Tunnel B1 (PSX/SAT/PC) -- GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sorties du jeu : octobre 1996 (PSX - PC) / janvier 1997 (SAT)
Développeur : NEON Software
Adaptation Saturn : Micro Cabin
Adaptation PC : Kaiko
Editeurs : Ocean (EURO) / Acclaim (USA) / Gaga Interactive (JAP)
Genre : FPS / courses / shoot-them-up

Version testée : Française
Doublage : US
Textes à l'écran : FR

Support : 1 CD
Difficulté :
Temps de jeu : 7 heures
Multi-joueurs : non

Titres alternatifs : 3D Mission Shooting: Finalist (JAP) / The Finalist (ALT)
Prix au lancement : 350Frs


Configuration minimale (PC) :
CPU : Pentium ou AMD K6-II
RAM : 16 à 32Mo
VIDEO : carte VGA minimum - accélératrice 3D recommandée













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Tunnel B1









Pour la petite anecdote,
La vidéo d'intro est sympa... mais elle n'explique rien. D'ailleurs la scénarisation est au point zéro
j'ai connu Tunnel B1 à la fin de l'année '96, à sa sortie sur une PlayStation qui explosait tous les records (dont celui du nombre de consoles cramées à cause d'un lecteur CD de qualité catastrophique... c'était le cas de presque 100% des machines de première génération). Faisant parti du fameux CD de démo du PlayStation Magasine (ça va, ne vous moquez pas, tous les "quadra" ayant eu la console durant leur adolescence ont connu ce mag' et même si ce n'était pas le meilleur, il était bien sympa), Tunnel B1 a tout de suite eu un effet hypnotique sur moi. Aujourd'hui je l'ai testé, après l'avoir eu 100 fois dans les doigts, vendu, racheté, téléchargé (c'est bon arrêtez de juger on l'a tous fait !), en gros ce jeu a attendu pas moins de 23 ans pour que je le découvre entièrement. C'est quand même dingue de se dire que toute une vie a passé et que certains de mes lecteurs, parmi les plus jeunes, n'ont même pas encore atteint cet âge (#coupdevieux #depression). Sorti plus ou moins en même temps sur PC (il reste aujourd'hui dispo sur Steam via Windows 7/8/10) à l'origine il était compatible MS DOS 5.0 (et donc Windows 95/98) et ce, sur une configuration qui vous fera forcément sourire (à base de Pentium de 1ere génération, 32Mo de RAM et une carte vidéo même pas obligatoire... pfffiooouu !), le jeu n'est sorti qu'en janvier 1997 (3 mois plus tard) sur Saturn, adapté par un studio tiers (la version PC a également été adapté par un autre studio). Ayant un nom à coucher dehors sur le sol nippon (3D Mission Shooting : Finalist... mais où sont-ils allé chercher un nom pareil ?!! et encore, je ne vous parle pas de la pochette avec son pilote de chasse qui n'a franchement rien à foutre là), à l'origine Tunnel B1 devait proposer un double gameplay, alternant celui-ci à des phases en hélicoptère. Malheureusement, cette originalité est passé à la trappe et le développeur a préféré réalisé 2 jeux bien distincts : Tunnel B1 et son gameplay inéluctablement lié au sol d'un côté, puis Viper (un jeu de pseudo-hélicoptère qui rappelle sans mal G-Police - développé par Psygnosis) de l'autre. C'est vraiment dommage car ce double visage, qu'ils pensaient mauvais pour le markéting, aurait sûrement été une plus-value, surtout au regard extrêmement redondant du présent titre. Quant à NEON Software, c'est un petit développeur allemand qui n'a produit que des titres plus ou moins inconnus, à l'exception de Legend of Kay (sorti en 2005 sur PS2 puis réédité 10 ans plus tard sur des consoles plus contemporaines comme les PS3, PS4, Xbox 360, WiiU...).



Une sombre histoire de tunnel...


