Deus EX : Mankind Divided (PS4/XBO/PC) -- GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : août 2016
Développeur : Eidos Montréal
Editeur : Square Enix
Genre : RPG / action

Version testée : Française
Version logicielle : 1.14
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Support : 1 Blu-Ray (PS4/XBO) / en téléchargement sur PSN, XLA et Steam
Espace disque nécessaire : 39.1Go (PS4) / 41Go (XBO) / 45Go (PC)
Espace disque nécessaire (MAJ) : environ 12Go (PS4)
Moteur graphique : Dawn Engine
Optimisation PS4 Pro / Xbox One X : oui
Définitions HD max (consoles) : 1080p (PS4) - 900p (XBO)
Framerate annoncé (consoles) : 30 fps
Compatible 3D (consoles) : non
Compatible VR : non

Difficulté :
Temps de jeu : 30 heures
Compatible Move (PS4) : non
Compatible Kinect (XBO) : non
Remote Play PS4/Vita : non
Multi-joueurs : non

Abréviation : Deus EX MD
Prix au lancement : 70€ (consoles) / 60€ (PC)
Score des ventes : 1.2 Millions (tous supports)


Configuration minimale (PC) :
CPU : Intel Core i3-2100 ou équivalent AMD
RAM : 8Go
VIDEO : avec 2048Mo de VRAM (type GeForce GTX 660 / Radeon HD 7870)

Configuration de test (PC) :
CPU : Intel Core2Quad Q9650 (Quad-Cores à 3Ghz)
RAM : 8Go (DDR2 - Dual Channel à 800Mhz)
VIDEO : GeForce GTX 1050 Ti (4Go de VRam)
OS : Windows 7 (SP1 - 64bits)
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails : Haut + FSAA 4x + Anisotrope 16x

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Deus EX

Mankind Divided



Le premier Deus EX,
Quel plaisir de retrouver Adam Jensen et son univers fort, riche, cybernétique et profondément tourmenté...
qui propulsa le vénérable Warren Spector au rang de grand créateur (même si on lui devait déjà les Wing Commander, quelques épisodes d'Ultima et le premier System Shock) a vu le jour sur PC en 2000, et sur la plus prolifique console l'époque, la PlayStation 2, en 2002. Sentant le bon filon (et bien que l'ami Spector ne soit pas de la partie) une suite est mise en chantier. Invisible War sort en 2003 et si certains lui trouvent quelques qualités, autant dire que les fans de la première heure eux, l'ont clashés violemment ! C'est ainsi que la licence fut laissé à l'abandon pendant bien des années, même si le nom de Deus EX n'arrêtait pas de revenir dans les discussions, ou bien en tant qu'étalonneur de la qualité de certains jeux (ce qui devenait -avec le temps- un brin ridicule). En aout 2011, après des années de développement et un amour certain pour la licence, Deus EX revient avec Human Revolution. La 7e génération de consoles lui allait à ravir, il a eu le temps de mûrir, de prendre du recul et bien que sorti 7 ans après le second opus, Deus EX reprit son envol. Certes le jeu n'était pas parfait (mais lequel l'est vraiment ?) cependant on a tous pris une très belle claque ! S'inscrivant dans ce succès critique et commercial (3,3 Millions de ventes, c'est pas mal pour le genre), le tout récent studio d'Eidos Montréal participe au reboot de Tomb Raider, il développe le très moyen Thief (autre licence perdue qu'ils ont voulu remettre au gout du jour... manque de bol, c'est raté), il participe à Rise of the Tomb Raider mais ils veulent revenir à leur principal succès : Deus EX. Ainsi en août 2016, ils reviennent avec Mankind Divided, qui fait suite à Human Revolution mais reste toujours une préquelle aux épisodes originels puisque le premier opus se déroule en 2052, alors qu'ici nous sommes en 2029. 2 ans après les événements d'Human Revolution, on retrouve Adam Jensen qui est devenu un agent infiltré et qui doit mener des opérations spéciales dans un monde où les humains augmentés sont traités en parias et sont exclus de la société. Il travaille pour une force spéciale d'Interpol, la Task Force 29, qui s'occupe de combattre les terroristes augmentés nouvellement apparus. Cependant son allégeance est divisée entre son équipe et un groupe de cyber-pirates nommé le Collectif Mastodonte qui lui fait comprendre que les récents attentats n'ont rien de revendications simplistes...



