Horizon Zero Dawn (PS4) -- GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2017 (jeu principal) / novembre 2017 (Frozen Wilds) / décembre 2017 (Complete Edition / GOTY)
Développeur : Guerrilla Games
Editeur : Sony Interactive Entertainment
Genre : aventure

Support : 1 Blu-Ray
Version logicielle : 1.52
Version testée : Française
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 43.1Go (install principale) + 850Mo (MAJ) + 9.3Go (Frozen Wilds)
Moteur graphique : Decima Engine (Guerrilla)
Optimisation PS4 Pro : oui
Définitions HD : 1080p (PS4) - 4K damier (PS4 Pro)
Framerate annoncé : 30 fps
Compatible 3D : non
Compatible VR : non
Remote Play PS4/Vita : oui

Difficulté :
Temps de jeu : + de 60 heures
Compatible PS Move : non
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 7.6 Millions







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Horizon

Zero Dawn
(+ The Frozen Wilds)


Tout le monde
L'aventure commence avec une Aloy jeune et qui déjà, a un sacré caractère
connait Guerrilla Games, ce studio néerlandais né en 2003 sur les cendres de Lost Boys Games, un modeste studio qui a développé 4 jeux sur Game Boy. Repéré par Sony Computer, Guerilla est propulsé au sommet en 2004, lorsque sort KILLZONE, l'un des plus prometteurs et exclusifs FPS de la PlayStation 2. La suite est simple : KILLZONE devient une killer-ap de la marque PlayStation, la PS3 vit naitre les épisodes 2 et 3, quand de son côté, l'opus Shadow Fall lançait avec beaucoup d'appoint la carrière de la PlayStation 4. Nous sommes alors fin 2013, cependant depuis 2011 Guerrilla prépare un jeu non-annoncé et à la fin du développement de Shadow Fall, c'est l'équipe au grand complet qui se met à pied d'œuvre. Un mot quand même avant d'entrer dans le vif du sujet, si personnellement j'ai toujours apprécié les KILLZONE, notamment parce que chaque épisode allait crescendo en terme de qualité (tant de gameplay que de réalisation), je dois malgré tout reconnaitre être déçu par cette licence. En effet, KILLZONE offre un univers extrêmement fort, avec un design percutant et le studio avait les moyens de faire les choses en grand, pourtant même avec le dernier opus, ils se sont toujours plus ou moins contentés d'une "formule qui marche" (c'est un peu moins vrai avec l'opus PS4 mais ça reste indéniable sur les épisodes PS2 et PS3). A l'origine KILLZONE devait être aux PlayStation ce que Halo est aux Xbox et pourtant, malgré d'irréfutables qualités, Guerrilla n'a jamais su approfondir sa licence. Certes le gameplay était carré et la réalisation était époustouflante, mais l'objet de ma déception était bel et bien là : l'univers a toujours été sous-exploité et les scénarios, basiquement prétextes à la guéguerre, n'avaient aucune profondeur. Résultat lorsqu'Horizon a été annoncé à l'E3 2015, je voyais déjà là un bon jeu, mais sans profondeur aucune... Heureusement Guerrilla a mis le temps mais ils ont finis par comprendre la leçon : Horizon est le fruit d'un travail bien plus mûr et abouti, les erreurs ont été évitées et au final, on nous a offert là un grand jeu, couvert d'une excellente durée de vie, d'un gameplay fort agréable, avec pour la première fois chez ce studio, un scénario intéressant et savoureusement mis en scène avec en prime, tout leur savoir-faire en matière de réalisation technique. Maintenant voyons tout ça dans le détail...



