The Witcher 3 (PS4/XBO/PC)

 





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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image (PC)
L'image (consoles)
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : mai 2015
Développeur : CD Projekt RED
Editeurs : Bandai Namco (Europe) / Warner Bros Games (USA) / Spike Chunsoft (Japon)
Genre : RPG / aventure (open world)

Version testée : Française
Version logicielle : 1.04 (consoles) / 1.06 (PC)
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Support : Blu-Ray (PS4/XBO) / DVD (PC)
Espace disque nécessaire : 32Go (PS4) / 26Go (XBO) / 35Go (PC)
Moteur graphique : RED Engine 3
Moteur physique : PhysX
Définitions HD max (consoles) : 1080p (PS4) - 900p (XBO)
Framerate annoncé (consoles) : 30 fps
Compatible 3D (consoles) : non

Difficulté :
Compatible Move (PS4/PS3) : non
Compatible Kinect (XBO/X360) : non
Remote Play PS4/Vita : oui

Multi-joueurs : non
Titre alternatif : The Witcher 3 : La Traque Sauvage (FR)
Prix au lancement : 70€ (consoles) / 60€ (PC)
Score des ventes : 5.2 Millions (tous supports)


Configuration recommandée (PC) :
CPU : Quad Core 3.2Ghz
RAM : 6Go
VIDEO : avec 2048Mo de VRAM (type GeForce GTX 770 / Radeon R9 290)

Configuration de test (PC) :
CPU : Intel Core i5-2500 (Quad-Cores à 3.33Ghz)
RAM : 8Go (DDR3 - Dual Channel à 1600Mhz)
VIDEO : GeForce GTX 970 (4Go de VRam)
OS : Windows 7 (SP1 - 64bits)
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails : Ultra + FSAA 4x + Anisotrope 16x


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The Witcher 3

Wild Hunt




Si je n'ai
Le scénario, la mise en scène et les dialogues sont d'une qualité irréprochables. Anoter aussi une superbe synchro labiale, même en français !
apprécié que moyennement le premier épisode des aventures de Géralt de Riv, j'admets volontiers avoir adoré le second opus ! Avec une réalisation vraiment impressionnante, une histoire très prenante et surtout un gameplay nettement plus ouvert et direct, The Witcher 2 a obtenu une très bonne presse et s'est vendu correctement (1.7 Millions de copies, en sachant qu'il n'est sorti que sur PC et Xbox 360). Depuis, il faut reconnaitre que le développeur CD Projekt RED, a obtenu les faveurs de joueurs de plus en plus exigeants et pour cause, ils prônent le jeu pour tous. Véritable ambassadeur du "DRM Free", leur propre plate-forme de téléchargement en ligne (j'ai nommé GOG.com, anciennement Good Old Games) est par ailleurs très appréciée pour ça, ainsi que pour le suivi software du contenu proposé. Ainsi le développeur polonais (qui compte aujourd'hui 400 employés, joli score), qui ne compte qu'une poignée de jeux à son actif (uniquement la trilogie The Witcher en fait, puisque Cyberpunk 2077, toujours en développement, ne sortira pas avant un moment) est véritablement entré dans le coeur des fans et des joueurs de tout âge. Il faut dire que leur politique est sensiblement différente des autres développeurs/éditeurs, en proposant un gros suivi de leurs titres (même pour les versions craquées !), des DLCs gratuits et une oreille à l'écoute de ses fans. Alors bien sûr, certains viendront dire qu'en l'espace d'un mois, le jeu a déjà subi plusieurs patches (à l'heure où j'écris ces lignes, les versions consoles en sont à la version 1.05 quand le PC vient de passer à la 1.06), afin de corriger les bugs dont il souffre. Maintenant soyons honnête, si la tendance actuelle est à la livraison de "brouillon de jeu vidéo" qu'une multitude de mises à jour tentent de finaliser (souvenez-vous d'Assassin's Creed Unity et de sa finition catastrophique, ou pire encore de Batman Arkham Knight sur PC), The Witcher 3 ne souffre pas de tous les maux et pourtant, en devenant un jeu d'aventure/RPG en open-world, il était facile de craindre le pire. Ajoutons qu'en plus de ça, les patches ne sont pas spécialement gourmands. J'en veux pour preuve que le patch 1.04 de la version PS4, ne pèse "que" 500Mo là où un jeu comme Wolfenstein : The New Order a reçu un correctif final de plus de 8Go !! Finalement, de quoi se plaint-on, hein ?


