ICO & Shadow of the COLOSSUS (PS3)

 








Note générale


Sortie du jeu : septembre 2011
Développeur : Sony Computer (Team ICO)
Remasterisation : Bluepoint Games
Editeur : Sony Computer
Genre : compilation (aventure)

Support : 1 Blu-Ray ou en téléchargement sur PSN
Version testée : Française
Voix dans le jeu : ?
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 6Mo (saves)
Définitions HD : 720p - 1080p
Compatible Move : non
Compatible 3D : oui

Multi-joueurs : non
Titres alternatifs : Classics HD : ICO & Shadow of the COLOSSUS / The ICO & Shadow of the Colossus Collection (US)
Prix au lancement : 40€
Score des ventes : 1.2 Million (hors versions PS2)


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ICO & Shadow
of the COLOSSUS







C'est la grande mode ces dernières années, on remasterise à tout va ! Après Ubisoft (Splinter Cell, Prince of Persia), Capcom (Resident Evil), Konami (Silent Hill), Konami/Kojima (Metal Gear Solid), Sony (God of War, Sly, Jack & Daxter) et encore sans parler de tous ces jeux individuels qui ressortent d'un passé perdu avec une nouvelle robe HD (et généralement vendu à un prix insultant), sur cette génération de machines il est clair que les éditeurs ont beaucoup de mal à faire du neuf et trouvent dans les vieux jeux quelques sources de revenus supplémentaires. Avouons-le, pour celles et ceux qui n'ont pas les titres originaux, il est clair que c'est une bonne occasion de s'y mettre, d'autant que ces compilations sont vendues généralement à 40€ contre les habituels 70€. De plus, le remastering HD redonne une seconde jeunesse aux titres, ce qui n'est pas un mal et fait en sorte que le rendu sur nos écrans HD soit moins disgracieux, plus agréable. Enfin ces remasterisations ne touchent que de grands titres. En effet, on y trouve que des blockbusters au succès avéré, qu'il soit critique ou commercial. Justement, la PS2 aura accouchée de 2 titres au succès critique inestimable mais aux ventes désastreuses : à eux 2 ils ne cumulent même pas 2 millions de ventes. Je veux bien sûr parler de ICO et de Shadow of the COLOSSUS, 2 exclusivités sorties sur PS2 respectivement en 2002 et en 2006. Sous le haut commandement de Fumito Ueda, le nouveau génie japonais, la PlayStation 2 a vu naitre 2 titres aux antipodes des codes connus. Des ambiances oniriques, des contes chevaleresques, des gameplays atypiques et au final, 2 grands jeux. Et le plus étonnant, c'est de voir que tous les gamers connaissent ces titres là, ils jouissent d'une réputation quasi intouchable, ils sont considérés comme des œuvres d'art et pourtant… ils ne se vendent pas ! A l'image du magnifique Okami, il faut reconnaitre qu'il y a un sérieux problème chez les joueurs et donc, chez les acheteurs. Tout le monde se plaint que les jeux manquent d'originalité, que les suites polluent les sorties, et lorsqu'un titre vraiment différent prend le pari de sortir… les ventes restent intimistes. Rappelons tout de même que les éditeurs (dont Sony Computer) sont là pour faire de l'argent, pas pour étaler les gros chèques sur des développements onéreux et à rallonge pour qu'au final, le jeu ne se vende pas. Finalement je me mets à la place des éditeurs, si les suites se vendent, j'en produis puisque l'originalité ne paie que rarement. Bon trêve de coup de gueule, ICO & Shadow of the COLOSSUS ne compile que 2 jeux (les 2 seuls de la Team ICO) mais la durée de vie atteint quand même les 25 à 30 heures. Bien sûr les jeux sont compatibles avec les trophées, la 3D et ont été remaniés en HD. Maintenant voyons chacun d'eux en détails.