Une scénarisation de bon Aloy


H
Guerrilla est un studio qui a mûri et qui propose désormais une vraie narration, un bon lore et un univers parfaitement exploité
orizon : Zero Dawn prend place dans un univers post-apocalyptique dominé par des créatures mécanisées au look d'animaux (taureaux, autruches, chevaux, crocodiles, etc...). Le jeu se déroule donc dans un futur éloigné de 1000 ans, où la civilisation humaine s'est effondrée et où les créatures robotiques dominent le monde (Terminator ?). De son côté l'Humanité a beaucoup reculé, revenu à un âge plus primaire, elle se méfie de la technologie et est retournée à des croyances antédiluviennes. Le joueur incarne la jeune guerrière Aloy, dont les étranges circonstances de sa naissance font d'elle une paria. Elevée à part de la tribu, elle finit par s'émanciper et devenir un membre respecté de cette dernière, mais ce fut un long et éprouvant chemin car en passant l'épreuve de "l'éclosion", son groupe fut décimé et l'homme qui l'a élevée et tout appris (celui qui fut un père pour elle), se sacrifia pour qu'elle vive. Ainsi commence réellement l'aventure d'Aloy, qui fit sacrée "chercheuse" par les Matriarches (sorte de gourou local composé de 2 mémés craintives à toute évolution, plus une dernière qui voit en Aloy "un signe divin"), libre alors de parcourir les Terres Sacrées en vue de comprendre pourquoi cette attaque a eu lieu mais aussi pourquoi les machines, de plus en plus corrompues, sont toujours plus nombreuses et agressives...

On peut le dire, le scénario écrit par John Gonzalez (scénariste principal de Fallout : New Vegas, il rejoignit Guerrilla en 2013) est tout à fait original. Ce mélange entre technologie très avancée (ce qui a sans doute causée la perte de cette Humanité décadente et bien trop dépendante de la technologie... il n'y a qu'à voir aujourd'hui ce monde soit disant moderne peuplé de décérébrés qui ne sont plus capables de quitter leurs smartphones des yeux) et monde quasi-préhistorique a de quoi séduire. Ajoutons à ça qu'Aloy est malgré tout accroc à son Focus, un module qu'elle a trouvé étant petite. Le Focus lui permet de marquer les ennemis, de voir les trajectoires des robots ou encore de suivre des pistes lorsqu'elle mène l'enquête. Au lancement du jeu, nous avons directement droit à une longue et magnifique introduction, puis suivrons les quelques missions habituelles et faciles, qui servent de didacticiels. Question mise en scène, c'est Ashly Burch qui tient le rôle d'Aloy, une jeune actrice américaine née en 1990 et qui a beaucoup participé au jeu vidéo (Borderlands 2, Life is Strange, Fallout 4, Mortal Kombat X, Rise of the Tomb Raider et bien d'autres). Car vous le savez sans doute, pour éviter d'avoir des cut-scènes où s'agitent des poupées aux animations robotisées, il n'y a rien de tel qu'une bonne motion capture ! Et ça se voit très vite dans Horizon, tant les expressions faciales, les modélisations et la scénographie s'avèrent particulièrement travaillées. D'ailleurs, à l'image du vétéran The Witcher 3, on peut dire que le jeu est particulièrement scénarisé, travaillé et même détaillé car il y a pas mal de documents à lire et à écouter (grâce à son Focus, Aloy est capable de décoder les vestiges de l'ancienne civilisation), chaque dialogue est mis en scène et bien entendu, les plus gros pans de la scénarisation ont nécessité un travail tout particulier, tant ces cinématiques sont nombreuses et de qualité. En clair, entre son écriture, la profondeur des personnages, l'exploitation savamment dosée de l'univers proposé et l'art scénique du tout, je peux vous dire que je suis agréablement surpris par Guerrilla, un studio qui a enfin fait les choses en grand, qui a enfin compris que lorsqu'on propose un univers fort, il faut l'exploiter à sa juste valeur.




Ashly Burch a assuré la motion-capture et le doublage (VO) d'Aloy
(cliquez pour agrandir)



