Tomb Raider (PSX)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : novembre 1996
Développeur : Core Design
Editeur : Eidos Interactive
Genre : aventure - exploration

Support : 1 CD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : TR
Prix au lancement : 350Frs
Score des ventes : 4.45 Millions


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Tomb Raider

Starring Lara Croft


Aaaaaah... le premier Tomb Raider.
Alors que le jeu se veut assez réaliste, le scénario lui, part un peu en sucette. Mais ce second degré est parfaitement assumé donc...
Voilà bien un jeu qui ne subit pas le poids des ans sur son gameplay, son fun et son ambiance. Le jeu qui dévoila la belle Lara Croft aux yeux du monde, qui reste et restera à tout jamais, l'un de mes grands coups de coeur. Ce qui m'a toujours sidéré avec ce jeu, c'est que sur consoles, il charge en un coup la totalité du level, qui est bien souvent immense, dans les 2Mo de RAM que compte la machine ! Comment font-ils ? Alors qu'un jeu comme Resident Evil (bien plus beau, certes) ou même un Street Fighter Alpha, passent leur temps à loader, ici le CD ne tourne que pour lire les quelques musiques de ponctuation. Voilà bien une prouesse des programmeurs, chapeau bas les artistes ! Et ces artistes sont issus de Core Design, un petit studio britannique né en 1988. Avant Tomb Raider, on a tous connu Core Design pour des titres aussi marquants que Rick Dangerous, Chuck Rock ou Thunderhawk. Dans Tomb Raider, nous découvrons une toute nouvelle héroïne : Lara Croft. Alors qu'à l'époque 9 jeux sur 10 ne nous proposent que de jouer des mâles caricaturaux, ici la caricature s'est "déplacée". En effet, Lara Croft n'est pas une fille lambda, c'est une aventurière en mini-short, elle a de gros seins, elle sait se battre… bref il n'en fallait pas plus pour que la cible visée (la gent masculine) se prennent d'une réelle affection pour cette digne héritière d'Indiana Jones. Célèbre archéologue britannique, Lara est embauchée par Jacqueline Natla pour retrouver un objet aux pouvoirs mystiques : le Scion des Atlantes. Son périple commence au Pérou, continue dans l'immense cité Inca de Vilcabamba, puis elle visitera la Grèce, l'Egypte… en somme, la belle brune va voyager jusqu'au moment où elle comprendra que Natla s'est servie d'elle et que d'une simple recherche d'artéfact, en découle en réalité l'avenir du monde. Alors que le jeu se veut assez réaliste, le scénario est finalement assez capilotracté (surtout sur la fin) en nous dévoilant tout un parterre de monstres, qui sont un peu hors de propos. Mais on s'y fait assez vite, car ce second degré est très bien assumé.


