Fade to Black (PC/PSX)

 






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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : août 1995 (PC) - juin 1996 (PSX)
Développeur : Delphine Software International
Editeur : Electronic Arts
Genre : aventure

Version testée : Française
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR et US

Support : 1 CD
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Flashback 2
Prix au lancement : 350frs





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Fade to Black








Fade to Black
L'histoire est prenante et les vidéos sont de qualité (pour l'époque)
peut être considéré comme un Flashback 2 (en plus du lien évident dans la consonance des 2 titres) car il est sa suite directe. Certes pas très beau, ni super jouable, il reste néanmoins un bon jeu, très appréciable notamment pour son histoire. Voilà, si vous avez l'occasion de l'acheter, faites-le !
*fin du test*
Comment ça c'est trop vite expédié ? Ah oui mais faudrait savoir ce qu'on veut. On se plaint que je fais parfois des articles trop longs et maintenant, on veut des détails… Soit, je vous aurai prévenu. ^__^
Reprenons depuis le début, Fade to Black est donc la suite directe de Flashback, sans doute le plus grand succès ludique et critique de Paul Cuisset et Delphine Software. Pourquoi avoir changé le nom ? Je n'en sais rien, demander à monsieur Cuisset en personne car si ce n'est pour être un tantinet original (bien que Fade to Black se suffise à lui-même : pas besoin de connaitre Flashback pour l'apprécier), je n'y vois pas de raisons valables. Sorti initialement sur PC en été 1995, cette séquelle ne verra le jour qu'un an plus tard sur la console à succès de l'époque, j'ai nommé la PlayStation ! Remarquez que sur PC, le jeu est passé assez inaperçu, ses ventes furent intimistes et c'est bien sur la console 32-bits de Sony, qu'il a eu son quart d'heure de gloire (on notera au passage que si les 2 jeux sont identiques, la version console a subi un sérieux lifting graphique). Pour en revenir à Flashback, ce jeu est sorti en 1992 sur Amiga mais c'est bel et bien à sa sortie sur Mega Drive en 1993, qu'il fut couronné. Apportant des cut-scènes à couper le souffle, une histoire prenante, de jolis graphismes, une prise en mains précise mais pas désagréable (pour qui sait la dompter) et une animation d'une fluidité encore jamais vue, ce fut l'un des best-seller de la 16-bits de SEGA avant qu'il ne s'exporte sur la plupart des autres supports. Et rappelez-vous, à la fin de ce premier épisode, Conrad (notre personnage) venait de détruire la planète des Morphs, une race extra-terrestre qui avait pour but l'extinction de la race humaine. Mais en s'enfuyant à bord d'un vaisseau volé, Conrad part à la dérive dans l'immensité de l'espace. 50 ans plus tard, toujours enfermé dans son caisson d'hyper-sommeil, notre héros se réveille avec une certaine amertume : son vaisseau a été capturé par les Morphs. Nous sommes alors en 2190 et Conrad est placé dans la prison de New Alcatraz. Heureusement pour lui (et parce que, même si ce départ est un peu téléphoné, il faut bien faire un jeu), il aura un allié dans cette prison de haute-sécurité. Il lui donnera un flingue, un PDA et lui laissera gentiment la porte de sa cellule ouverte. Le but premier sera alors de s'évader puis de rejoindre les rangs de la résistance (et oui c'est un jeu français, que voulez-vous, après 2 guerres mondiales dont les professeurs nous ont rabâchés les oreilles, forcément ça laisse des séquelles :).