Une inspiration venue de tous les horizons


Nous allons le
Horizon est un jeu inspiré par bien des titres dont il plagie des parcelles de gameplay. Heureusement ce melting-pot fonctionne avec beaucoup de panache
voir tout au long de ce test, pour développer Horizon, Guerrilla s'est inspiré de bien des titres à succès. On peut citer Assassin's Creed, Uncharted, Mass Effect, Tomb Raider et plus encore Far Cry. Loin d'être un jeu linéaire, Horizon est un open-world qui copie sans honte Far Cry dans son déroulement et le contenu de son immense map. Mais avant d'en parcourir le moindre recoin, il faudra discuter avec pas mal de monde et ainsi déverrouiller les nombreuses missions principales et secondaires qu'offre le jeu (à noter qu'aucun PNJ, même très secondaire, n'est cloné sur un autre, c'est suffisamment rare pour être précisé). Cette fois inspirés de Mass Effect, les dialogues permettent d'en apprendre plus, ou simplement de passer à l'essentiel, via une roue à choix. Il est par contre regrettable qu'Aloy ne prenne jamais position (comme dans Deus EX par exemple) puisque toutes les options (coeur/force/réflexion) mènent au même dénouement. Ceci dit, on apprécie malgré tout le fait de pouvoir "dialoguer" avec divers PNJs et ce de façon approfondie ou en allant direct au but. Comme Aloy vit dans un mode revenu (presque) à l'âge de pierre, ici point d'armes hi-tech, notre héroïne est avant tout équipée d'un arc. Un arc décidément très à la mode ces dernières années (The Last of Us, Crysis 3, Tomb Raider, les Far Cry récents...) et il faut l'avouer, il sied parfaitement à l'ambiance du jeu. Bien entendu on trouvera d'autres armes (comme un arc de précision, permettant de lancer des flèches spéciales, une fronde ou encore une sorte d'arbalète pour poser divers pièces), il sera même possible de récupérer quelques grosses pétoires laissées par les gros durs des camps... mais au final, c'est bien l'arc de base qui est à l'honneur. D'ailleurs on sait tous quelle est la première particularité de cette arme : l'élimination silencieuse. Et en effet, dans le monde d'Horizon, la discrétion est une vertu tant les machines, comme les ennemis humains, peuvent être agressives. Ainsi il vaut mieux réaliser des exécutions discrètes et lancer quelques flèches bien placées, afin de ne pas trop attirer l'attention. Il n'empêche que parfois, on n'a pas le choix et c'est alors qu'on range son arc pour s'équiper de la lance afin que le jeu prenne des airs de beat-them-all débridé (God of War ?). Alternant attaques fortes, coups rapides et esquives, même les affrontements au corps à corps sont très sympathiques et pas du tout frustrants tant notre rouquine est une véritable guerrière badass ! La fille n'a jamais peur de rien et qu'ils soient de chair ou de métal, les ennemis ne font généralement pas long-feu (c'est Rebelle mélangée à Kratos ^^). D'ailleurs rappelant Shadow of the Colossus, certains ennemis (comme les "Grands Cous" ou les "Oiseau-tempête", sorte d'aigles géants) ont une taille vraiment imposante et certains affrontements virent parfois au combat de David contre Goliath.



Un gameplay très "farcryien"


Etant donné
Même si le contexte et la vue sont différents, Horizon s'est beaucoup inspiré de Far Cry... une bonne chose en soi puisque j'adore les Far Cry (même si ce n'est pas bien de copier sur le voisin)
qu'on évolue dans un vaste monde inspiré par bien des titres de renom, il est facile d'y voir diverses similitudes. Par exemple, on récupérera divers matériaux et plantes afin de se soigner (Far Cry) et de créer ses propres flèches (Tomb Raider), très habile, Aloy peut grimper partout et ne se laisse pas arrêter par une petite côte ou un pan de mur (Assassin's Creed), la grimpette fait d'ailleurs partie intégrante du gameplay, et celle-ci se trouve particulièrement assistée (Uncharted), idem pour les passages en tyrolienne ou en funambules, ou encore les descentes en rappel (Tomb Raider). Au milieu des missions qu'on doit accomplir, il y a aussi des camps à "nettoyer" de ses ennemis (afin que la population locale puisse rependre ses terres), la map et son fonctionnement ou encore le fait de jeter des cailloux pour attirer l'attention ailleurs, nous ramènent immanquablement à Far Cry. Naturellement, j'en viens à vous parler de tout l'aspect "crafting" et donc "merchandising" du jeu (nous avons un sac à dos dont la capacité peut être augmentée), ce qui entraine un plaisant artisanat (création de potions revitalisantes, carquois plus grand, création de flèches classiques et spéciales, etc...), et via les MODs on pourra également upgrader nos armes et notre armure (car oui, Aloy est équipée d'une armure -au design parfois bien moche- qui permet de se protéger des coups, du feu, de l'électricité, du gel ou encore de la corruption, un phénomène qui s'apparente à une sorte d'infection). Et au final, quoi de mieux pour entériner tout ça qu'un savoureux système d'eXPérience, qui nous permet de développer les facultés de notre personnage via un arbre de compétences, une fois encore, très inspiré par... Far Cry (oui je sais, je le cite souvent mais c'est un fait, Horizon s'en est très largement inspiré).



