God of War III (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2010
Développeur : Sony Computer : Santa Monica Studio
Editeur : Sony Computer
Genre : beat-them-all

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 5Mo (saves)
Définition HD : 720p
Difficulté :
Compatible Move : non
Compatible 3D : non

Multi-joueurs : non
Abréviation : GOW 3
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 4.8 Millions



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God of War III








Ça faisait un
Plus que jamais, Kratos ne fait pas dans la dentelle
sacré bout de temps que ce 3e opus était attendu… pas moins de 3 ans. Il faut dire que God of War est l'une des très grosses licences de Sony et bizarrement, si la console est née en 2006/2007, il aura fallu attendre 2010 pour que cette suite arrive. En regardant un peu en arrière, on comprend mieux pourquoi. En effet, à la sortie de la PS3 (ou du moins dans sa période proche), le géantissime studio de Santa Monica sortait ce qui allait très devenir l'un des tout derniers blockbusters de la PS2 : God of War II. S'il est vrai que le premier opus peut à la rigueur être dispensable (notamment parce qu'il est chiant sur certaines phases de jeu), le 2 est par contre un incontournable. Meilleur en tous points (et je dis bien tous !), cette suite fut magistrale et a tiré 110% des capacités d'une console en fin de vie. De là, le studio de Santa Monica s'est mis au travail sur l'épisode 3 quand en parallèle le studio Ready at Dawn sortait Chains of Olympus et Ghost of Sparta, 2 épisodes/spin-offs inédits parus sur PSP. En marge d'un God of War Collection qui remet aux gouts du jour les 2 premiers opus PS2, l'épisode 3 fut déclaré meilleur beat-them-all de tous les temps, jeu le plus beau de la console, avec en plus, une mise en scène de folie. Beaucoup de superlatifs ont fusés d'un peu partout dans le monde et avec eux des promesses hautes comme des montagnes, le genre de mots lancés au cours d'une interview, ces mêmes mots qui font rêver les fans et qui généralement, déçoivent une fois le jeu sorti (Fable III ? Final Fantasy XIII ?). Avec God of War III les développeurs nous ont promis du lourd et c'est vrai, c'est même incontestable, aussi bons que soient les beat-them-all sortis avant lui (Darksiders, Bayonetta, Devil May Cry 4, Dante's Inferno), aucun ne lui arrive à la cheville. God of War III signe donc le chapitre final, l'apothéose d'une trilogie, l'épilogue sanglant et violent de cette lutte contre la trahison de Dieux de l'Olympe.


Evidemment,
Le gameplay n'a presque pas évolué mais doit-on vraiment s'en plaindre ?
les scénaristes (dont la plus connues est Marianne Krawcyzk) y sont encore allés de leur propre interprétation de la mythologie grecque, une sorte de réécriture façon "le côté obscur de la force". Certes il y a une part de vraie, une source qui sort d'une mythologie avérée mais comme Kratos n'existe que dans la tête des scénaristes et non dans les livres d'histoire, il est clair qu'il a bien fallu enrober tout ça. Ce 3e opus commence exactement là où l'épisode 2 s'est arrêté : accompagné des Titans déchus, le fantôme de Sparte grimpe sur le mont Olympe pour mettre une grosse déculotté à Zeus. Mais vous vous doutez bien que ça ne sera pas aussi direct. Si au départ on possède la quasi panoplie dont on dispose à la fin de God of War II (comme au début de celui-ci) et pour des raisons évidentes de challenge, Kratos va tout perdre. Enfin tout... disons presque tout car les ailes d'Icare et la Toison d'Or font partie intégrante du packaging. Assez classique, finalement le gameplay n'aura jamais vraiment changé depuis le premier épisode, tout de même né en 2005. Bien sûr nous avons quelques ajustements ça et là, quelques nouveautés mais globalement rien de vraiment neuf. Très vite on retrouve l'arc, le trident pour pouvoir nager sous l'eau et bien entendu les fameuses lames d'Athena. Au rang des nouveautés, "Kraty" chopera (de force) les bottes d'Hermès (le messager des Dieux), ce qui lui permettra de se prendre pour le prince de perse. Il court sur les murs, en grimpe d'autres… exactement comme dans le jeu d'Ubisoft. Autres inspirations, le labyrinthe de Dédale semble tout droit sorti de Cube (le film) et on passera souvent à travers des portails interdimensionnels… exactement comme dans PREY ou Portal (ne vous inquiétez, ça passe très bien dans l'univers du jeu). On disposera bien entendu de nouvelles armes, de nouveaux artéfacts et la colère des titans est remplacée par la lame de Sparte (un mélange entre colère des titans et l'épée de l'Olympe). A côté de ça, on ne change pas une équipe qui gagne : les orbes rouges, les yeux de gorgones et les plumes de phénix répondent toujours à l'appel (ils ont ajoutés les cornes de minotaure qui vise à augmenter la jauge d'objets : les flèches pour l'arc). Pareillement, le stick droit sert à réaliser les évitements au lieu de gérer la caméra. Ça fait je ne sais combien de fois que tout le monde peste contre cette idée-là, car bien souvent l'angle de vue privilégie le spectacle au confort, à l'appréhension du level. Comme quoi vous voyez, les vieilles idées ont parfois la peau dure.