Question mise
La jouabilité peut paraitre complexe, rigide... en réalité elle est extrêmement précise
en scène, il n'y a que 6 "ennemis humains" dans tout le jeu, ce qui fait que les dialogues sont extrêmement rares. De même, les cut-scènes en 3D sont très occasionnelles. On ajoutera qu'entre chaque pays/chapitre du jeu, nous avons une sympathique vidéo en images de synthèses, dont la réalisation fait un peu peine dans le détail (il suffit de regarder les mains de Larson dans l'intro, c'est du jamais vu, même sur cette génération !). Cependant, on aura beau critiquer la mise en scène, il faut féliciter sa présence, les jolis rebondissements qui nous attendent sur la fin de l'aventure, ainsi qu'une écriture certes fantasque, mais qui tient admirablement bien la route. Si jusqu'à présent les jeux d'aventure étaient relativement timides (par exemple, comment un point & click, type The Secret of Monkey Island ou les Les Chevaliers de Baphomet auraient pu nous donner de réelles sensations ?), avec l'avènement de la 3D, les développeurs ont laissés voguer leur imagination et nous ont proposé une toute nouvelle dimension à explorer. Avec Tomb Raider, on retiendra 2 noms : Philip Campbell mais aussi et surtout, Toby Gard dont Lara Croft est un peu l'enfant prodige. Et il est vrai que si par la suite Lara Croft deviendra une véritable égérie que tout le monde s'arrache (d'abord avec des ventes colossales de jeux, ensuite dans des publicités, des fringues puis dans 2 films où Angélina Jolie prendra le rôle éponyme), il faut reconnaitre avant tout le génie de ce designer de talent. Remettons-nous dans le contexte (en 1996 donc) et finalement, comment ne pas trouver ce jeu magnifique ? La diversité des environnements, l'immensité parfois impressionnante de certains lieux et surtout la beauté architecturale de certains passages, vont vous faire voyager comme jamais. Mais ce qui fait aussi plaisir dans ce jeu, c'est le frisson avant un grand saut. L'effet de vertige, pourtant virtuel, est saisissant ! On prend son élan et on se jette par dessus un gouffre de 300m de profondeur pour se raccrocher de justesse au rebord d'en face. Ca fait toujours un petit quelque chose juste avant de sauter, un petit truc qu'aucun jeu ne m'avait fait avant. Il y a aussi l'ampleur des lieux qui sont à la fois émerveillants et qui donnent cette impression d'immensité lorsqu'on se retrouve au bout d'une corniche et qu'on se met à contempler la magie d'un Sphinx ou d'un immense Colisée. Chargé de mysticisme à tous les niveaux, Tomb Raider fait voyager le joueur comme aucun jeu avant lui !


La jouabilité est
La réalisation n'est pas parfaite (ralentissements, clipping) mais à y regarder de plus près, Tomb Raider est une vraie réussite artistique et technique
le pilier du titre car les divers mouvements et autres habilités de miss Croft, nous permettent de finir des levels toujours plus complexes, s'apparentant plus à des labyrinthes bien construits que de simples zones à parcourir. En effet, si on peut trouver la jouabilité lourde, voire même étrange, en réalité il faut bien comprendre qu'à cette époque-là, les pads à sticks analogiques n'existaient pas encore sur consoles et les développeurs ont dû trouver une prise en mains adaptée à la complexité des architectures à arpenter. Car c'est un fait, si on peut trouver la jouabilité bizarre (au moins autant que celles des premiers Resident Evil), il faut savoir qu'en fait elle est extrêmement précise. Les sauts font toujours la même longueur, Lara exécutera toujours telle ou telle action de la même manière, ainsi Tomb Raider possède une sorte de quadrillage invisible qui permet de savoir avec précision, quel résultat on obtiendra en réalisant certaines actions. Ce n'est pas tout à fait nouveau puisque des jeux comme Flashback le faisaient déjà (Oddworld en suivra d'ailleurs ses traces), sauf qu'avec Tomb Raider on ne parle plus d'un simple jeu en 2D et en vue de profil, mais bien d'un jeu entièrement en 3D et vue à la 3e personne. Les sensations y sont donc plus immédiates, plus grisantes, plus immersives ! Ajoutons qu'en plus de niveaux assez complexes à arpenter par moment, le titre de Core Design pose aussi quelques énigmes, certes assez simples mais où il faut tout de même réfléchir un minimum. Le jeu peut ainsi paraitre hardcore mais si on se fait à sa jouabilité, qu'on a un bon sens de l'orientation et un minimum de jugeote, il est finalement abordable. Seul véritable couac : si sur PC on peut sauvegarder quand on veut, sur consoles on ne peut le faire qu'en présence de cristaux bleus, et une seule fois, ce qui rend forcément les versions Saturn et PlayStation, bien plus ardues que celles sur PC et Mac. La durée de vie est très longue : comptez au moins 15h pour le finir une première fois et encore, sans passer du temps à chercher toutes les zones secrètes. Enfin l'action n'est pas très présente dans l'aventure. Il n'y a que 6 boss dans tous le jeux (si tant est qu'on puisse les appeler ainsi), le reste des ennemis étant formé la faune locale : loups, crocodiles, gorilles, lions… puis des opposants nettement plus épicés comme un T-Rex (!), des raptors, des momies ou tout simplement des monstres.


