Wolfenstein II : The New Colossus (PS4/XBO/PC/Switch) -- GRAVITORBOX

 





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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son

Note (Switch)
Note (PS4/XBO/PC)


Testé sur :


Sorties du jeu : octobre 2017 (PS4/XBO/PC) - juin 2018 (Switch)
Développeur : MachineGames
Adaptation Switch : Panic Button
Editeur : Bethesda Softworks
Genre : FPS

Version testée : Française
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Support : 1 Blu-Ray (PS4/XBO) / 1 carte mémoire (Switch)
Espace disque nécessaire : 48Go (PS4) / 54Go (XBO) / 55Go (PC) - 23Go (Switch)
Moteur graphique : id Tech 6
Moteur physique : Havok
Optimisation PS4 Pro / Xbox One X : oui
Définitions HD max (consoles) : 1080p (PS4) - 1440x810 (XBO) - 1440p (PS4 Pro) - 4K (XBO X) - 720p (Switch)
Compatible 3D (consoles) : non
Compatible VR : non

Difficulté :
Temps de jeu : 16 heures
Compatible Move (PS4/PS3) : non
Compatible Kinect (XBO/X360) : non
Remote Play PS4/Vita : oui
Multi-joueurs : non

Abréviation : Wolfenstein 2
Titre alternatif : Wolfenstein : The New Order 2
Prix au lancement : 70€ (consoles) / 60€ (PC) / 50€ (Switch)
Score des ventes : 2 Millions (tous supports)


Configuration recommandée pour obtenir du 1080p/high/60fps (PC) :
CPU : Intel Core i7-4770 / AMD FX-9370 ou mieux
RAM : 8 à 16Go
VIDEO : avec 4 à 6Go de VRAM (type nVidia GTX 1060 / AMD Radeon RX 470)

Configuration de test (PC) :
CPU : Intel Core2Quad Q9650 (Quad-Cores à 3Ghz)
RAM : 8Go (DDR2 - Dual Channel à 800Mhz)
VIDEO : GeForce GTX 1050 Ti (4Go de VRam)
OS : Windows 7 (SP1 - 64bits)
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails : Haut + FSAA 4x + Anisotrope 16x





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Wolfenstein II

The New Colossus




Si la
The New Colossus est la suite directe d'un New Order qui avait fait sensation, il poursuit son histoire et évoque même le douloureux passé d'un Blazkowicz en souffrance
célèbre série des Wolfenstein est née en 1981 avec Castle Wolfenstein (un jeu d'action en 2D vu de profil), c'est bel et bien Wolfenstein 3D, sorti en 1992, qui aura donné ses lettres de noblesse à la licence, tout en lançant telle une roquette, le phénomène du jeu de tir en vue subjective. Ceci dit, à la différence de certaines propriétés ludiques qu'on essore jusqu'à l'os, la licence Wolfenstein n'a jamais été surexploitée car il aura fallu attendre 9 ans pour que sorte le sympathique Return to Castle Wolfenstein (2001), puis encore 8 ans pour que la série refasse parler d'elle dans Wolfenstein "tout court", sorti en 2009 sur la précédente génération (la joliment nommé "génération PS360"). Cependant les Wolfenstein, qu'ils soient bons ou non, n'ont jamais été des gros "million sellers" et à mon humble avis, c'est uniquement un nom de légende qui vend plus de rêve que de copies. Ayant été mis entre les mains de divers studios, depuis 2014 c'est MachineGames qui est aux commandes de la série et ce, avec un certain succès. Ce modeste développeur suédois, fondé par d'anciens de chez Starbreeze (qui ont travaillés sur The Chronicles of Riddick : Escape from Butcher Bay -sorti en 2004- et The Darkness -sorti en 2007-), a réussi à bien remettre cet ancien grand nom du FPS sur les rails (ce que Raven avait eu du mal à faire). En effet, malgré une réalisation en deçà des standards de l'époque, The New Order proposait avant tout une bonne histoire, une aventure punchy et un gameplay qui faisait un peu le grand écart entre l'ancienne et la nouvelle génération de FPS. Avec plus de 3 Millions de ventes, The New Order fut un succès, ce qui a incité Bethesda (détenteur des droits d'exploitation) à leur laissé à nouveau les raines. Ceci dit, si j'ai aimé (voire adoré !) The New Order, je ne peux pas en dire autant du spin-off The Old Blood, entre autre à cause de sa difficulté mal gérée et de son boss final à la fois frustrant et hors de propos. Je veux bien qu'on parle d'une Allemagne (nazie) utopique et très avancée technologiquement, mais il y a des limites... qu'ils ont osé dépasser avec un certain mauvais gout. Bref, ça ne m'a pas empêché de croire encore au studio et en cette licence, donc j'attendais avec une certaine impatience cette suite. A ça il y avait plusieurs raisons : en premier lieu la fin du précédent volet laissait notre héros de toujours à demi-mort, ensuite le développeur a utilisé le moteur graphique id Tech 6 (qui a fait des étincelles sur le nouveau DOOM... on espérait tous que cette séquelle soit ainsi plus aboutie techniquement) et enfin que le tir serait rectifié suite à un Old Blood au succès plus que modeste (moins d'un million de ventes). Intitulée The New Colossus, ce 9e opus de la série arrive 2 ans et demi après un New Order qui m'a vraiment laissé une bonne impression...