Tiens en parlant de ça,
La gestion de la caméra nuit parfois à la bonne appréhension d'un level... d'où la chute
les QTEs font évidemment parties de la fête. Ces séquences où on doit appuyer sur un bouton au bon moment pour réaliser une attaque scriptée, nous gâche toujours un peu le jeu. Il faut être concentré sans quoi on se loupe avec obligation de recommencer, et du coup on rate une bonne partie du spectacle. Après c'est vrai que ça a toujours fait partie intégrante du jeu et un God of War sans QTE, ce serait comme manger sans sel. Heureusement pour nous, les QTEs sont généralement permissives. Elles acceptent des petites erreurs et même une latence assez large, afin d'éviter les écueils et l'énervement (d'ailleurs leur affichage a été largement optimisé dans cet épisode). Pourtant c'est loin d'être parfait car une fois de plus, on subit certaines séquences bien gonflantes, qu'il faut recommencer une bonne dizaine de fois uniquement parce que les commandes ne répondent pas ou que Kratos ne veut pas s'accrocher à une corniche, alors qu'il devrait. Idem pour les coffres et les leviers, comme si Kratos, à défaut d'être pile devant, ne les voyait pas ! Le gameplay est donc toujours entaché de ces petits bugs, de ces petits tracas (comme ce double saut qui réagit vraiment très mal) et s'il est vrai qu'on ne fustige pas tout un jeu pour ça, à la longue force est de reconnaitre que c'est un peu gonflant. Ce 3e épisode était l'occasion de nous proposer une jouabilité au poil et non adaptée de celle des épisodes PS2. Voilà pourquoi chez nous, ce titre ne peut pas prétendre à un 19/20 qu'il aurait pu mériter. Quant à notre héros spartiate, son histoire reste malgré tout légère et surtout, la morale est passée à la trappe. Le jeu est hyper violent, à un point même qu'on en reste surpris par moment, Kratos est mauvais comme la peste, et dans son périple, dans sa quête de vengeance, il se fout complètement de tuer des innocents. Je sais que la mode est aux bad boys mais moi ça me gêne un peu de voir l'empreinte qu'on laisse aux joueurs, dont la simpliste interprétation pourrait être : faites le mal, c'est payant ! Evidemment le drame est plus profond que ça mais sans dire qu'il faut rentrer dans le "politiquement correct", je suis sûr que certaines mises à morts gratuites auraient pu être évitées. Il ne faut pas verser le sang des innocents, uniquement parce que la bidoche est à la mode et que les joueurs n'attendent que ça...


Après c'est un fait,
Certaines scènes atteignent un tel degré de gigantisme, que ça en devient épique et très impressionnant
quiconque a lu la mythologie grecque sait que Zeus lui-même était un sacré salopard qui a fait beaucoup mal et a puni beaucoup de monde sur de simples présomptions. Lui aussi n'est pas tout blanc… Pour ce qui est de la mise en scènes, à ce jour aucun jeu ne vous déboitera autant la mâchoire !! Impressionnant de bout en bout, le jeu profite de scènes absolument jubilatoires, d'une violence jusqu'alors inexplorée et d'un gigantisme sans pareil. Le jeu Shadow of the COLOSSUS est battu sur son propre terrain car se battre aux côtés (ou contre) un Titan de la taille d'une montagne, a de quoi vous écarquiller les yeux ! En plus de ça, fini le bon vieux temps de la scénarisation à 2 vitesses. Désormais toutes les scènes ont été conçues à partir du moteur graphique. Bon d'accord, certaines sont des vidéos mais elles ont été crées à partir du jeu, sans doute afin de faciliter certaines séquences ultra chargées et de rajouter off-line, quelques détails de plus. Reste que comme ça, le rendu est uniformisé. Les cut-scènes sont pourtant de 2 types : l'instant présent (en 3D, je dirais presque de façon classique), et les flashbacks dont le design est assez original pour le coup (comme cette scène d'introduction, qu'on jurerait tout droit sortie d'un péplum). Si le moteur graphique n'affiche que du 720p, c'est pour éviter de perdre de précieuses ressources dans une résolution plus élevée et au demeurant inutile. A côté de ça, on nous offre un rendu d'une fluidité exemplaire en 60 images/seconde et surtout, surtout d'un travail d'orfèvres au niveau de la qualité visuelle. Le jeu de lumières (comme la lueur des lames qui se reflète) est bluffant, Kratos n'a jamais été aussi détaillé et les décors sont parmi les plus beaux jamais vus sur cette génération de consoles ! Si on met le PC à part (et encore), God of War III est à l'heure actuelle la nouvelle référence en matière de graphismes. Extrêmement beau, il est très varié et nous offre un design grec (plus quelques inspirations diverses) vraiment très réussi. Si en plus on ajoute à ça un framerate quasi imperturbable et des titans absolument gigantesques (et que la console semble gérer sans problème), alors on peut le dire, le studio de Santa Monica est passé maitre dans l'art d'exploiter jusqu'aux derniers retranchements, les capacités des consoles Sony. Une maitrise technique sans grande comparaison (à part peut-être Naughty Dog et leur Uncharted 2) et qu'on félicitera ouvertement.