Adam et ses deux EX


Nous y voilà,
Soyons honnête, si le scénario est bon, la mise en scène en est tout autre : vidéos sympas mais disparates, phases de dialogues abondantes mais servies par des animations d'un autre temps, désynchro labiale juste ridicule...
on entre dans le vif du sujet et autant vous le dire de suite, il est difficile d'être autant séduit qu'autrefois. Les raisons sont à la fois simples et multiples. Commençons par la mise en scène, qui n'a pas vraiment changé depuis le précédent opus. Or nous sommes sur une tout autre génération de machines, bien plus performante, le jeu s'installe (à l'origine) sur plus de 40Go (ce qui fait plusieurs fois l'installation du précédent volet) et pourtant le résultat est exactement le même : nous avons la plupart du temps 2 gugusses raides comme des piquets qui se tapent la causette face à face, et ce, avec des animations robotiques à souhait. Je veux bien que l'air est aux augmentations mais de là à se mouvoir comme C3PO, faut pas exagérer ! Bien sûr il y a quelques cut-scènes (en réalité ce sont des vidéos créées à partir du moteur graphique, la différence est subtile mais bien réelle) qui donnent un peu mieux le change, mais elles restent rares et finalement, nous assisterons plus à ce ballet d'animatroniques qu'à autre chose. Autant vous dire qu'après avoir testé Uncharted 4 et ses nombreuses cut-scènes absolument somptueuses, on sent bien que chez Eidos Montréal le terme "motion capture" est inconnu au bataillon ! Bref, la mise en scène est assez indigne de nos supports et ce qui passait tout juste à la précédente génération (qui nous démontrait déjà tout un savoir-faire en la matière et ce, sur un panel déjà assez large de titres de tous horizons) est désormais inacceptable. Ajoutons à ça que la désynchro labiale atteint ici des sommets insoupçonnables. C'est tellement probant que c'en est même ridicule au bout d'un moment ! On sent bien que les développeurs n'ont fait aucun effort (mais alors vraiment aucun !) sur le sujet, ce qui est bien dommage face à une génération dont les développeurs font justement de plus en plus attention à ça, même avec les doublages étrangers. D'ailleurs Mankind Divided accuse des mises à jour très volumineuses et pourtant il ne corrige en rien ce genre de défauts (ce que d'autres ont fait tant bien que mal). Au final, à quoi ont bien pu servir tous ces Giga-Octects qui ont envahis nos disques dur ? Telle est la question... Côté modélisations, il fallait s'en douter, Jensen est superbement designé, il est bien sapé, très class' et impose comme à son habitude, un charisme assez aguicheur. On peut également signaler que les personnages principaux ont reçus plus ou moins le même traitement (à quelques exceptions -volontaires ou non- près), cependant il en est autre des centaines PNJs lambda qu'on croisera tout au long de l'aventure, et qui disposent pour leur part, de modélisations... disons plus aléatoires (moches ?).