Evidemment l'histoire
La difficulté est extrême par endroit ! Heureusement, la quick-save rendra bien des services
ne s'arrête pas là, il y a des missions, des alliances, des trahisons mais vous vous doutez bien que je vais vous laisser découvrir tout ça par vous-même. Le prologue, d'une durée plus que convenable surtout pour un jeu traduit en 5 langues, est dévoilé via 2 cinématiques en images de synthèses. Ce qui est dommage, c'est que si on ne choisit pas sa langue assez vite ou qu'on zappe ces intros, le jeu ne relance pas ces vidéos. Un processus pas bien habile n'est-ce pas ? Quant à la qualité et la quantité de l'ensemble (il y a en tout 51 vidéos), nous aurons une vidéo entre certains niveaux, quand d'autres nous téléportent simplement vers de nouveaux lieux. Il y a aussi quelques vidéos (plus rares) disséminées dans l'aventure et qui soulignent une scène importante du jeu (comme les nombreuses morts, 18 en tout, dont le héros peut être victime). Bien entendu, de nos jours ces cinématiques prêtent à sourire. En effet, les personnages sont en "plastique", les animations sont robotisées, peu travaillées, l'image est pixélisée, cadrée à environ 50% de l'écran… mais à l'époque, ces séquences étaient au dessus de la norme. Sans dire qu'elles étaient d'une qualité exceptionnelles (on reste quand même assez loin des magnifiques vidéos de Final Fantasy VIII, même si ce dernier sortira bien plus tard), elles avaient le mérite d'être plutôt bien conçues et comme je le disais, elles sont de qualité pour l'époque. En plein jeu, il n'y a pas de cut-scène avec dialogues (comme dans Resident Evil par exemple), mais le PDA de Conrad servira à nous donner les ordres de missions ainsi que divers messages venant de nos alliés. Ces messages sont doublés en voix-off, ce qui étoffe la trame et reste toujours plus sympa qu'un simple texte. Les options sont plutôt fournies puisqu'on peut configurer son pad, choisir sa langue, sa difficulté et surtout, on retrouve un habile mélange de sauvegarde et de passwords. En effet, vous n'êtes pas sans savoir qu'à l'époque tout le monde n'avait pas forcément de Memory Card (on parle bien sûr de la version PlayStation), du coup la plupart des titres proposaient une alternative via des passwords. En plein jeu, nous avons aussi une "quick-save" volatile (elle s'efface si on éteint la console) et si on veut sauvegarder son avancement dans le jeu, il faudra le quitter, revenir à l'écran titre, passer dans les options de sauvegardes et reprendre sa partie. Encore une fois, il est clair que Delphine Software a très mal pensé son procédé, qui est peu pratique et peu intuitif. Pourquoi le jeu ne nous propose-t'il pas de sauvegarder à la fin de chaque niveau ? Ceci dit les "sauvegardes volatiles", qui sont au confortable nombre de 4, sont quand même bien pratiques et les amateurs de Flashback, connaissent déjà le procédé. Et si sur PC c'est plus ou moins instantané (merci le disque dur), sur PlayStation elles sont lentes mais dans les 2 cas, étant donné la difficulté du titre, elles rendront bien des services.