Un apéro à choix


The New Colossus
Comme toujours avec MachineGames, la narration prend une grande place dans le jeu
reprend exactement là où The New Order s'arrêtait, à savoir qu'on retrouve notre William "BJ" Blazkowicz, la tripaille à l'air, suite au combat final contre "Le Boucher", cet ennemi qu'il s'était juré de tuer de ses mains. Heureusement pour lui Blazko le Barjot a des amis qui l'aiment et qui ne le laissent pas se vider de son sang sur le champ de bataille. 5 mois plus tard, balafré comme jamais, diminué au point de faire de la peine, on retrouve notre héros, désormais mentalement torturé puisque le souvenir de sa mère semble assez douloureux. Avant d'en arriver là, nous avons un sympathique résumé du précédent opus, avec en plus la reprise du choix qu'on fait au début du précédent jeu (qui doit-on sauver : Fergus ou Wyatt ?), ce qui influe un tout petit peu sur le cours de l'histoire (un moyen sympathique de faire le jeu 2 fois). S'ensuit une longue intro qui reprend les bases du premier opus, qui continue son histoire et qui introduit les tenants et aboutissants de cette nouvelle aventure. Au final le prologue est long, très long puisqu'on passe de longues minutes sans rien faire avant de jouer. Autant dire que si MachineGames n'aime toujours pas les modes multi-joueurs (puisque celui-ci n'en propose toujours pas ! fallait oser de nos jours !), ils soignent leur mise en scène et l'écriture de leur scénario. A l'image de The New Order, cette suite ne fait pas table-rase du passif de la série, elle s'en inspire, la contourne, l'améliore "à sa sauce" pour finalement nous livrer une uchronie à la fois flippante et très originale, où les Allemands auraient envahis les États-Unis d'Amérique durant le IIIe Reich, tout en développant des technologies bien plus avancées qu'à l'époque... et qui passeraient tout juste de nos jours. Bref, si la mise en scène est soignée, elle est cependant à 2 vitesses : d'un côté nous avons les cut-scènes "in game" qui sont tout juste correctes et sans plus de fioriture, et puis nous avons de nombreuses vidéos (créées à partir du moteur du jeu puis retravaillées off-line) qui sont nettement plus détaillées et réalistes. Quant à l'histoire, elle suit le processus initié par le précédent jeu, à la fois dans l'agréable développement de ses personnages, la façon de mettre l'ensemble en scène, la profondeur de son écriture ou encore l'aspect assez particulier de ces nazis qui ont façonnés le monde.



Blazko le barjot balafré


Il n'empêche que
Faire tout un premier niveau en fauteuil roulant, c'est couillu ! Mais finalement ça passe assez bien :)
lors de la première phase de jeu, Blazko est en fauteuil roulant (je vous rappelle qu'il a sérieusement morflé et qu'il a été opéré à l'emporte-pièce) et on ne parle pas d'un petit passage de 2 minutes top chrono, mais bien d'un level entier ! Entre nous, c'est couillu, faillait oser ! Pourtant, ce qui aurait pu être lourd à jouer, s'avère finalement original et suite à ce niveau, notre ami convalescent va récupérer l'armure "CRYSISienne" de Caroline, afin de se mouvoir sur ses 2 pattes. Comment arrive-t'on là ? Et bien c'est simple, les amis de Blazkowicz l'héliportent sur le Marteau d'Eva (un sous-marin qu'on a reprit des mains de l'ennemi dans le précédent jeu) où il sera opéré et sauvé in extremis. Malheureusement, la Section F, jusque-là inconnue des alliés et bien cachée au fond de la cale du plus grand sous-marin jamais conçu, a envoyé leur emplacement avec pour réponse l'attaque de Frau Engel. En fauteuil roulant, Blazko fera de son mieux pour endiguer l'invasion, puis il finira par récupérer l'armure de Caroline (je ne vous dis pas comment afin de ne pas vous poiler), ce qui aura pour effet immédiat de le rétablir de façon plus ou moins stable. Puis nous retrouvons le HUB central (le sous-marin lui-même - il sert de base d'opération) propre au précédent opus, où on pourra flâner un peu, discuter avec les PNJs (aux discours parfois teinté d'humour) et activer ses missions (à noter que via les codes secrets récupérés sur les commandants et en passant par l'Enigma, une machine de décodage, on peut également déverrouiller des missions facultatives en vue d'assassiner des Übercommanders). Ceci dit, si vous trouvez déjà le jeu légèrement capilotracté, et qu'on peut regretter de ne pas pouvoir utiliser la fonction de camouflage optique de l'armure, sachez qu'on ne passera pas tout le jeu avec : toujours plus loin, toujours plus fort, les scénaristes nous ont pondus des situations absolument invraisemblables (non non toujours pas de spoil ^^) et les extravagances vont bon train : on visite la Zone 52 (oui oui 52), une base ennemie sur Vénus (oui oui la planète ! d'ailleurs elle rappelle beaucoup le nouveau DOOM), on affronte des robots automatisés, on assiste à des chirurgies expérimentales franchement loufoques, on voit même Hitler (himself !), vieux, malade et complètement barré, pisser dans un seau à champagne. Autant vous dire que le scénario peut autant paraitre franchement décalé et génial, comme nullissime et sobrement idiot. Tout dépendra de votre ouverture d'esprit sur le sujet... mais vu le niveau de décalage de l'écriture et la façon dont s'est amené, on se dit avec un certain second degré "ma foi, pourquoi pas" et puis il y a un nombre incalculable de films qui ont fait bien pire, pas vrai ? Au final, mon seul regret est adressé à l'épilogue, qui est (malgré sa violence jubilatoire) un peu trop conventionnel... au regard du reste du jeu.