Vers l'horizon et au delà !


Volontairement
Les mises à jour furent peu volumineuses, preuve d'une bonne optimisation dès le départ. Par ailleurs elles ont apportées de très sympathiques nouveautés (New Game+, nouveaux modes de difficulté, mode photo enrichi...)
dépourvu de modes multi, Horizon est l'une des preuves que les jeux uniquement online ne sont pas forcément l'avenir, contrairement à ce que pensent bien des développeurs/éditeurs qui ne voient en fin de compte que la cash-machine (j'en veux pour exemple le futur Call of Duty : Black Ops 4 qui a sacrifié son mode campagne pour un impersonnel mode Battaille Royale... quel gâchis). Il suffit de regarder du côté des récents Wolfenstein, de certains jeux uniquement narratifs (comme les productions de Quantic Dreams) ou encore ces titres où le multi n'est que la partie visible de l'iceberg, laissant toute la place au jeu de nous faire rêver via son solo, pour se convaincre que le tout online ou le "game as a service" est loin de faire l'unanimité. Tout ça pour dire qu'Horizon, qui aurait pu faire malgré tout un bon titre multi, ne propose qu'un mode histoire, parfaitement mis en scène, bien écrit et dont le joueur devra s'acquitter de dizaines de missions, relativement variées et ce, dispersées sur une immense map. Il est à noter que les récentes mises à jour, bien que peu volumineuses comparées à celles de certains jeux (à croire que le code complet a été revu, comme ce fut le cas d'Uncharted 4 avec ses 14Go de MAJ ou pire encore, le cas d'école Halo Master Chief Collection, avec plus de 20Go de MAJ !), car accusant moins d'1Go sur le disque dur, elles ont permises quelques ajouts vraiment intéressants comme les modes de difficulté "ultra hard" pour les férus de défis corsés, mais aussi "histoire", qui permet de profiter de son jeu en toute simplicité, tant la difficulté devient alors très secondaire (pour ainsi dire aucun ennemi ne vous résistera !). Avec les MAJs sont également apparus le très sympathique et apprécié "new game+" mais aussi un mode photo vraiment très complet où les réglages sont à foison (réglage du zoom, du contraste, possibilité d'ajouter ou supprimer des sprites, même l'héroïne...), en clair de quoi faire un max de photos très stylisées. Ces mises à jour viennent également adapter le jeu à son unique DLC, The Frozen Wilds, et il est toujours bon de savoir qu'à l'image de tous les jeux édités par Sony, si vous avez une PS4 Pro, vous profiterez au mieux d'Horizon. Mais commençons d'abord par les contrées froides de Frozen Wilds.