Quand la fin nous laisse sur notre faim


Quant à l'écriture,
L'épilogue arrive de façon abrupte et les DLCs ne répondent pas aux questions laissées en suspens. Réponse dans un prochain volet ?
elle est toujours aussi riche en détails, profonde et étayée dans son propos... cependant je n'ai personnellement pas autant accroché qu'avec Human Revolution. La faute à des missions parfois sans grand intérêt mais pas que, le scénario se veut parfois (inutilement ?) complexe et si on ne suit pas assidument l'aventure, on s'y perd vite. J'ajouterai que je suis heureux de voir un jeu qui se déroule " ENFIN " hors des Etats-Unis (parce que c'est un fait, jeux vidéos et films ne se déroulent presque qu'exclusivement là-bas, ce qui est redondant et pénible à la longue) cependant l'Europe de l'Est avec son langage un poil barbare et son orthographe à coucher dehors, ça ne facilite pas les choses (d'autant que bien des dialogues secondaires n'ont pas été traduits, allez savoir pourqoi). Malgré tout, on apprécie cette longue cinématique d'intro qui résume les premières aventures d'Adam Jensen, ou encore le fait que le jeu cherche sans cesse à nous rappeler les grandes lignes de la trame, soit lors des chargements (qui sont tellement longs que vous aurez largement le temps de tout lire) soit lors d'un menu de missions relativement bien fichu. Au final, malgré quelques anicroches, la profondeur de l'ensemble est maitrisée, plutôt bien amenée et on replonge volontiers dans cet univers cybernétique à la fois captivant et effrayant (avec les récentes découvertes en matière de robotique et d'IA je me dis que le futur est en marche... et pas sûr qu'il soit si rutilent qu'on nous le fait miroiter). D'ailleurs j'ai remarqué que le jeu prend souvent position (de façon consciente ?) sur le monde actuel : monde despotique, mensonge des médias, corruption des politiques qui se font graisser la patte par les grosses entreprises, terrorisme, civils sous oppression policière... tout ceci n'est guère éloigné de ce que nous vivons actuellement (pour ne pas dire que c'est carrément une satyre de notre monde -soit disant- démocratique). Par contre, alors que tout allait pour le mieux (traduisez qu'on s'est fait aux défauts du jeu pour n'y voir que les qualités), la fin arrive de façon brutale et inattendue ! Un épilogue qui tombe comme un cheveu sur une soupe qu'on a mis du temps à savourer et qui suggère des DLCs (un peu comme l'a maladroitement fait Ubisoft avec Prince of Persia). Avec le recul (puisque je teste cet épisode presque 2 ans après sa sortie) et bien que 2 DLCs aient vu le jour, il n'y a toujours pas de contenu visant à mieux "finaliser" la présente histoire, ce qui veut dire que les développeurs ont sciemment fait ainsi, afin de mieux nous vendre une suite directe. Un procédé malhonnête ou un sérieux manque de temps pour faire mieux ? Encore une fois, vu que des DLCs sont sortis après l'aventure principale, je penche bien volontiers pour la première solution.



Je double, je mets le cligno


Ajoutons
Globalement, le doublage est bon... sauf pour quelques guignols qui prennent leur métier à la légère. On constate également que l'atténuation acoustique se fait toujours désirer
à ça que le doublage est, lui aussi, un peu en dents de scie. Bien entendu on retrouve avec plaisir Frédéric Popovic (qui prête sa voix à Adam Jensen), Annie Milon (la voix régulière de Jennifer Lopez et Jada Pinkett Smith), Gilles Morvan qu'on ne présente plus (la voix plus ou moins officielle de Dwayne « The Rock » Johnson - plus proche de nous gamers, c'est aussi Garrus Vakarian dans la trilogie Mass Effect), Damien Boisseau (la voix régulière de Matt Damon), Boris Rehlinger (la voix officielle de Jason Statham), les indéboulonables Patrick Borg, Patrick Bethune et José Luccioni (qu'on ne présente plus, eux non plus, tant ils sont devenus incontournables ces dernières années) ainsi que Jean-Claude Sachot et Bruno Magne, tous 2 ayant un gros CV dans le doublage. Bref, avec un tel casting, on pourrait se dire que tout ira pour le mieux... En un sens oui, le doublage "principal" est de bonne facture (en fermant les yeux bien sûr, car je ne reviendrais pas sur la mise en scène) mais il faut aussi faire avec des doubleurs au pédigrée moins rutilant, ce qui donne parfois des dialogues peu impliqués, aux inutiles envolées et/ou un total désintéressement (au hasard je citerai "K" ou le pilote). A noter enfin que la voix des mercenaires passe à travers les murs, comme si les cloisons étaient faite de papier (à l'image des maisons traditionnelles japonaises). C'est évidemment absurde et très perturbant, car la non-atténuation dû aux matériaux fait qu'on se retournera une paire de fois, pensant être suivi ou en danger, alors qu'en fait, les gardes sont derrière des murs épais et incapables (pour l'instant) de nous voir. Encore un bien joli couac qui aurait dû être rectifié, à minima via les divers patches qu'a subi le jeu.



