Double Dragon (NGEO AES - CD) -- GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sorties du jeu : mars 1995 (MVS / AES) - juin 1995 (CD)
Développeur : Technos Japan Corporation
Editeur : SNK
Genre : versus fighting

Version testée : MVS américaine - AES japonaise - CD américaine
Voix dans le jeu : US / JAP
Textes à l'écran : US

Support : cartouche de 178Mb / 1 CD-Rom (CD)
Difficulté :
Temps de jeu : 35 minutes environ
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément
Abréviation : DD
Titre alternatif : Double Dragon '95
Prix au lancement : 1450Frs (AES) - 400Frs (CD)


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Double Dragon









Il fut un temps
Bien qu'elle ne paye pas de mine, l'intro reste sympathique
(qui commence à être sérieusement reculé) où le roi des beat-them-alls était un certain Double Dragon, et ce juste après un Kung-Fu Master assez remarquable (je me souviens encore de ma superbe version Atari 2600... ô la vache, je commence à me faire vieux moi -_- ) et ce avant que Capcom et SEGA ne deviennent les grands patrons du secteur, l'un avec ses Streets of Rage, l'autre avec ses Final Fight, Captain Commando, Cadillacs & Dinosaurs, Punisher, etc. Technos (qui prend normalement un trait sur le "o") est un modeste studio fondé en 1981 à Tokyo, et après avoir développé bon nombre de jeux sur Arcade (à l'époque c'était exclusivement des machines 8-bits), l'heure de gloire sonna en 1987 avec la sortie de Double Dragon, un jeu assez révolutionnaire à l'époque et qui posera de nouvelles bases pour le genre. Face à ce succès, les portages consoles et micro s'enchainent (NES, Master System, Game Boy, Amstrad CPC, Amiga, Atari ST...), la réputation de la licence s'installe durablement et l'année suivante (1988) sort naturellement une suite. 1990 voit apparaitre un 3e opus sur Arcade (Double Dragon 3 : The Sacred/Rosetta Stone, développé par East Technology) et Technos revient au développement avec Super Double Dragon (Return of Double Dragon au Japon) en 1992 sur Super Nintendo. Malheureusement pour eux, le vent a clairement tourné depuis que Capcom et SEGA ont imposés leurs licences et les Double Dragon, avec leurs réalisations dépassées et leurs gameplays vieillissants, ne font plus rêver. Ajoutons à ça que peu à peu, le beat-them-all se laisse submerger par le beat-them-up (appelé aujourd'hui "versus fighting"), entre autre à cause de l'inébranlable succès de Street Fighter II et de toutes les productions qui s'en inspireront. Au final, Double Dragon perdra lentement son aura de prestige. Pourtant il faut le reconnaitre, dans le cœur des vieux gamers, c'est toujours un nom qui résonne et même si Technos fermera ses portes en 1996 après les sorties infructueuses des Voltage Fighter Gowcaizer et Super Dodge Ball (tous 2 sur Neo-Geo), on notera malgré tout que d'autres titres Double Dragon ont vu le jour comme le cross-over Battletoads & Double Dragon (1993), Double Dragon V (1994), le très bon Rage of the Dragons (Neo-Geo) en 2002, le raté Double Dragon Neon (sur PS3 et Xbox 360) en 2012 ou encore Double Dragon IV en 2017 (sur PS4, PC et Switch... oui le 5 est sorti avant le 4, que voulez-vous, c'est ça la logique japonaise).