  • The Frozen Wilds (DLC)
    C'est presque devenu une coutume depuis la génération précédente, les plus gros jeux sont souvent rentabilisés via des DLCs (souvent vendus à prix d'or) car ce n'est que rarement pour faire durer l'expérience qu'on ampute un jeu de tout un pan de son aventure. Le vainqueur du jour se nomme The Frozen Wilds, sorti 8 mois après le jeu principal. En moins de 2 mois de commercialisation, cette extension est devenue le 5e DLC le plus vendu de l'année 2017 sur PSN et quand on pense à son prix de vente, on se dit que c'est pas mal, car oui, ici on parle bien d'un DLC et non d'un stand-alone, donc oui, il faut le jeu original pour pouvoir y jouer. Cependant, à l'égard de presque tous les contenus additionnels, The Frozen Wilds ne nécessite pas d'avoir fini l'aventure principale pour être lancé mais il vaut mieux avoir atteint un certain niveau avant de s'y frotter, sans quoi ça risque de faire mal. En effet avec ce contenu, Guerrilla a réhaussé la difficulté et avoir les meilleurs équipements du jeu de base, ne gommera qu'à peine votre manque d'eXPérience, si jamais celle-ci s'avère trop basse. Ainsi on ne saurait que trop vous conseiller d'atteindre un niveau minimal de 30, pour éviter les mauvaises surprises. Dans cette parcelle d'aventure, Aloy arpente la terre des Banuks, ce peuple étrange qu'on a déjà croisé dans l'aventure principale, à ceci près que les Banuks résident essentiellement en hautes-montagnes, d'où cet unique décorum au manteau blanc. Possédées par "Daemon", les machines du coin semblent encore plus folles et détraquées qu'en plaine, ce qui incitera notre héroïne à (entre autre chose) mener l'enquête. Comme nous l'avons vu, Guerrilla a acquis une solide expérience en matière de narration et c'est une fois de plus le cas, avec en prime une durée de vie relativement confortable de 7 à 8 heures de jeu (bien plus pour explorer la zone à 100%). Maintenant, à part la direction artistique tout de blanc vêtue, quelques nouvelles babioles, un nouvel arbre de compétences et 3 nouvelles armes, ne vous attendez pas à quelque chose de réellement neuf. On le sait, les DLCs sont toujours basés sur les "assets" du jeu principal, donc autant vous dire que vous retrouverez très vite vos marques. Enfin, si Zero Dawn est un jeu particulièrement varié, The Frozen Wilds a bien du mal à en faire autant... normal me direz-vous, rien ne ressemble plus à des montagnes enneigées que d'autres montagnes enneigées. Certes, mais le développeur aurait pu faire en sorte que de temps en temps on tombe sur des sources chaudes, des vallons un peu plus verdoyants ou même un volcan quitte à rester en altitude. Malgré ce manque de dissemblance, il n'empêche qu'une fois encore, la réalisation technique est somptueuse (personnellement j'adore la montagne donc... :) et on apprécie de nouveaux effets (blizzard, traces de pas dans la neige, aurores boréales...) particulièrement bien mis en œuvre. Avec son contenu relativement riche et son histoire plutôt plaisante, The Frozen Wilds reste un bon DLC mais on pourra lui reprocher son prix (20€ c'est pas donné surtout lorsqu'on a déjà payé le jeu principal 70€, faites le calcul... à moins d'obtenir directement la Complete Editon), son manque de diversité, ou encore le fait que globalement, étant donné qu'il reprend tout du jeu de base, on peut le trouver un poil moins inspiré que Zero Dawn. Si par contre vous êtes un fan inconditionnel des aventures d'Aloy, que vous n'êtes pas frileux/frileuse ou que vous obteniez ce DLC à prix réduit, alors foncez, car mine de rien peu de contenus additionnels atteignent un tel niveau de qualité et de contenu.



  • "Aloy, is it me you're looking for..."


