Fatal Fury (Neo-Geo) -- TEST sur GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son

Version Neo-Geo AES
Version Neo-Geo CD


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Sorties du jeu sur cartouche : novembre 1991 sur Neo-Geo MVS - décembre 1991 sur Neo-Geo AES
Sortie du jeu sur CD : septembre 1994 sur Neo-Geo CD

Développeur : SNK
Editeur : SNK
Genre : combats (versus fighting)

Version testée : NTSC américaine
Voix dans le jeu : anglaises
Textes à l'écran : anglais

Support : cartouche de 55 Mb (NGEO AES) - 1 CD-Rom (NGEO CD)
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Abréviation : FF
Titre alternatif : Garou Densetsu : Shukumei no Tatakai (JAP)
Prix au lancement : 1450 Frs (NGEO AES) - 400 Frs (NGEO CD)








Les sites partenaires :
















Fatal Fury

King of Fighters



Il arrive parfois
Fatal Fury est le tout premier "vrai" versus fighting de la Neo-Geo. Ainsi on aura tendance à être clément envers ses erreurs de jeunesse
des phénomènes un peu étranges comme le fait qu'on préfère le portage (souvent "downgradé") d'un jeu, plutôt que sa version originale. Comment est-ce possible ? Et bien je dirai que c'est surtout par nostalgie, ou encore le fait que ce soit cette version-là qu'on a connu en premier et que c'est elle qui nous a durablement marqué, quand bien même la version originale est bien meilleure. Dans les années '90 et comme beaucoup d'adolescents de l'époque, je fantasmais sur la Neo-Geo. Les images qu'on scrutait sur de petites images fixes et pas toujours de qualité dans nos magazines préférés (Consoles +, Joypad et autres) nous faisaient baver d'envie ! Mais faute d'un portefeuille bien rempli, j'étais déjà bien content de savourer les hits de la Rolls des consoles sur mes Super Nintendo et Mega Drive (oui j'avais les 2 et en effet, j'avais déjà beaucoup de chance). Sur Super Nintendo j'ai bien entendu connu l'indétrônable Street Fighter II et si je vous en parle, c'est parce que c'est ma version préférée du hit de Capcom. Un coup de cœur (même aujourd'hui) qui à mes yeux, est loin devant la version Arcade ou tout autre portage.
J'ai également connu Samuraï Shodown (en réalité c'était Samuraï Spirits car je l'ai acheté en import) et enfin, mon dernier jeu SNK sur ce support fut le très bon Fatal Fury Special. Mais avant d'en arriver là et comme je "nourrissais" équitablement mes consoles, ma Mega Drive a également eu sa version de Samuraï Shodown (en édition Euro cette fois) ainsi que le premier Fatal Fury. Nous étions alors en 1994 et je peux vous dire que j'ai adoré ce titre.
N'ayant découvert véritablement Fatal Fury sur Neo-Geo que 12 ans plus tard (en 2006), étrangement je garde beaucoup d'affection pour cette adaptation signée Takara, alors que j'ai tendance à être plus indifférent, limite sévère, lorsqu'il s'agit de la version originale, sortie sur Neo-Geo en fin d'année 1991. Un flagrant manque d'objectivité ? C'est possible (bien que j'ai noté équitablement l'adaptation Mega Drive, pas de favoritisme), mais je pense surtout que c'est une question d'affect et de culture ludique. En effet, en 1994 j'ai un adolescent qui kiffait ses jeux mais qui n'y connaissait finalement pas grand chose. Aujourd'hui, après la rédaction de milliers d'articles (si si j'vous jure) et un parcours gaming qui dépasse les 30 ans d'expérience, je pense être désormais plus à-même de donner mon avis sur un jeu.



                   


