Last of Us Remastered (PS4)

 





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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juillet 2014
Développeur : Naughty Dog
Adaptation : Naughty Dog
Editeur : Sony Computer Entertainment
Genre : survival horror

Support : 1 Blu-Ray
Version logicielle : 1.02
Version testée : Française
Doublage : FR et US (au choix)
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 48Go (install)
Moteur graphique : Naughty Dog Engine
Définitions HD : 720p - 1080p
Compatible 3D : non
Remote Play PS4/Vita : oui

Difficulté :
Compatible PS Move : non
Multi-joueurs : jusqu'à 8 joueurs en ligne
Abréviation : TLOU
Titre alternatif : The Last of Us : Complete Edition
Prix au lancement : 50€
Score des ventes : 9.6 Millions (tous supports)


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The Last of Us

Remastered



Connaissant le mode de fonctionnement du site, il aurait été normal que ce soit mon ami Mugiwara qui s'occupe de ce test, vu qu'il possède The Last of Us sur PS4, et qu'il est déjà l'auteur du test sur PS3. Or pour une fois, nous avons décidé de faire autrement : étant donné que c'est le même jeu, uniquement remasterisé pour la PS4, au final à part le contenu et les graphismes, il reste le même titre. Ainsi entre Mugiwara et moi, vous aurez 2 avis, 2 points de vue sur le même jeu. Bref pour vous faire une idée alternative de ce test, rendez-vous sur l'article traitant de la version PlayStation 3. Maintenant attaquons le cas de notre portage PS4.

Lire le test de Last of Us sur PlayStation 3 (par Mugiwara)


The Last of Us
Sans doute afin d'amortir (encore un peu) les coûts de développement, cette version PS4 arrive à peine 13 mois après celle sur PS3
est sorti sur PS3 en juin 2013 et fut une réelle surprise. Récompensé plus de 200 fois (!), on ne pensait pas le studio de Naughty Dog capable d'un tel revirement car après avoir développé des jeux parmi les plus connus de la gamme PlayStation (Crash Bandicoot, Jak & Daxter), le studio derrière les excellents Uncharted, a (encore une fois !) complètement changé de registre et ce, en fin de génération. Bref c'est un coup de poker vraiment réussi (sans doute aussi parce que le jeu lui-même est réussi !) et The Last of Us a reçu les meilleur prix et fut même considéré comme l'un des meilleurs titres de la 7e génération toute entière. Rien que ça ! Comme la nouvelle génération (la 8e) est un peu en manque de hits, les développeurs et les éditeurs se sont presque tous mis en tête de nous resservir les blockbusters de la gen' précédente. Et on le voit bien, les titres originaux doivent littéralement laisser place à ces remasterisations, bien souvent alléchantes. On nous promet un contenu plus fourni (souvent avec l'ajout de tous les DLCs sortis entre temps), des bugs corrigés et bien entendu des graphismes rehaussés, de meilleure qualité. C'est ainsi qu'après les adaptations faciles (comme Tomb Raider, Diablo III, Outlast, Rayman Legends, Injustice, Dynasty Warriors 8), les remasterisations déjà sorties (comme Minecraft, Metro Redux, Sleeping Dogs, GTA V) et les jeux simplement réédités (comme Shadow Warrior, Hotline Miami, FLower, FEZ, Octodad, Escape Plan), finalement est-il si étonnant de revoir The Last of Us, à peine 13 mois après sa sortie initiale ? Pas sûr mais on peut faire une note d'esprit : finalement il est judicieux d'être patient ! Avec (au final) des versions de meilleure qualité, plus complètes et souvent vendues à des prix plus bas que d'accoutumée (50€ au lieu de 70 dans le cas présent), la patience a du bon, même si bien sûr, les acheteurs des premières éditions crient au portage facile et/ou au foutage-de-gueule.