Gameplay (un peu) augmenté


Côté gameplay,
Les augmentations sont nombreuses et permettent d'aborder l'aventure sous plusieurs angles
on retrouve celui d'Human Revolution... naturellement amélioré, à commencer par un arbre de compétences qui s'est enrichi. D'ailleurs au début de l'aventure Adam ne part pas de zéro, ce qui est une bonne chose, même si on aurait aimé un joli remaster de la précédente aventure (avec inclusion de son DLC "Le Chainon Manquant" et ce de façon plus intelligente qu'à l'origine) avec ainsi une récupération de la sauvegarde qui nous aurait octroyée quelques bonus (à la façon des Dragon Age ou des Mass Effect). Cet arbre de compétences, riche en possibilités, va de pair avec un level design intelligent où il y a toujours plusieurs façons d'aborder une mission : par la force brute (on sort les flingues et on tue tout le monde), par la discrétion (on se faufile et on zigouille quelques gêneurs) ou encore à la mode fantôme (personne n'a jamais su qu'on était là). A ça s'ajoute plusieurs chemins possibles, ce qui permet (selon les compétences débloquées) de s'essayer à d'autres alternatives. On retrouve donc les possibilités de piratage, de camouflage optique, diverses options de combat et de protection ou encore un boost notable de la discrétion. Il est d'ailleurs tout à fait possible de finir le jeu sans jamais sortir son arme et sans jamais déclencher la moindre alarme... ce qui rejoint le gameplay ultra exigeant des anciens Hitman. Le menu a également été repensé, bien qu'un peu fouillis par endroit, il reste riche en informations. Seul bémol : naviguer à l'intérieur semble accuser quelques lenteurs (malgré son interface en 2D). La partie exploration/crafting/merchandising est, elle aussi, toujours d'actualité et il est d'ailleurs sympa de ramasser de la "breloque" afin de concevoir soi-même quelques utilitaires tels que des bio-cellules (toujours utile) ou des munitions de Typhoon. Et si le système de piratage n'a presque pas changé, de son côté la carte n'a finalement que peu d'intérêt tant elle est peu claire.



Game... plaie ?


Et c'est ici qu'arrive,
Parfois le gameplay nous impose de la jouer exclusivement infiltration, ce qui peut être frustrant... heureusement, il y a toujours plusieurs façons d'arriver à ses fins
selon moi, le pire défaut du titre : son aiguillage forcé vers l'infiltration. OK je le reconnais, un Deus EX n'est pas un FPS à proprement parlé (malgré sa vue à la première personne) seulement dans Human Revolution, si l'infiltration échouait, on pouvait toujours sortir les armes et s'en sortir ainsi. Malheureusement, suite aux plaintes des fans de la première heure, estimant que le précédent opus pouvait un peu trop s'orienter vers l'action, les développeurs ont fait en sorte que l'infiltration soit toujours privilégiée. Ainsi certaines missions sont plus tendues que d'autres car l'infiltration s'avère plus difficile à mettre en œuvre et la force brute est bien moins payante (voire pénalisante !) qu'autrefois (pour moi, ce fut la banque Palisade l'acte 1 des galères). Au final, on sauvegarde souvent, très souvent, trop souvent, car on est rarement libre de ses actions... c'est même à se demander pourquoi les développeurs ont créés autant d'armes puisqu'on ne s'en sert presque jamais et que chaque action (de notre part) peut potentiellement retourner une situation qui, jusque-là, allait plus ou moins bien. La furtivité est donc quasiment imposée (ne croyez pas ceux qui disent qu'ils ont bourriné tout du long, c'est simplement impossible) et moi, c'est bien ce qui me gêne ! Car le libre-choix d'Human Revolution était justement son point fort : sans dire qu'on s'adonnait à un Call of-like, à minima on pouvait au moins se défendre. Ici sortir les armes est souvent synonyme de mort ! Donc on avance au pas, on "essaye", on tente une approche, on save/load en permanence, ce qui rend la progression fastidieuse... souvent ennuyeuse (de mon point de vue d'amateur d'action, entendons-nous bien). Ajoutons qu'en plus de tout à ça, les temps de chargement sont très longs, ce qui fait que la moindre erreur peut vite être vécue comme une punition !! Pour couronner le tout, l'IA semble péter des câbles par moment : soit les ennemis ne nous voient pas alors qu'on est cachés derrière un pot de fleur qu'on déplace juste devant leurs yeux, soit ils nous repèrent à 500m et étant sûr que nous sommes l'ennemi n°1 et en tirant à vue. Pire encore, il arrive que sans raison un civil se mette à hurler, que tout le monde nous tire dessus alors qu'on n'a pas une attitude hostile ! Du coup, on doit contourner la milice, la police, les ennemis et... parfois même des civils encore plus bêtes que tous les autres. Et les choses ne s'arrangent pas avec le temps : en effet, si certaines zones nous laissent un peu plus libres de notre approche (comme à Golem), généralement ce n'est que le temps d'une mission et la difficulté (ou le gameplay à vous de voir) se veut toujours plus ou moins pénalisante tout au long de l'aventure. Autant vous dire que je me faisais une joie de découvrir cette suite, tant je suis un grand fan d'Human Revolution, et que j'ai vite déchanté. La difficulté (qui n'est en rien insurmontable, soit dit en passant) m'a littéralement gâchée mon jeu. :(