Avant de
La qualité des modélisations est impressionnante
lancer son jeu, il sera en premier lieu très agréable d'apprécier le contenu de la boite. Si de nos jours la plupart des jeux ne contiennent plus rien, même pas une vague notice de quelques pages (soit disant par soucis d'écologie... foutez-vous bien de nous, c'est une question d'argent, comme d'habitude !), The Witcher 3 propose un packaging assez complet : un poster, un flyer avec les remerciements du staff, l'OST sur support CD, des vinyles, un petit book qui revient sur l'univers du jeu et une notice de quelques pages. Bref, une boite bien remplie et encore une fois, un développeur qui ne se moque pas de ses fans et qui propose une réelle plus-value à ses jeux vendus au format physique (les versions dématérialisées sont aussi chères et je ne vous fais pas de dessin... vous n'aurez rien de plus). Ce 3e opus (normalement le dernier) est toujours inspiré par les romans de l'écrivain polonais Andrzej Sapkowski. Son budget de développement s'élève à 32 millions de $, quand sa campagne markéting s'élève elle, à 35 millions de $ (pour l'anecdote, c'est évidemment le jeu Polonais le plus cher de l'histoire). Ainsi on se demande bien comment GTA V a pu couter 265 Millions et Destiny... 500 Millions (!). Même si on se doute bien que les payes polonaises ne sont pas à la même hauteur que celles de leurs homologues américaines, la différence est tout de même choquante d'autant qu'à mes yeux, les jeux les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs (mais ça ne regarde que moi). Après 4 ans de développement et plus de 200 personnes qui s'y sont attelées, The Witcher 3 était clairement l'un des très gros jeux de cette année, l'un des plus attendu (avec Metal Gear Solid V : The Phantom Pain). De plus, si ses ventes ont grimpées en flèche (4 Millions de copies écoulées en moins d'un mois), c'est encore une fois la version PS4 qui rafle la plus grosse part du gâteau... du moins en ce qui concerne les ventes physiques.


Pour (enfin !)
Il n'en a pas l'air comme ça, mais le jeu propose 5 zones immenses et ouvertes où vous attendent des centaines de missions
entrer dans le vif du sujet, l'histoire nous raconte que les royaumes du nord sont en guerre contre un adversaire puissant en pleine phase de conquête : l’empire Nilfgaardien. Dirigé d’une main de fer par l’empereur Emhyr var Emreis, Nilfgard étend son emprise sur la plupart des terres visitées. La guerre a laissé de profondes cicatrices et plus que jamais la misère, la peur et les superstitions pèsent sur le monde. C’est au milieu d’une vaste zone occupée, que le sorceleur Geralt de Riv continue sa quête, en vue de retrouver sa bien-aimée Yennefer. Mais celle-ci lui apprend que Ciri, sa fille adoptive, serait en danger et qu'il faut la retrouver au plus vite, d'autant que la "Chasse Sauvage" fauche bien des vies sur son passage. Geralt va donc mener une enquête minutieuse en vue de retrouver la jeune-fille, mais aussi pour dénouer des enjeux politiques qui prennent des ampleurs à peine quantifiables, comprendre ce qu'est réellement la Chasse Sauvage et protéger celle qui l'aime, ainsi que ses amis (Triss, Jaskier, Zoltan...). Vous l'aurez compris, notre ami Géralt est enfin sorti de son amnésie (au cours de la seconde aventure) et il était grand temps qu'on voit enfin à quoi ressemble la belle Yennefer. Non ce n'est pas un spoil, vous vous doutez bien qu'il allait finir par la retrouver, vu qu'on en parle depuis le premier opus. Ceci dit, je pensais que les retrouvailles, ou même "la quête" menant Géralt à sa bien-aimée, serait un peu mieux amenée. En réalité, si Yennefer passe pour le Saint-Graal dans l'épisode 2, le but ultime à atteindre, dans cette séquelle elle ne parait (finalement) plus si importante que ça, le scénario se concentrant finalement sur d'autres objectifs. Pour mettre tout ça en oeuvre, on retrouve une magnifique intro en images de synthèses, puis comme à l'accoutumée, le jeu alterne les "Graphic Novels" (ces sortes de planches de BD plus ou moins fixes) et les classiques cut-scènes gérées en temps réel. Si bien sûr les BD sont un peu décevantes (puisqu'elles ne remplaceront jamais une bonne grosse cinématique), à côté de ça elle nous rappellent un peu le contexte scénaristique lorsqu'on reprend sa partie (et ça c'est pas mal). Par contre, si belle soit-elle, on se demande bien pourquoi l'intro est cadrée et perd volontairement une bonne partie de l'affichage, plutôt que d'être affichée en plein écran... Je ne vois vraiment pas l'intérêt de ces bandes noires.