Petite cerise
God of War III est la nouvelle référence en matière de qualité graphique. Enormément de jeux sont à présent largués
sur le gâteau : le jeu ne s'installe même pas sur le disque dur. Si lors d'une reprise (ou d'une mort subite) le loading est un peu long, après l'aventure se déroule d'une traite. C'est bien la preuve que sur PS3 aussi, quand on veut on peut ! God of War III nous démontre qu'on peut tout exploser en matière de graphismes, sans pour autant passer notre temps devant des écrans de chargement, alors que plusieurs giga-octets de notre disque dur se sont fait polluer. Après c'est sûr, il y a certains détails qui font un peu tâche comme des squelettes qui perdent du sang lorsqu'on les frappe (?), la synchro labiale n'est valable que pour les dialogues anglais (en français ils n'ont fait aucun effort et n'ont pas du tout cherché à être concordant) et pire encore, hors cinématique certains ennemis (comme Piritous ou Poséidon) nous parlent sans même ouvrir la bouche. Si on peut pardonner ça d'un jeu PS2, étant donné la puissance du rendu et les performances affichées tout au long du jeu, excusez-moi mais c'est vraiment ridicule. Dernier point, le son a pris du galon. Si le doublage n'est pas exempt de tout reproche, au fil des opus il s'améliore. Les bruitages sont bons en général (bien qu'un peu en sourdine par moment, ils manquent de niaque, de dynamisme) et les musiques apportent une dimension ample et soutenue à chaque situation. Enfin niveau bonus, les développeurs nous ont gâtés : défis individuels, arène de combats, costumes à déverrouiller, des caisses de vidéos à débloquer (en finissant le jeu), dont un très bon making-of et en HD s'il vous plait. A ce propos, c'est en ramassant les objets de nos victimes qu'une fois le jeu fini, on pourra profiter d'une nouvelle partie avec quelques avantages supplémentaires comme avoir toutes les jauges à fond dés le début. Encore faut-il les trouver.



God of War III Note
déchire autant qu'on puisse l'espérer. Certes un peu court (environ 8 heures), la replay-value est assurée par les artéfacts à trouver et les bonus, et puis c'est tellement impressionnant, qu'on se régale de revivre ça. Violent à l'extrême (c'en est même un peu trop parfois : coupage de têtes, éviscérations, démembrements… Kratos n'a vraiment aucune pitié, pas même pour les innocents) mais beau à pleurer, se battre aux côtés des titans a de quoi vous filer quelques frissons. Certaines bastons sont totalement épiques, voire carrément gigantesques et malgré toute cette débauche, le jeu est fluide, l'aliasing est très discret et le niveau de détails est bluffant (comme le sang qui immacule Kratos, le sol et les murs). C'est donc une très belle conclusion qui nous est offerte, un épilogue qui remet les pendules à l'heure en reléguant les autres jeux du genre au rang de vieilleries techniquement dépassées. Une fois de plus, ce sont les exclusivités qui nous prouvent que la PS3 est capable du meilleur, même si on pourrait montrer du doigt un scénario faiblard (à ce propos la note récompense son impressionnante mise en scène, pas l'écriture), un gameplay qui n'a pas vraiment évolué ou encore quelques écueils comme cette jouabilité imparfaite, les problèmes de caméra, le manque de synchro labiale ou carrément ces mecs qui parlent sans ouvrir la bouche. Dommage, le passage à la PS3 était clairement l'occasion de briller et c'est pour ces raisons là que God of War III n'écope pas de la note maximale, comme l'on fait ces centaines de testeurs subjugués. Mais je ne suis pas fou, ce 3e épisode est avant tout un très grand jeu, un véritable tour de force technique et une incommensurable claque dans la gueule !



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Test réalisé par iiYama

mai 2011