Gameplay bourrin, brut et violent


Côté gameplay,
On retrouve avec délectation ce gameplay bourrin à souhait, et le mode double arme n'est pas nouveau mais fait toujours plaisir
vous vous doutez bien que cette suite ne va pas révolutionner une "formule" qui a si bien marché. Ainsi MachineGames nous remet entre les doigts un FPS bien bourrin comme on aime : le tir en visée est loin d'être obligatoire, il faut trouver des médikits pour se soigner, ramasser des éléments d'armure pour se protéger et déverser sur l'ennemi une véritable pluie de balles ! Franchement brut de décoffrage, le jeu n'est pas à mettre entre toutes les mains car notre personnage aux origines polonaises est un vrai barbare en tailladant quelques membres à la hache ou en déchiquetant (savoureusement à la grenade) ses ennemis façon kebab. Autant dire que si vous aimez le sang et la tripaille, vous allez être servi(e) ! Le jeu est volontairement cru, sanglant et violent, car finalement c'est bien à ça que ressemble une guerre et non à ce monde de bisounours que nous dévoile certains développeurs un peu à côté de la plaque. Au niveau de l'armement, on retrouve les pétoires de The New Order, ainsi que quelques nouvelles (qui permettent aussi de résoudre les "blocages" de notre avancée en faisant "fondre" certaines parties métalliques... vous vous doutez de ce que ça donne sur un être humain, si tant est qu'un nazi en fusse jamais un) cependant la véritable (petite) innovation, c'est de pouvoir prendre 2 armes en mains. L'idée n'est pas neuve et nous ramène aux très bons souvenirs de l'excellent Halo 2, que je vous conseille de découvrir dans son édition remasterisée au sein de la Master Chief Collection, soit dit en passant. La bonne nouvelle c'est qu'avec cette double prise en mains, les développeurs ne nous brident pas : on peut très bien prendre un fusil à pompe dans la pogne de gauche et une mitrailleuse dans celle de droite. Ainsi on est doublement efficace à courte comme à moyenne portée. Après on retrouve les classiques grenades ainsi que les grosses pétoires à récupérer sur les cadavres des boss, afin d'économiser ses munitions et de faire un beau carton dans les rangs à la croix gammée.