Par contre,
L'inventaire est encore loin d'être optimal et les textes sont écrits en tout petits... J'imagine ce que ça donne sur une petite télé
s'il y a un sujet qui m'a bien fait plaisir, c'est la synchro labiale. En effet lors des scènes gérées en temps réels (qui sont très nombreuses) nous avons une très agréable synchro lèvres/dialogues et ce, même avec le doublage français. Ce qui manque encore à bien des jeux, prouve que lorsqu'on veut, on peut ! Et CD Projekt RED, malgré ses origines et les capacités (on aurait pu pensé) réduite de son studio, fait un peu la nique à tous ces développeurs AAA qui ne font aucun effort sur le sujet. Bravo les gars, c'est une belle leçon que vous claquez au museau de bien des studios paresseux. A noter également, puisqu'on est dans le sujet, que le doublage est d'excellente facture. Si on nous beurre un peu la raie avec des grands noms comme Charles Dance pour le doublage US (et moi perso, je m'en contrefous que ce type-là y ait participé), de notre côté le casting vocal assume du lourd. On y retrouve des voix très connues issues du cinéma comme Féodor Atkine (qui double l'Empereur Emhyr var Emreis), Daniel Lobé (qui double toujours Géralt, de son ton quasi monocorde), Vincent Ropion (qui double Jaskier le conteur), Patrice Melennec (qui double toujours Zoltan), Christian Visine, Jean-François Cros ou encore Marie Chevalot (la voix de Triss Merigold). Certes ce ne sont peut-être pas les plus connus de la profession, mais une chose est sûre, le casting a été admirablement bien choisi, ce qui rend hommage à la qualité de la narration ainsi qu'aux joueurs français, qui n'ont absolument pas à rougir face au doublage anglais par exemple. Il y a tout de même un petit bémol à signaler : à l'image de certains titres assez verbeux (comme les Metal Gear Solid), les cinématiques sont parfois très longues et on ne peut pas les mettre en pause (tout juste on peut les zapper). Par contre, et c'est un bon point pour lui, le background est étonnamment étoffé : pour peu que vous fouilliez un peu partout, vous dénicherez diverses informations (dans des extraits de livres ou des lettres) qui apportent du corps et de la cohérence à l'ensemble. Dernier point de la scénarisation : on nous laisse toujours le choix de nos dialogues (parfois de notre attitude envers un personnage important), avec la particularité qu'il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse, mais qu'elles peuvent parfois influencer le cours du jeu. Décidément, CD Projekt maitrise parfaitement son sujet...