Dans les années '80
Sur Arcade, Capcom et SNK seront longtemps des frères ennemis, et c'est pour concurrencer Street Fighter II, que Fatal Fury verra le jour
et surtout '90, au milieu des studios (la plupart japonais) que sont les talentueux Taito, Namco ou encore Konami, il y en avait 2 qui se livraient une bataille sans merci : Capcom d'un côté et SNK de l'autre. Pourquoi une telle rivalité ? Je pense simplement parce que les 2 mastodontes de l'Arcade faisaient un peu le même genre de jeux et donc, empiétait sur les plates-bandes de l'autre. Avec le recul on peut se dire que bien de gens étaient finalement au courant de cette guerre, puisque les 2 studios se sont affrontés par jeux interposés. Cette querelle prendra fin lorsque la Neo-Geo accueillera SVC Chaos, un cross-over des personnages emblématiques des 2 parties, tout simplement parce que Capcom a tacitement "gagné". Nous étions alors en 2003, SNK était au bord de la faillite, quand Capcom brillait sur les consoles de toutes les marques. Et c'était bien là toute sa force : si Capcom avait ses propres systèmes Arcade (les fameux CPS), ils n'ont jamais construits de consoles, contrairement à SNK qui s'est alors retrouvé piégé dans sa propre stratégie commerciale.
Mais avant d'en arriver là, Capcom sortait son premier Street Fighter en 1987. La réponse d'SNK sera Street Smart en 1989 puis Capcom va littéralement bouleverser le secteur ludique en 1991, avec la sortie de Street Fighter II. A l'instant T, SNK ne cherchait qu'à concurrencer son ennemi de toujours, sans savoir qu'en réalité, l'immense succès de Street Fighter II allait changer à jamais le "versus fighting". Peu à peu, SNK en fera sa grande spécialité, alors qu'en face Capcom continuera à diversifier son catalogue. Face au succès de Capcom et son rouleau compresseur (Street Fighter II), toute l'industrie va développer ses propres jeux de combats. Un véritable phénomène de mode qui mettra des années à se tarir.
De son côté SNK voulait frapper un grand coup, montrer que face au CPS-1 de Capcom, sa Neo-Geo était capable d'aussi bien, voire mieux. Cependant la maitrise du hit de Capcom, tant sur sa réalisation que son gameplay, mettra longtemps avant d'être égaler. Depuis son lancement, la Neo-Geo a pas mal élargi son offre, avec notamment des shoot-them-ups et des beat-them-alls, les 2 grands genres d'une Arcade qui tournait déjà un peu en rond. Avec Fatal Fury, SNK scella le destin de son système, en lui offrant son premier véritable versus fighting. En voyant le succès phénoménal de Capcom avec son jeu, et un système MVS/AES assez doué pour le genre, les jeux de combats vont exploser dès 1992, au point que la Neo-Geo deviendra rapidement le support-roi de la baston.



   

Les écrans titres japonais et occidental


Fatal Fury
Fatal Fury propose un gameplay assez simple à assimiler, auquel va se greffer quelques nouveautés assez sympathiques
gravite autour de 3 personnages principaux : Terry et Andy Bogard (2 frères), ainsi que leur ami Joe Higashi. En se lançant, le jeu nous propose 3 petites intros (une par personnage), une séquence assez stylée mais qui finit immanquablement par l'arrivée de Terry à Southtown. Au passage notez que le chauffeur du taxi n'est autre que G-Mantle (la plus ou moins mascotte de la marque, tout du moins dans son début de carrière), un personnage énigmatique qu'on retrouve un peu partout dans le jeu (bien que ce soit assez subtil). Le jeu repose sur une histoire de vengeance. Terry Bogard, son frère Andy et leur ami Joe, participent au tournoi du "King of Fighters" qui a lieu dans la ville de Southtown. Ce tournoi est organisé par le parrain de la mafia locale, Geese Howard. Ce dernier a assassiné Jeff Bogard, le père adoptif de Terry et Andy, 10 ans plus tôt. C'est l'occasion rêvée de se venger tout en débarrassant la ville de ce dangereux criminel...
Alors certes, le scénario ne vole pas bien haut et c'est un fait, cette histoire est laaargement inspirée de ce qu'on connait déjà à travers Street Fighter II (puisqu'il suffit de connaitre les histoires de Chun-Li ou de Guile pour savoir que les jeux de combats et la vengeance, vont souvent de paire). Dans tous les cas, on apprécie que Fatal Fury tente de soigner sa narration. Certes ça ne vole pas très haut, mais après une sympathique intro, on assistera à quelques scénettes entre 2 bastons et pour ne rien vous cacher, bien qu'un peu expédiée, la fin est tout à fait convenable. Mais vous vous doutez bien que là n'est pas l'atout principal d'un versus fighting. Son roster, ses modes de jeu et surtout la qualité de son gameplay, voilà ce qui est le plus important et si SNK a soigné (un peu) son enrobage, pas sûr que le reste soit du même niveau, même si je l'avoue, il y a quelques idées fort intéressantes.
De façon très classique, nous avons une touche pour les coups de poing, une pour les coups de pieds et une touche pour les projections. Pas de niveau de puissance comme chez la concurrence, la prise en mains s'assimile très rapidement, et le petit "how to play" nous détaille ça comme un chef. Notez que chacun des personnages disposent de 4 techniques spéciales, qui utilisent (pour la plupart) les classiques manipulations types quart de cercle et autre "chargement" de 2 secondes.