Les ratés d'un gameplay peu évolutif


Après il
Si l'alternance de gunfights bourrins et d'infiltration est toujours d'actualité, malheureusement cette même infiltration est une fois encore gâchée par une IA arbitraire et frustrante
faut être clair, The New Colossus fait vraiment office de suite directe à The New Order, trop peut-être, tant les 2 jeux sont assez similaires dans leur progression, leur ambiance et même la façon d'aborder les niveaux. On retrouve donc naturellement cette alternance de levels ultra bourrins où le ketchup sera l'assaisonnement favori d'un BJ très en forme, à d'autres plus feutrées, où l'infiltration sera de mise. Dans ces dernières on retrouvera les commandants à tuer en premier (pour éviter qu'ils appellent du renfort) ainsi qu'une IA sobrement à l'ouest... oups pardon à l'est !! ^_^ En effet, à l'image de son prédécesseur, soit l'IA va vous détecter de façon totalement absurde, arbitraire et en moins de temps qu'il n'en faut pour lire ces quelques mots (ce qui est extrêmement frustrant !), soit vous pourrez tuer des tas des ennemis en toute impunité et tout à côté d'autres ennemis, sans que personne ne s'aperçoive de rien ! Il est regrettable que l'un des principaux défauts de The New Order n'ait pas été rectifié. Ceci dit, si les phases d'infiltration, qui contrastent avec la barbarie de l'action en général, sont toujours un peu tendues et délicates, il faut quand même reconnaitre qu'elles sont moins difficiles qu'autrefois. Moins punitives, si on se fait repérer (ce qui arriva presque à chaque fois dans mon cas) on a toujours la possibilité de rentrer dans le tas. Entre 2 boss "oufesques" et des gunfights parfois démesurés, on appréciera également des niveaux parfois plus ouverts, moins linéaires, où vous pourrez laisser libre court à votre gout pour l'exploration (d'autant que pas mal de collectibles et de documents sont à récupérer). C'est ainsi qu'on trouvera des kits d'amélioration en vue de booster les "stats" de ses armes (obtenir un plus gros chargeur, avoir une lunette de visée, des balles perforantes...) ce qui est une bien bonne idée. Regrettablement moins bien appliquée, Blazko aura aussi un arbre de compétences à développer mais au lieu de gagner des points pour qu'on les distribue manuellement, en fait le jeu récompense automatiquement un certain nombre de faits/actes, ce qui développera une compétence en particulier et jamais le reste. Personnellement, j'aurai vraiment apprécié de "gagner des points d'XP" afin de développer un personnage plus à mon image : si on est doué pour réaliser certains faits (comme les tirs à la tête ou les démembrements), pourquoi upgrader automatiquement ça, alors qu'à côté, j'étais super nul dans tout ce qui était infiltration ? Avec les points acquis grâce à ma brutalité, j'aurai pu améliorer/développer mon infiltration, compenser une tare, plutôt que de creuser toujours plus loin l'écart entre les 2. En somme, je regrette vraiment qu'on ne retrouve pas un arbre de compétences comme dans les Far Cry récents par exemple, ce qui aurait été nettement plus logique et agréable. Quant à la durée de vie, elle est dans la moyenne des FPS narratif, avec une durée allant de 12 à 15 heures, tout en sachant que le titre ne comporte pas de mode multi et que les sirènes du DLC ont fait leur show puisque ce sont pas moins de 3 contenus supplémentaires qui sont proposés afin de faire durer le plaisir.



Au menu des DLCs...


A sa sortie,
Dans les DLCs, se retrouver avec ce type de narration un poil minable, alors que MachinesGames est justement très bon pour raconter des histoires, est vraiment décevant... De plus, l'intérêt de ces contenus est assez limité
un intriguant compte à rebours ornait le menu principal mais depuis, il est arrivé à terme et le développeur a dévoilé son planning de DLCs, rassemblés sous l'égide commune des "Freedom Chronicles". Pas bête, afin de nous inciter à acheter ces 3 contenus payants, ils ont mis à disposition l'Episode Zero, un contenu certes courts mais gratuit, une sorte de mise en bouche mettant en avant les 3 héros qui auront chacun un DLC dédié (et oui, dans les DLCs on ne joue pas Blazkowicz). Prenant la forme de 3 courts niveaux, dans Episode Zero on pourra se familiariser avec les nouveaux venus qui profiteront chacun d’une capacité issue de l’aventure principale. Vous pourrez donc découvrir le destin de Joseph Stallion, Jessica Valiant et Gerald Wilkins. Dans le premier DLC, Les Aventures de Gunslinger Joe sorti en décembre 2017 (soit environ 2 mois après le jeu principal), nous avons une durée de vie assez maigre (3 à 4 heures si vous vous attaquez aux défis, moitié moins en ligne droite), où on aura fort à faire avec l'Übercommander Roderick Metze. Malheureusement, si l'aventure est menée tambour battant, on regrette vraiment que la narration soit si peu séduisante, notamment via un développement scénaristique bâclé qui n'implique pas le casting originel et qui se déroule via des planches de dessins, une mode imposée par les jeux dématérialisées et que personnellement je déteste ! C'est d'autant plus regrettable que MachineGames sait justement raconter des histoires et les mettre en scène. Dans le 2e DLC, Les Carnets de l'Agent Silent Death sorti en février 2018, on délaisse Joe pour prendre en mains Silent Death, dans un contenu promis pour être moins bourrin et plus orienté vers l'infiltration. Malheureusement, une fois encore le développeur se repose sur une narration déliée de l'aventure principale, mise en scène de la même manière que celle de Joe et la capacité spéciale de notre agent n'est (une fois encore) qu'un resucé d'une faculté de Blazko. L'histoire est banale à souhait, la durée de vie est encore une fois bien étroite (moins de 3 heures) et met en exergue la pauvreté de l'IA, alors que justement, ce second contenu était (sur le papier) assez prometteur. Enfin Les Exploits du Capitaine Wilkins sont sortis en avril 2018 (6 mois après la sortie du jeu) et terminent les Freedom Chronicles. Pour la 3e fois, on se retrouve avec une aventure courte qui met en avant la faculté spéciale de son héros, mais au service d'un level design peu inspiré, d'une narration sans attrait et à la durée de vie bien chiche. Au final les DLCs ne sont intéressants que si vous avez moyen de les obtenir à bas prix, car à l'heure actuelle, les 3 contenus sont vendus unis dans le Season Pass du jeu, qui lui est à 25€. C'est un peu cher vu ce que MachineGames nous offre, et je dirai même que le développeur semble peu inspiré à chaque fois qu'il s'essaie à l'exercice (je vous rappelle que The Old Blood était à l'origine un DLC avant de devenir un stand alone, et que tout à fait entre nous, je ne l'aime guère). Etant donné que ces (nouveaux) Wolfenstein doivent prendre la forme d'une trilogie, espérons que le développeur suédois s'inspire plus de ses 2 jeux principaux (plutôt que de ces contenus additionnels un poil ratés) afin de nous sortir un 3e et ultime opus qui termine en beauté les aventures du vaillant Blazkowicz.



