F.E.A.R. (PC)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 2005
Développeur : Monolith Productions
Editeur : Sierra
Genre : FPS horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française (v.1.0.1)
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Lithtech Jupiter EX
Difficulté :
Multi-joueurs : 16 joueurs online
Abréviation : FEAR
Titre alternatif : First Encounter Assault Recon


Configuration recommandée :
CPU : 3Ghz
RAM : 1Go
VIDEO : type GeForce 6600 avec 256Mo de VRam

Configuration de test :
CPU : AMD Athlon 64 X2 3800+
RAM : 2Go
VIDEO : GeForce 7900GS avec 256Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1024x768 (4:3)
Niveau de détails :


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F.E.A.R.

First Encounter Assault Recon



Un peu avant que VALVe soit pour moi le "Dieu-FPS", Monolith (que je respecte tout autant) était un grand nom du style avec des jeux mémorables comme No One lives Forever (2000), Aliens vs Predator 2 (2001), No One Lives Forever 2 (2002) ou encore TRON 2.0 (2003). Mais c'est bel et bien avec F.E.A.R. que la petite société américaine est montée au panthéon des grands développeurs. First Encounter Assault Recon, un nom difficile à porter et contracté en F.E.A.R. (fear qui veut dire "peur" en anglais), réunit tout ce qu'il y a de bon dans le genre, mêlant savamment des passages frissons et une action survoltée. S'il est vrai que le genre a connu 3 de ses plus grands représentants en 2004, l'année 2005 a été placée sous le signe de Monolith, décidément très en forme et qui nous dévoile tout son savoir-faire en la matière.


Développement scénaristique

Scénario : cliquez pour ouvrir

Ce qu'il y a
Le fond de l'histoire est démentiel mais c'est très mal développé. Difficile d'en saisir tous les tenants et aboutissants sans consulter Internet. C'est blasant...
d'étonnant dans ce jeu, c'est la qualité de la mise en scène, très emprunté à The Ring (le film). Avec une intro qui met une ambiance de ouf, F.E.A.R. est un FPS horror dans toute sa macabre splendeur. La mise en scène jouera sur notre peur primaire du noir, sur des flashs sanglants ou encore sur le coup des apparitions qu'on jurerait des hallucinations. Le jeu ne lésine pas sur le sang et la bidoche pour faire son effet et certains passages vous glaceront le sang ! Pas super effrayant (peut-être aussi parce que je suis blindé au genre), certaines scènes vous attaquent psychologiquement et si on joue seul, dans le noir et à 3h du matin, croyez-moi, ce n'est que meilleur. L'oppression du joueur est permanente et un réel travail sur l'ambiance a été fait, à l'image d'une scène finale impressionnante qui ne laisse finalement pas présager d'un épilogue qui pousse le concept jusqu'à la dernière seconde. Un régal. Seul défaut finalement, si le scénario est hyper fouillé, on aura un peu de mal à le cerner dans son intégralité, justement par manque de scènes plus explicites. Tout est sous-entendu et le manque de véritables cut-scènes creuse un peu le fossé. En plus, on joue un héros qui ne parle presque jamais (et qui ne donne jamais son avis) et qui n'a pas de nom. Celui que les petits résumées lors des loadings (résumés bien pratiques je trouve) nomme "l'agent du F.E.A.R.", est donc un anonyme dont on ne verra jamais le visage. Difficile de s'identifier à lui. En plus comme dans Half-Life², tout est vu des yeux de ce héros sans nom, c’est plus immersif mais c'est un peu délicat de tout bien comprendre (à moins de le lire quelque part… merci qui ?). Sur le chemin, on aura quelques PC portables à pirater et qui nous en apprendront un peu plus (il est d'ailleurs clair que Monolith a du passer un partenariat avec Dell pour sa gamme XPS car on en voit partout), quelques répondeurs aux messages souvent inutiles et plus rarement des infos qui passent à la radio et qui font cause de relater les faits en temps réel. En clair, scénaristiquement parlant, il est malaisé de comprendre tous les tenants et les aboutissants de l’histoire. C'est un peu dommage étant donné la qualité de ce dernier.