Abordons à présent
Les combats ont encore gagnés en souplesse et en dynamisme
le vaste sujet du gameplay. Pour ce 3e épisode, les développeurs ont choisis de prendre un risque, celui de troquer les zones plus ou moins fermées des 2 premiers opus, pour un véritable open-world, avec ses mécaniques particulières. Bien entendu, ceux qui disent qu'open-world et développement scénaristique ne font jamais bon ménage, se trompent lourdement. Bien entendu on a quelques exemples probant de mariages réussis (GTA, Far Cry 3, Watch Dogs...), comme quoi ce n'est pas vraiment un problème de possibilité, mais bien de volonté. Cependant nous n'allons pas revenir sur la partie scénaristique du jeu, occupons-nous dès à présent de ce qui fait le coeur du jeu. L'aventure commencera sur une petite map (les limitations "de zone" sont par ailleurs très mal faite, Géralt prétextant que dans cette direction, il y a des dragons... mouais, ch'uis pas convaincu), afin qu'on se fasse, en douceur, à ce que CD Projekt a prévu pour nous. Par la suite, "le reste du monde" s'ouvrira et c'est alors que vous vous direz sûrement que vous n'êtes pas prêt de finir le jeu ! La map du début propose déjà pas mal de missions primaires et secondaires, et lorsque le monde s'ouvre, vous ne saurez plus par où commencer tant les missions sont nombreuses, les cartes sont vaste et l'exploration va vous prendre un temps fou. A noter tout de même que l'entièreté du monde est divisé 5 cartes (Novigrad, Velen, Wyzima, Blanchefleur et Skellige), qui sont entièrement ouvertes à l'intérieur mais nécessite un (long) temps de chargement si on veut passer de l'une à l'autre. Pourquoi ne pas avoir jumelé l'ensemble ? Allez savoir... Pour se déplacer, il donc naturel que notre ami Géralt soit accompagné d'une jument... nommée Ablette (il n'y a que moi qui trouve ce nom ridicule ?). Le canasson se contrôle de la même manière que celui dans Red Dead Redemption, à savoir qu'il suffit de presser une touche pour que le bourricot suive les terrains battus (même si elle fait un peu n'importe quoi par moment). Ça rend forcément les ballades moins pénibles, plus rapide, et ça nous laisse le champ libre en cas d'attaque montée. Les maps disposent aussi de "transports rapides" qui nous téléportent d'un bout à l'autre de la carte, à la condition d'avoir bien entendu découvert le point de liaison (généralement à la croisée de plusieurs chemins, ou dans les villages).


Toujours plus loin,
Que ce soit en bateau, à cheval ou en arpentant de vastes grottes, The Witcher 3 va vous faire voyager
Géralt sait désormais sauter, passer par dessus des barrières/obstacles, il sait aussi nager et comme désormais la mer et les lacs ont une place de choix, on peut également voguer en bateau. Autant dire que l'exploration n'a jamais été aussi riche, et n'imaginez pas que l'ensemble est vide de contenu : c'est tout l'inverse ! Il y a des centaines de lieux à découvrir, de maisons à fouiller, de personnes à qui parler... sans compter sur ce qui se déclenche à la volée (comme les nids de monstres, les artéfacts à trouver et parfois même des missions). Bien entendu, on retrouve tout l'aspect "crafting" propre à la licence, où en fouillant tout ce qui passe à vue, on remplit l'inventaire. Ainsi on peut naturellement upgrader son équipement (épées, armure, runes...) et revendre le superflu aux marchands. A propos de l'inventaire, sans dire qu'il est aussi bordélique que dans l'épisode 2, on ne peut tout de même pas dire qu'il soit, une fois encore, très optimisé. Le tout est encore un peu fouillis, souvent obscur et pire encore, tout est écrit en petits caractères. Je trouve ça déjà peu lisible sur ma grande télé, alors j'imagine ce que ça donne sur un petit écran. A côté de ça, on retrouve naturellement le leveling, la création de potions et d'huiles si chère à la série, et même quelques nouveautés comme "le sens du Sorceleur", qui permet à Géralt de mener ses petites enquêtes (et qui remplace habilement le pendentif du loup). Autre amélioration et non des moindres, on dispose d'une mini-map particulièrement détaillée et franchement utile. C'est à tel point, qu'on a presque plus les yeux rivés sur elle, que sur notre héros (j'exagère à peine ^^), puisqu'elle indique tout : la position des ennemis, le tracé des routes, les points d'intérêt ou encore les butins à ramasser. L'aventure peut se boucler en environ 35 heures en ligne droite mais ce serait passer à côté de l'intérêt réel d'un tel titre. En effet, dans The Witcher 3 (et comme évoqué) les missions sont très nombreuses. Certaines se dégotent sur des panneaux d'affichage, d'autres s'activent pendant le jeu, quand d'autres encore font avancer l'histoire. Si on ajoute à ça une bonne part d'exploration libre, quelques allers-retours (que les développeurs auraient pu/dû nous éviter) et le jeu de Gwynt, alors on peut facilement passer plus de 100 heures sur le titre.