id Tech 6 au rapport mein kommandant


Revenons à
Lors des (trops rares) extérieurs le jeu donne bien le change, mais les très nombreux intérieurs sont nettement plus banals et moins détaillés
nos moutons et abordons à présent l'aspect technique de ce Wolfenstein II. La première chose à savoir, c'est que le moteur graphique est l'id Tech 6 (secondé par le moteur physique Havok), la dernière version dont la programmation a été (en partie) dirigée par John Carmack (qui depuis ne travaille plus chez id Software), un middleware dont le développement a débuté un peu après la sortie de RAGE (qui lui, tournait sous id Tech 5, tout comme Wolfenstein : The New Order). Alors certes on voit quelques améliorations techniques, des effets très réussis, des explosions maitrisées et quelques panoramas flattant la rétine. C'est d'autant plus vrai dans sa propension au post-apo, comme ce Manhattan dévasté par une attaque nucléaire ou encore les égouts. Maintenant soyons honnêtes, si le précédent épisode n'était pas (déjà à l'époque) un maitre-étalon, autant vous dire qu'ici l'écart se creuse ! En effet, suite à des jeux aussi (techniquement) exceptionnels qu'Uncharted 4, The Witcher 3, Horizon ou encore Rise of the Tomb Raider, il est clair que notre valeureux Wolfenstein II fait un peu triste mine. Avec pas mal de textures floues, d'angles mal dégrossis ou simplement d'un sérieux manque de détails, globalement, on ne peut pas dire que le jeu soit beau. C'est d'autant plus vrai dans les intérieurs qui sont relativement simplistes et pourtant majoritaires. Maintenant il faut rester objectif : le jeu n'est pas moche pour autant, disons juste qu'il est dans la moyenne... tout en restant bien en deçà du dernier DOOM, le premier titre utilisant l'id Tech 6. J'ai pourtant apprécié cette excellente ambiance et ce gros design utopique (bien que tout ce qui est en rapport avec les nazis et le IIIe Reich a tendance à crisper et à faire flipper). A noter également que sur PC, la configuration recommandée est bien supérieure à ce que réclame réellement le jeu. J'en veux pour preuve mon propre matos, qui est loin d'être du dernier cri (je suis loin d'avoir un CPU atteignant les performances d'un Core i7) et pourtant, avec mon modeste ordinateur le jeu a tourné de façon tout à fait fluide et ce, avec des réglages oscillant entre "high" et "very high", preuve que les développeurs ont bien optimisés leur jeu (ceci dit, il a quand même reçu 5 mises à jour... on est loin d'une version 1.0). De plus, cette version PC propose une pléthore d'options graphiques, ce qui indique que le développeur a bien planché sur cette édition, ce qui est rarement le cas avec les jeux cross-plate-formes de ces dernières années.



Le cas particulier de la Switch...