   

Fatal Fury propose une petite narration bien sympathique


On retrouve
Jouer à 2 contre 1 et passer d'un plan à l'autre en toute simplicité, sont les grandes nouveautés du titre
aussi 2 bonus-stages où il faut mitrailler le bouton A pour gagner un bras de fer face à des sosies approximatifs de Mister T et Hulk Hogan (malheureusement, contrairement à Art of Fighting, réussir le défi n'apporte aucun bonus). Enfin, comme dans bien des jeux Neo-Geo de première génération, la version AES ne propose qu'un choix de la difficulté comme unique menu... et encore la différence en mini et maxi est assez relative. Et il n'y a rien d'autre à se mettre sous la dent : pas de configuration des touches, pas de véritable mode versus... ici c'est l'Arcade à la maison, dans son état brut. Il faut dire qu'un tout petit mois sépare la version Arcade/MVS de la version console/AES, même si ça ne justifie pas le manque d'un contenu typiquement console...
Voulant s'affranchir de son concurrent (ou voulant à tout prix éviter les évidents plagiats) c'est ici que vous allez découvrir les subtilités et les nouveautés du titre. La première d'entre elles, c'est qu'il est possible de choisir son premier adversaire, ensuite le mode 2 joueurs propose de jouer l'un contre l'autre (l'incontournable "versus") mais on peut également jouer à 2 contre le COM (l'adversaire géré par le jeu) ! Voilà un mode qui est très rare (même de nos jours) et jouer à 2 contre le jeu ne sera pas de trop pour le finir étant donné que la difficulté est très élevée sur la fin... L'autre grosse originalité du titre, c'est qu'en pressant la dernière touche (D) nous avons la possibilité de passer du premier plan au second, et vice-et-versa, de façon passive comme agressive. Autant dire que ça permet d'échafauder des plans d'attaques, en plus d'être très singulier, dans un genre qui se renouvelle déjà peu. Au final, ce que je regrette le plus, c'est que tous ces bons et originaux concepts, ne seront jamais reconduits dans d'autres jeux hors Fatal Fury et Real Bout. C'est un peu dommage.
Côté roster, même si j'apprécie les 3 personnages principaux pour leur design et leurs techniques d'attaques, je dois dire que j'adore Terry Bogard, qui est charismatique et présent dans la plupart des jeux de combat d'SNK et qu'on retrouve ici dans ses premiers pugilats. Après je l'avoue, c'est le choix facile, le personnage le plus simple à prendre en mains, certaines mauvaises langues diraient même que c'est un peu le Ryu/Ken de la licence. Accompagné de son frère et de Joe, à eux 3 ils forment l'équipe Fatal Fury de King of Fighters '94. Cependant, c'est ici que je vais aborder le plus gros point noir du jeu : le nombre de persos jouables.



   