    Horizon tourne sous
    Horizon va vous faire voir du pays car ses décors sont étonnament variés
    le moteur Decima, qui a été développé par Guerrilla lui-même et qu'on a déjà vu à l'œuvre sur le très beau KILLZONE : Shadow Fall ou encore le techniquement très abouti Until Dawn. Ce performant moteur graphique, qui devrait également servir au très attendu Death Stranding de Kojima Productions, nous dévoile ici tout son savoir-faire. Il est vrai que Guerrilla a toujours su faire de jolis jeux mais avec Horizon ils se sont surpassés ! Comme ils l'ont eux-mêmes évoqués, le jeu a été développé pour tirer 100% des capacités de la PS4 et on le voit à chaque fois, ce sont bien les exclusivités qui exploitent au maximum le potentiel d'un support en particulier. Etant donné que nous avons à faire à un jeu open world aussi vaste que riche, il est compréhensible que malgré les mises à jour, ils subsistent encore quelques bugs, notamment de collisions, quelques glitches, quelques murs invisibles qu'on traverse et dont on ne peut plus s'échapper, des nuits parfois très (trop ?) longues (ou est-ce voulu, eu égard au sous-titre du jeu ?) ou encore des erreurs de projections lumineuses. Mais globalement, les bugs se font rares et je re-souligne la prouesse des développeurs à nous offrir un jeu si stable et "propre" avec un patch final qui pèse moins d'1Go, une preuve supplémentaire que leur titre était déjà, à l'origine, bien optimisé. Horizon fait montre d'un grand souci du détail : les personnages, même les moins mis en avant, sont toujours bien détaillés et aux animations plus que correctes. La palme revient bien entendu à notre héroïne, qui arbore des expressions faciales très détaillées, une chevelure non statique (ce qui est également valable pour les autres protagonistes, bien que peu d'autres personnages arborent une telle tignasse ^^), quant aux décors, tous sont absolument magnifiques ! Le jeu alterne sans vergogne des plateaux enneigés aux plaines fleuries, des déserts rocheux (typique du Grand Canyon américain) à de verdoyantes forêts, d'anciens palais aux ruines hi-tech d'un monde oublié. Le dépaysement est total, varié, d'autant que le développeur a su tirer le meilleur de son moteur graphique tant pour des éclairages d'une rare finesse, que des décors détaillés à l'extrême, et ce même pour ceux dont on ne prêterait pas vraiment attention. Un souci du détail qui prouve bien qu'Horizon fut un long, très long développement. De plus, malgré nos préjugés (suite à un Far Cry Primal que nous n'avons vraiment pas aimé), le design est une vraie réussite : ce mélange de nature et de haute technologie, cet ensemble au sein d'une humanité qui a technologiquement fait un grand bon en arrière, est particulièrement attrayant et flatteur pour la rétine. Il suffit de se poser une minute, au milieu d'un décor somptueux, pour apprécier cette nature vivante, fournie d'animaux en tout genre, de plantes qui dansent délicatement sous le vent, le tout quelque peu gâché par ces machines tout droit sorti de l'esprit de James Cameron ou de Michael Bay, et qui jurent (volontairement) un tantinet.



    L'Horizon Zero Dawn du rêve...


    Au final on ne
    Même s'il reste bloqué en 30FPS, le jeu est magnifique en tous points !
    regrettera vraiment que 2 choses : une caméra franchement chaotique lors des affrontements au corps-à-corps ou contre des ennemis volants (au point qu'on ne sait même plus ni où nous sommes, ni ce que nous faisons !!), ainsi qu'une dégradation progressive un poil agressive. Certaines textures mettent du temps à s'afficher mais c'est surtout que de près c'est très beau, alors qu'à distance moyenne, on voit déjà de grosses différences dans la qualité des détails. Personnellement ça ne me choque pas puisque ce phénomène est déjà bien visible dans les jeux open world d'Ubisoft et je ne suis pas sûr que les The Witcher 2 et 3 échappent à la règle, puisque c'est un peu le lot de tous jeux du genre. Si de l'aveu même des développeurs Horizon n'a pas été développé, à l'origine, pour la PS4 Pro, c'est uniquement parce que le "dev kit" est arrivé bien tard au studio et qu'entre temps, le développement avait bien avancé. Ainsi nous avons l'assurance d'un jeu qui a, avant tout, été développé pour la PS4 normale, un jeu qui en a tiré parti, plutôt qu'un développement orienté vers la Pro en vu de faire un downgrade pour l'édition classique. Avec un nouveau patch à télécharger, la PS4 Pro profite donc d'un jeu encore plus beau... faute d'être plus fluide. En effet, quelque soit votre support, le framerate est bloqué à 30 FPS, même si encore une fois, il ne faut pas confondre "confort de jeu" avec "beauté des graphismes" (le 60 FPS n'a jamais rendu un jeu plus beau ou détaillé, que certains s'enfoncent ça dans le crâne une bonne fois pour toute !). La PS4 Pro apporte malgré tout son lot d'upgrades, à commencer par une résolution d'affichage en 4K en damier (soit une 4K non-native qui rendra tout de même l'image plus détaillée). Pour ceux qui n'ont pas d'écran compatible et qui resteront en Full HD / 1080p, le jeu utilisera le supersampling, une technique permettant de produire des textures à une résolution proche de la 4K avant de les réduire en 1080p, ce qui fait que les graphismes paraitront plus fins et détaillés. Enfin, un filtrage anisotrope améliorera la finesse des textures et le HDR permettra d'obtenir (si votre téléviseur est compatible) des couleurs plus naturelles. Bref, si le jeu est déjà très beau sur PS4, dites-vous que l'achat de votre PS4 Pro n'aura pas été inutile et que vous profiterez au mieux du titre de Guerrilla.