Pour se défendre,
Tout est là, résumé en une image : Tomb Raider c'est des lieux immenses, mystiques et une ambiance sans commune mesure !
la belle anglaise aura avec elle tout un arsenal (double pistolets à balles infinies, fusil à pompe, magnum et Uzi… ces dernières ayant des munitions limitées), en plus de trousses de soins et de mouvements d'évitements qu'on apprendra vite à maitriser (tout en tirant !). Techniquement, nous sommes en présence d'un jeu pratiquement au maximum des capacités des consoles Saturn et PlayStation (pour le PC et le Mac, la donne est forcément différente mais comprenez bien que c'est avant tout un jeu console). Si l'animation est globalement fluide, on subit quelques ralentissements, le clipping est très fréquent et les amas de textures ont souvent la bougeotte (surtout sur la console de Sony). La plupart des objets sont en 2D (le rendu est assez pixellisé d'ailleurs) bien que les divers ennemis soient en 3D et mal dégrossis. Après ça, comment ne pas rester admiratif devant la beauté du jeu, le charme hypnotique des décors ? Le design, la qualité de l'architecture, des textures très détaillées et des animations étonnamment fluides, forcent immédiatement le respect. De plus les éclairages dynamiques sont vraiment impressionnants ! Côté son, les bruitages sont de bonne facture et le doublage est intégralement en français. C'était encore très rare à l'époque et contrairement à ce que disent certains, notre localisation n'est pas pire que celle d'origine. En effet, même en anglais, le doublage a été pris à la légère, ce qui donne un ton parfois "bouffonesque" à certains dialogues. Cependant, on remarquera dés ce premier opus que c'est Françoise Cadol qui double Lara Croft, en offrant un timbre de voix qui lui sied parfaitement (plus qu'en VO !), avec en plus un travail voxographique de très bonne qualité (dommage que les autres protagonistes n'en fassent pas autant). Une voix reconnaissable qui perdurera jusqu'en 2011 et la sortie de Lara Croft & The Guardian of Light. Enfin les musiques sont de grande qualité, mais en trop petits nombre. En effet, comme je le disais plus haut, elles ne sont là que pour ponctuer un instant précis du level, laissant ainsi tout le poids du silence opérer son charme. Et ça fonctionne bien, même si personnellement, j'aurai apprécié que l'ambiance soit légèrement plus soutenue.



Ce premier Tomb Raider est Note
un jeu mythique, loin, très loin des productions de son époque. Jeu culte à part entière, même si les seins de Lara ne sont que de vulgaires triangles pointus, le couple Eidos/Core Design signe ici le début d'un grand mythe. Car plus de 15 ans après sa sortie, Lara Croft est encore l'un des personnages de jeu vidéo les plus reconnaissables, au même titre que Pokémon, Mario ou Sonic. Alternativement vue comme une icône féminine ou un fantasme sexuel, ce personnage haut en couleurs et au caractère bien trempé, aura eu un impact indéniable sur la culture populaire des années 90 et début 2000. Et bien évidemment, pour lancer un tel mythe, il lui aura d'abord fallu un jeu aussi exceptionnel que Tomb Raider… Et toute la "magie" est là : on se sent seul et enfermé dans ces ruines, uniquement accompagné d'animaux pas très amicaux. Car il faut bien comprendre que Tomb Raider n'est pas un jeu d'action, c'est avant tout un jeu d'exploration avec une maniabilité très précise, quadrillée et efficace, parsemé de quelques énigmes pour égayer le tout. On éprouve des sensations inédites, comme le vertige, la peur du vide, ce sentiment de se sentir seul au monde seul face des lieux bien souvent immenses. Ajoutons une réalisation certes pas parfaite mais qui offre de beaux frissons et une évasion sans commune mesure, et c'est sûr, les premières aventures de Lara Croft ne peuvent que vous laisser des souvenirs impérissables !



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Test réalisé par iiYama

janvier 2005 (mise à jour : septembre 2013)