Wonder Boy V (MD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 1991
Développeur : Westone
Editeur : SEGA
Genre : aventure

Support : cartouche de 8Mb
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : US

Difficulté (jeu) :
Difficulté (boss final) :
Multi-joueurs : non
Abréviations : WBV / MWIII
Titres alternatifs : Monster World III (JAP) / Dynastic Hero (ALT)
Prix au lancement : 400Frs


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Wonder Boy V

Wonder Boy in Monster World



C'est en transposant les tests du blog au site, que j'ai eu envi de rejouer à ce merveilleux titre Mega Drive. Et puis il arrive dans la vie qu'on est envi d'autre chose, envi de se ressourcer. Certains partent en vacances ou débranchent leurs consoles pendant des semaines, moi je joue à ces oldies de mon enfance/adolescence. Et puis j'en eu marre (pour un temps bien sûr) de toute cette boucherie, de tout ce sang que je fais couler à longueur de journée, de toute cette 3D, de toute cette HD. J'avais envi de douceur et c'est auprès du très grand Wonder Boy V que je me suis requinqué. Il faut dire que ce 5e opus est à la console de SEGA ce que Zelda III est à la Super Nintendo, à savoir son plus grand jeu d'aventure. Un titre culte à la réalisation étonnante pour l'époque, car SEGA et Westone, dans ces heures de quiétude, nous développaient des jeux hors normes et particulièrement géniaux. Voici donc Wonder Boy in Monster World et la Mega Drive a permit aux développeurs habitués à la Master System, de nous proposer sans doute l'un des meilleurs jeux de la console.



Développement scénaristique

Au niveau de l'écriture,
Un scénario assez basique et pas vraiment étoffé mais suffisant. Par contre, le "tout anglais" est une faute
c'est sûr, on est encore loin d'un Final Fantasy, le scénario étant assez léger. D'ailleurs il n'y aura pas d'intro, pas de scène animée, juste quelques passages de dialogues entre les divers protagonistes qu'on rencontrera tout au long du jeu. Il faut aussi être honnête, pour un jeu de 1991 ce n'est déjà pas si mal mais une énorme bourde conception vient entacher la bonne image qu'on a du jeu : rien n'est traduit. Dans sa version Française, seule la notice était écrite dans notre langue, ce qui a énormément limiter l'impact du titre. C'est d'ailleurs pour ça, et aussi parce qu'il est assez court pour le genre (8 à 10h) que le jeu n'atteint la sacro-sainte note de 19/20. En effet, l'aventure n'est pas difficile mais les anglophobes auront beaucoup de mal à comprendre la ligne directive des missions, plus encore à comprendre le quizz du Sphynx. Pour les joueurs plus malicieux, il existe quand même une belle alternative puisque si vous avez le jeu, vous êtes autorisé à télécharger sa ROM légalement, et jouer sur un émulateur. Et là ô bonheur, des petits génies de la programmation nous ont entièrement traduit le jeu comme l'équipe de Terminus Traduction. Il reste quelques fautes de conjugaison (désolé les gars) mais dans l'ensemble, c'est du boulot de pro et c'est comme ça que le jeu aurait dû être à la base. Au final, si on déplore le fait qu'il n'y ait pas d'intro, nous avons quand même une jolie petite fin qui récompense le joueur.