Jouabilité & Gameplay

Même s'il n'y
Les combats sont violents à souhait et l'ambiance est à couper au couteau
a rien d'extraordinaire à souligner ici, il n'y a rien de vraiment méchant à regretter non plus. Notre personnage ne peut porter que 3 armes sur lui (on finira vite par avoir sur soi ses 3 préférées), ce qui conforte un certain réalisme. L'armement est assez basique mais ô combien efficace. Les plus puissantes comme le lance-roquettes, tombent vite à court de munitions, alors que les autres armes en manquent rarement. Ceci dit, on sera quelques fois forcé de laisser "ses chouchous" pour en utiliser d'autres. Au rang des grands gagnants, on retrouve en tête de liste un fusil à pompe jubilatoire car de près il est capable de faire sauter des têtes ou de sectionner un ennemi en 2. Ensuite il y a 2 mitrailleuses, des fusils plus futuristes (dont un décharneur assez sympa), un fusil de sniper et un double 9mm très plaisant à utiliser. On a aussi 3 types d'explosifs : les grenades classiques à l'efficacité aléatoire, les grenades télécommandées et les mines anti-personnel, super pratique contre des boss ou des factions un peu collantes. Grâce à elles, il est tout à fait possible d'échafauder un véritable plan d'attaque. Assez linéaire, nous n'aurons aucune liberté puisque le parcours sera à la fois cloisonné et fléché. Pourtant on ne se lasse pas de ce gameplan bien étudié, notamment grâce à une bonne alternance de passages frissons et d'autres d'action. Et en parlant d'action, autant vous dire que le jeu dépote un max ! Les affrontements sont d'une rare violence et c'est bien la première fois dans un FPS que je me suis autant éclaté avec l'attaque de mêlée. Comme quoi y'a un début à tout. Et en partie, ce qui rend cette action si réaliste et débridée, c'est une IA très recherchée, de loin la meilleure que j'ai vu. Les ennemis essaient de fuir s'ils n'ont pas le dessus (même blessés), ils sautent à travers les fenêtres cassées, essayent de vous contourner afin de vous surprendre, balancent des grenades ou encore renversent des tables pour se protéger. C'est du jamais vu ! Plus fort encore, les ennemis vous détectent si vous faites du bruit ou s'ils aperçoivent votre lampe torche. Autant dire que ça envoie. En parlant de lampe, je regrette tout de même que son autonomie soit si courte.


C'est à croire
Le SloMo est le vrai plus de FEAR
que plus le rang est élevé, plus le matos est minable car si la jauge se re-remplie vite, il est pénible de se retrouver dans le noir parce que ce débile de héros, avec son matériel à 10.000$, n'a pas été foutu d'acheter de bonnes piles. Mais faut aussi reconnaître que ça sert parfaitement l'ambiance. Dans la foulée je vous parlerai du contrôle de quelques systèmes de sécurité armés qui seront parfaits pour vous déblayer le chemin, l'assistance pour la montée et la descente d'échelle (ce qui règle tout problème à ce sujet) ou encore un système de soins "à l'ancienne" avec des médikits (on peut en avoir 10 d'avance) et des gilet pare-balles. A noter aussi que F.E.A.R ne comporte qu'un mode solo. Et oui, il n'y a pas de mode multi-joueurs mais Monolith a pensé à nous avec F.E.A.R. Combat. Ce petit add-on exclusivement multi online, apporte tout ce qu'on est en droit d'attendre d'un jeu actuel et en plus il est gratuit, les développeurs s'excusant ainsi de cet oubli. Mais la plus grosse originalité de ce chapitre, c'est sans conteste le ralentissement du temps. Pas si original que ça puisque c'est du déjà-vu depuis son instigateur Max Payne. Le titre de Bullet Time est devenu celui de SlowMo et cette fonction, loin d'être gadget, a une grande utilité lors de combats. Grâce à elle on a le temps de viser, de se déplacer à la barbe des ennemis ou de se mettre à couvert juste à temps. Le SlowMo est la grosse nouveauté du jeu, ce qui fait une grosse partie de son charme, sans quoi F.E.A.R. serait un FPS presque banal. D'ailleurs, en récupérant des injections (bleue ou verte), on pourra doper ses facultés : doubler sa jauge de vitalité et doubler ses réflexes (SlowMo). Un vrai plus qui incite à bien fouiller les niveaux. Seulement, dernier détail sur lequel j'aimerai revenir : il y a beaucoup de placards et de bureaux mais on ne pourra rien fouiller, les interactions avec le décor se limitant à quelques bidons d'explosifs, quelques cartons déplaçables et quelques grilles à enfoncer. C'est un peu dommage.