Se faufiler dans la Breach


Par contre,
Plus qu'une alternaive, le mode Breach est une véritable extension du jeu principal. Bon point aussi pour l'originalité du design
et c'est un bon point pour lui, la durée de vie est très bonne : les missions principales sont généralement longues, les missions secondaires sont nombreuses et variées, il y a pas mal de contenu à lire, de PNJs à qui parler, de zones à explorer... ce qui fait que vous en aurez au moins pour 30 heures de jeu, bien plus si vous chinez chaque élément, piratez chaque terminal, êtes à l'affût du moindre renseignement ou recoin caché. Notez aussi que le jeu nous propose le mode Breach (brèche en français), une sorte de mode multi-joueurs qui vous place dans la peau d'un hacker, matérialisé virtuellement dans les réseaux informatiques des grandes corporations, dans le but de dévoiler au grand jour certaines de leurs manigances les plus inavouables (un peu comme dans les phases de piratage de l'aventure principale... sauf qu'ici c'est en vue FPS). L'esthétique et l'idée même semblent tout droit sorties de TRON, puisque les décors sont épurés au maximum et que le concept d'un hacking "vu de l'intérieur" a déjà été exploité par la licence de Disney. L'ensemble du parcours est chronométré, et votre comportement "dans la matrice" influera directement sur votre score (les amateurs de scoring et de speed-run vont s'en donner à cœur-joie). Le gameplay est identique à celui de Jensen, usant des mêmes mécaniques et des mêmes augmentations, on a parfois même des objectifs à accomplir : passer le niveau uniquement en mode furtif, éliminer certaines cibles, etc. Breach étant scénarisé et directement lié à l'univers de Deus EX, ce mode (qui n'est pas sans rappeler Metal Gear Solid : Missions VR), pourra vous occuper pendant quelques heures supplémentaires. Par contre, le jeu (dans son entièreté : Breach comme Mode Histoire) se laisse aller à la nouvelle mode des caisses de récompenses payantes (à acheter avec de l'argent réel, afin de faciliter votre progression). Par exemple si vous avez besoin de virus, d'armes plus performantes ou d'argent "in game", tout s'achète et coute vite cher. Idem, dès le départ les développeurs ont volontairement coupé quelques séquences de l'aventure principale, afin de nous les vendre en DLCs. Un Passé Criminel et Piratage ont vu le jour... à 12€ pièce (!) cependant, vu que le jeu n'a pas eu le succès escompté, il semblerait que le 3e contenu (Mesures Désespérées) fut annulé depuis. Que voulez-vous, c'est ça le jeu vidéo d'aujourd'hui et aucun studio (ou presque) n'y coupe... malheureusement.



Dawn to the bone...


