Flashback CD (MCD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : 1994
Développeur : Delphine Software
Adaptation : Delphine Software
Editeurs : US Gold / SEGA
Genre : aventure

Support : 1 CD
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Flashback CD
Prix au lancement : 350 Frs


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Flashback

The Quest for Identity



En rapport
Cette version propose des vidéos à la place des cut-scènes en 3D. La grande classe :)
des japonais ou des américains, il n'y a pas beaucoup de jeux français qui ont marqués leur temps. Et pourtant si on fouille un peu dans un passé pas si lointain, la Mega Drive fut le support d'une oeuvre "frenchie", à la hauteur de toutes les espérances. Tout d'abord sorti sur Amiga, c'est bel et bien lorsqu'il sortit sur Mega Drive que le jeu rencontra son mérité succès. Développé par Delphine Software, on retiendra surtout un nom, celui de Paul Cuisset dont Flashback est un peu le bébé. Fils spirituel du grand Another World d'Eric Chahi (un autre talentueux Français), Flashback marqua son temps par une réalisation technique étonnante et une aventure finement scénarisé. Faites place à l'un des plus grands chef-d'oeuvre de l'ère 16-bits... Et quelques mois après sa sortie sur Mega Drive, Flashback revient sur Mega-CD dans une version grandement enrichie. Bien sûr ne vous attendez à des miracles, le Mega-CD n'apportant généralement pas grand-chose aux versions cartouches, bien que cette fois ce soit un peu différent. Flashback fut écrit comme un film. Très inspiré par le cinéma, notamment Running Man et Total recall, le développement scénaristique offre maints rebondissements ainsi qu'une trame axée science-fiction très accrocheuse. Plus fort encore, certaines scènes ponctuent l'aventure : ramasser un objet, utiliser une borne ou mieux encore, des cut-scènes entières sont proposées. Autrefois en pseudo-3D et d'une qualité honorable, ce fut une véritable révolution, notamment grâce à une mise en scène de premier ordre. Mais cette version Mega-CD change toutes ces scènes-là par des vidéos en images de synthèses. Là c'est la grosse claque, depuis le temps que j'en parle, il fallait bien qu'un jour je tombe enfin sur une version CD-Rom plus aboutie que celle sur cartouche. Et oui, généralement le Mega-CD n'apporte qu'une bande-son revue mais cette fois, cette adaptation justifie qu'on repasse à la caisse. Bien sûr, avec les 64 pauvres couleurs que peut afficher la Mega Drive, le rendu est franchement pixellisé et très fade. En plus, lors de ces vidéos, les voix ont tendance à être sous-samplées. En contre-partie, chaque dialogue a été doublé (en anglais), ce qui rend le jeu presque "next-gen". Par contre, certaines vidéos sont un peu bizarres. Bien sûr on retrouve la direction artistique du jeu original mais parfois les développeurs ont fait de drôles de choses comme lorsque Conrad jette à l'arrache la pile sur la machine qui créé un pont de plasma, la sauvegarde de sa mémoire dans le cube est totalement occultée ou encore lorsqu'il saute dans le vide avec la ceinture anti-G et qu'on ne le voit même pas atterrir. En fait, les vidéos originales étaient plus compréhensibles que celles-ci, mieux dirigées. Je regrette aussi que les développeurs ne soient pas aller plus loin puisque les vidéos ne remplacent que celles autrefois en 3D. Ca aurait été génial d'avoir une vidéo pour chaque dialogue par exemple. Ca aurait pu être possible car le disque n'est pas plein et plus d'un an sépare la version Mega Drive de celle-ci.


Malgré tout,
La jouabilité est un peu déroutante mais une fois maitrisée, elle est d'une précision sans faille
ce sera tout de même un vrai bonheur que d'avoir ces vidéos, ces FMV comme on disait à l'époque, car elles apportent un vrai plus à l'aventure, d'autant que le taux images par seconde est élevé et donc on obtient une très bonne fluidité. Et pour couronner le tout, même si elle est un peu courte, la fin est sympa et l'épilogue fait la rétrospective de toutes les vidéos du jeu. Basé sur le principe de Prince of Persia (concept reprit plus tard par les Oddworld), la jouabilité est basée sur un quadrillage des niveaux (le défilement des écrans est séquentiel) et les mouvements, en grand nombre, s'effectuent via des combinaisons de touches. Après un temps d'adaptation, on découvre une jouabilité très précise avec un niveau d'interaction assez poussé. Conrad (notre personnage) possède un inventaire où il peut stocker les objets ramassés tels que des clés, arme de poing et autre téléporteur manuel, bien pratique. Il peut donc prendre tout ce qui est à portée de main, utiliser les machines, prendre le métro, monter/descendre avec des élévateurs, recharger son bouclier ainsi que tout une panoplie de mouvements gérant les phases de plate-formes. Car notre héros est un véritable acrobate et à l'instar d'une certaine miss Croft, il devra souvent jouer de l'escalade. Disséminé dans le décor, des bornes de sauvegarde mémorise votre position mais attention, le jeu ne possède pas de "pile" (comme les incultes l'appellaient). Ainsi, pour rejouer un niveau, on utilise des passwords, la "save" étant volatile (en plus, j'ai jamais compris pourquoi cette save virtuelle était si longue). Enfin, Conrad jouera du flingue (il possède aussi un bouclier énergétique de protection) afin de dessouder les gêneurs. Alors en bon résumé, il est très difficile de s'ennuyer avec un tel jeu. Le gameplay est sans cesse renouvelé, les interactions sont très nombreuses et une fois les rudiments du maniement acquis, on fait se qu'on veut de notre héros malgré lui. Cependant, beaucoup de joueurs ne sont jamais arrivés à se faire à cette maniabilité particulière et c'est fort dommage car ainsi, ils sont passés à côté d'une très grand aventure (dans le sens épique, pas de la durée de vie). Bien sûr on aurait aussi apprécié plus de nouveautés, quelques passages supplémentaires, de nouveaux bonus... mais vous n'aurez rien ! Cette version Mega-CD se contente d'adapter le jeu cartouche, ce qui est déjà pas si mal étant donné la richesse de celui-ci. A mon humble avis, Flashback est l'un des premiers jeux (si ce n'est le premier) à utiliser une technologie issue du cinéma : la rotoscopie (le précurseur de la Motion Capture). Ainsi les mouvements de Conrad ont étés calqués sur des animations réelles, ce qui rend chaque geste extrêmement fluide et réaliste. Une véritable prouesse technique à l'époque, qui a forcé l'admiration des joueurs comme des développeurs concurrents.


