Dino Crisis (PSX/PC/DCAST) -- GRAVITORBOX

 







Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
Le son
L'image (PSX)
L'image (PC/DCAST)

Note générale (PSX)
Note générale (PC/DCAST)


Testé sur :


Sorties du jeu : octobre 1999 (PSX) / septembre 2000 (PC) / décembre 2000 (DCAST)
Développeur : Capcom
Adaptation DCAST / PC : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : survival horror

Version testée : Française
Doublage : US
Textes à l'écran : FR

Support : 1 CD (PSX - PC) / 1 GD-Rom (DCAST)
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 350 / 400 Frs


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Dino Crisis









Fan
L'histoire de Dino Crisis est un peu téléphonée et n'apporte aucune surprise
de Resident Evil devant l'Eternel (surtout les 3 premiers épisodes), il est pour moi naturel de me pencher sur tous les jeux qui s'en inspirent (tels qu'Alone in the Dark : New Nightmare), plus encore lorsque c'est Capcom lui même qui essaie de réinviter sa propre formule. Avec Dino Crisis, Capcom surfe sur 2 succès simultanément : Jurassic Park et Le Monde Perdu d'un côté, et naturellement Resident Evil de l'autre. Ainsi beaucoup pensent que Dino Crisis c'est simplement une nouvelle "skin" à la série à succès, juste histoire de se faire un max d'argent sans trop se fouler. Il y a certes du vrai (sans doute que le développement est parti sur ces bases là) mais au final, le développeur nippon a cherché à se démarquer le plus possible de sa source d'inspiration... même si forcément, étant donné que les bases sont les mêmes, il y a d'inévitables similitudes. Et la première nouveauté qui saute aux yeux, c'est évidemment que le jeu propose un rendu graphique en tout 3D (à l'image de Silent Hill, sorti 3 mois plus tôt), quand son mentor proposait des plans fixes. Un mot aussi sur les différentes sorties du jeu, qui a vu le jour en premier lieu sur PlayStation à la fin de l'année '99 (durant l'été au Japon). La next-gen (incarnée par la DreamCast) étant sortie entre temps (il existe aussi une version PC sortie plus au moins au même moment), le jeu aura été adapté dans une "version +", les performances du PC et de la DreamCast étant nettement supérieurs à celles de cette brave Play'. Car vous le savez sans doute, Capcom aime faire profiter de ses jeux à l'ensemble de son public, sans doute par soucis de rentabilité et de profits faciles. Cependant à l'image de Resident Evil 3, bien peu d'efforts ont été réalisés entre temps, Capcom voulant vendre un maximum de copies sans trop dépenser dans des portages honorant leurs supports.



Regina, guerrière aux cheveux rouges


Dans Dino Crisis,
Les dinosaures sont une tentative (ratée ?) de faire un Resident Evil avec une skin Jurassic Park
on contrôle Regina (c'est la mode d'incarner une jeune femme dans les jeux d'aventure et les survival-horrors), soldat au sein d'une équipe de sauvetage gouvernementale, ayant pour mission de sauver le Docteur Kirk, un scientifique qui travaille sur la Tri-Energie (une nouvelle source d'énergie). Evidemment les choses ne seront pas si simples, l'île où nous sommes parachutés semble à la fois déserte et dévastée, en plus d'être peuplée de créatures préhistoriques hostiles et agressives (oui des dinosaures !). Pour raconter l'histoire, on retrouve la formule habituelle du développeur, à savoir que les grandes scènes (comme l'intro) passent par des vidéos en images de synthèse, quand le reste du jeu se contente généralement de cut-scènes en 3D, gérées en temps réel. Soyons honnêtes, les vidéos sont d'une qualité franchement moyenne. Pour un jeu de 1999, on a vu bien mieux : ici les personnages font "poupées en plastique", les animations sont très robotisées et entre nous, il n'y a rien de bien flatteur à visionner. Quand aux cut-scènes, comme le jeu est entièrement en 3D, les développeurs en ont profité pour faire quelques "travellings" en temps réel, afin d'apporter un peu de dynamisme aux dialogues. Bien entendu, comme on parle d'un jeu PlayStation, les protagonistes ont des modélisations taillés à la serpe, les visages sont figés, inexpressifs et une fois encore, les animations sont loin de tout réalisme. Maintenant pour cette bonne vieille PlayStation, le résultat est tout à fait honorable... bien moins pour les autres supports. En effet, sur PC et DreamCast, Capcom ne s'est vraiment pas foulé : si les vidéos profitent d'une meilleure compression, à contrario elles n'ont pas bougé d'un iota et semblent -techniquement parlant- encore plus dépassées. Pire encore, les cut-scènes en 3D (qui profitent naturellement de l'upgrade du moteur graphique) sont exactement les mêmes ! Comprenez : modélisations cubiques, visages figés et donc des bouches qui ne s'ouvrent pas lors des dialogues. Ce qu'on accepte sur PlayStation, à cause de ses limitations techniques, passe beaucoup moins bien sur des PC et DreamCast nettement plus performants, rendant toute la narration totalement à côté de la plaque en termes de rendu. D'autant que (et j'en rajoute une couche là dessus) ces versions disposent d'un moteur graphique plus performant et surtout, qu'elles sont sorties un an plus tard !