Techniquement,
Si le design reste aguicheur, difficile de trouver le jeu vraiment beau. Quelques panoramas sortent du lot mais ça reste exceptionnel
Manking Divided fonctionne sous Dawn Engine, un moteur propriétaire spécialement développé pour le jeu. Si Human Revolution fonctionnait sous Crystal Engine (le moteur de la trilogie Tomb Raider Legend / Anniversary / Underworld), il est vraiment dommage que suite à leur collaboration avec Crystal Dynamics, Eidos Montréal n'est pas continué à utiliser le moteur de leurs collègues, puisque celui du reboot de Tomb Raider est particulièrement performant (bien que peut-être peu adapté à l'exercice qui sait... mais à mon avis il est certainement moins long d'adapter des outils de développement que de créer un moteur propriétaire en partant de zéro). Bref, si sur la génération PS3/X360 ce bon vieux Crystal Engine donnait assez bien le change (notamment grâce au design assez exceptionnel de Deus EX : Human Revolution), le pauvre Dawn Engine souffre ici d'une comparaison générationnelle assez désavantageuse. En mettant volontairement le PC de côté et en se cadrant uniquement sur les 2 consoles du moment dans leur version de base, entre Far Cry 4, Halo 5, Batman : Arkham Knight, The Witcher 3 et justement le reboot de Tomb Raider (et encore, je n'évoque pas Uncharted 4 sorti quelques mois auparavant, lui qui est devenu la grosse référence sur consoles) autant dire que notre pauvre Deus EX : Mankind Divided fait triste mine. On retrouve sporadiquement ce magnifique design qui nous a séduit lors du précédent opus, cependant il se fait plus discret, moins aguicheur, moins envoutant, laissant ainsi place à des environnements plus lambdas et clichés, représentants à merveille la froideur de cet univers scénaristiquement plus sombre mais aussi nettement moins attrayant. En somme, si autrefois le design rattrapait une technique en deçà, ici le subterfuge ne prend plus et il est difficile de trouver au jeu de véritables attraits graphiques (c'est notamment le cas de Prague et plus généralement des intérieurs). Heureusement il reste malgré tout quelques clichés à prendre, entre autre à Dubaï, sur la fin de la mission à Golem ou en Suisses, qui proposent quelques panoramas fort sympathiques, mais globalement il faut être clair, Mankind Divided n'est pas un beau jeu... tout juste est-il moyen.



Augmentation "optimisation"... absente !


Je ne reviens pas
Malgré de nombreux et "GROS" patches, le jeu accumule toujours quelques bugs et des saccades
sur la qualité très aléatoire des modélisations, des animations robotisées trahissant la vétusté de la technique ou encore des temps de chargement tout sauf optimisés, mais j'ajouterai qu'en plus le jeu se permet de ralentir (notamment en ville lorsqu'il y a beaucoup de PNJs à afficher), le framerate étant assez inconstant. Et ne parlons même pas d'un hypothétique 60 fps, soignons raisonnable ! Non ici ça tourne à 30 fps, et ça saccade, même sur les meilleurs PC. Ainsi je reviens une dernière fois sur le fait que les divers patches du jeu n'ont pas vraiment réglé les problèmes d'optimisation. Dernier point technique, la laissée pour-compte de cette génération (comprenez la Xbox One) n'offre qu'une résolution en 900p, contre 1080p sur PS4 (mais au prix d'un framerate encore plus instable). Alors certes le rythme du jeu n'exige pas un gros framerate et divers patches ont réglés bien des problèmes, mais il est alors incompréhensible que le studio ait absolument voulu développé leur propre moteur, qu'il ne maitrise visiblement pas et qui est loin des standards actuels. Nous terminerons ce test par l'habituel tour des compositions musicales du titre, œuvre du trio Michael McCann / Sascha Dikiciyan / Ed Harrison. Michael McCann est un compositeur canadien qui a déjà travaillé sur Splinter Cell : Double Agent et sur l'excellente bande-son de Deus EX : Human Revolution, Sascha Dikiciyan (alias Sonic Mayhem) est un compositeur allemand connu pour son travail sur quelques gros titres tels que Borderlands 2, Quake II (dont j'adore les musiques !), Splinter Cell : Double Agent (lui aussi) ou encore Mass Effect 3. Quant à Ed Harrison, il a moins participé à l'aventure principale, et s'est plutôt occupé du mode Breach. Bref, comme dans Human Revolution, on retrouve des compositions d'un excellent niveau, d'une indéniable qualité et qui ont en plus, le bon gout de s'adapter (en temps réel) au rythme du jeu. J'ai juste un petit regret : elles paraissent moins hypnotiques qu'autrefois (remarquez ça va sans doute dans le sens où le jeu se veut moins captivant qu'autrefois... qui sait). Cependant elles restent souvent mélodieuses, relativement envoutantes et très à-propos, donc au final, l'ensemble est d'un très bon niveau. Notons enfin que les bruitages sont d'excellente qualité, que ce soit pour les bruits environnants, comme pour les armes.