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ICO




Telle une fresque,
Si le scénario est une déception, l'ambiance elle, est hypnotisante
ICO est un jeu ressemblant à une fine toile, une oeuvre à des années lumières de la violence gratuite d'un FPS, du sang d'un jeu de combat, de la complexité d'un RPG. ICO a pour but de vous faire vivre quelque chose de neuf, à la fois d'idyllique et d'onirique. Vous incarnez Ico, un jeune garçon qui possède des cornes. Il porte ce don de la nature comme un fardeau, qui est en plus vu comme une malédiction dans son village. C'est pourquoi notre brave Ico va se retrouver enfermé dans un temple occulte. Par une voie du destin, il réussit à se libérer de son tombeau et part alors à la visite de ces lieux inconnus. C'est ainsi qu'il croisera Yorda, une fille aux allures d'Ange, à la peau blanche et à l'aura pure. Cette dernière étant prisonnière d'une cage, sa première mission sera de la libérer. Ici sonne le point de départ de l'aventure. Hormis son contexte très emprunté à d'autres jeux (j'y reviens plus tard), l'une des particularités du titre c'est qu'au final on ne sait pas grand chose du monde qui nous entoure : on ne sait pas vraiment pourquoi les prêtres du village enferment les enfants à cornes, et surtout, on ne comprend pas un traître-mot à ce qu'ils disent ! Et oui, pour l'occasion Sony a créé un nouveau langage, ce qui fait qu'hormis la traduction de ce que dit Ico (les paroles de Yorda étant occultes au joueur comme à Ico), toutes les versions du jeu sont à l'identique.... Comme je le disais plus haut, l'univers du jeu, bien que riche et original, ne se veut pas totalement novateur. A y regarder de plus prés, il y a premièrement comme un air de Tomb Raider dans ICO : jeux de plate-formes, énigmes, décors vastes et enivrants... on sent bien que miss Croft a fait des émules. Mais toutes proportions gardées, ICO innove quand même en simplifiant le concept d'action/aventure. Le maniement est simpliste (mais sans gâcher notre plaisir), les énigmes ne sont pas trop torturées afin que le joueur ne bloque pas trop longtemps, les phases d'action ne sont pas impossibles à passer (celles où Ico doit protéger la frêle Yorda), etc. En fait, sans être facile, le jeu est assez linéaire dans le sens où c'est toujours plus ou moins pareil. C'est d'ailleurs un peu dommage qu'il ne se renouvelle pas et insiste toujours sur les mêmes routines. Globalement court (8h environ) ICO est un jeu à vivre, à ressentir et non à arpenter. Graphiquement, le lifting HD fait le plus grand bien au titre. Si les intérieurs ne sont pas tellement notables (à part peut-être les effets sur les sources lumineuses, qui sont réussis), c'est surtout les extérieurs qui sont magnifiques. Des décors superbes et travaillés à perte de vue… 10 ans après sa sortie, le charme opère encore.


Après il est
Il faudra bien vieiller sur la fragile Yorda
vrai que la modélisation des personnages a pris un petit coup de vieux mais c'est surtout les animations qui paraissent totalement dépassées. Selon le mouvement, les animations d'Ico sont moches, ça fait vraiment peine de voir ça ! Et je dirai que ça jure à côté des textures HD, nous ramenant bien à un jeu de 2002, plutôt qu'à un titre récent. Pour ce qui est de la jouabilité, comme je le disais plus haut, tout se passe dans une simplicité à donner des leçons à bien des jeux... sauf peut-être pour les combats et la caméra. Cette dernière est toujours pseudo-fixe (c'est à dire que lorsqu'on veut la faire bouger, elle ne fait que tourner sur son point d'ancrage, un peu comme si on pilotait une caméra de surveillance) et c'est toujours aussi pénible. Je le dis souvent, quitte à faire une compilation HD, autant corriger les problèmes du jeu d'origine or là, on se traine toujours une caméra affligeante qui, sous prétexte d'offrir un angle cinématographique, nous gâche bien souvent la vue. Pareil pour les combats, Ico frappe dans un sens mais on a beau lui intimer une autre direction, il ne se tournera qu'une fois son enchainement terminé. Ça ne parait rien, mais bien souvent on se fait frapper (et Yorda se fait kidnappée) à cause de cette latence idiote et qui, elle aussi, aurait du être corrigée. Hormis ça, le tout se passe sans heurt, le jeu aidant même le joueur lors de certains passages délicats, en rattrapant l'ajustement d'un saut mal négocié. Une idée de bon aloi. Le son est certes de qualité mais aucun effort surhumain fut créer à ce stade du jeu. A part quelques rares musiquettes ça et là, quelques passages où les persos parlent (sans se comprendre je le répète), il n'y a que des bruitages ambiants type chute d'eau, plissements de feuilles ou chants d'oiseaux. Comme je le disais, le tout est d'une grande qualité mais au final, ça fait un peu vide. Alors ceux qui viennent dire que "c'est poétique" je leur répondrais simplement que c'est juste nul. En effet, la musique souligne toujours une action, le charme d'un endroit, l'angoisse d'un combat. Or dans Ico il n'y a rien ! Et c'est vraiment dommage car l'ambiance aurait pu beaucoup y gagner. Mais je serais le premier à défendre la cause d'ICO tant le plaisir d'un jeu simple à la violence édulcorée, est plaisant, tant l'aventure est agréable, dépaysante et parfois même, relaxante. Un jeu résolument à part...

