Flashback (X360/PC/PS3)

 





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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : août 2013 (X360) / octobre 2013 (PC/PS3)
Développeur : VectorCell
Editeur : Ubisoft
Genre : action / plate-formes

Version testée : Française
Version logicielle : 1.0
Doublage : FR
Textes à l'écran : FR

Support : en téléchargement uniquement
Espace disque nécessaire : 2Go
Moteur graphique : Unreal Engine 3
Moteur physique : PhysX
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titres alternatifs : Flashback : The Quest for Identity / Flashback Remake / Flashback HD
Prix au lancement : 10€


Flashback (original) est disponible sur :



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Flashback








Contrairement à ce que prétend la culture populaire, Flashback est né en 1992 (et non en 1993) et sur Amiga, pas sur Mega Drive. C'est justement en 1993 que la console de SEGA a accueilli son plus prolifique portage, puis sont sortis des adaptations Super Nintendo, Mega-CD, Jaguar, 3DO et PC. Flashback fait partie de ces jeux cultes désormais "intouchables" et "incritiquables" alors que (et pourtant je suis un grand fan de ce titre), il est loin d'être parfait. Mais l'histoire qu'il nous fait vivre, la façon dont le scénario est mis en scène, et son gameplay assez particulier, ont fait de lui le jeu "made in France" le plus vendu au monde ! Très inspiré d'un autre jeu français, Another World, mais aussi du mythique jeu de Jordan Mechner (Prince of Persia), Flashback a su conquérir le monde et possède encore aujourd'hui, un noyau dur de fans. Pourtant ce n'était pas gagné d'avance car de l'aveu de beaucoup, sa prise en mains était peu avenante, peu intuitive, rigide. Mon frère ici présent (note d'Aquel : Salut ! ^^) a toujours été rebuté par son aspect "quadrillé", demandant trop précision pour en faire une aventure autre que subtile. Bref, derrière ce titre mythique on retrouve Paul Cuisset, qui avant Flashback n'avait pas spécialement brillé et qui après Fade to Black (la suite de ce premier épisode) est retombé dans l'anonymat durant des années. Finalement il ne refera vraiment surface qu'à la création de son studio VectorCell et suite à la sortie d'AMY, un survival-horror très prometteur mais qui malheureusement, n'a pas trouvé son public faute de réglages franchement à la rue et d'un jeu trop peu optimisé. Mais le bougre avait une autre cartouche dans son fusil : le remake de son plus grand succès, celui de Flashback. Je vais être franc avec vous, tout d'abord je trouve que ce remake a été injustement descendu en flammes et ensuite, rien qu'à l'annonce de sa sortie imminente (il a été annoncé en avril 2013 et il est sorti en aout de la même année) je trépignais d'impatience ! En effet, depuis 1995 et la sortie de Fade to Black, la vie de Conrad (le héros du jeu) était devenue bien calme. Il faut dire que Fade to Black a lui aussi, eu du mal à trouver son public car la jouabilité était assez rêche et surtout, les graphismes étaient franchement moches, même pour un jeu PSX ! Pour ce remake, VectorCell s'est entouré de quelques membres de l'équipe originelle de Delphine Software, histoire de ne pas perdre l'ambiance particulière du titre, donc le développement partait d'un bon pied. Contrairement aux autres remakes de ce Summer of Arcade 2013, DuckTales et Castle of Illusion pour ne pas les citer, Flashback a le bon gout de nous proposer le jeu d'origine en bonus. Alors si vous le voulez bien, nous allons commencer par celui-ci.