Dragon Double


Entre les 2,
Il est vraiment dommage que le développement du scénario se cantonne plus ou moins aux habituelles railleries de fin de combat...
un film Double Dragon sortira en novembre 1994 aux Etats-Unis / juillet 1996 en France (une production américaine à ne pas confondre avec l'autre Double Dragon, avec Jackie Chan, réalisé par Tsui Hark et sorti en 1992), avec au casting Mark Dacascos (dans le rôle de Jimmy Lee), Robert Patrick (dans le rôle de Shuko, le boss final) et Alyssa Milano (dans le rôle de Marian Delario). De ce film découlera un jeu, Double Dragon (tout court), sorti au cours de l'année 1995 sur les 3 supports Neo-Geo (MVS, AES et CD), profitant sans doute de la sortie du long-métrage en vidéo (aaahhhh le bon vieux temps des VHS... ou pas ^_^). Evidemment le film est une purge sans nom, au même titre que la plupart des long-métrages issus de jeu vidéo (Alone in the Dark, Far Cry, Mario Bros, Street Fighter, Max Payne, Dead or Alive, BloodRayne et j'en passe !). Et comme la tendance était aux jeux qui inspirent un film pour ensuite en faire un nouveau jeu, notre ultime Double Dragon reprend bien évidemment les bases du navet de James Yukich, à la différence que les développeurs n'ont pas fait comme Incredible Technologie et Capcom avec leur Street Fighter : The Movie qui a digitalisé les acteurs, façon Mortal Kombat, pour un résultat catastrophique (ceci dit, le jeu de Capcom est sorti 3 mois après celui-ci). Non, ici Technos a réalisé un jeu "normal", en bonne vieille 2D et avec des graphismes classiques. On commencera comme toujours par évoquer l'introduction du jeu qui reprend quelques micro-passages du film (on y reconnaitra surtout Robert Patrick) et qui enchainera par la présentation rapide des divers protagonistes du jeu, avec les classiques démos. Bien entendu la séquence filmée n'a pas de son à proprement parlé, elle est très courte (5 à 6 secondes environ), elle est recadrée à hauteur de 50%, c'est âprement pixellisé et peu coloré (comme une vidéo sur Mega-CD)... mais il faut se souvenir qu'à l'origine nous sommes sur un support cartouche et non sur CD-Rom, donc ce bonus est assez impressionnant pour de la Neo-Geo. Il est clair que les développeurs avaient sûrement "de la place" à gaspiller car honnêtement, ce morceau de film qui doit bouffer bien des Mega-Octets sur la cartouche, aurait pu être mieux employé... à une "vraie" scénarisation par exemple. La Neo-Geo excelle dans le genre, on peut même dire qu'elle fut la pionnière en instaurant de véritables "story" à ses jeux de combats (en témoignent les King of Fighters), or ici, il n'y a presque rien ! Nous avons bien le boss final qui nous affiche un texte pour justifier cette aventure, on retrouve les habituelles railleries de fin de combat mais au fond, si vous n'avez pas la notice sous la main, l'histoire vous passera complètement au dessus de la tête. Remarquez, vous ne ratez pas grand-chose tant cette dernière est sans intérêt aucun...




Avec un tel design et un jeu d'acteur à coucher dehors, il est normal
que le film Double Dragon (réalisé par James Yukich et sorti
en 1995) soit l'une des pires adaptations qui existe
(cliquez pour agrandir)