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Shadow of the COLOSSUS




De part
Shadow of the COLOSSUS est l'un des jeux les plus impressionnants et les plus épiques qui soit
son gigantisme et sa poésie, les créateurs de l'envoutant ICO nous livrent là une fresque émouvante et une production aux antipodes des jeux de l'époque comme actuels. L'image s'ouvre sur un cavalier solitaire qui traverse les montagnes pour rejoindre l'autel des Dieux. C'est le seul endroit où l'on peut prier pour le salut d'une âme. Une fois sur place, le jeune homme dépose, telle une rose fragile, le corps inerte de ce qui semble être de prime abord, sa bien-aimée. Les Dieux observant de haut ce tragique et néanmoins troublant acte du coeur, propose au sauveur de battre 16 colosses en échange de sa vie. Dans une juvénile et troublante acceptation, c'est alors que le héros part en direction du premier colosse... Premier point faible du jeu, la trame scénaristique est pour ainsi dire inexistante. On sait juste que l'univers dans lequel on évolue est proche de celui d'ICO, qu'on incarne un valeureux jeune homme nommé Wanda (ou Wander selon la version) qui doit tuer 16 colosses de chair et de pierre. Très peu de cut-scènes, un langage non compréhensible histoire de mettre du mysticisme dans l'atmosphère, pas de tenant, un seul aboutissant et au milieu... le vide sidéral ! Il aurait été sympa de savoir pourquoi la fille est morte (est-ce Yorda ?), qui est Wanda, un peu plus de détails sur l'univers traversé, d'où viennent les colosses, etc. Mais non, à la façon d'ICO, une fois le jeu fini, on n'en sait pas plus et c'est vraiment très frustrant. Vous l'aurez compris, le but de cette aventure est d'étaler des colosses et croyez-moi, ce ne sera pas chose facile. A l'image du premier monstre (celui sur la pochette du jeu), la plupart de ces géants font la taille d'un immeuble. Il y a 16 colosses à abattre et on peut décomposer chaque 16e de l'aventure en 3 parties : trouver le colosse, arriver aux points vitaux de la bête et le tuer. Shadow of the COLOSSUS est une aventure troublante qui vise à toucher le joueur dans un sentiment profond de solitude et d'impuissance devant de tels phénomènes de la nature. Partir à la conquête d'un monde immense dont on ne sait rien pour sauver celle qu'on aime, fait preuve d'une certaine inconscience et d'un certain héroïsme. Si on décortique un peu, la carte sur laquelle on évolue se profile à perte de vue. On peut se perdre dans cette nature un peu désertique (il n'y a que vous et les colosses). Se situant dans une sorte d'immense plaine aux divers plateaux (désert, forêt, montagne), il faudra parfois beaucoup de patience pour trouver votre ennemi tant le parcours à faire est souvent tortueux. Heureusement dans cette aventure, vous serez accompagné d'un cheval. Il vous permettra de vous déplacer plus vite quand celui-ci n'est pas carrément indispensable. Ensuite, il faut comprendre la "mécanique" pour accéder au colosse. Comprenez bien que si le bestiaux est haut comme un immeuble de 8 étages et que sa tête est son seul point faible, il va bien falloir monter par tous les moyens possibles.


