Shaq-Fu (MD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 1994
Développeur : Delphine Software
Editeur : Electronic Arts
Genre : combats (versus fighting)

Support : cartouche de 24Mb
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément - 8 joueurs en alternance (tournoi)
Prix au lancement : 400Frs


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Shaq-Fu









Il y a des jeux comme ça,
Celui qui a écrit le scénario devait être sous l'emprise de drogues...
où on se demande vraiment l'intérêt de leur existence. C'est le cas de ce Shaq-Fu, un jeu développé par Delphine Software (les talentueux développeurs de Flashback) et édité par l'opportuniste Electronic Arts, qui possède les droits d'exploitation de la NBA. Et voilà qu'ils nous pondent un jeu de baston mettant en scène un basketteur se battant contre le mal ! Shaq Fou plutôt non ? Car la première particularité du jeu, sera de pouvoir jouer avec Shaquille O'Neal, le célèbre basketteur américain. Alors voyons voir ce que contient cette folie. D'abord on remarque sur l'écran titre 4 modes de jeu. Duel : c’est le mode Arcade, on retrouve tous les combattants du jeu pour jouer contre le CPU ou un autre humain (de préférence bien sûr, car jouer contre un animal ça ne compte pas). Story : dans le mode histoire, vous jouez seulement Shaq qui combat une suite d'adversaires jusqu’au boss final tout en se déplacement sur une carte du monde. Tournament : vous choisissez 8 combattants pour les entraîner dans un tournoi permettant de jouer de 2 jusqu’à 8 joueurs. Enfin les options : choix du niveau de difficulté, durée des rounds, configuration des boutons et le son. Du grand classique. Et l'histoire alors ? On est habitué aux histoires tirées par les cheveux en matière de baston mais là accrochez vous : notre petit bonhomme (2m16 pour 145kg) doit se rendre à un match de charité avec les All Stars quand il tombe sur un dojo de Kung-Fu tenu par un vieil homme. Shaq l’invite à passer voir le match de basket-ball mais le vieil homme a une autre idée derrière la tête. Il lui demande de partir sauver un petit garçon nommé Nezu, prisonnier d'une momie maléfique nommée Sett-Ra. Shaq ne comprends pas grand-chose (très réaliste cette histoire en fait) et se laisse embarquer dans un monde parallèle. Le scénariste était à jeun ? Pas sûr. L'histoire se joue uniquement avec Shaq et on se déplacera sur une carte constituée de 3 continents où l’on décide de rencontrer des ennemis dans des zones réservées. Lorsque vous aurez battu tous les ennemis du continent, des ponts vous laisseront passer au continent suivant. Petit détail sympathique, vous avez le choix de combattre les ennemis du continent dans l’ordre que vous voulez et quelques scènettes avec texte (comme l'intro) agayent l'ensemble. C'est sympa de voir qu'un effort a été fait sur ce plan-là, car généralement il n'y a strictement rien ! Un bien bel effort, trop rare en ces temps-là.


Malgré leur diversité,
La partie technique est plutôt réussie... c'est tout le reste qui est très mauvais !
la plupart des personnages manquent de charisme. On ne sait pas comment certains sont arrivés dans ce monde parallèle mais je ne préfère pas continuer à enfoncer le scénariste (alcool, cannabis, extasy ?). Chaque personnage possède sa propre arène de combat rappelant son lieu de vie, ce qui donne des décors très hétéroclites. On retrouve la jungle pour Kaori, un temple pour Rajah ou un laboratoire pour le Colonel. Leur taille est impressionnante... mais là je parle des décors car les sprites des personnages sont ridiculement petits. Les décors sont beaux et détaillés ainsi que composés de 4 plans (les personnages évoluent sur le second plan). La présence des 3 autres plans donne une impression de profondeur à l’arène. De plus, il est agréable de voir que les arènes alternent le jour et la nuit. L'animation est l'autre point fort du jeu (Delphine Software oblige). Les mouvements sont très bien décomposés et assez réussis, bref c'est fluide. La jouabilité est par contre désastreuse : le matraquage des boutons pour les novices ne fonctionnera pas car tout est question de techniques et d’anticipation du fait de la lenteur et de l'imprécision des combats. Il faut en plus ajouter à ça des sauts imprécis, presque "lunaires" et quelques problèmes de collisions (le scénariste est-il passé dans les bureaux au moment du développement ?). Mais le fin du fin reste sans contexte cette hit-box bien moisie où il arrive qu'un coup, normalement porteur, passe à travers de l'adversaire. Pourtant comme tout bon jeu de combat qui se respecte, les personnages possèdent tous leurs propres coups spéciaux. Les techniques spéciales s’exécutent en appuyant sur une suite de boutons, malheureusement assez difficile à sortir du premier coup. Il existe 2 types de garde : une garde physique et une garde magique. La première permet de se protéger des coups directs, la seconde préserve des attaques spéciales. Bref, les développeurs ont cherchés à nous pondre quelque chose d'original... mais c'est malheureusement mal mis en oeuvre. La bande-son est discrète, les bruitages sont bonne facture tandis que les musiques sont assez entraînantes pour motiver l'envie de se battre.



Shaq-Fu partait avec Note
de bonnes intentions (qualité des graphismes, fluidité de l'animation, scénarisation...) mais échoue lamentablement à cause d'un gameplay inadapté. Si cette version Mega Drive est un peu moins colorée que celle sur Super Nintendo, sachez qu'elle possède 12 personnages jouables contre 8 sur la console de Big N, au sein d'une cartouche de 24Mb contre 16. Cette plus-value ne rend pas le jeu meilleur mais il est clair que son intérêt s'en retrouve légèrement réhaussé. Shaq-Fu est donc l'une des plus grosses daubes de la Mega Drive, à mettre juste à côté d'un Fighting Masters plus moche, mais plus fun. Et face aux cadors de la machine, qui sont Super Street Fighter II ou Mortal Kombat II, il est difficile pour notre petit Shaquille de faire la différence. Finalement, les basketteurs sont plus à l'aise dans les jeux de basket-ball et Electronic Arts l'a bien compris. Seule reste une question en suspend : avec quel produit le scénariste s'est il drogué ?



Test réalisé par Kyom & iiYama

septembre 2013