Notez également
La prise en mains est vraiment mauvaise. Conrad est lourd comme un semi-remorque ! Heureusement, les niveaux sont intéressants à parcourir
que l'aventure se compose de 13 niveaux, pas forcément très longs mais dont la durée de vie est directement imputée à la difficulté. Comprenez donc que vous passerez de longues heures avant d'arriver à l'épilogue. D'ailleurs le jeu propose 2 fins possibles, ce qui est un bonus non négligeable. Ce qui, par contre, est étrange c'est qu'on a beau mettre le jeu en français, il reste toujours des parcelles de textes en anglais. Ce qu'on pouvait à la rigueur comprendre sur PC, est assez affligeant sur PlayStation, dont la version est arrivée un an plus tard. Ce type de corrections auraient dû être faites lors du portage ! Bon ok, en 1995/96 on avait encore l'habitude des jeux écrits en anglais (normal, on sortait à peine de la génération 16-bits et rares étaient les jeux traduits) mais ce n'est pas une raison suffisante. Malgré ses graphismes tout en 3D et sa vue à la 3e personne, finalement assez loin du premier épisode, on retrouve malgré tout la plupart des composantes du jeu d'origine. Nous disposons d'un flingue à munitions illimitées (d'autres munitions, plus performantes, sont à trouver mais évidemment, les quantités sont très réduites), on transporte quelques objets (dont des mines pour l'auto-défense) et pour se protéger, nous avons un bouclier qu'on peut recharger via des bornes. L'interface n'est pas des plus pratiques mais elle suffit, et on dispose d'une carte des lieux. La carte part d'une bonne intention seulement elle reste toujours fixe, elle ne "rote" pas en même temps que nous. Résultat, son intérêt est largement amenuisé. On retrouve également ce qui faisait la richesse du jeu d'origine, à savoir ce savoureux mélange d'exploration, d'action et d'énigmes. Et en effet, dans Fade to Black, chaque niveau s'apparente à un mini labyrinthe, qui nous imposera de bien fouiller les lieux ainsi que plusieurs allers-retours. Cependant, on sent bien que le software manque un peu de finitions, car il n'est pas rare de courir et de se stopper net alors qu'on est à 40cms d'une table, ou alors que le jeu nous impose d'être exactement en face d'un placard pour le fouiller, ou d'un interrupteur pour l'actionner. Encore une fois, ce type de "réglages" auraient dû être rectifiés lors du passage sur PlayStation, mais il n'en est rien. D'ailleurs, très vite vous trouverez que la jouabilité est exécrable ! Si on n'en est pas au point d'un Excalibur 2555 AD, il est clair que Conrad est extrêmement lourd à déplacer et une fois lancé, il possède une inertie assez agaçante. Le pire étant les phases de combats, où la vue passe à la première personne (vue FPS) : c'est lent et imprécis, soit tout l'inverse de nos ennemis. Entre cette jouabilité franchement lourde, des ennemis pas toujours faciles à battre, des niveaux parfois retors et surtout énormément de pièges capables de nous tuer en un coup, croyez-moi vous en viendrez vite à surexploiter la quick-save !


Malgré tout,
Les graphismes sont vraiment moches, c'est un fait. Maintenant ne vous arrêtez pas à ça, car l'aventure en vaut la peine...
on finit par s'y faire, par se plier aux exigences de la maniabilité, et on trouve le jeu vraiment intéressant à parcourir. Faut dire que les niveaux sont bien agencés et qu'à quelques exceptions près, la difficulté n'est pas insurmontable. Finalement le vrai problème c'est de n'avoir jamais aucun indice, ce qui fait que par moment, on est littéralement paumé dans le niveau, sans savoir quoi faire pour avancer... L'autre point faible du titre, ce sont ses graphismes. En effet, le jeu est moche ! Bien sûr, de nos jours on trouve que tous les jeux en 3D de cette époque sont moches (contrairement à ceux en 2D qui s'en sortent encore avec les honneurs, comme par exemple Project X² ou Rapid Reload) mais là quand même, on est loin d'atteindre les standards des supports PC et PlayStation. Les bugs sont omniprésents, la 3D a la bougeotte, les textures sont très pauvres, c'est lent et certains passages sont tellement grossiers, que le rendu est à peine meilleur que dans Starwing ! Après la baffe graphique de Flashback, on attendait beaucoup de cette suite et il est clair que niveau maniabilité et graphismes, c'est un cuisant échec ! D'ailleurs, je veux bien que la révolution de la 3D imposait que la plupart des jeux soient justement en 3D, mais certains titres auraient mieux fait de rester en 2D (comme Contra, Thunder Force ou Street Fighter). Et je suis sûr qu'un simple Flashback 2, en 2D et en vue de profil, poussant la console dans son rendu (à l'image d'Oddworld, qui est magnifique) aurait eu plus de succès ! Enfin la partie sonore est une belle réussite. Si les bruitages sont un peu "mou du genou", vous serez sans doute surpris qu'en mourant, les Morphs poussent des cris de singe ou de hunter (Resident Evil). Etrange pas vrai ? A contrario les musiques, composées par Raphaël Gesqua, sont vraiment bien adaptées à l'aventure. C'était un défaut de Flashback, qui était acoustiquement trop pauvre, et ici les musiques posent une ambiance finement ciselée, en plus d'être à "géométrie variable" selon le niveau d'action. Une belle performance. Quant au doublage, il a été entièrement traduit en français. Alors je sais, les puristes diront qu'en anglais c'est toujours mieux… et bien pas cette fois ! Pour avoir joué dans les 2 langues, je peux vous dire que le doublage français excelle et qu'il est même plus approprié. On retrouve les voix de Bernard Lanneau qui prête habituellement sa voix à Dennis Quaid et Kevin Costner, mais aussi Françoise Cadol (Lara Croft) et Bruno Dubernat (qui prête généralement sa voix à Neal McDonough et dont le travail sur la voix de John Dalton dans Unreal II, était vraiment de qualité). Bref, que du beau linge pour un doublage d'excellente facture (surtout pour un jeu de cette époque !) et qui reste très loin devant les doublages de jeux tels que Tomb Raider ou Metal Gear Solid.