De beat-them-all à versus fighting


Comme vous le savez,
Le mode Beginner est parfait pour se faire la main, avec notamment une difficulté au ras-des-pâquerettes
en général je teste les différentes versions d'un jeu, MVS, AES et CD si elle existe (dans le cas présent, même la version PlayStation y passera). On commence donc avec la version AES (japonaise) qui nous propose, une fois le bouton Start pressé, 2 modes de jeu : Beginner ou Normal. En Beginner, c'est l'occasion de se faire la main : on choisit son perso et on enchaine 5 combats d'une facilité que le même le mode "easy" n'atteint pas. Un bon moyen de se faire aux subtilités du gameplay et d'apprendre les coups spéciaux du personnage choisi. Ceci dit le mode Beginner montre vite ses limites puisqu'on ne peut que choisir son adversaire, pour le reste, le jeu décide pour vous. Une fois qu'on a fait mumuse 5 minutes sur le mode débutant, on se lance dans le mode Normal, où de suite les options sont nettement plus fournies : choix de la difficulté, nombre de rounds gagnants, limite de temps, sélection du premier adversaire, handicap... Tout ceci est pas mal du tout. Le défaut c'est de ne pas retrouver ça dans une vraie page d'options dédiées et surtout, que le jeu ne dispose pas d'un vrai mode versus. En effet le versus se joue comme sur borne d'Arcade, à savoir que le joueur perdant presse Start, sélectionne son "fighter" et pour les options (comme le choix du stage) on se brossera (seule la limite de temps et l'handicap sont configurable à l'ouverture du "mode Normal"). Sur Neo-Geo CD c'est un peu mieux fichu : afin d'éviter les temps de chargement, le menu morcelle la composition du jeu (par exemple on nous évite le "How to Play", si vous voulez le voir, cliquez sur l'option, idem pour les petites démos). On a aussi la possibilité de couper les musiques (?) mais aussi de configurer les touches du pad, car il faut bien avouer que le pad cacahuète n'a pas grand-chose à voir avec le gros stick de l'AES. En contrepartie, l'introduction se charge en 2 fois et ne propose qu'une seule démo (les autres restent dispos dans le menu principal). Dans tout ça j'ai un gros regret, celui de ne pas pouvoir couper les flashes ! En effet, dans ce Double Dragon ils sont très nombreux et particulièrement pénibles ! Jouer trop longtemps m'a été impossible à cause de ça, tant ils procurent une fatigue oculaire rapide et agressive (et je ne parle pas des épileptiques qui doivent voir ce jeu comme la peste !). A l'image de SVC Chaos, j'aurai grandement apprécié une option qui me permette de les couper, surtout si vous jouez comme moi sur grand écran et dans le noir... là c'est vraiment l'horreur !



   

Le menu sur AES suivi des différents (et nettement plus fournis) menus de la version CD



Billy, Jimmy et tous les copains...


Vous l'aurez compris,
Passer du beat-them-all au versus fighting est un exercice difficile que Double Dragon a réussi... à sa 2e tentative
Double Dragon est passé d'un beat-them-all (anciennement) de renom, à un versus fighting, sans doute plus à la mode. Ceci dit la licence s'était déjà essayé au genre en 1994 sur Mega Drive et Super Nintendo (et en 1995 sur Jaguar). Evidemment face à Super Street Fighter II ou Mortal Kombat II, le jeu développé par Leland Interactive Media faisait triste mine. Nouvel essai, cette fois développé par Technos lui-même et à destination du support roi du versus fighting, notre Double Dragon a eu une grosse concurrence mais en un sens, le développeur nippon s'est donné les moyens de s'imposer. Au niveau du roster, nous avons 10 personnages de base, plus 2 boss à affronter en fin de parcours. Via une astuce toute simple, on peut débloquer et jouer avec ces boss, ce qui monte le total à 12. Au final ça reste peu face à un Fatal Fury Special (15 persos), Super Street Fighter II (16 persos), les World Heroes 2 Jet et Perfect (16 persos chacun) ou encore King of Fighters '95 et ses 24 persos. Si bien entendu on affrontera tout le monde, je trouve une nouvelle fois absurde d'être opposé à son double : qu'on puisse prendre le même perso en versus, c'est bien, c'est même logique, mais lors d'un mode story (si on peut l'appeler comme ça) c'est juste débile. Par contre, Technos a ajouté 2 petits points très pertinents à son écran de sélection, à savoir que le jeu affiche les 3 attaques de base de chaque perso (une sorte de mini "skill list"), ainsi que ses caractéristiques parmi puissance, vitesse et défense. Dans les 2 cas c'est une excellente chose qui, étrangement, n'a pour ainsi dire jamais été repris dans un autre jeu. Bien entendu on retrouve nos 2 héros de toujours qui sont Billy et Jimmy Lee, la jolie fille en détresse (Marian, même si visiblement elle sait très bien se défendre la bougresse), Amon le ninja (qui rappelle sans mal Shinobi) ainsi qu'une jolie brochette d'antagonistes : Abobo qu'on ne présente plus, Burnov (issu de Double Dragon II) et bien sûr les 2 boss, Duke et Shuko. Notez tout de même que Billy et Jimmy sont naturellement les 2 personnages les plus faciles à prendre en mains : à l'image de Ryu et Ken, leurs coups spéciaux sont faciles à placer, simple à faire (d'ailleurs ils ressemblent beaucoup à ceux du duo de Capcom), pour en faire des personnages équilibrés et parfait pour les débutants.