Dans ce test Note
j'ai beaucoup comparé Mankind Divided à Human Revolution et pour cause, ce dernier fait parti de mes jeux préférés : j'adore son scénario, son gameplay, sa bande-son, son design... Certes il n'était pas parfait mais bon sang, quel magnifique jeu ! Il était donc naturel que je sois impatient de toucher -enfin- à sa suite directe, d'autant que pas moins de 5 ans séparent les 2 titres. Entre temps, nous avons largement eu le temps de ronger notre frein, de faire monter la "hype" et surtout, de changer de génération de consoles, emportant avec elle nos espoirs les plus fous réalistes. Ainsi on a tous espérer avoir une réalisation à la hauteur de la licence, un gameplay affiné, une bande-son encore plus hypnotique... et bien ce sera peut-être pour une prochaine fois ! En effet, Mankind Divided est un bon jeu (et ça je tiens à bien le souligner) cependant j'estime qu'il supporte mal la comparaison avec son propre prédécesseur. La réalisation fait peine à voir (Eidos Montréal devait encore se croire sur PS3 et Xbox 360 :/ ), avec des graphismes parfois bons, souvent pas terribles, sauvés par un design vraiment sympa mais encore une fois en deçà d'Human Revolution (c'est sans doute une question de contraste... mine de rien ça y joue beaucoup). Les doublages sont en dents de scie, les animations sont robotiques, ça saccade, le scénario est sympa mais la mise en scène est limitée... sans parler de ce gameplay qui nous pousse à la jouer 100% infiltration, tellement le fait de passer à l'action peut être punitif (la difficulté "je veux une histoire" n'a jamais été aussi mal nommée !). Je sais, Deus EX c'est justement comment ça que ça se consomme, cependant avec Human Revolution j'aimais avoir le choix ! Un jeu c'est censé être du plaisir, pas des prises de tête à répétition ! Pour être plus proche des fans d'autrefois (j'entends les fans qui ont aimé le tout premier jeu) les développeurs gâchent l'expérience du plus grand nombre avec un titre ayant le mauvais gout d'imposer son orientation ludique (alors même qu'il se veut -soit-disant- ouvert, un paradoxe non ?). Et mine de rien, ça s'est ressenti sur les ventes : alors que le précédent opus s'est plutôt bien vendu (plus de 3 Millions d'exemplaires), celui-ci a plafonné à moins de 1,5 Millions (moins de la moitié de son prédécesseur... aïe !), ce qui a forcé Square-Enix (l'éditeur) à remettre la licence en pause. Car je le redis, un jeu c'est censé être du plaisir et malheureusement avec ce Mankind Divided, j'ai pris bien peu de plaisir ! Maintenant, en essayant d'être le plus objectif possible (car après tout, ce n'est que mon point de vue, le récit de l'expérience que j'ai eu), sachez que cette séquelle a tout de même ses bons côtés, comme le mode Breach, une bonne durée de vie, un univers vivant, un scénario mêlé d'apartheid mécanique et de tous les travers de notre monde bien réel (ici faussement maquillés dans le cône d'une écriture riche) et ce plaisir sans demi-mesure de retrouver notre charismatique Adam Jensen, cet enquêteur semi-cybernétique qu'on se complaira à augmenter au fil de l'aventure. Ainsi si vous estimez qu'au mépris de toute évolution ludique, un Deus EX se doit d'être aussi punitif et obtu dans sa progression (ou alors que vous êtes d'une patience sans limite), alors oui, l'aventure mérite d'être vécue et malgré les annonces de Square Enix de mettre (encore) la licence en suspend, espérons que le 3e opus sera aussi "augmenté" qu'on l'attend...



Les -

  • Des MAJs énormes qui finalement règlent peu de problèmes : désynchro lab et saccades en tête de liste
  • Gameplay souvent punitif à partir du moment où on sort du cadre de l'infiltration
  • La fin arrive de façon brutale et inattendue
  • Politique du DLC et de la micro-transaction
  • Un début d'aventure fastidieux...
  • Globalement, c'est pas très beau
  • Doublage en dents de scie
  • L'IA est dans les choux
  • Les +

  • Arbre de compétences riche en augmentations ce qui permet de varier son approche de l'aventure
  • Possibilité de finir le jeu sans tuer personne (il parait que c'est important pour les puristes)
  • La qualité de ce level design qui permet plusieurs approches
  • Adam Jensen, toujours aussi charismatique et badass
  • La qualité des quêtes secondaires (ici pas de Fedex)
  • Globalement, une très bonne bande-son
  • Breach, un très bon mode bonus
  • Un univers riche et vivant
  • Bonne durée de vie


  • Test réalisé par iiYama

    avril 2018