Le bonus stage


Car Fatal Fury
La difficulté est très inégale et les coups spéciaux sont difficiles à sortir. C'est pénalisant pour un versus fighting qui ne propose que 3 persos jouables !
a cette particularité de pousser l'originalité jusqu'au bout en allant proposer de ne jouer qu'avec ces 3 persos-là, même en mode versus. Vous avez bien lu : même s'il existe 8 autres personnages (7 concurrents de base + Geese Howard, le boss final), ennemis que nous allons affronter les uns après les autres, au final nous ne pourrons jouer qu'avec les 3 persos de base... et aucun cheat code ne vient arranger ça (à titre purement informatif, la version Mega Drive rattrapait le coup en proposant tous les persos jouables dans un mode versus dédié, plus Geese Howard déblocable avec un code). On peut le dire, même si les 3 persos sont bien distincts et qu'ils proposent des techniques hétérogènes, cela n'empêche pas qu'un sentiment de radinerie trotte dans la tête du joueur. Les autres persos étant créés, le plus dur était fait non ?
Pourquoi ne pas avoir créé un vrai mode versus, où on pourrait prendre qui on veut ? Ce choix affaiblit grandement la rejouabilité car très rapidement, la lassitude prendra le pas. L'originalité c'est bien, mais cette restriction est aussi frustrante que stupide ! Surtout lorsqu'on veut concurrencer Street Fighter II sur son propre terrain, et que lui propose 8 persos jouables. Notez qu'en plus, à peine 3 mois plus tard (en mars 1992) sortira Street Fighter II : Champion Edition qui permettra de jouer avec les 4 boss, poussant le roster à 12 persos jouables... SNK était largué dès le lancement de son Fatal Fury.
Pour rester dans la critique, la difficulté est très inégale. La plupart des opposants s'étalent en 5 coups bien placés mais lorsqu'on tombe sur l'avant dernier (Raiden), on bute sur une montagne. Et c'est rien de le dire ! Le gars fait au moins 200 kilos, il mesure 2m50 et pourtant il saute plus haut que tout le monde ! C'est vraiment n'importe quoi. En plus, cet espèce d'enfoiré nous écrase en 3 coups alors que lui est un gros sac à PV (et encore je ne vous parle pas du boss final, qui est particulièrement revêche ou même de Tung Fu Rue ou Billy Kane, qui peuvent être sacrément pénibles quand ils s'y mettent). Ajoutons à ça que la jouabilité vous fera souvent défaut puisque les coups spéciaux sont difficiles à sortir. Et puis le chara-design est assez particulier et mine de rien, il accuse le poids des années. Prenez un Duck King qui sent le Canard WC, il se dandine comme un camé aux désodorisants à chiottes.




Voilà le roster au grand complet. En solo comme en versus,
vous ne jouerez que ces 3 là. C'est original certes, mais
question durée de vie et pertinence, on repassera


Michael Max
Les animations manquent vraiment de fluidité dans ce premier épisode. Ceci dit, le jeu n'est pas dénué d'un certain charme
(le boxeur black) fait forcément penser à Balrog, Richard Meyer (le capoeiriste) part d'une bonne idée mais il mal exploité, Hwa Jai (le maitre de Joe) fait doublon avec son élève, et quelque soit le jeu, je déteste Billy Kane dont a très vite envi de lui fourrer son bâton dans le... bref, vous avez compris l'idée. Entre ces persos détestables et un certain manque de crédibilité, sincèrement la Neo-Geo était capable de bien mieux que ça. Et puis même en se remettant dans le contexte de sa sortie, il est facile de trouver que les protagonistes sont animés à la truelle et ne parlons pas des animations de fond qui frisent le ridicule...
Cependant, je dois avouer avoir de l'affection pour ce jeu et que j'ai toujours aimé les Fatal Fury (sans doute parce que ma version Mega Drive d'autrefois me remplit encore de nostalgie). A l'instar des Art of Fighting et des King of Fighters, c'est une série qui s'est bonifiée avec le temps et qui propose des combats décousus mais performants. D'ailleurs n'oublions pas que si on met de côté certaines expériences un peu atypiques (King of Monsters, Crossed Swords ou encore l'horrible Legend of Success Joe), Fatal Fury est le tout premier "véritable" versus fighting de la Neo-Geo ! Et ça mine de rien, c'est une donnée importante : avant lui le genre n'avait aucun autre (authentique) représentant sur le support, ce qui fait qu'on peut lui pardonner quelques faiblesses et un certain manque de maitrise.
La jouabilité, sans être parfaite (quelques manips' pour les coups spéciaux sont vraiment étranges) est assez réactive tant qu'on n'essaie pas de trop jouer avec les attaques spéciales et si de prime abord on trouve les graphismes pas terribles, à bien y regarder les décors sont détaillés, le jeu est superbement coloré et à l'instar de son concurrent direct, les décors extérieurs évoluent au fil des rounds : le temps passe, les couleurs changent, parfois même il pleut. D'ailleurs si Raiden et Geese Howard sont difficiles à affronter, il n'empêche que leur design est bon, idem pour Tung Fu Rue (le maitre de Terry), qui est directement inspiré de Tortue Géniale (Dragon Ball) et qui à son image, prendra largement du muscle lorsqu'il est vénère. Malgré ses défauts, ce premier épisode possède un beau charme, un petit quelque chose qui le rend intemporel.



