Le gameplay est relativement classique
seuls les boss de fin de niveau sortent un peu du lot : souvent énormes et à chaque fois originaux, ils vous feront perdre quelques vies avant de vous permettre de passer au niveau suivant. Parmi ceux-ci, on citera par exemple l’araignée géante, le géant ou encore le calamar. Pour les décors, le constat est le même, avec une impression de « déjà vu » dans les thèmes des différents environnements présentés. Mais c’est aussi un peu le genre plate-forme qui veut cela. Mr Nutz devra donc traverser une forêt (normal pour un écureuil !), une banquise gelée juste comme il faut (un grand classique) ou encore une maison et les différentes pièces qui la composent (c’est déjà un peu plus original, surtout quand vous verrez qu’il y a moyen de se balader dans la tuyauterie). Quoi qu’il en soit, les différents décors sont tous réalisés avec un soin évident et constituent un des gros points forts du jeu. Leurs graphismes sont à la fois réalistes et cartoon, avec des traits finement dessinés et des couleurs nombreuses et bien choisies. Et bien que leur construction soit assez classique (voire linéaire pour certains), ils constituent un des atouts majeurs du titre. Petite précision quand même à propos du level design : s’il est vrai que les niveaux sont classiques dans leur construction, il faut savoir qu’ils regorgent d’endroits secrets et autres plate-formes invisibles au premier abord, où sont planquées noisettes et pièces jaunes, ce qui rend les rend particulièrement vastes. Mais ce sera à vous de fouiller un peu partout pour dénicher ces précieux items. Pas forcément perceptible au départ, cette particularité de Mr Nutz saute aux yeux dès la fin des premiers niveaux, quand le soft fait le décompte des pièces jaunes trouvées. Vous verrez que bien souvent, vous n’aurez accumulé qu’une petite moitié des pièces. Contrairement à des jeux comme Super Mario World ou Hoshi no Kirby Super Deluxe, Mr Nutz est assez aride en terme de possibilités offertes à votre perso. Ici, pas de transformations, d’armes spéciales ou de nouveaux mouvements qui peuvent être débloqués. Notre écureuil devra compter la plupart du temps sur son agilité pour se débarrasser de ses ennemis. Pour y parvenir, il pourra leur sauter dessus, les balayer avec sa queue (quand Mr Nutz est accroupi) ou leur lancer des noisettes récoltées au préalable dans les niveaux. Et c’est à peu près tout…


La vie
Les graphismes sont somptueux, mais le jeu ne se démarque aucunement par de quelconques effets
de notre héros est ici matérialisée par de petites boules rouges (jusque 5 maximum), qui diminueront d’une unité à chaque contact avec un ennemi. Il est possible d’en récupérer grâce à des petites pastilles rouges disséminées dans les niveaux. A propos d’items justement, et hormis les noisettes et les pastilles, vous trouverez essentiellement des pièces jaunes (il sera primordial d’en récolter un maximum pour avoir un bon score une fois le niveau bouclé) et des flacons qui rendent Mr Nutz invulnérable pendant un court instant. Les habituelles vies supplémentaires sont également de la partie. En résumé, dans Mr Nutz, la progression dans les niveaux se fera surtout grâce à votre dextérité au pad, en économisant les noisettes pour les utiliser au moment opportun, et en faisant bien attention de ne pas vous faire toucher par les ennemis. Un peu plus loin dans le jeu, vous devrez parfois actionner des interrupteurs pour pouvoir continuer à avancer, mais dans l’ensemble, rien de bien compliqué ou d’insoluble. Bien que très classique dans son déroulement, c’est surtout par sa réalisation technique que Mr Nutz impressionne. Le sprite de l’écureuil est de taille imposante, avec une animation bien décomposée, ce qui donne à notre héros un petit côté nonchalant. Pour les ennemis, c’est le même constat, avec des sprites relativement gros et une animation qui ne faiblit jamais. Vous n’aurez jamais énormément d’ennemis à l’écran, mais comme on est dans un jeu de plate-forme misant avant tout sur l’adresse, on ne s’en plaindra pas. A ce sujet, mon petit doigt me dit aussi que certaines limitations techniques sont probablement apparues pendant le développement du jeu, et que les développeurs ont dû faire des concessions. Car, même si la Super Nintendo est douée, il y a sûrement des limites et on ne peut pas opter à la fois pour de gros sprites et afficher en même temps des dizaines d’ennemis à l’écran. Les décors, déjà évoqués plus haut, font preuve d’une belle variété. Leur réalisation est soignée, même si on aurait aimé un peu plus de fantaisie dans ce domaine. Si dans les premiers niveaux du jeu, la progression ne devrait pauser aucun problème, par la suite, il sera nettement moins évident d’avancer. Cependant, la difficulté n’est pas soudainement accentuée d’un niveau à l’autre : elle est progressive, avec des ennemis de plus en plus coriaces et aux comportements variés.