Si la
Encore une fois le scénario est une déception. Idem pour la caméra comme pour la jouabilité...
plupart du temps les accès sont plus ou moins censés, parfois les développeurs ont réalisés des situations un peu tirées par les cheveux. Par exemple, devoir attirer un colosse sur un geyser pour qu'il se retourne ou attendre l'instant x et faire un saut d'une grande précision pour l'atteindre, relève plus de la plaie que du fun. Heureusement que tous ne sont pas aussi tortueux. Enfin, chaque colosse possède entre 1 et 4 points faibles (en moyenne) qu'il faudra frapper. Les atteindre relève souvent du défi d'autant que les colosses ont tendance à se défendre (normal non ?) en remuant dans tous les sens pour vous faire tomber. Mais lorsque le géant tombe à terre, vaincu, une impression de fierté s'en dégage. A l'image de David contre Goliath, notre héros n'est pas bien grand, ni même bien épais face à ces titans d'une puissance dévastatrice. C'est un peu le combat de la puce contre l'éléphant. Mais une chose est sûre, le gameplay reste assez simpliste car il n'y a aucune quête annexe si ce n'est trouver des fruits et des lézards (les fruits augmentent votre barre de vie et les lézards augmentent votre endurance). Wanda est armé d'un arc avec flèches infinies (il n'y a d'ailleurs pas carquois, c'est débile) et d'un glaive magique qui vous aidera à localiser les colosses et leurs points faibles. Seulement le jeu ne serait pas si difficile si la jouabilité était bonne : si Shadow of the COLOSSUS n'est pas un jeu foncièrement difficile, il est par contre usant, stressant par moment et surtout injouable. On jettera plus d'une fois le pad contre le mur à cause d'une maniabilité complètement défaillante. Mais tout d'abord parlons de la caméra. C'est pas compliqué, elle n'est jamais là où il faut ! On ne voit pas ce qu'on fait, quand elle ne se met pas à tourner dans n'importe quel sens. Certes remplaçable manuellement, c'est une vraie prise de tête car elle se remettra toujours sous un angle préprogrammé. Car les développeurs, dans un souci d'offrir une vision titanesque de leurs colosses, dans un souci d'impressionner ses joueurs par un angle je dirai cinématographique, ont perdus de vue que l'angle défavorise totalement la jouabilité ou pire encore, que notre héros n'est même plus dans le cadre ! Agro, notre cheval, est en plus un pur crétin. Le canasson sera très souvent devant vous alors que vous êtes le point d'exécuter une action critique. Mais le pire reste son contrôle, qui est simplement à chier ! Ces problèmes de "réglages" sont pénibles et pèsent sur le plaisir de jeu. Pire encore, la jouabilité globale est vraiment mauvaise. Très imprécise, elle répond un peu n'importe comment aux sollicitations du pad, et ce, même dans cette version ! Encore une fois les développeurs ne font aucun effort pour rendre l'expérience meilleure qu'à l'origine. Les problèmes de caméra et de jouabilité étaient les premiers points à corriger.


En 2006,
La réalisation, remasterisée en HD, est superbe ! En plus, le framerate est désormais fluide
la Team ICO a fait preuve d'un grand génie tant en terme de qualité graphique que de programmation. On peut le dire, Shadow of the COLOSSUS était l'un des plus impressionnants jeux de la PS2 ! L'aventure vous mènera en plus à divers coins de la carte. On passera d'un désert aride à une dense forêt, d'une plaine verdoyante à un lac, d'un maré à une somptueuse plage de rocheuse... Shadow of the COLOSSUS fait voir du pays. Sony nous la joue médiéval tant sur les décors que l'architecture des quelques bâtiments. Mais hormis ce rendu quasi carte postale des environnements, il faut souligner que la beauté, le gigantisme et la majesté des colosses, est aussi très impressionnant. Les plus petits, de la taille d'un bus tout de même, comme les plus grands (plusieurs dizaines de mètres) imposent un style tout droit sorti d'un conte. On en revient à nos récits d'enfants, nos rêves oubliés où pour la plus jolie fille de la classe, on aurait bravé tous les dangers. Quant à la remasterisation HD, elle apporte bien évidemment des textures bien nettes (ce qui rend le jeu que plus beau) et surtout un framerate constant. On se souvient tous que sur PS2 le pauvre moteur graphique souffrait, ce qui n'a plus lieu d'être désormais. Les colosses sont vraiment énormes, parfois même très rapides, et le jeu nous offre de grandes sensations : gigantisme des sprites, impression de vertige, fluidité des gestes, tremblement de la terre sous le poids des colosses... A l'époque c'était une prouesse technique et sans dire qu'on sera tout autant impressionné, difficile de ne pas saluer tout ce que Shadow of the COLOSSUS a d'enivrant. Seul défaut, encore une fois le personnage arbore par moments des animations vétustes. C'est plus rare que dans ICO (le jeu d'origine a tout de même 4 ans de moins) mais par exemple lorsque Wanda court, c'est assez ridicule. La remasterisation aurait vraiment dû revenir sur ce genre de détails. A l'image d'ICO, ne cherchez pas à comprendre ce que disent les voix, c'est incompréhensible. Fort heureusement, il y a des sous-titres. N'empêche que la qualité de ces voix est superbe et les bruitages sont tout bonnement parfaits. Pour ce qui est des musiques, le compositeur Kow Otani nous offre un rendu philharmonique. Les compositions ne seront présentes que lors des combats et à grand coup de violoncelle et autres instruments orchestraux, les musiques du jeu sont puissantes, et accompagnent parfaitement l'ambiance médiévale du titre. Entre tristesse et rythme, elles confortent un rendu graphique assez impressionnant, faisant ressentir toute la mélancolie de l'aventure. Shadow of the COLOSSUS aurait été le jeu ultime d'une machine en fin de vie (la PS2, entendons-nous) si la jouabilité avait été meilleure. Malheureusement ce remake HD ne corrige pas le pire défaut du titre d'origine, tout juste apporte t'il un framerate stable et des textures de qualité. Mais les problèmes de caméra et de maniabilité restent à l'ordre du jour et c'est vraiment ce que je regrette le plus dans cette production car au fil du jeu, elle instaurera nervosité et lassitude. Et pourtant le jeu mérite d'être vécu, tant elle est hors du commun. Sachez donc être patient et Shadow of the COLOSSUS vous offrira une aventure comme aucune autre...