Nous avons évoqué
[Switch] En mode nomade, le jeu est correct. Le résultat est bien moins rutilant en mode TV
les versions PC et consoles de ce Wolfenstein II : The New Colossus, mais qu'en est-il de la version Switch ? On le sait, Nintendo joue désormais les outsiders avec ses machines aux performances arriérées, qui reviennent une à deux générations en arrière. Car si les PCistes se moquent régulièrement des Xbox One et PS4 en disant que leurs jeux sont techniquement tirés vers le bas à cause des consoles de Sony et de Microsoft, au regard des performances de la Switch, ces mêmes PCistes avec leurs matos qui coutent un organe, doivent être proche de la rupture d'anévrisme. Heureusement pour nous, les jeux sont développés avant tout pour PS4 / Xbox One, amélioré pour le PC et ensuite downgradés pour tenir sur Switch. Il faut dire que Nintendo se fout un peu de nous ces derniers temps... en tout cas moi je le ressens ainsi. J'ai toujours aimé la marque et ce depuis la NES. La Super Nintendo reste l'une de mes 3 consoles préférées, et jusqu'à la GameCube, le constructeur faisait des efforts et proposait des consoles puissantes et à-même d'être exploitées. Malheureusement, depuis la Wii, Nintendo ne fait plus aucun effort, prétextant que l'innovation doit prendre le pas sur les performances techniques. Or c'est faux ! Rien n'empêche Nintendo d'innover, de proposer des gameplays alternatifs et originaux, ainsi que des consoles puissantes. Résultat, après une Wii aux capacités graphiques honteuses pour son époque et une WiiU ayant un train de retard, désormais les développeurs doivent s'accoutumer d'une Switch à la puissance ridicule (mon téléphone, qui est loin d'être dernier-cri, est plus puissant !). Et à bien y regarder, en vendant son matériel low-cost sous de faux prétextes, j'estime que Nintendo fait du tort à ses fans et passent pour un gripsou, lui qui nous vend du carton à prix d'or (rendez-vous compte, du carton !! et certains crient au génie... où va le monde ?). Bref, étant donné que Bethesda a déclaré vouloir investir dans la Switch (normal, les couts de développement/adaptation sont peu élevés alors qu'en parallèle leurs jeux se vendent plutôt bien), quoi de plus normal de voir notre Wolfenstein II débarquer sur Switch, suite à la bonne rentabilité de DOOM. Tien en parlant de DOOM, c'est encore une fois Panic Button qui s'est chargé du portage et le titre arrive très en retard, quelques 8 mois après les autres versions. Alors bon, connaissant les performances techniques de la console, ce modeste studio texan qui s'est un peu spécialisé dans le portage Switch, a fait de son mieux.



Le foutage de gueule façon Nintendo !!


Et c'est vrai
[Switch] Le téléchargement obligatoire sera, à terme, un vrai problème pour les possesseurs du jeu "physique"
que le résultat n'est pas si mal... certes les textures sont assez dégueulasses (serait-on revenus à l'aire de la PS2 ?), on est passés de 60 à 30fps (avec en plus quelques chutes de framerate), l'affichage est uniquement en 720p et l'ensemble est un peu flou... mais globalement, en mode nomade, c'est pas mal du tout ! C'est un peu comme si on comparait le tout premier DOOM dans sa version PC, face à la version Game Boy Advance. De plus, l'écran de la Switch nous rétrécit tout ça donc au final, oui, malgré quelques concessions notables et compréhensibles, le résultat est tout à fait probant... en mode portable, je le répète. Car c'est un fait, une fois sur la télé, tous les défauts sont accentués ! Alors ok, on peut enfin lire les sous-titres (sans quoi ils sont trop petits !) mais passer des versions PS4/XBO/PC à celle-ci risque de vous abimer les yeux (surtout le gros effet de flou qui sévit sur toute l'image). Maintenant ce qui fâche le plus, c'est qu'une partie du contenu a été supprimé (les défis chronométrés ont été amputés, et ne comptez pas jouer non plus aux DLCs qui auraient dû être intégrés d'office vu la tardive sortie de cette édition) et pire encore, la cartouche ne faisant que 16Go et le jeu pesant près de 23Go... vous l'aurez compris, pour pouvoir jouer il faudra télécharger près de 7Go de données sans quoi, il vous manquera des bouts, voire vous ne pourrez pas finir le jeu. C'est pas une honte ça ?!! Dans DOOM version Switch, le contenu à télécharger était facultatif ce qui fait qu'on pouvait terminer l'aventure sans ça, mais ici la donne est très différente : le téléchargement est obligatoire ! Ce qui veut dire que lorsque les serveurs seront fermés (et ils fermeront un jour, croyez-moi sur parole) et bien votre jeu ne vaudra plus rien et s'il n'est pas déjà installé sur votre console, il sera inutilisable !! Tout ça pour quoi ? Parce que Nintendo est un gros radin, un fumier qui propose des cartes mémoires/cartouches de 16Go pour économiser des bouts de chandelle, au lieu de proposer des cartes de 32Go qui (tout à fait entre nous) ne doivent pas couter beaucoup plus cher à fabriquer. Et après on me demande pourquoi, depuis la GameCube, je suis en froid avec Nintendo. Heu... comment dire...