The Last of Us
L'histoire est superbement écrite et la mise en scène est d'excellente qualité
c'est avant toute chose une très bonne histoire. L'aventure se déroule dans un monde ravagé et en ruines, dans lequel les personnages principaux se battent pour récupérer des munitions et des vivres, ou luttent pour leur survie contre le reste d'une population décimée par une infection incontrôlée. L'univers est clairement post-apocalyptique, et ce après une pandémie provoquée par un champignon appelé le cordyceps. L’idée est née après que Neil Druckmann et Bruce Straley aient vu un documentaire qui montrait un dangereux champignon parasitaire qui tue habituellement les insectes tels que les fourmis. L’infection se passe dans le cerveau et produit une excroissance fongique (champignon) sur la tête. L’idée que le champignon puisse infecter les humains est devenue la réflexion de base du jeu… même si c'est (du moins à l'heure actuelle) totalement impossible. Inspiré par les séries The Walking Dead ou le film "Je suis une Légende", et puisque les zombies (dans toutes leurs formes) sont très à la mode depuis 2 décennies, The Last of Us nous propose d'incarner le personnage de Joël (de façon plus ponctuelle, on prendra aussi le contrôle d'autres personnages). D'abord équipié de Tess, il aura pour mission de veiller sur Ellie (une jeune-fille de 14 ans qui pourrait être la solution à la pandémie) dans leur traversée du territoire américain. D'ailleurs le prologue impliquera fortement le joueur, émotionnellement, avec en plus la délicate attention qu'on ne nous lâche pas dans un univers à un moment lambda, mais bien à l'instant zéro de toute la problématique. Cette implication est plutôt bien amenée (bien que prévisible) et intronisera la psyché profonde de Joël. Et là où les développeurs auraient pu tomber dans les travers faciles d'un scénario téléphoné, au contraire notre personnage possède une vraie écriture, un caractère propre et il ne prendra pas Ellie sous son aile comme il prendrait soin de sa propre fille. Les choses sont plus complexes, les rouages se mettent en place de façon nettement plus subtiles et recherchées. En parlant de caractère, chacun à des attraits uniques, aucun interlocuteur ne sera coulé dans un moule (notamment Ellie qui, mine de rien, est une forte tête). Bref, il y a eu un très gros travail de fond, tant sur l'univers que les divers intervenants.


La mise en scène
La motion-capture nous offre de superbes expressions faciales ainsi qu'une synchro labiale bien trop souvent oubliée dans les productions actuelles
est par ailleurs très travaillée. La qualité extrême des modélisations, la motion-capture qui prend en charge même les expressions faciales, et une synchro labiale (la plupart du temps) respectée… on sent que Naughty Dog sait raconter de bonnes histoires et bien les mettre en scène. Entre Uncharted 3 et Last of Us, il est clair que le développeur américain a fait un énorme bond en avant. Les cut-scènes (gérées en temps réel) sont précises, souvent longues, jamais ennuyeuses. Enfin, certains PNJs ou même Ellie, réclament un peu d'attention (ce qui déclenche un dialogue qui, bien souvent, dévoile un peu du passif du personnage ou étaye le fond) et on trouvera souvent des petites notes, des mots de survivants qui, à leur manière, gonflent encore un peu l'ensemble (et Joël ira souvent de sa petite réflexion intime). On l'a bien vu, les zombies (et par enchainement les monstres) sont à la mode, ce qui a rendu le genre "horror" de plus en plus populaire ces dernières années. Seulement voilà, pour plaire à un public de moins en moins patient, le genre "survival-horror" s'est peu à peu modifié jusqu'à devenir des "action-horror". On peut citer Resident Evil ou même Dead Space, qui ont troqué leur aspect survie contre une ambiance souvent plus trash et au service d'une action nettement plus nerveuse, rognant peu à peu sur l'ambiance horrifique. Heureusement, il y a des développeurs qui savent écouter les plaintes des joueurs désireux d'un retour aux origines de l'horreur. Sans dire qu'il faille revenir aux vétustés des premiers Silent Hill ou Resident Evil, il faut retrouver un juste milieu entre un jeu d'action bien bourrin et vaguement flippant à cause d'une marée incessante de monstres, et le "survival" pur souche où on contrôle un guignol incapable des actions les plus simples et je dirai même, les plus logiques (comme dans Outlast, par exemple). En clair le studio américain a voulu redéfinir le genre "survival-horror", ce qu'ils ont fait avec énormément de talent. Je dirai même que Last of Us penche plus du côté "survival" que du côté "horror".