Le Gwynt
Le Gwynt, un véritable jeu (de stratégie) dans le jeu
est un jeu dans le jeu, où il possible de passer pas mal de temps. C'est un jeu de stratégie au tour par tour et si les règles sont assez simples, on peut trouver de nouvelles cartes un peu partout (parfois à des prix exorbitants) afin d'écraser tous les personnages qui sont enclin à jouer (et ils sont très nombreux !). Perso, je n'ai pas spécialement apprécié cette facette du titre mais je suis sûr que beaucoup vont s'y affairer pendant un bon bout de temps car potentiellement, il peut être addictif. Globalement, le rythme de The Witcher 3 est lent. Il est loin d'avoir la cadence d'un Call of Duty, ceci dit la durée de vie est également d'un autre niveau. Terminons cette partie gameplay par les combats, qui sont plus dynamiques dans le second opus. On retrouve les 5 pouvoirs de Géralt (Axii, Igni, Aard, Yrden et Quen) qui lui permettent de créer un bouclier, un mur de flammes ou de plier la volonté des faibles d'esprits (des "signes" qu'on upgrade au fil du jeu). A côté de ça, notre Sorceleur possède toujours 2 épées (une "normale" pour affronter les humains et une "en argent" pour affronter les monstres) et les combats sont assez proches d'un beat-them-all. Coup rapide, coup fort, esquive et Signes permettent d'avoir des affrontements qui ne manquent pas de piquant... surtout contre les boss (dans ce cas bien précis, un minimum de préparation est recommandé, en buvant quelques concoctions et en appliquant des huiles à ses épées). Et c'est avec plaisir qu'on retrouve le punch de The Witcher 2, peut-être même avec plus de souplesse et de dynamisme. D'ailleurs, les affrontements sont souvent sanglants puisque Géralt n'hésitera pas à trancher quelques membres, des têtes et à transpercer généreusement quelques poitrines, le tout dans de très belles gerbes d'hémoglobine. En somme, les combats ont la patate et ça casse justement le rythme un peu haché et mou du genou de l'ensemble.


Techniquement,
Downgrade ou pas, The Witcher 3 est un jeu absolument magnifique !
le titre fonctionne sous le dernier moteur maison de CD Projekt, à savoir le RED Engine 3 (celui-là même qui servira plus tard au très attendu Cyberpunk 2077). Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le jeu est vraiment magnifique ! Notamment sur PC... Alors bien sûr, beaucoup ont râlés, on a entendu parler de "downgrade", comme quoi c'était moins beau que lors de la présentation de l'E3... mais est-ce bien nouveau finalement ? Je me souviens très bien de la fameuse polémique qui a entouré le développement de KILLZONE 2 et finalement, comme toujours, les consoles tirent les performances vers le bas. Et c'est tout à fait compréhensible car si le volume de RAM est enfin plus que correct sur cette génération, les consoles ont un "hardware figé", non évolutif. Ainsi s'il y a 2 on pouvait louer leur performance (qui était égale à un bon PC gamer), aujourd'hui, quelques 2 ans plus tard, ce même PC qui ne fut déjà pas dépassé, à fini d'entériner sa suprématie en terme de puissance. Maintenant on le dit souvent et une fois encore, quelque soit la plate-forme sur laquelle on joue, ce ne sont pas les graphismes qui font un jeu ! Certes ils apportent un plus dans le plaisir ludique, mais en aucun cas, ils combleront les lacunes du gameplay (entre autre exemple, puisque celui de The Witcher 3 est très bien comme il est). Et puis entre nous, niveau downgrade, on reste loin de The Witcher 2 lors de son passage du PC à la Xbox 360, nos PS4 et Xbox One assurant malgré tout un très beau spectacle. Et puis n'est-il pas normal que la version PC soit la plus détaillée, celle qui propose des résolutions en 4K, de l'anti-aliasing et autre joyeuseté qu'offre les cartes graphiques modernes ? Bien sûr que oui car le prix d'un PC de gamer est bien plus élevé que celui des consoles et il serait malheureux de ne pas avoir une plus-value, eu égard à l'investissement que réclame un "bon ordinateur". A titre d'exemple, notre PC de test est équipé d'une GeForce GTX 970, une carte qui explose les performances des consoles mais qui coute (plus ou moins, et à l'heure du test) le même prix que ces dernières. Comprenez bien le dilemme des développeurs, d'autant plus que CD Projekt est originellement un développeur PC et qu'en ce sens, ils ont tendance (à l'image de Crytek) à développer des jeux qui savent exploiter parfaitement les technologies de leur temps.