Comparatif entre les versions PS4 et Switch (vous le sentez bien ce "flou" qui vous pénètre les yeux ?)
(cliquez pour agrandir)



FX ohne energie und musik


Bon trêve de
Les musiques sont toujours à-propos, et l'ensemble des bruitages est de bonne qualité. Il est juste regrettable d'avoir (encore une fois) des armes qui donnent si peu le change face à toute cette violence visuelle
torrent de venin envers Nintendo et sa Switch (après tout la machine a ses qualités et de très bons jeux... exclusifs parce que je ne vais pas replaidoyer envers les titres multi plate-formes), de toute façon c'est un débat bien à part et comme tout produit Nintendo, il y aura toujours des intégristes de la marque pour défendre l'indéfendable. Donc revenons à notre Wolfenstein II qui, côté son, nous propose les compositions de Martin Stig Andersen et Mick Gordon. Ce dernier est un sound designer et compositeur australien, qui officie exclusivement dans le jeu vidéo. On lui doit notamment les musiques du DOOM de 2016, le reboot de Killer Instinct, une ribambelle de jeux sans intérêt mais aussi et surtout les musiques de The New Order et The Old Blood. Bref, les jeux d'action ça le connait et en duo, ils ont composés une bande-son à-propos, toujours juste et soulignant à merveille une action soit bourrine et soutenue, soit une infiltration un poil stressante, ou encore une narration agréablement orientée vers ses personnages et leurs relations. Difficile d'en demander plus... tout du moins de ce côté-là car en tant que sound designer, il est peut-être également responsable des bruitages et là, il est tout de suite plus difficile de le féliciter. En effet depuis que MachineGames est aux commandes, et malgré la violence visuelle dont font preuve leurs jeux, les armes ont bien du mal à donner le change. Les bruitages sont de qualité certes, mais ils ont trop peu dynamiques, ils ne sont pas assez forts et ils manquent de punch ! Dans un FPS, mine de rien, c'est important d'avoir des armes qui dépotent ! Ça conforte l'action, la sensation de puissance, le rythme, le plaisir d'en mettre plein la gueule à l'adversité... or ici, nous avons des armes sympatoches mais qui sont loin de donner tout leur potentiel. Et c'est d'autant plus dommage que ce n'est pas la première fois que j'évoque ce problème avec MachineGames (comment ça ils ne m'écoutent pas ?!! :).



Bruce Willis, mon ami... mais pas ici !


Enfin,
Le doublage est d'excellente qualité même si tout le talent de Patrick Poivey n'arrive pas à donner autant de corps que le timbre si particulier de Patrick Béthune
le doublage français a été soigné mais avant d'en arriver là, sachez que le doubleur Patrick Béthune est mort peu de temps après la sortie du jeu. Atteint d'un cancer, il n'a pas pu assurer le doublage de Blazkowicz, alors que son timbre grave et son grand sérieux dans son travail, collait parfaitement au personnage. Lui qui assurait la voix de Jack Bauer / Kiefer Sutherland dans 24 Heures Chrono ou encore de Russell Crowe, l'annonce de sa mort m'a vraiment fait mal au coeur... Ainsi notre brave BJ a été doublé par Patrick Poivey, la voix officielle de Bruce Willis. Et autant j'adore Bruce Willis et j'adore le travail de Patrick sur cet acteur-là, autant je trouve que ça ne convient pas à Blazkowicz, d'autant plus qu'à chaque fois qu'il double un jeu vidéo, l'ami Patrick semble prendre son métier à la légère. On l'a bien vu dans Apocalypse (sur PSX), Outcast (sur PC), Serious Sam II (même si là pour le coup, c'était assez bienvenu) ou encore dans les diverses adaptations (ratées ?) de Die Hard. Bref, l'homme est bon dans les films et donne une voix et un caractère particulier à Bruce Willis, mais il n'est pas bon lorsqu'il double des jeux ! Ceci dit on peut comprendre que MachineGames et Bethesda aient voulus "marqué le coup" avec un doubleur de renom mais dans le gros casting de voix française dont on dispose, il y avait des timbres nettement appropriés au physique et au caractère de Blazko... même si je l'avoue, ce n'est pas un ratage total non plus (disons que le doublage du perso principal, qui parle et pense beaucoup, aurait mérité mieux). Ensuite on retrouve Emmanuel Karsen, qui prête sa voix à Horton, le chef de la résistance (vous le connaissez pour avoir doublé Sean Penn et Norman Reedus), et Laura Zichy prête sa voix au personnage de Grace (on la connait pour être la voix de Michonne dans la série télévisée The Walking Dead). A noter que malgré tout le jeu est très vulgaire (ce qui est très à la mode ces temps-ci) et que mine de rien, c'est fou comme la langue allemande est une horreur !! Je sais, elle a ses adeptes maintenant on est loin du côté "chantant" et ensoleillé de l'italien et ou de la simplicité de l'anglais... l'allemand est une langue affreuse, complexe et particulièrement crispante...