Cette réédition PS4
Cette réédition PS4 nous propose de nouvelles options bien pratiques ainsi que le DLC Left Behind
nous propose un nouveau mode de difficulté (appelé "réaliste") histoire de contenter les gros durs et les amateurs de challenge. On apprécie également un mode photo (bien que sur PS4, le bouton Share fait déjà son boulot) et les options permettent de choisir ses touches d'action entre R1/L1 et R2/L2 (en gros entre les gâchettes hautes et basses). Mine de rien c'est une belle option car bien des jeux utilisent les "mauvaises gâchettes", ce qui est un peu pénible, surtout dans les FPS. The Last of Us se présente sous la forme d'un jeu d'infiltration en vue à la 3e personne. En effet, si l'action brute est possible, elle est rarement payante, notamment contre les infectés. Ainsi il vaut mieux prendre son temps, analyser les déplacements des ennemis, pour mieux les prendre à revers et les tuer en un coup. D'ailleurs à l'image du sympathique ZombiU, le jeu ne se met pas en pause : il faut donc faire bien attention lorsqu'on ouvre son sac à dos... Justement, dans le sac de Joël il y a plusieurs armes mais en vue d'être plus réaliste, les armes tuent rarement les ennemis en un coup (à moins de viser la tête ou d'utiliser une pétoire vraiment puissante). Notre personnage sera d'ailleurs capable de pas mal de mouvements, ce n'est pas un manchot comme dans la plupart des jeux puisqu'il est tout à fait capable de passer la plupart des obstacles, détourner l'attention d'un ennemi (en lançant une brique ou une bouteille), de nager et même de se mettre à couvert. Pour se défendre, le bonhomme prendra ce qu'il aura sous la main (barre à mine, bout de bois, hache…) et au pire, il peut aussi combattre à mains nues. Bien entendu, tout le challenge c'est de rester discret car certains infectés sont capables de nous tuer en un coup. Malheureusement, si proche de la perfection soit-il, le jeu accuse quelques petits soucis de conception. Par exemple, s'il est possible de se déplacer en maintenant un ennemi en respect, il est absurde qu'on ne puisse pas déplacer le corps une fois celui-ci mort (ce qui peut alerter un garde, bien sûr). De même, si les munitions sont extrêmement rares dans tout le jeu, pourquoi ne fouille-t'on pas chaque ennemi armé ? Le gars nous tirait dessus quelques secondes avant sa mort, et Joël n'aura pas systématiquement l'idée de le fouiller, ou de récupérer son arme.


Je regrette aussi
Malgré un gameplay très étudié, le jeu bute sur certains détails comme la fouille des bureaux et placards
que l'aspect exploration ne soit pas plus poussé : on ne fouille aucune voiture et Joël se veut quelque peu "sélectif" sur les objets qu'il inspecte. Si on peut examiner certains bureaux ou placards, pourquoi ne peut-on pas le faire systématiquement sur tous ? Même quitte à ce qu'il n'y ait rien dedans (ce qui arrive déjà par moment) ? En clair notre personnage fait sa fine-gueule, et ce à l'encontre de toute logique. De même, il est aberrant de voir comment les développeurs ont réglés le problème de l'IA des personnages qui nous accompagnent. Ils se déplacent rarement à couvert et peuvent même passer sous le nez des ennemis, sans que ceux-ci ne les voient !! La première fois qu'on voit ça, on se dit "what the fuck" !! Je suppose que c'est la solution de Naughty Dog pour éviter les problèmes d'une IA complètement débile, qui nous ferait repérer à chaque fois. Reste que j'aurai préféré quelque chose de plus "manuel", un peu dans l'esprit d'un Resident Evil 4 où on indique à Ashley quand bouger et où se cacher. Résultat, même si nos alliés nous aident parfois, on sera presque toujours l'unique cible des ennemis, tant nos coéquipiers (parfois "occupés" histoire de donner le change) semblent invisibles. Si bien sûr on n'échappe pas à certaines scènes typiquement action (et ce, avec une bonne dose de stress), il est donc vivement recommandé de la jouer furtif. Une furtivité exigeante puisque les infectés (et autres mercenaires) nous repèrent vraiment facilement (et donc la plupart des passages finissent en pugilats), mais pour nous aider, Joël a la faculté de détecter les ennemis grâce au son (façon sonar). Bien sûr c'est un peu fumé comme compétence (puisqu'il n'est ni un dauphin, ni une chauve-souris :) mais ça rend bien service. Last of Us prône également un gros côté "crafting". Il faudra bien fouiller les lieux pour récupérer des médikits, des pièces d'arme, des munitions, divers objets et même des médicaments.


