Diablo (PSX)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 1998
Développeur : Blizzard
Adaptation : Climax
Editeur : Electronic Arts
Genre : hack & slash / RPG

Support : 1 CD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Prix au lancement : 350Frs
Score des ventes : 600.000 (PSX) + 3.5 Millions (PC)


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Diablo








Sorti en 1996 sur PC, Diablo est très vite devenu un titre culte (3.5 Millions de ventes tout de même !), à l'image des autres productions du développeur (Warcraft, Starcraft, World of Warcraft). Pourtant, le pari était osé de transposer un jeu aussi immense et riche, sur une console qui n'avait à offrir que son support CD et son pad. Bien sûr Blizzard (qui confié l'adaptation à Climax) n'a pas trop pris de risque en sortant son adaptation sur la plus populaire des consoles 32bits, le jeu ayant en plus ébloui les joueurs PC depuis de nombreux mois. Le développement était déjà rentabilisé et Diablo était déjà une licence forte. En tout cas, moi qui suit réfractaire aux hack & slack et aux RPGs, j'admets avoir pris beaucoup de plaisir à jouer (on a finis le jeu à 2 avec Aquel), même si cette adaptation se traîne quelques boulets de taille.


Développement scénaristique

Scénario : cliquez pour ouvrir

Il faut le reconnaître, Blizzard est allé chercher loin son inspiration. Pour preuve, tout fan de Diablo II reconnaîtra de suite les bases du scénario, comme si celui-ci avait été écrit dans son intégralité, avant même la production de ce premier chapitre. L'intro, sombre et sanglante, est vraiment sympa, tout comme cet épilogue qui laisse une porte grande ouverte sur une suite. Malheureusement, aucune cut-scènes ne viendra enrichir l'histoire au cours du jeu. A contrario, divers textes narratifs (souvent "contés" en voix-off), grossiront le dossier. C'est sûr, on est loin de l'hyper scénarisation de Metal Gear Solid, mais pour un jeu PSX, c'est déjà pas si mal.


Jouabilité & Gameplay

Dans cette version,
On retrouve les 3 classes habituelles de ce type de jeu
on troque le clavier et la souris contre un pad. Evidemment la prise en mains s'en ressent, la jouabilité devenant lourde. Le jeu étant en 3D isométrique, les directions les plus utilisées sont les diagonales et c'est justement ce qui sied le moins au pad PlayStation. Première faute de goût, le jeu ne prend pas en charge les sticks analogiques de la DualShock, ce qui aurait grandement assoupli la jouabilité. De plus, si votre personnage semble marcher vite à l'horizontale, lorsqu'on monte, descend ou prend justement une diagonale, on a l'impression de ne plus avancer. Le jeu propose pourtant 2 vitesses et je conseille de suite de prendre la plus rapide. Comme tout bon hack & slash mitonné à la sauce RPG, en tuant les ennemis ou en fouillant les lieux avec tout ce que ça implique de coffres à piller, on récoltera de l'argent (pièces d'or) et divers items. Dommage que l'inventaire ne soit accessible que par le biais d'un menu, le bouton -start- (servant à la pause) aurait très bien pu faire office de raccourci. Afin de faciliter tout de même un peu la gestion des combats, les développeurs ont intégrés 2 fonctions rapides en la présence des boutons R1 et L1. Le premier sert à utiliser une potion qui remonte sa mana, le second s'applique à utiliser une potion revitalisante. Sans ça le jeu aurait été vraiment pénible, car sur la fin où la difficulté monte en flèche, il est impératif de toujours garder un oeil sur sa jauge de vie. Jouable à 2 simultanément, si l'un des 2 protagonistes meurt, il est toujours possible de le faire renaître grâce à un sort. Seul défaut, on se retrouve "à poil" puisque tout l'équipement est par terre et la jauge de vie est réduite au minimum. Voilà pourquoi il vaut mieux faire renaître son compagnon d'arme lorsque tous les ennemis du coin sont morts. Pour revenir à l'inventaire, il est bien réorganisable à volonté bien que sa taille soit prédéfinie, on peut jeter les objets qu'on trouve inutiles et s'équiper d'armes et de protection. Le jeu se compose de 16 niveaux (sur 4 mondes) et à chacun, on s'enfonce un peu plus vers les entrailles de la Terre... vers les Enfers. L'idéal est bien sûr de remonter à la surface (au village) le plus souvent possible, afin de vendre les objets dont on ne se sert pas (plutôt que de les jeter), ce qui permet d'augmenter son pécule. Avec l'argent, il est possible d'acheter des sorts, des livres de compétences, des armes, des armures, des artéfacts de protection (comme des bagues vous protégeant du feu) et bien sûr des potions : mana et vitalité. Et la mana, autre appellation pour dire magie, est votre jauge de pouvoir.