Avec les dinos, c'est la crise !


Dino Crisis
Les vidéos et plus encore les cut-scenes en 3D, n'ont vraiment rien d'extra-ordinaire...
est l'un des nombreux enfants de Shinji Mikami (ici directeur et producteur), le créateur de Resident Evil, qui ici, a cherché à se démarquer au maximum de sa série à succès. Et pourtant, malgré bien des efforts, il n'y est pas tout à fait arrivé. Pire, c'est en voulant jouer la carte de l'absolue originalité, que le jeu s'encombre de lourdeurs qui auraient pu (dû !) être évité. Commençons donc par les déplacements, qui sont comme dans tout "survival horror" sur PlayStation, en configuration 3D : on pivote avec gauche/droite, on avance en pressant haut et on recule en pressant bas. La formule est approuvée, elle fonctionne bien même si, avouons-le, elle est toujours un peu lourde et rend certains déplacements un poil fastidieux (mais rappelons qu'à l'origine la PlayStation n'avait pas de sticks analogiques). A noter que si cette jouabilité sied bien au pad de la console de Sony, une fois encore elle est complètement inadaptée au pad de la DreamCast, dont la croix est d'un inconfort innommable. Comme dans la série à zombies, nous avons un inventaire (qui est ici super mal fichu ! une vraie purge !), on vise en pressant une gâchette et on tire en pressant une touche, l'arsenal est maigre mais évolutif (par exemple le pistolet se verra upgradé afin d'être plus puissant) et on retrouve un système de soins à base de substances à mélanger en vu d'en améliorer l'efficacité (ça ne vous rappelle pas une certaine gamme d'herbes ça ?). Dans Dino Crisis on ne sauvegarde pas sur des machines à écrire ou des ordinateurs, non ici on nous propose de sauvegarder en quittant certaines pièces (celles marquées d'un "S" pour "save"). Un bien étrange procédé mais là n'est pas le pire : il n'y a pas réellement de coffre dans ce jeu. Il faut donc trouver des "chevilles" pour déverrouiller des sortes de casiers où sont rangés des munitions et des produits soignants. Nous pouvons y laisser nos propres objets (car oui, l'inventaire est encore une fois limité et on est vite saoulé lorsqu'il est plein) cependant les casiers ne sont pas interconnectés entre eux, donc il faudra faire pas mal d'allers-retours pour récupérer son matos. Croyez-moi, les coffres de Resident Evil sont peut-être anti-réalistes mais bon sang ce qu'ils rendent service ! La carte du jeu est minimaliste (on ne sait jamais où est exactement notre position, on sait seulement dans quelle pièce on se trouve), ce qui entraine une fois encore des lourdeurs, mais le meilleur dans tout ça, ce sont les énigmes et le cheminement : rien, absolument rien ne tombe sous le sens, rien n'est intuitif, résultat on court un peu partout, on cherche son chemin, on fait des essais (souvent contre toute logique) jusqu'au moment où on tombe sur la bonne solution.



Dino Evil ou Resident Crisis ?


Alors oui,
Le gameplay est d'une lourdeur sans nom : pas réellement de coffre, un inventaire chiant comme la pluie, un cheminement tout sauf intuitif, des énigmes souvent relous...
parfois la carte nous indique où aller, parfois il semble naturel de "nettoyer" les lieux, de fouiller et certaines énigmes ne sont pas si idiotes que ça. Mais en attendant, on ne compte pas le nombre de fois on se retrouve bêtement coincé, uniquement parce qu'on ne sait pas quoi faire ! Les objectifs ne sont pas clairs, il n'y a rien pour nous les rappeler et l'ensemble mime un rouage qui fonctionne... mais qui aurait sacrément eu besoin d'huile tant le résultat manque parfois de cohérence et de fluidité ! Et encore, je n'évoque pas le fait que certains objets s'utilisent automatiquement, et d'autres pas, histoire de mieux nous induire en erreur. On pourrait également pointer du doigt qu'on ne dispose pas de demi-tour rapide (pourtant instauré par Resident Evil 2, sorti un an et demi auparavant et du même créateur...), la plupart des objets à ramasser ont tous la même gueule (une sorte de caisse verte : soins, dopant, munitions... même combat !) et si Regina vise assez bien d'elle-même et qu'elle peut saigner (suite à une blessure, il faudra alors utiliser des pansements hémostatiques), à côté de ça difficile de ne pas trouver que l'ombre de Resident Evil plane inéluctablement sur tout le jeu (comme le fait d'attendre de voir les ennemis baigner dans une flaque de sang pour être sûr d'en avoir fini avec eux). Au final, ce qu'on reproche à Dino Crisis c'est d'être trop proche, trop calqué sur Resident Evil, et en même temps, lorsqu'il entreprend de s'en démarquer, ça ne fonctionne pas tellement bien, ça accuse de telles lourdeurs, qu'on en vient à se dire que sa tentative d'originalité est simplement ratée ! Même Regina : une héroïne qui cherche à avoir sa propre identité (cheveux rouges, horrible combinaison d'infiltration ou de plongée, on ne sait pas trop en fait) mais qui au final ressemble tellement à Jill Valentine...