Commençons donc
A noter que la fin est un beau foutage de gueule : oui, cette image est tirée de l'épilogue !
notre tour d'horizon par la narration, qui s'ouvre par une vidéo en images de synthèses et en plein écran (bel effort, en général il y avait des bandes noires). Et déjà là, c'est la première déception : malgré une qualité certaine, cette vidéo n'explique absolument rien ! Tout juste voit-on notre hovercraft quitter une sorte de vaisseau-mère qui finit par exploser, visiblement suite à l'attaque de troupes ennemies. Pour tout vous dire, hormis le côté flatteur pour les yeux du joueur de l'époque, cette intro ne sert strictement à rien ! Elle ne pose pas l'histoire, on ne sait pas pourquoi on quitte le vaisseau, ni même pourquoi on arpente les tunnels. Rendez-vous donc dans la notice du jeu pour en savoir un peu plus : notre mission est de détruire l'arme ultime de l'ennemi (sans doute celui qui réduit en poussière le vaisseau-mère d'où on vient). Et pour se faire, il faudra traverser une longue série de tunnels... Waow, quel super scénario !! Le plus accablant dans tout ça, c'est qu'il n'y a aucune autre vidéo dans toute l'aventure (et pourtant, ça fait toujours plaisir d'avoir une "gourmandise" à rythme régulier, genre tous les 3 ou 4 levels) et malgré la souffrance qu'on s'inflige pour terminer le jeu, il faut voir à quel point les développeurs se font foutus de notre gueule pour la séquence de fin : un diaporama (une succession de photos donc) réalisé avec des images du jeu, auxquels ils ont ajoutés le nom des développeurs. Je résume : il n'y a donc aucun épilogue, aucune finalité, aucune vidéo qui viserait à "remercier" le brave joueur qui s'est fait suer la vie pour en arriver là... il n'y a rien !! Donc ceux qui disent que RAGE (le FPS d'id Software) dispose de la pire fin de tous les temps, ils peuvent aller se rhabiller, je viens de trouver le grand lauréat, celui qui n'est même pas foutu de proposer un simple texte afin de terminer cette histoire, qui était déjà bien en dessous de la narration minimum. Qu'ils aient manqué de temps ou de budget pour faire réellement mieux, je peux le comprendre, mais une jolie image avec un simple texte n'aurait pas été si mal. Là, on se fout clairement de la gueule du joueur !



DOOMpout et WipOOM


Avant de commencer
Le gameplay est assez original, d'ailleurs le début du jeu profite d'une indéniable ambiance
réellement à jouer, un petit tour dans les options s'impose : on pourra entièrement configurer les touches de son pad (afin d'avoir une prise en mains qui convienne à nos attentes et non une config' imposée), choisir son nombre de vies (un vrai choix de la difficulté aurait été préférable) mais aussi un réglage minutieux des volumes sonores, qui a le bon gout de séparer chaque canal : musiques, bruitages des véhicules, armes, explosions... étant donné le nombre assez conséquent de bruits parasites, ces options sont le bienvenue. On notera enfin que le jeu utilise la Memory Card afin de sauvegarder sa progression, ce qui n'est pas un mal étant donné la souffrance qu'il faudra s'infliger pour en arriver au bout. Notre version PAL Euro dispose de plusieurs langues, dont le français, ce qui nous permettra d'apprécier les ordres de missions sans avoir à les traduire (les quelques voix du jeu sont restées en anglais). Tunnel B1 est un mélange de DOOM et de WipEout : on y contrôle, en vue subjective, un hovercraft équipé de diverses armes (5 principales et 4 secondaires). Si l'arme de base possède des munitions illimitées, les autres seront à trouver dans les recoins sombres des tunnels, avec souvent l'obligation de choper plusieurs pièces avant que ladite arme ne soit utilisable (ensuite il faudra trouver des munitions). On notera déjà ici que la plupart des ennemis encaissent beaucoup (trop), ce qui rend l'armement un peu obsolète et surtout, comme trouver ces armes sont en réalité des missions facultatives, il arrive qu'on soit confronté à un ennemi aérien particulière pénible à détruire, sous prétexte que nous n'avons pas le bon outillage. C'est d'autant plus vrai sur les 3 derniers niveaux où on est littéralement agressé par des ennemis volants, avec pas grand chose pour se défendre. La prise en mains ressemble beaucoup à un FPS de l'époque (un doom-like pour les fameux "quadragénaires" dont je parlais ^__^), à ceci près que nous n'évoluons que dans des tunnels plus ou moins étriqués et ce, avec des sensations proche d'un véhicule futuriste en lévitation. Il aurait été génial de pouvoir jouer avec les sticks analogiques et avec la même prise en mains que dans les FPS actuels... malheureusement, à la sortie du jeu, le pad DualShock n'existait pas encore (il ne sera disponible qu'en novembre 1997 au Japon et au printemps 1998 en Amérique du Nord et en Europe).