Jouabilité & Gameplay

Entièrement en
L'aspect aventure/exploration est parfaitement mis en oeuvre
vue de profil comme on en a l'habitude avec la licence, Wonder Boy V fait la part belle à l'exploration et à l'action. Jeu d'aventure avec un soupçon d'RPG, le gameplay est reprit de Wonder Boy II et III et a bien sûr été amélioré. Assez linéaire, le jeu ne laisse guère de liberté : on est constamment guidé et même si on peut refaire certains passages afin de gagner un peu plus d'argent ou dénicher des trésors secrets, l'aventure se déroulera toujours selon le même schéma. Mais il faut bien se mettre dans la tête que le titre de Westone/SEGA à 17 ans à l'heure de ce test, et que malgré tout, il est difficile de trouver mieux sur Mega Drive. J'évoquais à l'instant le fait de gagner de l'argent et c'est une donnée intrinsèque de ce type de jeux : en tuant les ennemis ils nous donnent de l'or, de quoi se payer des soins et du matériel. D'ailleurs à Monster World tout se paye, même les sauvegardes ! En parlant de ça, s'il est un peu dommage de n'en avoir qu'une, même s'il est appréciable d'avoir une sauvegarde qui retiendra toutes les données de votre aventure. Ça évite de se faire le jeu d'une traite ou de rentrer d'interminables passwords. Il est aussi sympa d'avoir la jauge de vie de chaque ennemi (elle apparait à chaque coup porté). Comme dans tout jeu d'aventure on commence avec un héros qui ne sait rien faire et dont les capacités sont très limités mais ça changera vite. Soit en les achetant soit en les trouvant dans des coffres, on pourra trouver des cœurs qui augmenteront notre barre de vie (allant de 3 pauvres cœurs jusqu'à 15), avoir de nouvelles armes (lance, trident, épée), de nouveaux boucliers (qui stoppent certains projectiles ennemis), de nouvelles bottes (pour monter plus vite aux échelles/cordes ou pour marcher plus vite) et bien sûr de nouvelles armures, de plus en plus efficaces. Seul petit regret dans tout ça, l'aspect RPG de l'équipement n'est pas assez développé dans le sens où on ne sait absolument rien des capacités de l'objet avant de l'avoir acheté. C'est un peu dommage car il arrive souvent qu'on achete des armes équivalentes ou moins puissantes. On pourra aussi se payer des potions mais encore une fois, le système est un peu mal fait. Si on possède une potion qui revitalise toute l'énergie et qu'on achète une potion moins efficace, la première sera remplacée. C'est absurde d'autant plus qu'on ne peut pas les cumuler.


Si le jeu est
Le boss final est une vraie plaie à vaincre. :( C'est d'ailleurs le seul point difficule de l'aventure
dans l'ensemble accessible, les 2 derniers niveaux sont plus retors et le boss final est une vraie chianlie à battre. Il est d'ailleurs le seul véritable point dur du jeu, à la fois sadique et stressant, il aura tôt fait de vous foutre la rage ! C'est aussi pour ça que le fait d'emmener qu'une seule potion est assez frustrant. Mais avant d'en arriver là, il faut reconnaitre que vous ne rencontrerez pas beaucoup de difficulté. Il y a bien sûr la quête principale mais aussi des petites quêtes annexes. Elles ne vont pas très loin puisqu'elles se limitent à trouver de nouveaux cœurs (pour gonfler la jauge de vie) et gagner le plus d'argent possible pour acheter les "charmstones", ces très couteux cailloux (500.000 gold, autant dire tout l'argent qu'on dépense dans le jeu en une fois !) qui permettent d'obtenir le dernier coeur du jeu ou des magies. Comme tout héros d'heroïc-fantasy, Shion aura aussi pour lui des attaques spéciales, des pouvoirs : flammes à têtes chercheuse, tremblements de terre ou coups d'éclair seront une bonne aide en cas d'agressivité excessive de l'ennemi. Il y en a même un qui permet de retourner directement à l'auberge. L'auberge (payante bien sûr) est le lieu où notre héros se repose (c'est aussi là qu'on sauvegarde), et après avoir passé une bonne nuit, il repart avec son énergie et ses pouvoirs à bloc. Autant dire que ça sert. Le pad Mega Drive manquant terriblement de boutons, Westone a eu une excellente idée pour pouvoir stocker 2 attaques ou objet en même temps. En fait il faut ouvrir le menu, les choisir et les placer soit à gauche soit à droite. En plein jeu, il suffira maintenir A et de presser "gauche" ou "droite" pour utiliser le-dit objet. L'idée n'est pas super pratique contre le boss final mais pour le reste du jeu, ça fonctionne bien. En pleine quête, on sera quelques fois accompagné d'une aide : nain, fée, petit dragon ou mini-sorcière nous aideront à tuer les ennemis, trouver des portes cachées ou même dénicher de l'or. Enfin, on trouvera aussi des objets dont on ne peut se servir manuellement, juste qui débloquent le passage au moment opportun. Bref Wonder Boy V propose une quête certes assez classique mais qui reste étonnament variée (Egypte, grotte, jungle, la glace, les fonds marins, l'espace...) et dont le gameplan nous force agréablement à revenir sur nos pas, afin d'y dénicher les derniers coffres.