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Conclusion



ICO comme Shadow of the COLOSSUS est un titre envoutant à bien des égards. Ceci dit, je ne trouve pas ces jeux "poétiques" de la même manière que certains. En effet, il n'y a pas ici la douceur et le lyrisme d'un Okami mais ça n'empêche pas que cette duologie justifie l'achat de cette compilation, de part son caractère unique, notamment via un gameplay aux antipodes de ce qu'on a l'habitude de voir, mais aussi pour l'originalité de ses ambiances. De plus le lifting à la sauce HD est très réussi (en tout cas plus que dans certaines productions), avec notamment un Shadow of the COLOSSUS enfin fluide. En contrepartie, cette remasterisation se veut particulièrement fainéante avec un premier lieu l'absence totale de bonus. Pas de making-off, pas d'interview… juste les jeux et point barre. Mais là n'est pas le pire : en effet mon principal regret vient du fait que les pires défauts d'ICO et de Shadow of the COLOSSUS sont toujours d'actualité. Sous prétexte de ne surtout pas altérer l'œuvre originale, on supporte des défauts qui étaient déjà pénibles à l'époque et qui à l'heure actuelle, paraissent encore plus gros et dommageables. Ainsi dans Shadow of the COLOSSUS comme dans ICO, on devra s'accommoder (de force) à une jouabilité très imprécise et à une caméra tout sauf bien gérée. Enfin, il y a des animations qui supportent très mal le poids des ans et qui auraient dû être rectifiées, surtout pour éviter de faire tâches dans des décors HD qui eux, donnent bien le change. Ainsi Bluepoint Games (responsable de ce portage) s'est voulu très paresseux car sous de faux prétextes de conservation, les jeux sont alourdis de défauts qui aujourd'hui, n'ont plus lieu d'être. De même, si dans l'optique de conserver l'expérience telle quelle, rien n'empêchait le développeur de proposer dans les options une gestion alternative, avec par exemple une caméra libre pour ICO. Bref, nous sommes en présence d'un chef d'œuvre, mais un chef d'œuvre aussi imparfait qu'à sa sortie initiale. Malgré tout, je ne ferai pas mon rageux car je pense beaucoup de bien de ces 2 titres-là. Je le redis, ils jouissent d'un lifting haute définition du plus bel effet, d'une direction artistique qui n'a pas pris une ride, c'est toujours aussi envoutant, voire même très impressionnant (notamment dans Shadow of the COLOSSUS). Ainsi je l'ai déjà dit et le redis une dernière fois, nous avons là 2 très bons jeux que tout amateur d'aventure se doit de posséder (surtout au prix où ils sont proposés). Véritables prémices au futur The Last Guardian (anciennement Project TRICO) il serait vraiment dommage de passer à côté des 2 jeux les plus emblématiques de la PlayStation 2.


Les -

  • Des animations parfois vieillottes
  • Toujours les mêmes problèmes
    de caméra
  • Toujours les mêmes problèmes
    de maniabilité
  • Aucun bonus
  • Les +

  • Shadow of the COLOSSUS enfin fluide !
  • Pas d'installation sur le disque dur
  • Vendu à 40 €uros neuf
  • Un joli lifting HD


  • Vidéo-test



    Test réalisé par iiYama

    mai 2012