Si Fade to Black Note
est un peu malaimé, c'est pour 3 raisons : il est très laid, très difficile et la jouabilité est aux antipodes de la souplesse. En effet, malgré toute l'affection que j'ai pour ce titre, il est inconcevable de nier que techniquement, PC et PlayStation ont connus bien mieux ! Les graphismes sont sommaires (même si les 2 versions sont légérement différentes), les textures sont souvent peu détaillées (et quand elles sont détaillées, c'est tellement fouillis qu'on ne s'y retrouve plus !), le moteur 3D (qui promettait du 24 images/sec, des animations motion-capturées…) est lent, bugué et le jeu manque cruellement de finitions. De même, la jouabilité est imprécise, Conrad est lourd à déplacer, la visée est à l'ouest… fiiiiou que du bonheur ! Et pourtant croyez-moi, Fade to Black propose une aventure qui mérite le coup d'œil, surtout si vous avez déjà combattu les Morphs dans Flashback. Certes son scénario est un peu bateau mais il reste très agréable, les vidéos sont nombreuses, vraiment sympas et l'univers proposé emprunte beaucoup aux 2 stars de la science-fiction que sont Star Wars et Star Trek. On a fait pire comme source d'inspiration pas vrai ? Ajoutons à ça une belle partie sonore avec de bonnes musiques, qui soulignent bien l'aventure et surtout un excellent doublage, notamment pour son époque assez reculée, et vous en conviendrez que parfois, il faut faire fi de certains défauts, pour se consacrer aux bons côtés d'un jeu. Je regrette juste que la quête de Conrad se soit arrêtée au 2e épisode (d'ailleurs les portages N64 et Saturn furent annulés), car Paul Cuisset et Delphine Software tenaient là un très bon filon (un Flashback Legends devait sortir sur GBA mais n'a jamais vu le jour… dommage). En attendant, ne soyez pas réfractaire ou juste borné(e), ne vous attardez pas à ses seuls défauts et lancez-vous dans l'aventure, car Fade to Black vaut le coup. C'est loin d'être le meilleur jeu de son époque, mais il reste un coup de cœur et y rejouer presque 20 ans plus tard, a soufflé sur moi un agréable vent de nostalgie. Amateurs et amatrices du cultissime Flashback, serez-vous assez ouverts d'esprit pour en faire autant ?



Les -

  • Encore trop de textes anglais pour un jeu doublé en français
  • Jouabilité exécrable, lourde, imprécise...
  • Vraiment trop difficile par endroit
  • C'est franchement moche !
  • Les +

  • De magnifiques vidéos (pour l'époque)
  • Musiques adaptées et évolutives
  • Bonne durée de vie
  • Excellent doublage
  • Un bon scénario
  • La quick-save

  • Test réalisé par iiYama

    septembre 2013