Roster léger mais quelques originalités


Bien que
Je suis un vieux gamer, donc j'ai trouvé les nouveautés (dash, contre, charge, furies, double saut...) vraiment superflues, limite encombrantes !
ce soit un versus fighting assez classique dans l'âme, Double Dragon essaye d'imposer quelques originalités comme le double saut, le dash avant/arrière ou encore ces subtilités de plus en plus à la mode comme la protection et les chopes en l'air, les furies ou encore les contres. Etant un peu de la vieille école, je n'aime pas trop ce genre de mouvements qui surchargent le gameplay et fait en sorte que le jeu vous en mette plein les dents, sans que vous puissiez riposter. Les furies OK c'est sympa, d'autant plus qu'à l'image d'un KOF, elles sont généralement impressionnantes visuellement parlant. Maintenant le double saut n'apporte strictement rien et le reste... c'est un peu idem. Les "furies" sont liées à une jauge de "charge" vraiment peu visible, puisqu'elle est implantée à même la barre de santé. En fait, plus votre santé est pleine, plus de temps ça prend, plus elle est vide, plus vite vous pourrez accéder à une nouvelle panoplie de coups spéciaux. Si les manipulations ne sont pas très compliquées, cette affaire de jauge embrouille le joueur qui bien souvent, ne sait plus où il en est dans sa jauge de santé. Une idée saugrenue, qu'il aurait mieux valu contourner via une jauge secondaire placée en dessous par exemple. Quant aux coups, les 4 touches A B C D servent à augmenter crescendo la puissance de ses attaques, avec une nette préférence pour les poings sur A et B, les pieds sur C et D. Ceci dit les coups spéciaux sortent aussi bien avec n'importe qu'elle touche, sans "exclusivité" entre les membres comme on peut le voir chez Capcom par exemple.



 

Le roster peut sembler un peu léger (10 persos) ceci dit débloquer les 2 boss est très facile.
Noter également la micro "skill list" en bas et qui se révèle bien pratique...



Ce soir on mange de la soupe aux dents, les vôtres !


Sur l'épineuse
La difficulté devient vite un problème si on sort du mode "easy", avec pour point culminant 2 boss infernaux !
question de la difficulté, sachez qu'elle est assez déséquilibrée. Sur consoles de salon et en "easy", il est possible de finir le jeu mais déjà là, vous allez vous heurter à des adversaires relativement féroces. Mais dès le niveau "normal" (comme le niveau 4 sur MVS) ça devient rapidement du grand n'importe quoi ! Des adversaires comme Abobo, Dulton, Marian (particulièrement chiante celle-là !) ou Cheng-Fu sont de véritables furieux qui n'ont qu'un désir : vous faire avaler vos dents ! Evidemment les pires sont les 2 boss : des teignes sans foi ni loi qui seront un véritable rempart entre vous et l'épilogue. Notez que le jeu se permet quand même quelques passe-droits comme nous infliger systématiquement des coups lorsqu'on tombe à terre et comme il sait exactement quelle attaque déclenchée au moindre de nos mouvements, histoire de ne nous laisser presque aucune chance de gagner, les affrontements deviennent vite déséquilibrés et stressants. Et encore là, je n'évoque pas les modes de difficulté les plus élevés où rien que passer le premier round est déjà un véritable défi ! Avec ça s'ajoute le fait que sur consoles, nous n'avons que 4 misérables crédits ! Non mais sérieux, ça coute quoi d'avoir un "Free Play" (des continues infinis), surtout lorsqu'on paye son jeu aussi cher ? Les développeurs ont tendance à l'oublier ça : le versus c'est bien mais tout le monde ne passe pas son temps à jouer à 2 et lorsqu'on paye son jeu 3 à 5 fois plus cher que sur les autres consoles (je vous rappelle qu'un jeu Mega Drive coutait 400Frs en moyenne alors qu'un jeu Neo-Geo coutait l'exorbitante somme de 1450Frs, soit 220€ !!), on devrait au minimum avoir certains bonus. Bref c'est un fait, avec 4 pauvres crédits vous n'irez pas bien loin et il y a de fortes chances que sans tricher (Unibios) vous ne finissiez jamais le jeu. Voilà qui est dit.