Si la confection
Le système de confection donne tout son sens à l'exploration
est sommaire (un médikit se résumant à un chiffon + alcool), le système est loin d'être désagréable, au contraire, elle donne du sens au "loot" et force le joueur à explorer les lieux (attention je le redis, le jeu ne se met pas en pause dans ces moments-là). Avec les objets on sera capable de concevoir des surins (sorte de couteaux de fortune qui peuvent tuer les ennemis en un coup), des bombes ou même des cocktails molotov. L'aspect conception a donc une grande importance dans le déroulement des combats. Les médocs (assez rares) permettent d'upgrader les facultés de Joël (armes plus stables, concentration plus étendue, vitesse de soin, temps de confection, santé accrue…) et enfin les pièces d'armes permettent d'upgrader les pétoires (plus de munitions, lunette de visée, vitesse de rechargement…). En clair, le gameplay est riche, la jouabilité est agréablement précise, même si je dois avouer que les débuts ont (pour moi) été difficile. J'ai trouvé les 2 premières heures assez bof-bof, le gameplay était très limité, notamment en terme de confection et de recherche… en clair je ne voyais pas en ce jeu l'excellence d'une presse unanime. Heureusement, les choses se sont vite améliorées et chaque grief que je lui trouvais, était corrigé à la scène suivante. Une bien bonne chose, tout comme la durée de vie qui est excellente. En plus de proposer un solo long (15h environ) et un "new game+" intéressant, The Last of Us dispose également d'un bon mode multi (dont cette version profite de tout le contenu payant sorti jusqu'alors). Une durée de vie forcément agrémentée par l'inclusion du DLC : Left Behind.


Left Behind
Ce premier (et dernier) DLC narratif, nommé Left Behind (ce qui veut dire "laissé en arrière", un nom évocateur de la situation que nous fait vivre cette aventure) est sorti sur PlayStation 3 (via le PSN) en février 2014 (d'ailleurs mon ami Mugiwara l'a également testé : suivez ce lien pour connaitre son avis). Vendu 15€, voyons si (à l'époque) cet achat était rentable ou pas. L'histoire se cale au moment le plus approprié pour que nous jouions uniquement avec Ellie, à savoir lorsque Joël est blessé. La trame se déroule en 2 temps, à savoir qu'on va en apprendre plus sur le passif de la jeune-fille, puis qu'on vivra son périple alors que Joël est convalescent. Alternant donc des phases dans le passé, où Ellie retrouve son amie Riley, et des phases dans le présent où elle cherche de quoi soigner son protecteur, il est clair que Naughty Dog sait toujours aussi bien "raconter ses histoires". Ce DLC est même extrêmement narratif, trop peut-être, car on enchaine énormément de cut-scènes et au final, on aura que très peu jouer. Les cinématiques sont longues, souvent verbeuses, d'ailleurs les phases dans le passé ne proposent que très peu d'interactions. On pourrait extrapoler en disant que le syndrome MGS4 et de son "ultra scénarisation" touche le jeu, ce qui n'aurait pas été dérangeant si l'aventure était plus longue. Or elle ne dure que 3 heures (et encore, il faut trainer la patte !) et comme évoqué, les phases de réel gameplay se limitent aux doigts d'une main. The Last of Us : Left Behind rejoint donc certains titres comme Beyond : Two Souls ou Heavy Rain (ce que certains apprécient, d'autres pas). Malgré tout, l'histoire est vraiment sympa, notamment sur un final emprunt d'une très belle émotion et de divulgations qu'on attendait tous. De plus, Ellie est toujours aussi attachante, touchante même par moment, amincissant encore un peu la fine frontière entre jeu vidéo et cinéma (merci la motion-capture qui nous offre encore une fois des séquences très précises et une mise en scène extrêmement travaillée).