Ça ronronne comme un... dinosaure !


Techniquement,
La réalisation fait honneur à cette bonne vieille PlayStation... mais on ne peut pas en dire autant des versions DreamCast et PC qui sont certes plus fines, mais qui proposent des modélisations honteuses vis à vis de leurs performances
comme évoqué, Dino Crisis essaie de s'affranchir de son mentor grâce à un rendu en tout 3D, comme le fera Silent Hill quelques mois avant lui. Si bien entendu le résultat peut rebuter, au contraire, avec le recul et un minimum d'objectivité, pour un jeu PlayStation de 1999 ce n'est pas si mal. Bien sûr ce n'est pas hyper détaillé, les environnements se renouvellent vraiment peu (c'est principalement des bureaux et des entrepôts), les modélisations sont méchamment cubiques (visages fixes et grosses mains palmées de série)... cependant je le redis, pour de la PlayStation, c'est vraiment pas dégueu'. De plus, afin d'éviter les textures qui ont la tremblote (la grande "maladie" de la console) Capcom a fait en sorte que lorsque la caméra ne bouge pas, l'ensemble de la structure et des textures soient comme figées. Une astuce de programmation sacrément ingénieuse et qui évite que tout le décor ait la bougeotte. Maintenant, il faut avoir l'humilité qui s'impose : il est clair que c'est moins beau qu'un Resident Evil et pour cause, les plans fixes et précalculés en images de synthèse seront toujours plus flatteurs, colorés et détaillés, ça va de soi ! Ceci dit, je trouve que le rendu graphique de Dino Crisis n'a pas vraiment à rougir de la comparaison, tant le résultat est "propre". On appréciera aussi que les ennemis (notamment beaucoup de raptors et de ptéranodons) soient bien modélisés, mention spéciale au T-Rex qui, à l'image des films de Spielberg, est un peu le roi des antagonistes. Ceci dit, je ne pourrai pas être aussi élogieux envers les versions ultérieures qui ont été adapté en entrainant le moins de frais possible. En somme sur DreamCast et PC, les graphismes sont plus beaux, comme "lissés", les éclairages sont plus nets, le moteur 3D est plus fluide... c'est presque une version HD du jeu PSX. Mais à côté de ça, comment ne pas être accablé en voyant la gueule des personnages ! Ils sont identiques à la version d'origine, ce qui jure complètement avec les performances graphiques et le support. Quand on sait de quoi la DreamCast est capable (et on le verra bien avec Code Veronica, ses belles modélisations et surtout, ses visages expressifs), on en vient vite à se dire que Capcom se fout de notre gueule ! Car un lifting, même minime, des personnages aurait fait le plus grand bien à ces versions... mais en vue d'uniquement profiter de quelques ventes supplémentaires, le développeur s'est contenté du minimum syndical.