Tunnel 3 - 2 = 1


Vous l'aurez compris,
Le jeu est déjà bien difficile (entre autre à cause d'armes sous-efficaces)...
les 12 niveaux de cette aventure ne comportent qu'une succession de tunnels, aux ennemis peu variés et au level design lui aussi, très similaire d'un niveau à l'autre. Les décors eux même ne se renouvellent pour ainsi dire jamais et tout a été fait pour vous faire souffrir, avec des ennemis en nombre, à la cuirasse épaisse et ce, avec beaucoup d'allers-retours imposés et assez pénibles. Si au départ nous avons des interrupteurs à enclencher pour ouvrir des portes, par la suite il faudra détruire des réacteurs, en nous imposant de faire de longues distances pour récupérer des items et/ou détruire d'autres réacteurs (heureusement dans tout ça, les ennemis détruits ne réapparaissent pas). Les items sont cachés dans des boites où il faut tirer dessus et tous les items se ressemblent : score, munitions, nouvelle pièce d'arme... tous ressemblent à des boites grises et rouges à récupérer en passant dessus. Car oui, le jeu est encore une fois axé sur le score, ce vieil adage issu de l'Arcade qui n'a pas sa place ici (fort heureusement, ça a disparu aujourd'hui). Le plus débile étant les items de bouclier, caché dans des conteneurs nucléaires : nous n'avons que 2 à 3 secondes pour les récupérer sinon ils se transforment en pseudo-singularité qui, au lieu de redonner du précieux bouclier, irradiera toute la zone et sera donc extrêmement dangereux. En pressant une touche (Select sur PlayStation) on ouvre la carte, une map bien précieuse tant les niveaux se ressemblent tous, plus encore les couloirs/tunnels ! Tout est identique et donc il est facile de ne plus savoir où nous sommes dans ce dédale. Tout à fait entre nous, une mini-map dans un coin de l'écran aurait fait le plus grand bien, sans parler de la possibilité de pouvoir y adjoindre des "points d'intérêt" personnalisés (et je ne parle pas d'un GPS intégré, fallait pas rêver).



Mon petit hovercraft... dans ton tunnel bien dur


Si jusqu'au niveau
... mais c'est bien le timer, cette idée venue de l'enfer, qui va vous pourrir tous les niveaux au delà du 3e...
3 on trouve le jeu assez difficile mais attrayant, dès le niveau 4 les choses changent drastiquement car c'est à ce niveau-là qu'entre en ligne de compte le "timer". Et ce temps limité va littéralement vous pourrir l'expérience !! Beaucoup trop d'événements déclenchent ce fameux timer et surtout, il est beaucoup trop court ! Par exemple, au niveau 4, il y a une succession d'ennemis à abattre, ennemis qui filent comme des fusées, qui sont résistants au possible et pour les détruire vous avez... 40 secondes ! Sérieux ?!! oo? Et oui, avec un armement poussif où il faut cartonner le moindre ennemi pendant de longues secondes, il faut en plus poursuivre des ennemis qui vous fuient comme la peste, sur un parcours sinueux et semés d'obstacles (le bonheur !). Autant vous le dire, à partir du niveau 4 la difficulté devient extrêmement hardcore ! Et passé ce level, tout est comme ça : les niveaux sont à finir en temps record et même les meilleures armes ne vous aideront pas. Non seulement ce temps limité (encore une fois, c'est une vieillerie issue de l'Arcade) n'a plus sa place dans un tel jeu, mais il rendra surtout le jeu impossible à faire sans tricher. Pour avancer, il faudra donc sortir son GameShark ou son Action Replay, tout d'abord pour être invincible, ensuite pour figer le temps sans quoi le niveau 4 sera le dernier que vous traverserez. Alors oui je sais, tricher c'est mal, seulement je mets au défi n'importe qui de finir ce jeu sans ça : c'est quasi inhumain, quasi impossible à faire, faisant passer les jeux les plus difficiles auxquels j'ai joué, pour des titres enfantins ! Alors bien sûr le côté WipEout est largement usité, puisque les course-poursuites sont légion et que ce timer de l'enfer nous impose d'aller vite. Le boost peut également sembler une bonne idée seulement voilà, comme rien n'a été fait pour notre plaisir, notre hovercraft est assez injouable. La prise en mains est imprécise, extrêmement flottante (avec une inertie épouvantable) et à l'image du valeureux WipEout, les tunnels sont tous étriqués et le moindre contact avec les murs vous sèchent net ! Ainsi, sans le timer, on aurait pu évoluer en douceur, "piloter" avec précision, mais 40 secondes pour exploser un ennemi qui fuit, avec un armement poussif et un véhicule incontrôlable... vous voyez où je veux en venir...



Une performance technique...
au service d'un jeu sadique !