Dans les phases au présent (du moins à l'époque où se déroule l'aventure principale), ça reste du Last of Us pur jus, avec ses défauts (comme le fait que sur 20 placards, Ellie n'en fouillera qu'un seul) et bien entendu, toutes ses qualités. Il y a même des fonctions de partages sur Facebook, mais entre nous, quel intérêt hein ? Malgré sa faible longueur, les décors restent jolis, variés, on a de nouvelles et superbes musiques, ainsi qu'un très bon doublage de la part des 2 fillettes. Vendu au prix de 15€ à l'époque de sa sortie sur PS3, certains criaient déjà au génie. Perso, je trouve que le ratio de 5€/heure est trop élevé (et encore une fois, j'ai vraiment trainé la patte et je l'ai pourtant fini en 2h50) et comme chez nous le prix entre en compte dans la notation, je serai naturellement moins enthousiaste qu'une presse qui touche toujours ses jeux sans jamais les payer. Au choix, ou c'est trop court, ou c'est trop cher pour ce que c'est ! Malgré tout je salue la performance des actrices et la qualité de l'écriture, car mine de rien, c'est un vrai plaisir de vivre cette aventure-là puisqu'elle répond à certaines questions et comble le petit vide laissé par l'histoire principale. Evidemment dans cette édition remasterisée, on ne se pose pas la question de savoir s'il faut acheter "oui ou non" ce DLC puisqu'il est inclus, ce qui rend cette édition PS4 que plus complète et attrayante. Mon seul véritable regret finalement, c'est que j'aurai apprécié que ce DLC s'imbrique littéralement dans le solo, exactement là où est sa place dans le déroulement de l'histoire car à l'image de Deus Ex : Human Revolution, cette coupure est un peu gênante et aurait méritée de se fondre dans la globalité de l'aventure (ou du moins qu'une option nous permette d'activer cette fonction-là… comme lors d'un "new game+" par exemple).



The Last of Us
Le moteur graphique a été upgradé : Full HD (1080p), 60 images/sec et textures retravaillées
tourne sous un moteur propriétaire au développeur, sans doute hérité d'Uncharted 2 et 3. Le développement de cette remasterisation a commencé dès la sortie du jeu sur PS3, donc elle a mis plus ou moins un an à voir le jour. Première option assez étonnante, le jeu nous propose de "bloquer" son framerate à 30 images/seconde. On le sait, depuis la sortie de la génération PS4/Xbox One, on ne parle plus que de ça : le sacro-saint affichage en 1080p et en 60 images/seconde (fps), comme si c'était ça qui faisait les bons et beaux jeux. Entre nous c'est complètement débile. S'il est vrai qu'on obtient ainsi un certain confort visuel, ça ne fait en aucun cas figure de "beaux graphismes". Il arrive souvent qu'un jeu en 720p soit plus beau qu'un titre en Full HD puisque la résolution n'a rien à voir avec la qualité graphique. Bref, Naughty Dog n'était pas sûr de pouvoir maintenir les 60 fps de façon constante, donc ils nous proposent de limiter ça de façon "manuelle" à 30 fps afin d'avoir un jeu toujours fluide (vu que sur PS3, quelques baisses assez notables de framerate se faisaient sentir). Entre nous, je n'ai pas activé cette option et mon jeu est toujours resté fluide, même lorsque je fus assailli par de nombreux ennemis. Avant de commencer à jouer, sachez que Last of Us s'installe à hauteur de 48Go ! Même s'ils s'installent étonnamment vite, on peut dire que c'est énorme (même si ce c'est bien moins qu'un Diablo III qui, en version dématérialisé, arrive à la barre monstrueuse des 60Go !) et il faut savoir qu'en version 1.0, le premier chargement dure trèèèèèèèèès longtemps (bien plus d'une minute !). On en vient même à se dire que la console a plantée. Heureusement la mise à jour 1.02 réduit ce long loading, qui reste malgré tout très long mais il faut savoir 2 choses : remplir les 8Go de RAM de la console avec ce disque dur mou du genou impose forcément des chargements longuets, ensuite l'aventure se déroule totalement en streaming. En clair, après cette attente, vous ne serez plus gêné par ça.