Sachez cependant
Mr Nutz est un jeu difficile, à réserver aux pros du pad
que vous pourrez paramétrer le jeu, en jouant sur le nombre de vies dispo en début de partie ou encore le nombre maximum de pastilles rouges que vous pourrez cumuler. De ce point de vue là, le jeu s’adapte donc à tous les profils de joueurs. Hormis certains niveaux, le level design reste quant à lui assez basique, mais comme précisé plus haut, il accumule les plate-formes cachées et les petits recoins secrets. La prise en main de Mr Nutz s’avère aussi des plus plaisantes. Elle est précise et efficace, sans toutefois atteindre l’excellence d’un Mario. Les quelques actions possibles au pad se mémorisent très rapidement et même les joueurs plus jeunes devraient vite trouver leurs marques. Les musiques contribuent largement à donner cette impression de « décontraction » qui persiste tout au long du jeu. Elles sont enjouées, pas forcément rythmées, mais jamais prise de tête. En matière de bruitages, le soft d’Ocean tire également son épingle du jeu, avec des sons bien rendus qui profitent des capacités de la console dans ce domaine. Côté durée de vie, les aventures de notre écureuil vous occuperont pendant une bonne poignée d’heures et vu que certains passages du jeu se révèlent quand même corsés, ce sera donc un vrai challenge que de parvenir au générique de fin. Si vous êtes un accro du score, vous pourrez aussi évoluer à votre aise dans les niveaux (il n’y a pas de temps limite pour les terminer) et ainsi découvrir toutes les pièces jaunes cachées. Comme quoi, Mr Nutz s’adresse à tous les joueurs sans exception, du plus « pressé » au plus méticuleux. Plébiscité par le public et la presse spécialisée lors de sa sortie, Mr Nutz est parvenu à créer la surprise dans le petit monde du jeu de plate-forme, largement dominé par les titres de Nintendo et d’une poignée d’éditeurs tiers (SEGA ?). Quoi qu’il en soit, Mr Nutz a le bon goût de reprendre à son compte des recettes connues mais efficaces. En outre, son univers mignon et coloré ainsi que son niveau de difficulté bien pensé en font, sans aucune hésitation, un soft à recommander aux fans de plate-forme. Petite précision cependant : « mignon » ne veut pas forcément dire « facile à outrance ». Et ce titre en est un bel exemple, car seuls les joueurs les plus talentueux et les plus tenaces parviendront à boucler le jeu.


Maintenant
Si la version Mega Drive surprend (dans le bon sens), la version GBA semble déjà un cran en dessous
pour faire la comparaison entre les 3 versions (on ne parle pas ici de la version Game Boy Color), il est clair que l'opus Super Nintendo est techniquement le plus abouti, la console étant connue pour ses capacités graphiques et sonores. Alors commençons par la version Mega Drive. Sortie presque un an plus tard, le jeu a fait le chemin SNES vers MD comme bien des jeux ont fait le chemin inverse, tels que James Pond, Flashback, Thunder Force III, Cool Spot ou encore Earthworm Jim. Cette tardive version souffre bien évidemment des restrictions techniques de la console. En effet, vous n'êtes pas sans savoir que la Mega Drive gère 4 fois moins de couleurs que la Super Nintendo, donc forcément, Mr Nutz y est moins coloré, voire même il est plus sombre. Pourtant, force est de reconnaitre que le résultat n'est pas si mal. Pour un jeu Mega Drive, c'est joli et coloré (si, si c'est possible) et la différence avec la 16bits de Nintendo, ne se fait pas au détriment de la 16bits de SEGA comme je l'aurai pensé. En effet, on retrouve l'exacte aventure, que ce soit au niveau des décors comme des ennemis. Plus fort encore, dans cette conversion on retrouve plus l'ambiance d'un Flink, ce qui n'était pas le cas de la version d'origine et qui n'est pas désagréable. Et pour le bonheur des joueurs Mega Drive, cette version apporte quelques plus bien sentis. On retrouve en premier lieu un système de passwords qui permet de ne pas reprendre tout depuis le début, puisque le jeu est toujours aussi difficile. J'ai également noté que la jouabilité semble un poil plus précise et surtout que la "hitbox" (zone de contact) joue moins en notre défaveur. Au final, s'il est un peu moins beau et que la qualité sonore a également pris un coup, Mr Nutz sur Mega Drive n'est pas une sous-version, bien contraire… il est même plus agréable à jouer dû à sa précision. Maintenant, sur Game Boy Advance (la petite GBA étant la reine des adaptations des grands succès SNES), une version sortie quelques 10 ans après l'original, on retrouve les passwords de la version Mega Drive. Par contre il n'y a plus d'options et pire encore, la disposition des touches est désastreuse. Si sur MD l'option "pas coursé automatique" fonctionnait bien, sur GBA elle n'existe plus (!) et on doit presser L ou R pour courir. Autant que dire que c'est tout sauf ergonomique. Ensuite, étant donné que la taille de l'écran est différente, le jeu a dû être "adapté" au support. Ainsi plusieurs modifications sont intervenues et elles aussi, ne vont pas de le sens du joueur. Ainsi le coup de queue est plus lent, alors même que les porc-épic sont nettement plus rapides (alors comprendre pourquoi), mais le pire étant que la jouabilité est devenue extrêmement rigide, voire rêche et que la hit box semble très mal gérée. Au final, sur GBA on n'obtient pas la version ultime d'un bon jeu SNES ou MD, mais bien une sous-version mal adaptée, au framerate parfois toussif. Seuls bons points, les graphismes se rapprochent de la version Super Nintendo (c'est coloré à souhait, bien animé et on a même quelques jolis effets notamment lorsqu'on tue un ennemi) et les musiques ont été joliment remixées. Mais 10 ans plus tard, ce qu'on pouvait pardonner à un jeu 16bits passe beaucoup moins, surtout lorsqu'il alourdit la formule originelle. Malgré tout, Mr Nutz reste un bon jeu, joli et agréable, dont seule la difficulté excessive sera un frein à plaisir de jouer.



Le contre-avis d'iiYama : cliquez pour ouvrir


A réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
aout 2012