Art Dragon Shodown : même combat, gros zoom !


Techniquement,
La réalisation est très colorée et les animations sont fluides. Pas le plus beau jeu, mais du bon travail malgré tout
notre Double Dragon dispose d'une belle cartouche de 178Mb (un peu plus de 22Mo, soit plus de 5 fois Super Street Fighter II sur Super Nintendo) c'est pas mal mais on est loin de plafonner (à titre de comparaison, la même année est sorti Fatal Fury 3 et il pèse pas moins de 266Mb !). Après je le dis toujours, ce ne sont pas les plus grosses cartouches qui font les plus gros jeux et notre Double Dragon a pour lui une réalisation qui tient très bien la route. Les personnages sont animés de façon fluide, ça ne ralentit pas, il n'y a pas vraiment de bugs à référencer et comme évoqué, certains coups spéciaux (notamment les furies) sont visuellement très impressionnantes. Les décors sont pas mal détaillés, très colorés et avec un fort contraste, un résultat sans réfléchir plus probant que s'ils s'étaient laissés séduire par la technique de digitalisation (n'est pas Mortal Kombat qui veut !). Si bien entendu certains décors sont assez banals, on notera que dans la plupart il y a des éléments destructibles (notamment chez Abobo, Jimmy et Marian), ce qui fait parfois "évoluer" le-dit décor. Et puis il y a des niveaux esthétiquement réussis comme chez Amon (moi j'aime bien ^^), Burnov ou Rebecca. D'ailleurs pas mal de décors assument de grosses animations, qui malheureusement, ne sont pas toujours fluides (comme chez Eddie Jenkins où les vagues sont du coup un peu moches). Dernier point, Double Dragon utilise la technique du zoom, qui est très à la mode depuis que Art of Fighting et Samuraï Shodown les ont démocratiser. Un zoom qui est en plus très fort, tant la taille des personnages peut passer du simple au triple, faisant qu'au corps à corps, les adversaires assument une très belle taille. Dans l'ensemble Double Dragon tient donc plus que correctement la route et à ce titre, je comprends mal les critiques envers lui sur ce sujet-là, d'autant plus que nous avons un décor par personnage (et donc 12 stages), ce qui commence doucement à ce faire rare sur le secteur. D'ailleurs chaque personnage à sa petite animation d'introduction, ce qui est rare, ça aussi.




Le zoom est à la mode depuis Art of Fighting et Samuraï Shodown,
et il est ici bien utilisé (crédits : NeoGeoSpirit.com)



Le jeu du film inspiré du jeu


Au final,
Bien que l'ensemble "fasse le job", on aurait aimé de meilleures musiques et surtout des bruitages plus percutants
les critiques savent surtout montrer du doigt les défauts, mais plus difficilement mettre en avant les qualités d'un jeu qu'ils ne jugent pas au plus haut point. Alors certes, la réalisation ne vaut peut-être pas un Fatal Fury 3 ou un Samuraï Shodown II, mais en attendant ça tient agréablement la route (notamment les furies qui a zoom max, sont assez spectaculaires). Comme d'accoutumé, terminons par la bande-son qui, sur cartouche, est loin d'être exceptionnelle. Aucune musique ne sort du lot, la rythmique est sympa mais les mélodies sont tellement passe-partout qu'on n'y prête aucune attention. Du coup autant dire que le trio de compositeurs (Chiaki Iizuka, Fumio Suzuki et Kiyomi Kataoka) signe ici tout sauf une œuvre. C'est un fait, sur Neo-Geo CD on apprécie d'avoir un prix largement revu à la baisse, des options en plus (c'est aussi ça le bon côté d'une sortie tardive) mais aussi et surtout une nouvelle bande-son. Et en effet, version CD "dans les règles de l'art" oblige, cette édition propose (en plus de ce qu'on a déjà évoqué) des musiques réorchestrées, directement lues sur le disque. Malheureusement les compositions en elles-mêmes sont identiques : même rythme, mêmes mélodies franchement bof... du coup si la qualité a été rehaussé (CD-DA oblige), avouons que le résultat n'est pas forcément meilleur. Dommage... Enfin, évoquons les voix digitales et les bruitages : comme toujours sur Neo-Geo, les voix sont claires et parfaitement audibles, en somme il n'y a strictement rien à redire sur ce plan-là. Enfin côté bruitages, sachez qu'ils sont corrects mais qu'ils manquent de punch. C'est dommage car ça pénalise le dynamisme des combats. Sans dire qu'ils sont mauvais, disons qu'on les aurait apprécié plus violents, plus percutants, à l'image de ce que fait SNK la plupart du temps.