Autre détail,
CD Projekt RED assure un gros suivi de son titre avec des correctifs qui ont vite corriger les failles, et même des DLCs gratuits
le jeu a subit les affres de tout titre ambitieux, qui plus est open-world, avec des problèmes de framerate, de sauvegardes corrompues, de pop-ups intempestifs... Heureusement, nous avons à faire à un développeur extrêmement sérieux en la matière, et en plus de nous abreuver de DLCs gratuits pendant plusieurs semaines (ce qui fait toujours plaisir même si, comme certains le prétendent, n'aurait-il pas été plus simple d'inclure tout ça au jeu de base ?), nous avons eu un très bon suivi et divers patches correctifs sont rapidement venus gommés les petits désagréments qu'on pouvait rencontrer. C'est sûr, le débat sur le fait que de nos jours les jeux sont livrés sans même être finis (parfois sans être testé, on ne voit pas autrement) nous prouvent que ça touche même les meilleurs. Mais je vous rassure, même en version 1.0, The Witcher 3 est très très loin d'un Assassin's Creed Unity, au lancement (et au début de carrière) absolument catastrophique. Comme quoi, fini ou pas fini, même ici il y a plusieurs niveaux de qualité. Pour entrer dans le coeur du thème, on appréciera bien entendu que tout le jeu (ou presque) se déroule en streaming (chargement en continu des données). Seul le premier "loading" est un peu long, surtout sur consoles. Encore une fois, les disques durs des PCs sont nettement plus véloces (surtout les SSD !) que les "traine-la-patte" qu'on a sur nos consoles et il est ainsi bien long de remplir les 8Go de RAM de ces dernières. C'est aussi ça qui cause quelques pop-ups, notamment si votre HDD est fragmenté. Il n'empêche qu'en premier lieu, les zones à visiter sont relativement variées (village, ville, marécage, plage, forêt, grotte...) et surtout que les maps sont absolument immenses ! Si on devait tout traverser à pieds, on en aurait pour des plombes (d'où l'intérêt des voyages rapides, d'Ablette et des bateaux pour les traversées maritimes). Les modélisations sont également d'un niveau inédit : Géralt y est class' et les femmes sont plus divines que jamais. On ajoutera que les visages arborent de réelles expressions faciales, une synchro labiale absolument bluffante (oui oui même en français ! on n'avait pas vu ça depuis Half-Life² c'est dire), et des cheveux loin d'être figé. Fini les coupes de Playmobil, sans dire que c'est parfait (avec encore quelques enchevêtrements) nous avons des personnages avec de réelles coiffes mobiles et légères, qui par ailleurs bougent selon le sens et la force du vent.


Un vent qui
La bande-son est magistrale !! Avec de superbes musiques, d'excellents bruitages et un doublage irréprochable... il n'y a rien à redire, c'est parfait
d'ailleurs est souvent présent, et qui donne à la nature un aspect "vivant" (bien que les animaux "normaux" soient également abondants). La barbe de Géralt pousse au fil du jeu, ce qui lui donne une touche de charisme et met en image le temps qui passe réellement dans l'aventure. A noter également qu'on a un réel cycle jour/nuit, ainsi qu'un climat changeant avec des orages, du vent comme évoqué et bien sûr du beau temps. Le tout est parfaitement rendu et les décors sont vraiment très beaux. La direction artistique est irréprochable, le design fait montre d'un réel talent et le moteur graphique est (aujourd'hui) parfaitement fluide (bien que personnellement, je n'ai pas eu de soucis particulier sur les versions PC et PS4). Terminons comme d'accoutumé par la bande-son, qui nous propose les mélopées de 3 compositeurs : Mikolai Stroinskin, Marcin Przybytowicz et Percival. Si bien sûr leurs noms ne vous dit rien, puisqu'ils sont tous les 3 polonais (Percival étant un groupe de folk) et que tous ne peuvent pas avoir des noms retentissants comme Harry-Gregson Williams, Hans Zymmer ou Brian Tyler, à côté de ça c'était justement l'occasion de proposer quelque chose de plus en phase avec l'univers proposé. Et c'est un pari entièrement réussi ! Nous proposant des compositions typiquement médiévales, chaque coin de l'immense map de The Witcher 3, propose son thème bien à lui. De rythmes tribaux lorsque l'action s'échauffe, à des thèmes plus tristounets et mélancoliques lors de nos pérégrinations solitaires, les musiques sonnent toujours juste, elles sont mélodieuses et parfaitement en adéquation avec l'univers proposé. Moi qui râle souvent sur ce sujet-là, en disant que de nos jours les musiques sont presque systématiquement banales, formatées, nous proposant des flon-flons orchestraux en lieu et place de vraies belles mélodies... et bien pour une fois, je n'ai rien à redire ! Ainsi The Witcher 3 vous marquera à la fois par son immensité, la qualité de son écriture, celle de sa réalisation mais aussi par une bande-son en tout point envoutante.