Beaucoup considèrent
Si les intérieurs sont finalement assez banals, certains panoramas sont par contre magnifiques !
The Last of Us comme (je cite) le plus beau jeu de la génération. S'ils parlent de la génération PS3, je les crois sur parole car sur PS4, on a vu mieux. Attention, tempérons de suite les rageux : je n'insinue pas que le jeu est moche, je dis juste que la PS4 a déjà fait mieux. Si bien sûr on a certains panoramas absolument magnifiques (la balade à cheval, la forêt enneigée, lorsqu'on arrive au barrage…) qui nous forceront à pauser un temps d'arrêt rien que pour admirer la vue (et où on fera chauffer le bouton Share histoire de garder des souvenirs :), à d'autres moments c'est nettement plus banal. En effet on passera beaucoup de temps en intérieur et s'il est vrai que les décors sont toujours bien travaillés, il sera alors plus difficile de s'extasier. Le titre nous distille une permanente ambiance de désolation qui contraste bien avec les escapades extérieures, ce qui prête forcément moins à l'émerveillement. Car il faut bien penser que ce n'est pas un jeu PS4 mais bien un jeu PS3 remasterisé, le résultat est donc forcément moins ciselé, trahissant des origines plus modestes. On subit un peu de clipping (mais rien de méchant, je pense que la faute est à imputer à ce HDD qui rame un peu), il n'y a aucun reflet de nos personnages dans les matériaux adéquats (les flaques d'eau, les miroirs, les vitres), la physique des liquides est sommaire… A titre de comparaison, quand on a joué à Battlefield 4, Killzone : Shadow Fall et surtout Tomb Raider, forcément on se dit que Last of Us est beau certes, mais ce n'est pas "le plus beau" jeu de la console. Ceci dit il faut bien admettre que l'ensemble en jette : c'est loin d'être un portage bâclé du hit tout puissant de la PS3, mais bien une remise à niveau graphique de qualité, à laquelle nous avons droit. S'il subsiste encore un peu d'aliasing (bien que ça reste finalement assez rare), à côté de ça les textures sont travaillées, le jeu est vraiment très fluide, les monstres sont particulièrement dégueux (et leurs animations sont vraiment inquiétantes) et comme je le disais à l'instant, certains passages sont à tomber la mâchoire.


Enorme travail
Les musiques du méconnu Gustavo Santaolalla, sont vraiment superbes
aussi sur les éclairages et les ombres, qui sont vraiment très précis et qui donnent une atmosphère réaliste à l'image. En parlant de réalisme, on appréciera de somptueuses modélisations avec en plus une motion-capture qui fait des merveilles. Les animations sont juste parfaites et lors des cinématiques, on apprécie la précision des scènes ainsi que les expressions faciales de circonstance (même si je trouve que Joël a un gros air de Sam Fisher dans Splinter Cell : Conviction… mais ça ne tient qu'à moi ^_^). Pour terminer avec l'aspect graphique du titre, j'ai également apprécié que notre personnage soit un peu balourd, donnant ce côté réaliste que bien des jeux n'ont pas. Car il faut bien comprendre que Joël n'est pas un super-héros, ce n'est pas un surhomme, juste un être humain qui tente de survivre dans ce monde hostile. Nous finirons notre plaidoirie par la partie sonore du titre, qui se révèle être (elle aussi) d'une grande qualité. Le jeu propose des options assez poussées pour le réglage de sa configuration audio (notamment si on possède un système 5.1) mais on déplorera quelques déperditions assez gênantes en jouant sur une simple télévision. Mon conseil est alors de jouer au casque, puisqu'une fois encore, c'est ainsi que vous aurez la meilleure expérience acoustique possible. Les musiques ont été confiées à Gustavo Santaolalla (oscar de la meilleure musique de film pour Le Secret de Brokeback Mountain en 2006 et Babel en 2007), dont certains morceaux ont été composés avec un charango (une petite guitare originaire du Pérou). Si l'homme est peu connu dans le métier, et plus encore dans le jeu vidéo (après tout n'est pas Hans Zimmer ou Harry Gregson-Williams qui veut !) il faut reconnaitre que son travail n'en est pas moins de qualité. Souvent d'une grande justesse et d'une belle émotion, les compositions ne sont pas sans rappeler un certain Metro. Il faut dire que les passages dans les sous-terrains avec masque à gaz sur le visage et ces mélopées à la gratte qui sont malgré tout très similaires, aident forcément au rapprochement (et c'est loin d'être une critique).