L'image

Avec son aspect tout mignon,
Des sprites parfois énormes, un design somptueux et des décors colorés. Wonder Boy V est enchanteur
Wonder Boy V vous mettra du baume du cœur. Les ennemis sont craquants et arborent des bouilles rigolotes, à tel point que la plupart ressemblent plus à des peluches qu'à des monstres. Bien sûr il en reste encore un peu (des monstres) mais ils ne feraient peur à personne. Et puis des champignons, des crabes, des singes, des anémones, des fantômes rondouillards ou des diablotins grassouillets, ne peuvent pas être effrayants. Ainsi même les pires méchants ne semblent pas si méchants que ça. Très diversifié, le jeu nous fait traverser des décors particulièrement éclectiques : forêt et temples aztèques, fond-marin et temple de Poséidon, le pôle glacé, des châteaux, le cratère du dragon, le désert et sa grande pyramide... autant de lieux qui n'ont rien à voir les uns des autres. D'ailleurs, il est aussi agréable de voir que les pièges ne sont pas redondants, ce qui évite la monotonie. Et c'est un sujet sur lequel Wonder Boy V s'en sort admirablement : il ne lasse pas. Certes il n'est pas très long (quoique trouver tous les cœurs demandera une sacré exploration des lieux) mais peut se déguster d'une seule traite. Le jeu est aussi une véritable démo technique des capacités de la console, notamment dans cette époque où la Mega Drive ne nous sortait que des jeux vilains aux graphismes mornes et peu détaillés. Ici nous avons l'exact contraire puisque c'est très beau et surtout très coloré. Comme quoi, lorsque les développeurs s'en donnaient la peine, la Mega Drive aussi était capable de nous faire des environnements féériques et chatoyants. Certes il n'est pas très bien animé (faut dire que la cartouche ne fait que 8Mb) mais on restera quand même admiratif devant la taille de certains boss (comme celui du dragon). Des sprites énormes, animés à la serpe d'accord, mais qui restent rapides. Autant dire qu'on tenait là une véritable prouesse technique, à peine entachée par quelques ralentissements lorsque l'écran est surchargé. Si on ajoute à ça des décors fantastiques et un design splendide (bien qu'un peu enfantin), alors on ne peut que rester satisfait du travail des développeurs.



Le son

Avec toutes ces
Des musiques douces et mélodieuses accompagnent parfaitement l'aventure
couleurs et le fabuleux coup de crayon tout mignon qu'ont eu les designers, Shinishi Sakamoto (à ne pas confondre avec Shin’Ichi Sakamoto) a eu le bon gout de nous faire de merveilleuses musiques. Quelques fois rythmées mais généralement très douces et posées, les mélodies sont vraiment magnifiques. Ainsi la bande-son colle parfaitement au design heroïc-fantasy et mignon du jeu. Toujours en phase avec le visuel, certaines d'entres elles, comme celle des niveaux aquatiques, sont même envoutantes, hypnotiques. Des musiques dont on ne peut pas se lasser tant elles sont reposantes, superbement composées et tellement mélodieuses. Avec ça on nous livre des bruitages totalement fantaisistes mais qui collent bien à cet univers enchanteur et reposant. Bref, c'est un sans-faute !



Note générale

Une fois passé la barre des 4h du matin, j'ai regretté de ne pas avoir commencé le jeu plus tôt car j'ai vraiment eu du mal à décrocher de cette fantastique aventure. Il est vrai qu'on retiendra quelques erreurs de conception, quelques ralentissements, un scénario un peu maigre et pas vraiment développé, un texte qui s'affiche un peu lentement et qui n'est pas traduit en français, un boss final franchement trop difficile par rapport au reste du jeu ou une aventure un peu courte... et après ? Wonder Boy V c'est avant tout une bande-son reposante et superbe, un design mignon tout plein, de très beaux graphismes, une aventure variée et sans prise de tête. A des années lumière de tous ces bains de sang qu'on laisse derrière nous, le jeu respire la douceur et la bonne humeur. Faut dire que c'est tellement mignon (sans être niais, je précise), notamment avec ses ennemis aux bouilles fendardes, aux mimiques rigolotes, aux dessins rondouillards, qu'il est difficile de ne pas fondre. Une fois de plus Westone et SEGA nous prouvent que la Mega Drive est capable du meilleur si les développeurs qui sont derrière s'en donnent les moyens. Très inspiré de Wonder Boy III dont il reprend pas mal de facettes (transformation, ennemis grassouillets, quelques thèmes musicaux), à sa sortie Wonder Boy V était le meilleur épisode de la série et même le meilleur jeu d'aventure sur Mega Drive, même s'il n'y avait finalement peu de concurrence sur cette console. Jeu culte et accessible, tendre et féérique, Wonder Boy V offre un moment privilégié à passer en sa compagnie, un jeu qui saura plaire aux plus jeunes comme aux plus expérimentés.



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Test réalisé par iiYama

novembre 2005 (mise à jour : mars 2013)