The New Colossus Note de la version
PS4 / Xbox One / PC


Note de la version
Switch
est-il meilleur que The New Order ? A mon sens oui et ce, pour bien des raisons, entre autre parce qu'il a su faire perdurer ce qu'on appréciait dans le précédent volet... et c'est également vrai pour ses défauts. FPS exclusivement narratif alors que pour beaucoup c'est le genre même qui a imposé le multi en plus du mode solo, une fois encore MachineGames prend un risque et tire une belle langue rose et fraiche à tous ceux qui croient que l'avenir passera obligatoirement par les Batailles Royales, les Free to Play et autre Game as a Service. Vous le savez sûrement, moi le multi je m'en contre-fous, et je suis bien content de retrouver encore aujourd'hui, des jeux exclusivement solo et de qualité. Maintenant soyons franc, pour ce 2e gros épisode des aventures du père Blazkowicz, tout n'est pas rose non plus, à commencer par son doublage : Patrick Poivey est absolument parfait en Bruce Willis mais il ne remplace que difficilement Patrick Bethune. Techniquement, le premier volet n'était (déjà) pas très beau, mais le début de génération fait qu'on a plus ou moins fermé les yeux... désormais ça passe beaucoup moins bien, et malgré un excellent design, les graphismes accusent sérieusement leurs faiblesses. Enfin je critiquerai une nouvelle fois les bruitages, qui manquent cruellement de punch et qui ont bien du mal à conforter la violence visuelle du titre.

Quant à la version Switch, que dire ? Si vous n'avez que cette console-là ou que vous voulez absolument y jouer en nomade, ok mais si vous le pouvez, prenez-le sur un autre support, n'importe lequel mais pas celui-là ! Entre sa réalisation "floutée", son contenu amputé et pire que tout, ses Giga-Octects à télécharger obligatoirement sous peine de ne pas pouvoir s'en servir (merci encore une fois à Nintendo de prouver sa radinerie et d'imposer une date de péremption à un jeu - et encore je ne parle pas du fait qu'il fut vendu à 50€ à sa sortie alors que dans le même temps, il était trouvable pour moins de 20€ neuf sur les autres supports)... bref, même si Panic Button a réalisé un très bon travail d'adaptation et que le jeu s'en sort avec les honneurs, je vous conseille malgré tout d'éviter cette version-là.

Après de manière plus globale, Wolfenstein II réussit le pari de conserver son âme (trop dirons certains) et de nous proposer à nouveau tout ce qu'on aimait chez son prédécesseur : les phases d'infiltration qui contrastent avec des combats hyper bourrins et sanglants, une bonne bande-son ainsi qu'un bon doublage, une durée de vie plus que correcte, un scénario franchement tiré par les cheveux mais qui est bien amené et qui se veut original (notamment dans l'approfondissement de ses personnages et de leurs relations) et enfin une difficulté qui me semble plus équilibrée (avec notamment des phases d'infiltration moins frustrantes et moins punitives). Alors certes nous ne sommes pas en présence du meilleur FPS solo de ces dernières années (Halo 5 et DOOM ne me contrediront pas je pense), pourtant il est difficile de nier les qualités du titre de MachineGames, notamment en terme de narration et d'action. Vous voulez une bonne (bien que farfelue) histoire ? Vous voulez un bon gameplay au service d'une action bien bourrine ? Vous voulez un jeu bien huilé au déroulement particulièrement agréable à suivre ? Alors Wolfenstein II : The New Colossus est votre homme ! Pas encore parfait (mais qui l'est après tout ?), mais diablement efficace et particulièrement sympathique à parcourir...



Les -

  • Version Switch très en deçà des autres : c'est flou, contenu à télécharger obligatoirement, contenu manquant...
  • Patrick Poivey ne remplace que très difficilement Patrick Bethune
  • Epilogue un brin conventionnel vue la folie de l'histoire en général
  • L'histoire est complètement fumée (on peut trouver ça rédhibitoire)
  • Inutilement vulgaire par moment
  • DLCs peu intéressants et chers
  • Bruitages des armes mollasses
  • Arbre de compétences raté
  • Techniquement daté
  • Les +

  • L'histoire est complètement fumée (on peut le voir comme un bon côté :)
  • Un paquet de missions facultatives pour rallonger la durée de vie
  • L'approfondissement des personnages et de leurs liens
  • Fluide, stable et sans trop de bugs
  • Pas de multi ? Donc plus de solo :)
  • Le punch indéniable de l'action
  • L'upgrade des armes
  • Difficulté équilibrée
  • Design intéressant


  • Test réalisé par iiYama

    septembre 2018