Comme on vient de le voir, Flashback est un jeu sorti en 1992 sur Amiga et en 1993 sur Mega Drive (c'est le support où il se vendra le plus). En cliquant sur "jouer à Flashback", le scrolling se déplace jusqu'à une borne d'Arcade. Pourquoi ont-ils implanté le jeu dans une borne, en sachant que ça n'a JAMAIS été un jeu d'Arcade, mais bel et bien un jeu console ? Quel est l'intérêt ? Bon, qu'on n'ait pas de lissage des pixels ou de cadrage en 16:9, ça on peut le comprendre. Cependant, lorsqu'on lance le jeu, on reste sur le visuel de la borne, avec le décor de l'écran titre du remake en fond et cette pluie battante qui tombe en arrière-plan. Paul Cuisset et son équipe faisait partie de Delphine Software, ils ont développés eux-mêmes la première version de Flashback alors comment une telle idée a bien pu leur venir ? Pourquoi ont-ils volontairement massacré le portage ? Aquel avance une raison : c'est pour "découvrir" le titre d'origine, pas pour y jouer réellement… Et on le voit bien, l'image est salie sur les bords et de toute façon, jouer dans ces conditions n'est tout simplement pas possible ! Que le cadre reste petit, après tout on s'en fout, la plupart d'entre nous ont des grands écrans donc ça ne gêne pas trop, mais au moins que le fond soit fixe et/ou unis (idéalement un simple fond noir). On lance le jeu et on s'aperçoit vite qu'il n'est pas adapté de la version Mega Drive mais plutôt de la version Amiga.

A l'origine la cartouche destinée à la 16-bits de SEGA devait faire 16Mb or SEGA (qui construisait les ROMs) ne voulait pas fournir ce type de cartouches, jugées trop chères, surtout pour un jeu dont le succès n'était pas assuré. Résultat avec sa ROM de 12Mb, la version Mega Drive a subi quelques coupes, notamment lors de l'intro (qui a été raccourci). Or ici, on découvre une séquence plus longue et plus détaillée, preuve que le jeu est bien issu de son support d'origine. Je vous passe les détails, le comment est fait le jeu, pourquoi est-il aussi génial… tout ça vous le savez déjà. Mais là où Aquel a raison en avançant sa théorie du bonus "à découvrir" et non à faire à 100%, c'est que cette version nous propose de jouer n'importe quel niveau, sans cheat-codes, comme ça simplement via un menu ! Comment gâcher l'intérêt d'un jeu ? Demandez à VectorCell bien sûr !! Si on apprécie d'avoir une quick-save, à contrario toutes les musiques ont disparues (?), les textes sont uniquement en anglais (le jeu était traduit en français sur Mega Drive) et les touches sont pour le moins étrangement disposées. Tout ça rend ce petit bonus complétement obsolète ! Qu'ils n'aient pas osé proposer la version Mega-CD ou 3DO (qui sont encore meilleures !) passe encore, que le jeu ne soit pas traduit, bon ok… mais pour tout le reste, on se demande légitimement si on ne se foutrait pas de notre gueule ?! Le portage a été bâclé, ce titre culte a été "maltraité" par ses propres géniteurs, comme s'ils voulaient volontairement saborder l'expérience afin qu'on ne s'y intéresse pas trop. Au final, si c'était pour faire ça, il ne fallait pas se donner autant de peine. C'est vraiment un beau gâchis…

 



Bien,
La mise en scène est plutôt agréable et les modifications du scénario apportent plus de cohérence à l'ensemble
maintenant qu'on a vidé notre sac sur l'horrible portage de ce pauvre Flashback qui, entre nous, ne méritait pas tant de haine, voyons si le remake s'en sort mieux. Déjà on constate que tout le jeu est en 3D avec un gameplay en 2D (c'est communément appelé un jeu 2.5D). L'aventure s'ouvre sur une très belle séquence d'intro, gérée en 3D temps réel. Les cut-scènes justement, ne sont pas forcément nombreuses mais reprennent bien les séquences autrefois impressionnantes de l'œuvre d'origine. Ensuite, Conrad B. Hart (notre personnage) aura des flashbacks (d'où le titre) qui se développeront via des planches fixes, type BD et en noir & blanc. Est-ce un effet de style ou simplement un gros manque de temps qui n'a pas permis de faire mieux ? Vous l'aurez compris, le scénario originel a été quelque peu remanié. Développer un remake, c'est aussi garder les grandes lignes d'une trame et faire quelques ajouts substantiels. On le voit bien dans le remake de DuckTales ou celui du premier Resident Evil sur GameCube. A vrai dire, si certain(e)s crient au scandale, je trouve personnellement que ce scénario 2.0 est loin d'être mauvais : il implique plus de personnages secondaires (comme Ian, l'ami de Conrad) et l'ensemble se veut moins confus, plus cohérent dans son déroulement. Il est aussi plus en phase avec Fade to Black. Ainsi, ceux qui beuglent, n'ont certainement pas compris le sens de ces remaniements (sachez malgré tout que dans les grandes lignes, le scénario est identique), qui apportent une certaine "continuité" à la série (même si avec seulement 2 épisodes, il est difficile de parler de "série"). Et puis notre héros ne retrouvera pas la mémoire d'un coup d'un seul (comme autrefois), ce qui a permis aux développeurs de nous réserver quelques petites surprises. De même, si le gameplan a été réinjecté au maximum, on nous propose beaucoup de nouveautés et même des sous-missions dans un ordre différent. Résultat, et c'est une très bonne chose : on redécouvre complétement cette aventure ! Evidemment, vous vous doutez bien que 20 ans après sa sortie initiale, ce remake refond également tout le gameplay. Car en étant honnête, il faut reconnaitre que la jouabilité d'origine (sur Mega Drive par exemple) était assez obscure.