Je regrette
Les bruitages sont dynamiques, de grande qualité et le doublage français est parfaitement travaillé. De quoi être bien immergé dans cet univers post-apocalyptique
juste que certaines cut-scènes manquent de musiques, afin de souligner le côté dramatique de la situation, sans quoi les musiques sont excellentes. Niveau doublage, nous ouïrons du beau linge avec la subtile singularité qu'on ne retrouve pas les voix habituelles de nos jeux estampillé AAA. Cette fois nous avons de bons doubleurs sans que ceux-ci aient prêté leurs voix à 1000 jeux. Joël possède donc la voix de Cyrille Monge (Artyum de Metro 2033/Last Light… tiens tiens ^^), on retrouve Vincent Ropion (le doubleur de Dominic Monaghan, vu dans LOST ou Flash Forward), Laëtitia Lefebvre (qu'on ne présente plus) et Adeline Chetail qui double Ellie. Certains blasés disent que le doublage français n'est pas top qualité, perso je le trouve de très bonne facture. Une fois encore on apprécie une très bonne synchro labiale lors des cut-scènes (dois-je rappeler combien de jeux ne sont pas synchro ? presque tous !), ensuite on sent que les artistes derrière le doublage furent impliqués dans leur travail, qu'ils y mettent du cœur, donnant réellement corps et vie à chaque personnage. Enfin les fonctions de la DualShock 4 sont très peu usitées et par exemple, le petit haut-parleur intégré peut sortir quelques bruitages… qu'on peut (heureusement) désactiver dans les options. Je terminerai par les bruitages, qui sont exactement comme les aime : dynamiques (surtout les explosions et les "grosses" armes) et particulièrement réalistes. Ils donnent (à la perfection) le change de l'image. Bref, c'est du très beau travail.



Après Note
Uncharted 2 (terminé en 2009), une partie de la team de développement a formé l’équipe de The Last of Us, tandis que le reste a travaillé sur Uncharted 3. The Last of Us marque donc, et ce pour la première fois chez Naughty Dog, une orientation bi-directionnelle pour le studio, travaillant ainsi sur 2 propriétés intellectuelles différentes (d'ailleurs, en tant que fan, il me tarde de poser mes doigts sur Uncharted 4, en imaginant à l'avance ce que la PS4 sera capable de faire). Et s'il est vrai qu'on connaissait le studio pour son talent, après les Uncharted on ne pensait pas qu'ils arriveraient à faire tout autre chose et à le faire si bien ! The Last of Us redéfinit à lui seul le genre "survival horror", sans oublier le sens même de mot "survival". Les munitions sont rares, la furtivité et l'assassinat en silence sont grandement conseillés, de même si l'aspect confection parait sommaire, il reste toujours sympa, il justifie le "loot" et donne du corps au gameplay. Ajoutons à ça que l'alternance affrontements / exploration est vraiment très agréable. Si certains lui octroient les plus hautes distinctions, disant de lui qu'il est "un jeu parfait", je suis un tantinet plus tempéré. Non, The Last of Us n'est pas parfait, il suffit de voir comment l'IA de nos alliés est gérée, le fait de ne pas pouvoir déplacer les cadavres, ces graphismes alternant des intérieurs ultra banals à des extérieurs absolument somptueux (et où bien souvent la nature a repris ses droits), et 2~3 babioles du même acabit. Cependant, il faut reconnaitre que dans son ensemble le jeu est très beau (c'est l'une des meilleures remasterisations auxquelles on a eu droit !), la partie sonore est bien travaillée, le gameplay est franchement agréable, et on dispose de tout le contenu sorti sur PS3 jusque-là (dont le sympathique DLC Left Behind). Bref, The Last of Us est un must-have de la PS3, il l'est tout autant sur PS4 !! L'année qu'il a fallu pour qu'il voit le jour est compensé par de meilleurs graphismes, une fluidité bien plus stable et un contenu plus étoffé. Si maintenant vous avez déjà la version PS3, cette édition ne mérite pas forcément qu'on repasse à la caisse. Par contre, si comme moi vous n'avez pas encore touché à ce chef-d'œuvre de narration et d'action/infiltration à la sauce pseudo-zombie, alors foncez, il y a vraiment peu de chances pour que vous soignez déçu(e) !!



Les -

  • La scène finale... un peu décevante
  • La gestion de l'IA des alliés : WTF !
  • Décors intérieurs un peu banals
  • Les +

  • Gros contenu et bonne durée de vie : gros solo, new game+, modes multi et DLC inclus
  • Scénario d'exception, personnages recherchés, mise en scène de grande qualité
  • De la survie et de l'infiltration bien mise en œuvre
  • Left Behind apporte un vrai plus à l'histoire
  • Un portage Full-HD/60fps de grande qualité
  • Décors extérieurs souvent magnifiques !
  • Très belle synchro labiale
  • Excellente bande-son

  • Test réalisé par iiYama

    novembre 2014