Passant du Note
beat-them-all au beat-them-up (ancienne appellation du versus fighting) Double Dragon est l'une des dernières productions de Technos Japan, cet ancien développeur qui a fait rêver toute une génération de gamers Arcade dans les années '80. Il faut dire que Double Dragon a posé de solides bases à un genre balbutiant, même si par la suite d'autres (SEGA, Capcom) se sont montrés nettement plus novateurs et précis dans leurs productions. Double Dragon avait donc un grand besoin de renouveau et après l'échec de l'épisode V, Technos a repris les raines de son poulain afin de nous offrir sa propre version du versus fighting sauve Lee Brothers. Rivalisant sans mal face à des Karnov's Revenge, World Heroes Perfect et autre Galaxy Fight (tout en écrasant lamentablement Aggressors of Dark Kombat :) il faut reconnaitre que les qualités du titre sont déjà nettement moins flagrantes lorsqu'on les opposent aux titres majeurs de la période tels que Super Street Fighter II, Fatal Fury 3 / Special, Samuraï Shodown II et King of Fighters '95. Maintenant il serait peut-être temps d'arrêter de cracher sur ce titre, car Double Dragon possède aussi pas mal de qualités. Rappelons qu'en 1995 peu de jeux arrivaient à un tel niveau technique (les Mega Drive et Super Nintendo étaient complètement larguées et incapables de supporter un portage, il faudra attendre que la puissante PlayStation pour profiter d'une adaptation), notamment avec un zoom puissant et fluide. D'ailleurs les animations sont de qualité, tout comme la réalisation globale, qui se veut très colorée. Alors bien sûr tout n'est pas parfait comme cette difficulté mal équilibrée (carrément abominable selon le niveau !), ces nouveautés dispensables (dash, double saut... pourquoi faire ?) ou encore ce roster un peu faiblard de 10 à 12 persos. Et après ? A-t'on fustigés pour ça les Art of Fighting 3 (10 persos), Fatal Fury 3 (10 persos), Garou (12/14 persos) ou encore Last Blade (12 persos) ? Non, alors vous voyez bien que, comme toujours, il y a 2 poids 2 mesures comme on dit ! Bref, Double Dragon n'est peut-être pas le meilleur des versus fighting (surtout sur Neo-Geo où la concurrence est très rude) et il n'est peut-être pas à la hauteur du prestige de sa licence, mais en attendant il est loin d'être mauvais, voire même il surclasse bon nombre de titres du genre.



Les -

  • A peine 4 crédits sur console... quoi vous les payez ? Ça vous ferez mal de nous mettre les crédits infinis ?
  • Prise en mains un peu gâchée par des fonctionnalités (dash, double sauts...) souvent inutiles
  • Les flashes sont vraiment atroces pour les yeux, et on n'a pas d'option pour les couper
  • La difficulté devient vite un problème au plaisir de jouer en solo
  • Bruitages trop timides et musiques franchement bof-bof
  • Des animations de décor pas toujours fluides
  • Les +

  • Version Neo-Geo CD agrémentée : musiques réorchestrées, options plus fournies, prix abordable
  • Caractéristiques et mini "skill list" à l'écran de sélection du personnage
  • Une migration BTA vers "versus fighting" assez réussie
  • Des décors fortement animés, ça change :)
  • Les 2 boss sont accessibles facilement
  • Pas mal d'éléments destructibles
  • Le zoom, fluide et efficace

  • Test réalisé par iiYama

    juin 2020