De même,
Le gameplay et la prise en mains ont été simplifés. Certes c'est pas super précis, mais c'est loin d'être désagréable
beaucoup se plaignaient de la difficulté. Ainsi VectorCell nous propose une simplification des commandes et un jeu qui s'est "casualisé". Très calquée sur Shadow Complex, la prise en mains se veut désormais plus simple, il y a beaucoup d'aides (icone indiquant si on peut monter à une corniche, visée laser, liste claire et précise des objectifs) et l'aventure est nettement moins difficile. En effet, en mourant la plupart des ennemis lâchent des orbes qui redonnent de la santé et il n'y a plus de pièges capables de nous tuer en un coup. Résultat, on dévale le jeu un peu vite, c'est vrai. Evidemment vous vous doutez bien que les passwords et les "save volatiles" d'autrefois ont laissés place à une sauvegarde automatique et des tutos vous indiqueront les points importants du gameplay. 3 niveaux de difficulté sont disponibles et toutes ces nouvelles options sont désactivables. Ainsi les grincheux pourront retrouver un challenge plus à leur gout. Bien sûr, l'aventure est plus longue qu'à l'origine et apporte aussi quelques nouveautés comme une nouvelle utilisation du champ de force (qui sert à se protéger des tirs ennemis), des lunettes moléculaires pour mieux détecter les Morphs (les envahisseurs aliens) ou les pièges (comme les mines par exemple) ainsi que des défis en Réalité Virtuelle qui permettent de gagner de l'XP. Cette eXPérience sert ensuite à upgrader ses compétences selon 3 critères : précision, puissance de l'arme et endurance. Oui c'est peu et finalement guère utile. On trouvera aussi des défis secondaires comme tuer les yeux Morph qui généralement pendouillent du plafond, ou plus intéressant, trouver des modules qui amélioreront votre équipement.


Techniquement,
Les graphismes sont plutôt réussis. Dommage que les musiques soient trop absentes et que le doublage ne suive pas
notre remake fonctionne sous Unreal Engine 3 (qu'on ne présente plus) avec un moteur physique géré par PhysX. Personnellement, j'ai trouvé l'ensemble plutôt joli. Certes on a vu mille fois mieux, même en dématérialisé, cependant il ne sert à rien de cracher dans la soupe car à part quelques bugs et une bonne couche d'aliasing, le jeu est pas mal du tout (surtout sur la planète des Morphs, bien glauque). Le nouveau design est plutôt réussi, les animations ne sont pas mauvaises… certes ça manque un peu de finitions mais en l'état, c'est déjà du beau boulot (on est loin de la laideur d'AMY !). Enfin terminons par la partie sonore où les bruitages sont corrects mais je regrette vraiment que les musiques soient si absentes. Certes dans le jeu d'origine elles étaient rares et ne soulignaient qu'un passage important. Mais 20 ans plus tard, il aurait peut-être été bon d'abolir cette archaïque façon de mettre en ambiance, en proposant des musiques posées qui auraient su donner une atmosphère à l'aventure. C'est un peu dommage. Et puis il y a le doublage. Entièrement en français (merci, ça fait plaisir de penser à nous ^^), malheureusement le doublage n'est pas top qualité. Les drones ont la même voix que celui qui accompagne de Liara (dans Mass Effect 3 ou dans le Courtier de l'Ombre), d'ailleurs, les annonces publiques de New Washington ressemblent à s'y méprendre à celles de la Citadelle. Cependant, si j'aurai vraiment apprécié d'avoir un doublage français dans Castle of Illusion et DuckTales, il faut reconnaitre que le travail voxographique n'est ici, pas de premier ordre. Trop pris à la légère, même si on retrouve des voix connues comme Bernard Lanneau (la voix française de Dennis Quaid et Kevin Costner, qu'on a déjà entendu dans Fade to Black), il n'empêche que l'ensemble fait plus dans l'amateurisme que dans le doublage impliqué. Dommage, même si encore une fois, je préfère ça que lire des sous-titres…