Le quatuor en crise de colique symphonique


Côté son,
La bande-son n'est vraiment pas terrible, certains bruitages sont directement pompés de Resident Evil et les armes font un bruit minable...
une fois encore, les développeurs ont cherché à s'éloigner du maitre-étalon... mais ce fut soit en vain, soit mal fait. Comme toujours sur le secteur Euro PAL, nous avons un doublage intégralement en anglais, sous-titré en français. Si le doublage est correct, par contre la traduction laisse à désirer avec quelques fautes et parfois même une conversion soit mot-à-mot, soit totalement à côté de la plaque. Dommage, Capcom nous a habitué à mieux. Quant aux cris des dinosaures, ma foi ils sont très corrects à ceci près que certains semblent sortir tout droit de Jurassic Park... notamment le T-Rex. Pour ce qui est des musiques, à part celle des salles de sauvegarde (qui est douce et rappelle... "vous savez qui") on a l'impression que Capcom a récupéré les plus mauvaises pistes de Resident Evil, celles laissées de côté et que personne n'a voulu ! Autant vous le dire tout net, les musiques sont mauvaises, mal composées, elles n'ont aucun charme... quand elles ne tapent pas directement sur le système, notamment lors des phases de stress (où là, le compositeur s'est littéralement laissé allé). Bref, dans la brochette des 4 musicos ayant officié sur ce jeu (Makoto Tomozawa, Sayaka Fujita, Akari Kaida et Syun Nishigaki) je ne félicite personne ! Quand on sait à quel point une bonne bande-son apporte énormément à un jeu (il suffit de voir les Resident Evil, Alien Trilogy, WipEout 2097, Toshinden 2 ou encore Air Combat... ils ne seraient pas pareils sans leurs bande-sons de folie !), on se dit que Capcom a encore raté l'occasion de briller. Terminons par les bruitages qui sont soit repris directement de la série "dont je ne citerai pas le nom" (car je l'ai déjà trop fait hein ^^), comme le bruit de clavier (un clavier très bruyant soit dit en passant), le bruit des pas ou l'ouverture de certaines portes (à noter qu'ils ont également repris les scènettes d'ouverture de porte... quoi de plus normal pour ersatz de Resi... chuuuut ! je ne le dirai pas !). A côté de ça, au lieu de tout reprendre en bloc, ils se sont dit qu'ils allaient changer le bruit des armes... pour quelque chose de moins bon. En effet, après les superbes bruitages d'armes à feu de "l'autre série", ici il faut entendre les sons du fusil à pompe ou du flingue pour se dire que vouloir à tout prix se démarquer, c'est parfois faire de la merde...



Avec Dino Crisis, Note PlayStation


Note PC / DreamCast
Capcom et Shinji Mikami ont voulus autant s'inspirer que se démarquer de Resident Evil. Utilisant d'un côté l'ossature, le même genre d'énigmes, le même type d'inventaire restrictif (à ceci près que celui-ci est tout sauf intuitif), la même maniabilité et une narration qui est calqué sur son mentor (à ceci près que les dinosaures sont rentrés au forceps dans le scénario, au point qu'on se demande franchement ce qu'ils foutent là !), on sent bien que les développeurs ont cherchés à s'inspirer d'une "formule qui marche". Mais comme il ne fallait pas trop que ça se voit, ils ont aussi cherché à innover, en premier lieu avec un rendu graphique tout 3D et tout à fait honorable pour de la PlayStation, mais aussi et surtout un cheminement contre-intuitif où rien ne tombe sous le sens et ou on passe notre temps à chercher "quoi faire". Couplé à des énigmes chiantes à souhait (comme les passages avec la grue, pffff...) et une bande-son minable, on conclut que dès que le jeu a cherché à se démarquer de Resident Evil, il s'est planté ! Quand aux versions ultérieures (PC et DreamCast), elles proposent un moteur 3D plus performants, des textures lissées mais aussi et surtout une prise en mains désagréable (le pad DreamCast étant très mauvais pour l'exercice) et surtout, surtout, des modélisations qui n'ont pas été retouchées (mains palmées, visages figés, bouches qui ne s'ouvrent pas lors des dialogues), au point de rendre les cut-scènes à la fois totalement dépassées et ridicules. Ce qu'on peut accepter d'une PlayStation, due à ses limitations techniques, est inacceptable sur des supports nettement plus performants, qui plus est pour des versions qui ont vu le jour avec un an de retard ! Bref, quelque soit le support, Dino Crisis est un jeu sympathique qui a ses défauts et ses qualités, mais qui échoue à simplement remplacer les zombies par des dinosaures, afin d'essayer d'imposer une fois de plus, une formule à succès...



Les -

  • Au final, les dinosaures ne servent pas à grand chose : une tentative ratée de faire autre chose que des zombies
  • L'inventaire, trop restrictif, et ses pseudo-coffres à ouvrir avec des "chevilles"
  • Cheminement contre-intuitif : on passe son temps à chercher quoi faire
  • Versions PC et DreamCast aux modélisations indignes de leurs supports
  • Musiques nullissimes et bruitages des armes minables
  • Quelques approximations dans la traduction
  • La qualité bof-bof des vidéos
  • Les +

  • Tout ce qui est copier-coller de Resident Evil : ambiance, prise en mains, combats...
  • Versions PC et DreamCast aux graphismes plus détaillés et au moteur 3D plus fluide
  • La musique des salles de sauvegardes (faut bien que je trouve des bons côtés)
  • Les petits ajouts (comme le mode Arrange) des versions ultérieures
  • Un rendu 3D temps réel très propre


  • Test réalisé par iiYama

    septembre 2005 (mise à jour : avril 2020)