   

En extérieur, le temps est souvent changeant


Côté son,
La partie audio ne brille pas spécialement mais propose un rendu propre, que ce soit pour les musiques, les bruitages ou les voix digitales
les musiques sont plutôt rythmées et pas trop mauvaises. D'ailleurs elles ne s'arrêtent pas entre les rounds. C'est une idée sympa qui évite de se taper à chaque fois le début des pistes. Un bon point donc. De leur côté, les bruitages sont très corrects, ils sont percutants et ne manquent pas de punch, même si en connaissant la ludothèque de la Neo-Geo, vous trouverez que le support va très vite exceller dans l'art de dynamiser ses combats avec des sons ultra puissants. Mais ça, ce sera pour plus tard. Idem, les voix digitales sont satisfaisantes (surtout si on les compare aux atrocités qui sortent d'une Mega Drive souvent mal maitrisée), bien qu'elles grésillent un peu et manque d'un sampling plus élevé. Là aussi la Neo-Geo s'en fera une grande spécialité, mais ce sera sur les productions qui succéderont à ce premier versus fighting.
On termine par la version Neo-Geo CD, qui voit le jour en septembre 1994, soit environ 3 ans plus tard. Encore une fois, si vous me voyez pester contre les versions CD, ce n'est généralement pas pour rien. Au fond le jeu reste le même, le pad cacahuète se prête plutôt bien à l'exercice, même si l'étrange disposition des touches vous demandera un petit temps d'adaptation (fort heureusement, Fatal Fury ne demande pas de combinaisons de touches). Cependant, 3 ans plus tard et voulant sûrement que sa nouvelle console soit un succès, SNK aurait dû faire un effort pour agrémenter son jeu. J'entends par là qu'en 1994, le genre a littéralement explosé ! Rien que sur Neo-Geo sont sortis Art of Fighting 2, les 2 premiers Samuraï Shodown, Fatal Fury 2 et Special (et Dieu sait que je l'adore celui-là !), World Heroes 2, quand à l'extérieur et de façon disparate nous avons eu Mortal Kombat II, Eternal Champions, Dragon Ball Z, TMNT Tournament Fighters mais aussi Super Street Fighter II, Virtua Fighter, Killer Instinct (surtout dans sa version Arcade) ou encore Tekken. Car oui, après l'explosion du nombre de personnages, le genre est également passé à la 3D. Et voilà que débarque à ce moment-là ce bon vieux Fatal Fury, dans une réédition sur CD-Rom qui naturellement, coûte nettement moins chère que celle sur cartouche.



   

A gauche le choix de la difficulté, à
droite le choix de sa destination


Naturellement,
Sorti 3 ans plus tard, la version Neo-Geo CD n'apporte strictement de plus que celle sur AES, pas même la possibilité de jouer avec les 8 autres persos. Une déception de plus pour cette console à l'intérêt finalement très limité
on s'attendait tous à de nouvelles "features" comme des cinématiques d'intro et de narration, des scènes de fins plus travaillées, des musiques remixées et lues sur le CD pour une qualité acoustique de folie, une prise en mains corrigée, fignolée, où les coups spéciaux sortiraient plus facilement, mais avant tout, on espérait que SNK nous proposerait un joli menu d'options, ainsi qu'un vrai mode versus où on pourrait choisir n'importe quel personnage, parmi les 8 + 3 du jeu d'origine. Sachant comment la licence a superbement évoluée, notamment avec Fatal Fury Special (sortie en août 1993), ce n'était sans doute pas trop demandé.

...
Et vous savez ce qu'a fait SNK ?
...
Allez réfléchissez un peu, vous verrez ce n'est pas si difficile que ça à deviner.
...
RIEN !

En effet, ils n'ont rien fait, absolument rien ! Aucun élément du jeu n'a été retouché, il n'y a aucun menu (à part celui de la difficulté, comme sur AES), aucun bonus, pas d'Art Gallery, pas de nouvelle bande-son et on se retrouve, encore et toujours, avec ce versus un peu lamentable où le joueur 2 doit s'incruster dans la partie du joueur 1 et où il n'y a toujours que 3 personnages jouables. Comment SNK, après vous avoir listé les jeux qui sont sortis entre temps (et dont certains sont développés par leur propre studio et sont devenus rapidement des titres cultes) a-t-il pu se dire que fournir Fatal Fury exactement comme il était à sa sortie sur cartouche, ferait de bonnes ventes ? Pour tout vous dire, il est clair qu'à ce moment-là il valait mieux se tourner vers les versions Mega Drive et Super Nintendo (même si elles ne sont pas fameuses) afin de profiter à minima d'un roster convenable. Le jeu d'origine faisant à peine 55 Mb (soit moins de 7 Mo), autant vous dire que le CD-Rom est vide et que tout cet espace disque aurait pu servir à fournir la version ultime de ce premier Fatal Fury.
C'est avec ce genre de portages qui puent la fumisterie, qu'on comprend mieux "pourquoi" la Neo-Geo CD n'a eu quasiment aucun succès. C'est d'autant plus incompréhensible qu'à ce moment-là la Neo-Geo avait pris son essor, les Mega Drive et Super Nintendo ont accueillis des dizaines de jeux du genre (parfois de très bons portages des hits Neo-Geo) et que les PlayStation et Saturn allaient sortir à peine 2 mois plus tard. Au final SNK a payé le prix de sa fainéantise avec un insuccès aussi flagrant que mérité, car il n'est jamais bon de prendre sa clientèle pour des cons...