Ok, je l'admets Note
volontiers, ce remake de Flashback n'est clairement pas le jeu de l'année et peut-être qu'on en attendait plus, que nos espérances étaient trop élevées pour le modeste studio de VectorCell. Et comme je l'ai lu sur le Net, il est clair que Paul Cuisset n'arrive pas à faire bon ménage avec la 7e génération de consoles. Maintenant il faudrait sérieusement arrêter de prendre les gens pour des cons et de chier des diarrhées littéraires, dès qu'un jeu ne convient pas à la "communauté". Quelle communauté ? Cette bande de blasés qui ne s'émerveille plus de rien ? Ces mecs soit disant gamers qui, lorsqu'on leur donne ce qu'ils veulent, arrivent encore à être insatisfaits ? Car je vous le dis, en tant que grand fan de Flashback, même si certains choix sont contestables, croyez-moi ce remake n'est pas aussi mauvais qu'on le dit ! Bon c'est vrai, je parle bien du remake car si les développeurs ont eu le bon gout d'intégrer le jeu d'origine à cette édition "20th anniversary", à côté de ça l'épisode 16-bits a tellement été massacré qu'il perd immédiatement tout intérêt. Comme dit Aquel, on joue quelques minutes à chaque niveau, histoire de découvrir ce chef-d'œuvre d'un temps jadis et ce afin de mieux comparer avec l'actuelle version, mais on ne passera pas des heures sur cette conversion qui sent la pisse et qui a été flinguée par ses propres pères. C'est vraiment à croire qu'ils ne voulaient pas qu'on s'y intéresse…

Quant au remake, si une fois encore la maniabilité est très imprécise (surtout la visée), le jeu est nettement plus facile qu'autrefois et les différentes aides rendront l'aventure que plus abordable et agréable. Une aventure qui a légèrement muté, ce que certains fustigent, et que moi j'apprécie ! Alors bien entendu, le Flashback nouveau aurait pu proposer plus, comme le sympathique Fade to Black en bonus lui aussi, ou un jeu plus long. Et il est vrai qu'irrémédiablement, l'ombre de l'excellent Shadow Complex plane au-dessus de sa tête. Pourtant j'estime qu'il est dommage de ne voir que les mauvais côtés d'un jeu, sans jamais y voir les bons ! J'ai apprécié ce remake, j'ai apprécié les graphismes à leur juste valeur, j'ai apprécié les nouveautés, j'ai apprécié cette nouvelle prise en mains (car on s'y fait vite, ne soyez pas bornés non plus) et j'ai même adoré redécouvrir l'un de mes jeux fétiches sur la 16-bits de SEGA. Alors oui, ce remake du grand Flashback n'est pas parfait (il en est même loin), pourtant il serait plus honnête de lui accorder un minimum de crédit et de reconnaitre qu'au fond, il n'est pas si mal.



Les -

  • Pourquoi avoir massacrer le portage du jeu d'origine ?
  • La jouabilité n'est pas top précise
  • Musiques encore trop absentes
  • Leveling assez inutile en fait
  • Un doublage d'amateurs
  • Les +

  • Durée de vie correcte pour un jeu à 10€
  • Scénario et mise en scène retravaillés
  • Dans l'ensemble, c'est plutôt joli
  • Le difficulté est plus abordable
  • Pas mal de petites nouveautés


  • Test réalisé par Aquel & iiYama

    septembre 2013