L'image

J'ai joué en
Le moteur graphique nous offre un spectacle rare. Voir l'action au ralenti est grisant et les effets de particules sont très réussis
1024x768 avec tous les détails à fond et mon PC a un peu souffert. Disposant d'un véritable benchmark (j'ai eu moyenne 36 images/sec), j’ai vite compris que le moteur était gourmand et du coup j'ai eu quelques accrocs. Rien de méchant (après tout j'avais qu'à baisser un peu les détails), c'est surtout qu'ainsi j'ai pu profiter de l'énorme rendu graphique du jeu. Le mode ralenti produit des effets de vagues et de floues digne de Matrix (j'ai adoré la déflagration des grenades en SlowMo), l'animation des ennemis et autres PNJ est excellente car très réaliste et travaillée, et la qualité des décors est énorme ! Il est dommage que ces derniers soient si redondants (ce qui freine un peu la note de ce chapitre) car la qualité des textures fait honneur à Monolith qui a pondu ici un travail de titans. Les tirs font jaillir des centaines de particules qui rendent à merveille la violence de l'action ou encore, j'ai rarement assisté à des montées d'échelles aussi réalistes. Côté gestion des ombres et lumières c'est tout aussi prometteur et pour l'ombre de notre perso, c'est carrément du jamais vu tant elle est fidèle. La modélisation est détaillée, certains ennemis sont originaux (à la croisée du film Robocop et de l'animé Jin-Roh), la retranscription de l'eau est superbe (bien que rare), les explosions sont magnifiques et quelques scènes bidochent sévère avec des litres de sang collés partout. A ce propos, les éclaboussures d'hémoglobine sont gérées en temps réel et les apparitions d'Alma donnent lieu à de superbes scènes où tout part en débris avec des flammes qui lèchent les murs. C'est saisissant ! Ce sentiment de paranoïa, d'insécurité permanente, notamment à cause de violents flashbacks aux graphismes flous, génère une ambiance frisson que je n’avais pas ressenti depuis DOOM 3. On en vient même à tirer dans le vide pour un coup de flip' et les impacts sur les murs sont bien visibles. Finalement, dans une réalisation technique de très haute volée, on ne regrettera que la linéarité des décors intérieurs (vraiment très peu d'extérieurs si on peut appeler ça des extérieurs) qui ne varient pas assez les lieux visités. Pourtant entre la qualité des explosions, la parfaite gestion de la physique et un rendu graphique étonnamment puissant, le moteur Lithtech Jupiter Extended fait de F.E.A.R. l'un des plus beaux jeux de 2005.


Le son

Ici aussi,
Excellente qualité du son : doublage professionnel, bons bruitages, ambiance de folie
c'est du grand art. L'ambiance acoustique est angoissante, alternant sans honte des samples tribaux lors des phases d'action survoltées, à des vapeurs d'ambient aux sonorités sombres, lorsqu'une mise en scène de l'horreur fait son show. Lorsque notre perso stresse à mort, on entend son coeur battre et sa respiration se faire courte, un somptueux effet d'assourdissement vient gêner la perception du son si une explosion retentit trop près, ou encore pour appuyer le réalisme, un décalage volontaire se fait entendre entre une voix directe et celle perçue dans l'oreillette. Seul petit défaut de ce chapitre, j'ai étrangement remarqué que les armes faisaient plus de bruit lorsque vos ennemis s'en servent, que vous. Bizarre. Reste que les bruitages sont bons, très travaillés. Enfin le doublage en français est tout à fait impliqué, professionnel. On y reconnaît des doubleurs issu de séries TV, et même si la synchro labiale n'est pas terrible, reste que le doublage fait forte impression. De l'excellent boulot.


Note générale

Les délires psychotiques de notre héros du jour ne sont finalement pas si éloignés de ceux d'un Silent Hill. Des flashes malsains, des morts sanglantes, une mise en scène macabre mettant en avant un scénario certes pas assez exploité mais fort d'une réelle empreinte sordide, F.E.A.R. scotche ! La recette est bien employée et se renouvelle souvent, ce qui fait qu'on ne s'habitue jamais vraiment aux apparitions d'Alma et qu'on aura quelques sueurs froides. Alternant avec brio des phases lugubres où la froideur de la mort pèse sur nos épaules à des scènes nettement plus chaudes où la cracheuse de plombs règne en maître, F.E.A.R. use d'un excellent dosage dans ce qu'il dévoile. Après c'est vrai que les décors se renouvellent peu, tout comme les ennemis ou encore que les armes sont trop peu nombreuses. Mais c'est indéniable, F.E.A.R. est une grande réussite, notamment dans la qualité de son graphisme (game-design réussi, moteur 3D performant, gestion des ombres sublime, effets de particules, traces d'impacts, gestion de la physique convaincante...) ou de sa bande sonore (excellent doublage, bons bruitages, ambiance lugubre). F.E.A.R. est donc un jeu qui a ses défauts mais qui avant tout propose une ambiance unique et une réalisation complètement énorme (le SlowMo déforme l'image et le son d'une manière phénoménale), même à l'heure de mon tardif test. Un grand jeu donc, pour du grand Monolith où la suite, nommé Project Origin (un nom bien choisi je trouve) semble déjà en chantier. Il me tarde déjà de remettre ça...



Les -

  • Quelques passages à vides graphiquement
  • Ca manque d'intéractions avec le décor
  • Fond de l'histoire trop peu développé
  • Beaucoup d'intérieurs, trop même...
  • Cette saleté de lampe
  • Bugs de son
  • Les +

  • Techniquement impressionnant (gestion des particules, lumières, ombrages...)
  • Une ambiance génialissime !
  • Excellente qualité du son
  • Très bonne durée de vie
  • Excellent design
  • Le SlowMo !


  • Test réalisé par iiYama

    novembre 2007 (mise à jour : juin 2012)