    Zero Dawn des aiiiles


    La musique a
    Avec un doublage de qualité et une bande-son quasi irréprochable, difficile de ne pas être agréablement immergé dans cet univers qui mélange habilement la robotique à une Humanité plus archaïque...
    été composé par un quatuor, j'ai nommé Jonathan Williams (connu pour avoir travaillé sur KILLZONE 2 / 3 et Driv3r), The Flight (composé du duo Joe Henson et Alexis Smith et connu uniquement pour leur travail sur l'excellent Alien Isolation), Niels van der Leest (qui n'a officié jusqu'ici que sur des petites et méconnues productions) et enfin, Joris de Man. Ce dernier on le connait un petit peu plus, puisqu'il a œuvré sur les bandes-sons des KILLZONE, du premier au 3e en passant par l'opus Liberation. Malgré cette pléthore de compositeurs dont aucun nom ne ressort tel un flash dans la nuit à l'image d'Harry Gregson-Williams ou Hans Zimmer, il serait malhonnête de ne pas reconnaitre la valeur, la justesse et la beauté de certaines pistes. Certaines sont réellement envoutantes, quand d'autres soulignent parfaitement la nervosité de l'action. Comme quoi, pas besoin d'un si grand patronyme pour faire une bande-son juste, souvent mélodieuse et toujours à-propos. Idem pour les bruitages, qui sont dynamiques sans être abusés, d'un volume approprié et d'une qualité fort agréable. Dernier point le doublage. Si bien entendu vous voulez profiter d'une vraie synchro labiale, ainsi que d'un doublage assez irréprochable, il faudra jouer en VOST mais perso, je/on déteste ça. Appréciant un jeu comme on apprécie un bon film, je ne me vois pas me gâcher l'expérience en lisant continuellement des sous-titres au lieu de profiter de ce qui se passe à l'écran, d'autant que le doublage français est de bonne facture. Bien sûr on pourra toujours lui trouver des défauts, sans doute plus qu'en VOST puisque chez nous, la synchro labiale semblait très correcte au début du jeu puis s'est peu à peu dégradée pour au final faire n'importe quoi sur plus de la moitié de l'aventure (j'admets ne pas comprendre pourquoi le jeu semble si inconstant sur cet aspect technique). De plus, il arrive que sur certaines scènes, les doubleurs aient (volontairement ou non) très accentué leur respiration et/ou soupirs (comme s'ils mangeaient leurs micros), ce qui est assez peu commun pour ne pas dire carrément chiant par moment (quelle idée ont-ils eu de faire ça ? est-ce pareil en VO ? est-ce une volonté des développeurs ou un excès de zèle ?). Sans ça on peut le dire, le doublage français est de bonne facture (d'autant que ces "bruits" de respiration se font plus rares par la suite), et on y apprécie un casting de qualité : Aloy est doublée par Marie Diot (qui a prêté sa voix à un grand nombre de personnages de série et de téléfilms), Rost est doublé par le très bon Benoît Allemane (la voix de Morgan Freeman, qui a officié sur un nombre incalculable de films, séries TV et d'un paquet de jeux vidéos), le regretté Patrick Béthune, l'incontournable Patrick Borg, le très présent Martial Le Minoux, Damien Boisseau (la voix française de Matt Damon) mais aussi Sylvain Lemarié (entre autre la voix française de Ron Perlman), Adeline Chetail, Annie Milon ou encore Emmanuèle Bondeville. Le résultat est donc bel et bien là, Guerrilla et Sony ont fait les choses bien, ce qui fait qu'une même voix ne sera pas dupliquée à tout un tas de personnages.