Pour ce
Le jeu est techniquement réussi, surtout au niveau des animations. De plus, cette édition propose une véritable bande-son
qui est des décors, Flashback joue beaucoup sur la variété : la jungle, la ville, la Death Tower, la prison, la planète alien... Tous sont très différents, bien que les gameplans soient construits de la même façon. Les graphismes, même si quelques passages sont un peu vides, possèdent leur design et leur atmosphère propre, ainsi qu'une bonne définition et une bonne coloration. Comme quoi, malgré ses défauts de conception, la Mega Drive est aussi capable de nous sortir de belles images. Malgré sa grosse plus-value (musiques, vidéos), cette version Mega-CD n'apporte aucun bonus et aucun nouveau level. C'est un peu dommage mais ça se comprend aisément puisque seulement quelques mois séparent la version cartouche de cette version CD. Donc on retrouve l'exact jeu Mega Drive, à la différence qu'ici, lecteur CD oblige, on nous impose quelques loadings. Heureusement ils ne sont pas très longs, malgré le peu de RAM de la machine. De toute façon on reste surpris du rendu, qui se paye le luxe d'être un poil plus rapide que sur cartouche, même si sur un plan purement technique, les capacités intrinsèques du Mega-CD ne sont pas vraiment exploitées. Point faible de la version cartouche, on avait de jolies musiques (bien que rares) mais une qualité à couché dehors, indigne même d'une Mega Drive. Version CD oblige, toute la bande-son a été revue... enfin presque toute. Les bruitages restent quand même d'origine et si la qualité n'est pas toujours top niveau, ça reste quand même correct (une refonte n'aurait quand même pas fait de mal). A côté de ça, les vidéos nous balancent de nouveaux thèmes et le doublage, un peu sous-samplé, est généralement "récité". Mais il faut dire qu'on est vraiment au début du "mouvement FMV", une mode qui prendra son plein essor avec la génération 32bits. Ensuite ô bonheur, on a enfin de la musique pendant le jeu. Fini le temps où elle ne ponctuait qu'un passage bien précis, désormais elle est omniprésente. De grande qualité, ça conforte aussi l'aspect "film de science-fiction" que le scénario nous livre avec grand succès. Et même si elle s'interrompt lors des vidéos ou des chargements, selon le passage elle reprend là où elle s'est coupée (il lui arrive aussi de reprendre du début mais ça n'est pas trop gênant). Malheureusement, la musique n'est pas toujours accordée au jeu, ce qui fait que par moment, on regrette presque le silence d'antan. C'est d'autant plus vrai sur une bonne moitié du jeu. Par contre le thème de l'écran titre est superbe et sur la fin, de retour sur Terre et sur la planète des Morphs, elle ponctue très bien l'aventure. Et il est vrai que cette ambiance cinématographique va dans le sens de Flashback. C'est juste que les 8 pistes qui sont proposées ne collent pas toujours au thème, surtout lorsqu'on a fini le jeu cartouche plusieurs fois (ça fait bizarre en fait).



Moins difficile Note
et millimétré qu'Another World, dont beaucoup de joueurs pensaient à tort que c'était la suite, Flashback n'en demeure pas moins une aventure longue et très prenante. Scénario béton, jouabilité tout en finesse et précision, animation d'un réalisme éblouissant, jolis graphismes, cut-scènes en pseudo-3D… le studio français de Delphine Software a prouvé qu'ils pouvaient eux aussi faire de grands jeux. Et parmi les meilleurs titres du Mega-CD, Flashback tient sa place dans le Top 5. Car il faut le dire, cette version est grandement enrichie par rapport à celle sur cartouche. Le support CD apporte énormément de place et les développeurs en ont profités. Les cut-scènes sont devenues des vidéos en images de synthèses (il était temps que quelqu'un se serve enfin des capacités de ce fabuleux support) et même si elles sont un peu cheap, il faut bien penser qu'on en est balbutiements de ce phénomène de mode dont on a tous été friands à cette époque-là. Et avec ça, l'ambiance est encensée par de la musique tout au long du jeu. Bien sûr on n'a pas de nouveau contenu, ce qu'on regrette fortement, mais un jeu parfaitement adapté à son support même si les loadings sont fréquents. Au final, on est en présence d'une excellente version, agrémentée d'une bien belle manière et qui justifie qu'on se replonge avec délectation dans cette histoire futuriste et parfaitement menée. Un chef-d'oeuvre sur Mega Drive, un chef-d'oeuvre sur Mega-CD.



Les -

  • Vidéos un peu cheap et qui manquent de couleurs
  • Aucun réel nouveau contenu
  • Les +

  • Jouabilité déroutante mais précise et finalement agréable
  • On a enfin des musiques tout au long de l'aventure
  • Des vidéos en images de synthèses
  • Animations super fluides !
  • De jolis graphismes
  • Bon scénario


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    Test réalisé par iiYama

    mars 2009 (mise à jour : septembre 2013)