Avec ses Note
critiques dithyrambiques, avant même qu'il ne sorte (puisqu'il a reçu bien des prix lors des divers salons où il fut présenté), les polonais de CD Projekt RED n'avaient pas le droit à l'erreur en sortant The Witcher 3. Et s'il est vrai que son lancement s'est accompagné de quelques bévues, le développeur polonais a très vite réagi, même si en l'état, le jeu bénéficiait déjà d'un très bon niveau de finitions. Si je n'ai pas encore joué à Dragon Age : Inquisition et Skyrim, nul doute qu'on tient là la nouvelle référence en matière de jeu open world et d'RPG à l'occidentale (et ce, malgré tout le talent de Bioware et Bethesda). Avec son vaste monde a arpenter "à sa vitesse", ses centaines de missions (qui sont en plus très variées), ses DLCs gratuits, son histoire poignante et admirablement bien mise en scène (puisque la moindre mission apporte son lot de dialogues et de cut-scènes), son gameplay peaufiné, sa bande-son en tout point remarquable et sa réalisation graphique somptueuse, alliée à une direction artistique absolument intouchable... il est difficile de parler de The Witcher 3 en d'autres termes qu'élogieux. Ce 3e opus est le premier à voir le jour sur console PlayStation et il est un peu dommage qu'une remasterisation des 2 premiers volets n'ait pas été programmée en amont de la sortie de celui-ci (même si ça aurait fait hurler de rage tous ces trolleux de bas-étage qui pestent contre le procédé... sauf qu'ici, ça aurait eu une réelle utilité). Mais qu'à cela-ne-tienne, le fond est tellement riche et les antécédents sont suffisamment abordés, pour que même celui ou celle qui ne connait pas les 2 premiers jeux, puissent se jeter à corps perdu dans cette aventure, dont la durée de vie semble (à première vue) presque intarissable. Bref, The Witcher 3 c'est un packaging comme on en voit plus de nos jours, c'est une histoire de folie, un titre qui donne un plaisir de jouer comme bien peu de jeux ont réussi à nous offrir, le tout sur une réalisation, downgradée ou pas, qui fera date. En clair c'est un énorme hit et à moins que les ambiances médiévales ne vous filent la nausée, vous vous devez de l'acheter (car pour une fois c'est un développeur qui le mérite bien), d'y jouer et de vous offrir une aventure comme le jeu vidéo ne nous en offre que trop peu souvent...



Les -

  • Les petits soucis de la version 1.0 : pop-ups, quelques chutes de framerate, quelques petits soucis d'équilibrage (notamment d'usure)... des problèmes réglés depuis
  • Ablette ? Sérieux, c'est moche, même pour une jument (ok c'est pas une vraie critique ^^)
  • Ergonomie des menus encore un peu lourde
  • Les +

  • Scénario d'une finesse rare et personnages principaux à la fois touchants et marquants
  • Une quantité effarante de missions pour une durée de vie impressionnante
  • Un vrai choix de dialogues qui entraine de vraies conséquences
  • Un bon suivi du jeu (patches, DLCs gratuits...)
  • Le Gwynt, un véritable jeu dans le jeu
  • Synchro labiale absolument parfaite !
  • Direction artistique intouchable
  • Combats et gameplay affinés
  • Des modélisations de qualité
  • Une somptueuse bande-son
  • La qualité des dialogues
  • Un packaging de qualité
  • Superbe mise en scène
  • Graphismes splendides

  • Test réalisé par iiYama

    juillet 2015 (mise à jour : avril 2016)