Fatal Fury Version
Neo-Geo AES



Version
Neo-Geo CD


est à mes yeux un bon "petit jeu" même si sa réalisation commence à sérieusement vieillir. Il faut aussi avouer que la Neo-Geo était capable de nettement mieux mais elle mettra du temps à nous dévoiler son véritable potentiel. Il n'empêche que le père du "versus fighting" sur Neo-Geo (puisqu'il le premier "vrai" jeu de combats de la console) reste un titre d'anthologie, même s'il ne tient pas la comparaison avec Street Fighter II alors que c'était le but même de son existence. Heureusement pour lui, il garde un capital sympathie assez élevé. Ceci dit, même on y rejoue avec une certaine nostalgie, ne proposer que 3 persos jouables est aussi original que complètement stupide : puisque les autres protagonistes étaient déjà fait, implanter un vrai versus n'aurait pas été compliqué.
Ajoutons à ça que la difficulté est déséquilibrée, la jouabilité n'est pas très bonne (passer d'un plan à l'autre est original mais le jeu prend systématiquement le dessus à chaque tentative et les attaques spéciales ont bien du mal à sortir) et si certains jeux Neo-Geo prennent des rides avec honneurs (tels que Garou, Art of Fighting 3 ou Last Blade) celui-ci accuse gravement les années, lui qui avait déjà du mal à tenir la comparaison avec le hit de Capcom.

Quand à la version Neo-Geo CD, c'est encore une fois une grosse déception car si 3 ans séparent les 2 versions, SNK n'a fait aucun effort ! Pas de nouvelles musiques, pas de versus qui propose plus de personnages, pas de bonus... c'est l'exacte version cartouche. Une preuve flagrante du manque de travail dans ce portage, qui fait passer Takara pour un super développeur puisque les versions Mega Drive et Super Nintendo sont finalement bien plus agréables à jouer, car plus complètes. Après faut pas s'étonner que le public boudait la Neo-Geo CD car à part le prix des jeux, cette console ne servait à rien, et c'est ce qui explique que dans bien des cas, les versions CD écopent d'une note moins bonne que celle sur cartouche.
Malgré tout, le premier "versus fighting" de la Neo-Geo reste un jeu sympa. Il a ses défauts, il vieillit assez sévèrement, et pourtant il est toujours agréable de se faire une partie ou 2. Si bien sûr dès son successeur la licence va prendre son envol, en attendant il faut savoir apprécier et respecter les origines d'une excellente série qui inspirera en grande partie les désormais incontournables King of Fighters, dont le nom vient du sous-titre du présent jeu.



Les -

  • Fatal Fury n'était déjà pas un maitre-étalon à sa sortie sur AES, du coup lorsqu'il sort 3 ans plus tard sur Neo-Geo CD, il accuse un retard technique et ludique à peine quantifiable
  • Un chara-design parfois douteux et certains personnages sont désagréables à affronter
  • A peine 3 persos jouables, sérieusement ?
  • Les animations manquent de fluidité
  • Les coups spéciaux peinent à sortir
  • La difficulté est très déséquilibrée


  • Les +

  • De belles innovations : musiques qui ne se coupent pas, combat à 2 contre 1, passer d'un plan à l'autre...
  • Les 3 persos principaux sont excellents, bien distincts, avec un bon design et un certain charisme
  • Une intro stylée, accompagnée d'une petite narration qui va bien
  • Les décors sont évolutifs et la plupart sont jolis et colorés
  • Dans l'ensemble la partie audio tient la route



  • Les 3 séquences de fin (spoil) : cliquez pour ouvrir



    Test réalisé par iiYama

    juillet 2006 (mise à jour : mars 2025)