Ainsi,
Tout ceci est bien dommage car techniquement, c'est une belle réussite !
Tunnel B1 est un jeu agréable, voire même hypnotisant... durant les 3 premiers niveaux. La suite du jeu (soit les 9 niveaux restants) est une purge sans nom, une rude épreuve pour les réflexes et les nerfs, et ce, même lorsqu'on a le plaisir de découvrir cette aventure avec tous les moyens de triche possible. Tout ceci est bien dommage car mine de rien, l'univers proposé est vraiment intéressant (c'est du moins ce qu'on pense au début). En effet le moteur graphique est particulièrement performant : c'est fluide, c'est détaillé, ça tourne bien, on a des effets d'éclairages en temps réel qui sont particulièrement bien exploités... en clair c'est vraiment très beau et techniquement abouti ! Cependant on regrettera que tout se ressemble, que finalement on ne quitte pour ainsi dire jamais les tunnels, qu'on affronte toujours la même poignée d'ennemis, que les niveaux sont toujours très sombres (les quelques passages en extérieurs sont toujours de nuit) et qu'au final, on a l'impression d'évoluer dans un interminable couloir. C'est sans doute voulu (eu égard au titre du jeu), et là est mon regret : les développeurs ont sciemment supprimé les phases en hélicoptère, alors qu'elles auraient immanquablement variés les niveaux. Côté son, les effets sont plutôt réussis, les explosions ont du coffre et les musiques, type cinématographiques, collent assez bien à l'ambiance. C'est tout du moins ce que pense mon frère (Aquel) avec qui j'ai testé le jeu, car personnellement, une bande-son plus rythmée, plus Electro (à l'image de WipEout 2097) ou quelque chose de plus "ambiancé" (comme les musiques d'Alien Trilogy) aurait apporté un vrai plus au titre. Il est vrai que certaines musiques collent bien au jeu, mais en attendant, cette ambiance sonore finit par agacer à la longue. Mais bon, on ne fera pas la fine-bouche puisqu'au final, les compositions de Chris Hülsbeck (le musicien derrière Turrican et Jim Power, ces jeux étant justement notables pour la qualité de leurs musiques) sont sans réfléchir le défaut le moins pénalisant du jeu...



Ayant reçu Note
des appréciations et des notes élogieuses de la part de la presse de l'époque, Tunnel B1 est un jeu qui m'a intrigué pendant 23 longues années. Lisant par ci par là l'appréciation des joueurs (l'Internet participatif ayant donné le champ libre à tous ceux qui, comme moi, aiment donner leur avis), je me disais qu'ils se trompaient sûrement sur la valeur de ce titre. Et ce ne serait pas la première fois puisque des titres inconnus comme Kileak (jeu auquel je joue encore de temps en temps) ont reçu pas mal de désappréciations alors que je l'adore. Mais pour une fois, et malgré la presse d'antan, les joueurs actuels ont bien raisons ! Preuve une fois encore que bien des créateurs ne testent pas leurs niveaux, Tunnel B1 impose une difficulté absolument atroce qui fait qu'on lâchera vite cette aventure qui pourtant, démarrait bien. Seulement voilà, une bande-son très correcte (bien que perfectible), de bonnes options, un bon moteur graphique, un design réussi et une bonne ambiance, ne peuvent pas sauver un jeu qui cherche toutes les solutions possibles pour vous pourrir la vie ! Avec son armement trop peu efficace, sa jouabilité inadaptée, sa redondance (graphique et de level design) et surtout, surtout ses timers beaucoup trop serrés... dites-vous que vous n'apprécierez "la blague" que lors des premiers niveaux, avant de jeter le pad contre un mur, de défoncer votre console à coup de talon et brûler le CD-Rom sur l'autel d'une difficulté abominable, imposée par des développeurs pervers qui n'ont sûrement testé aucun de leur niveau (c'est impossible autrement, sans quoi ils se seraient dit qu'ils allaient sûrement dans le mur !). Après 23 ans d'attente, me voilà bien déçu par ce jeu que je me faisais une joie de tester entièrement (et non les 2 premiers niveaux disponibles sur les CD démos de l'époque). Et je suis le premier à le regretter, car ses quelques qualités sont totalement anéanties par ses innombrables défauts et sa difficulté titanesque. Tant d'attente, au final pour "ça". Tristesse...



Les -

  • Maniabilité imprécise et flottante, qui ne sied absolument pas avec l'urgence de certains passages (sans compter que les murs nous sèchent net au moindre contact !)
  • Aucune narration et sans doute l'un des pires épilogues de l'histoire du jeu vidéo !
  • Ces satanés timers qui vont vous gâcher l'expérience
  • Le scoring... totalement inutile dans un tel jeu
  • Les ennemis volants, une vraie purge à affronter
  • Panel d'ennemis vraiment trop peu diversifié
  • Une difficulté absolument hardcore !!
  • Trop sombre et trop redondant
  • Ça manque d'une mini-map
  • Les +

  • Touches du Pad entièrement configurables (une bien bonne chose :)
  • Le charme et l'ambiance des 3 premiers niveaux...
  • La bande-son donne une indéniable ambiance
  • La qualité de l'intro (et uniquement ça)
  • Panel d'options bien fourni
  • Un moteur 3D performant



  • Test réalisé par Aquel & iiYama

    février 2020