Ainsi votre
Les aspects RPG et troc apportent un vrai plus
personnage peut créer des sorts plus ou moins utiles, les plus intéressants étant sans doute celui de guérison et celui qui créé un portal dimensionnel qui mène directement au village (au premier niveau de chaque monde, on a aussi une brèche qui y mène). Plus subtil que bourrin malgré les apparences, le jeu impose une certaine approche de l'exploration car on est vite encerclé de monstres. La tactique a mettre en avant est de jouer sans être pressé, de remonter au village chaque fois que l'inventaire est plein d'objets à vendre, ou qu'on a plus de potions, et d'avancer pas à pas pour tuer les hordes d'ennemis une à une. Il y a 3 classes de personnages : le Guerrier est parfait pour jouer les "tanks", il fait la brute et va au contact. La Rogue (archère) joue plus sur la distance en invoquant des sorts et en tirant à l'arc. Enfin le Magicien est le plus ardu à prendre en main car en début de partie, ses pouvoirs sont faibles et il ne sait pas utiliser d'armes. Evidemment on fait ce qu'on veut de son personnage mais coller un arc au guerrier ou faire de la magie avec la rogue n'est pas ce qu'il y a de plus efficace. Chacun sa spécialité. Le côté RPG de Diablo passe aussi par son système d'upgrades du personnage qui s'incrémente par niveaux. On peut distribuer les point acquis comme bon nous semble selon plusieurs critères (santé, force, dextérité...), ce qui nous permet de survivre à des ennemis de plus en plus rapides, nombreux et endurants. Chaque level est formé d'une map aléatoire et c'est là, l'une grande force du jeu. Impossible de faire 2 fois le même niveau, ce qui est excellent pour contrer l'effet répétitif du gameplay (qui en plein combat se réduit à marteler le bouton d'action) mais qui offre une difficulté tout aussi aléatoire. Il est donc peu rare d'avoir seulement quelques ennemis à un niveau, et des dizaines qui vous foncent dessus tous en même temps au suivant. Pratique, une carte évolutive des lieux est accessible via le bouton R2. Elle se supplante à l'écran de jeu, ce qui est bien plus fonctionnel qu'une map classique. Enfin le plus gros problème du jeu, hormis sa lourdeur de déplacement, c'est que le système de -lock- est totalement défectueux. Avec la Rogue ou le Magicien, qui tirent à distance je rappelle, il ne sera pas rare d'envoyer ses projectiles vers ce pauvre guerrier qui attaque au front. Complètement débile, le personnage ira plus facilement planter ses flèches sur l'allié plutôt qu'un ennemi tout près. Et ça en rajoute à une difficulté qui n'avait pas besoin de ça pour enrichir une durée de vie déjà assez conséquente, une durée qui s'étend déjà grâce aux quêtes annexes.


L'image

Même si la 5e
Les graphismes ont étés simplifiés depuis la version PC et cette édition ralentit beaucoup
génération de consoles est friande de 3D, Diablo est essentiellement en 2D. Afin d'avoir une perspective, Blizzard a usé d'une vue isométrique, la fameuse 3D iso, qui retranscrit un effet de profondeur grâce à une habile utilisation de sprites 2D. Malgré tout, la brave PlayStation arrive souvent à saturation, surtout lorsqu'on joue à 2. Dés qu'il y a un trop grand nombre d'ennemis à l'écran, qui en plus tirent des éclairs et autres boules de feu dans tous les sens, côté moteur graphique c'est la cacophonie. Il faut adjoindre au dossier des mauvais partis de ce chapitre que le jeu accuse en plus une certaine lenteur, même en "mode rapide". Mais en fermant les yeux sur ces 2 points, il faut reconnaître que l'adaptation tient la route. Tout d'abord le jeu est beau, les décors sont détaillés et on retrouve de superbes effets d'assombrissements qui contrastent les effets lumineux. Il est vrai que l'animation des divers personnages n'est pas vraiment fluide mais le jeu original sur PC étant déjà comme ça, difficile de coller la faute à cette adaptation. Une adaptation volontairement simplifiée pour être plus à-même de tenir sur console. Et puisqu'on parle de console, il faut savoir que notre petite PlayStation avec ses malheureux 2Mo de RAM a bien du mal à contenir tout ce dont le jeu a besoin. Du coup les loadings sont très fréquents (ouverture de l'inventaire, ramassage d'objets, menus...), bien qu'on peut pardonner la lenteur du chargement entre chaque niveaux.


Le son

Si sur PC le jeu se
Le doublage français n'est pas extra, comme souvent à l'époque
sentait à l'aise (entre le CD et le disque dur), sur PSX il en est tout autre. Ici il n'y a de possibilité d'extension virtuelle de l'espace disque et le son est un des chapitres qui s'en ressent. Par exemple, on retrouve des voix sous-samplées à 11Khz. Comme sur le même CD sont contenus les voix anglaises, allemandes, espagnoles et françaises, tout ce petit monde se sent à l'étroit. D'ailleurs le doublage français n'est pas des meilleurs. Peu inspiré, parfois oisif, la version anglaise fait un peu mieux avec notamment quelques grandes phrases que les puristes de Diablo reconnaîtront à coup sûr. Et on peut en dire autant pour des bruitages franchement moyens et peu réalistes. Reste de très bonnes musiques, parfaitement dans l'ambiance glauque du jeu, bien qu'elles soient souvent couvertes par le marasme des bruitages.


Note générale

Avec de gros ralentissements, des loadings incessants et parfois interminables, un lock tout pourri qui s'attaque aux alliés plutôt qu'aux ennemis, une jouabilité lourde à souhait, il faut en plus ajouter que les sauvegardes sont longues à réaliser et prennent 10 blocs sur la Memory Card ! Un record... Mais difficile de bouder cette adaptation du grand Diablo, qui en passant du PC à la PlayStation, s'est retrouvé un peu confiné. Malgré tout, il faut reconnaître que ses nombreux défauts n'entachent que très légèrement toute la magie du jeu. Visuellement agréable, proposant une action soutenue et des niveaux aléatoires, les facettes RPG de Diablo finissent d'enrichir un jeu déjà conséquent. S'il n'est plus le mythique jeu sorti 2 ans plus tôt sur PC, Diablo sur PlayStation reste un hack & slash fort d'une empreinte originale et d'une aventure accrocheuse.


Test réalisé par Aquel & iiYama

août 2008