    Nominé un Note
    paquet de fois pour son écriture, sa bande-son ou la qualité de sa réalisation (mais relégué à la seconde place, souvent au profit d'un certain Legend of Zelda : Breath of the Wild), au sein de Guerrilla, l'idée d'Horizon est née dès la fin du développement de KILLZONE 3. Pourtant, autant j'apprécie les KILLZONE, autant je trouve que le développeur néerlandais n'a jamais su l'exploiter convenablement, notamment à cause de scénarios franchement bidons et d'un univers extrêmement riche et fort, mais clairement sous-exploité. Ajoutons à ça notre propre expérience sur Far Cry Primal et le fait que globalement, notre héroïne aura pour arme principale un arc (nous qui aimons tant les gros flingues), et c'est sûr, on partait avec un sérieux bagage de préjugés et d'inquiétudes en tout genre. Et pourtant, une fois le jeu lancé et dès cette longue et belle introduction, on a bien senti que Guerrilla a mûri, qu'il a pris leçon de ses erreurs passées. Bien sûr le jeu n'est pas parfait, car il est toujours difficile de passer d'un FPS bourrin et couloir, à un jeu d'aventure en vue à la 3e personne, avec un gros aspect RPG et crafting, le tout en open-world. On le voit par exemple dans la gestion, assez catastrophique, de la caméra lors des combats au corps-à-corps, où la lisibilité est quasi nulle ! Ou encore ces ennemis, franchement agressifs et qui attaquent en meute, rendant la progression parfois pénible. Maintenant rappelons-nous que le jeu parfait n'existe pas et qu'au fil des heures passées en sa compagnie, Horizon aura su nous dépayser et parfois même, nous faire rêver. Qu'on joue sur PS4, où le jeu est déjà magnifique, ou sur PS4 Pro, où on profite d'une expérience visuelle réhaussée, Horizon est un jeu peu original (puisqu'il plagie bien des titres sortis avant lui, notamment les Far Cry), mais ce qu'il fait, il le fait bien ! Pour la première fois chez ce développeur, nous avons un scénario plaisant, un univers agréablement approfondi, une durée de vie riche et ce, grâce à un monde extrêmement vaste à parcourir et aux centaines d'objets à trouver, et missions à réaliser. Alors certes, je le redis encore une fois, Horizon : Zero Dawn n'est pas parfait (il a fait étrangement chauffer quelques consoles, certains joueurs se sont plaints d'une difficulté en dents de scie...) mais il donne à cœur ouvert tout ce qu'il a. Ajoutons à ça un gameplay vraiment agréable, une excellente bande-son et une héroïne attachante, et vous comprendrez pourquoi il fut reconnu comme un must-have de la plate-forme de Sony, un gros million-seller (presque 8 Millions de ventes ! c'est énorme pour une nouvelle ip) et un coup de coeur des gamers. Guerrilla parle déjà de faire une suite, tout à fait entre nous, s'ils arrivent à magnifier cette formule déjà proche du sans faute, alors il nous tarde de voir ça !



    Les -

  • The Frozen Wilds, un DLC sympa mais un peu cher et pas vraiment indispensable
  • De gros soucis de caméra lors de certains combats au corps-à-corps
  • Les temps de chargement sont très longs
  • Le gameplay est issu de divers horizons...
  • Pas de 60 FPS, même sur PS4 Pro
  • La synchro labiale
  • Les +

  • Très peu de personnages (même secondaires) clonés (c'est rare !)
  • ... mais étrangement, la formule fonctionne très bien :)
  • La beauté et la justesse de la bande-son
  • Univers intéressant et bien exploité
  • Graphiquement, c'est magnifique !
  • Doublage de très bonne qualité
  • Direction artistique très variée
  • Très belle introduction
  • Grosse durée de vie


  • Test réalisé par Chacha & iiYama

    juillet 2018