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Alors que Nintendo 
Le SEGA Technical Institute était souvent un studio d'aide (ou de développement secondaire). Comix Zone est leur plus grand jeu continue son bonhomme de chemin avec sa Super Nintendo (puisque la Nintendo 64 ne sortira qu'en juin 1996 au Japon et seulement en mars 1997 en Europe), de son côté SEGA est déjà passé à autre chose avec une Saturn qui fait un bon départ au pays du Soleil Levant. Et c'est un fait, depuis la sortie de la 32-bits de la marque, cette brave Mega Drive semble comme abandonnée comme un chien au bord de la route à l'heure des grandes vacances. Heureusement il subsiste encore quelques productions qui voient le jour car, bien qu'elles soient très rares, il ne faut pas oublier que c'est un peu moins de 40 Millions de Mega Drive qui équipent les foyers et que comme beaucoup, passer à la Next Gen se fera dans le temps. Avec les (Ultimate) Mortal Kombat 3, Earthworm Jim 2, Vectorman et Sonic 3D, Comix Zone est l'un des tous derniers titres à voir le jour sur cette formidable console qui aura mis du temps à être maitrisée, mais qui depuis ne cesse de me surprendre. Contrairement aux autres divisions de développement de SEGA étiquetées "AM" et basées au Japon, le studio SEGA Technical Institute (plus connu sous l'acronyme STI et fondé par un certain Mark Cerny, principal architecte des PlayStation 4 et 5) est situé aux États-Unis et automatiquement rattaché à SEGA of America.
Ce studio américain a coopéré avec la Sonic Team pour développer Sonic 2, puis ils ont conçus Sonic Spinball, qui était là pour combler le vide laissé par un Sonic 3 qui a mis du temps à voir le jour. SEGA Technical Institute est également responsable de gros titres Mega Drive tels que Kid Chameleon ou Greendog, mais ce studio est souvent dans l'ombre de la Sonic Team, et ont aidés aux développements de Sonic 3, Sonic & Knuckles mais aussi Die Hard Arcade (en secondant l'AM1). Toujours est-il que le studio fermera ses portes en 1996, alors qu'ils développaient Sonic X-Treme sur Saturn (qui du coup ne sortira jamais) entre autre à cause du succès d'une PlayStation qui a fait beaucoup de mal à un SEGA qui a dû se remettre en cause et faire des coupes drastiques dans son budget. Cependant, le plus grand fait d'arme du Technical Institute, n'est autre que Comix Zone.
Bien que le 
Le scénario est vraiment sympa, les textes sont traduits en français et la scénarisation est assez poussée. Un régal :) jeu fut repoussé pour que STI créé Sonic Spinball, le développement a duré 18 mois et a été adapté aux mouvements de mode. Par exemple, à l'origine la bande-son était orientée hip-hop mais le mouvement "grunge" est devenu populaire (initié entre autre par le succès de Nirvana) du coup (de l'aveu même du concepteur) le look du héros fut modifié pour passer de "décontracté" à "badass", et la bande-son passe alors à du rock, pour mieux coller à cet univers. On peut aussi noter que les inspirations pour ce jeu ont été diverses, comme le clip "Take on Me" de A-Ha (dans lequel une jeune femme entre dans une bande-dessinée pour y rejoindre le héros, avant d'en sortir et de le ramener dans le monde réel), ainsi que les jeux à succès que sont les Streets of Rage et Street Fighter, les beat-them-all et versus-fighting ayant connus une ascension fulgurante durant la 4e Génération de consoles.
On embraye donc direct sur le scénario : le joueur dirige Sketch Turner, un dessinateur de comics qui s'est retrouvé enfermé dans sa propre BD lorsqu'un éclair frappe la planche qu'il était en train de dessiner. Dans le même temps, le principal antagoniste de ses planches, Mortus, a pris sa place dans le monde réel, mais doit tuer son créateur pour être réellement libéré. En dessinant directement sur les planches, il impose alors à Sketch (c'est un vrai nom ça ?) une série d'épreuves et des ennemis qu'il créé au fur et à mesure de l'avancement dans les cases...
En premier lieu on notera la grande originalité de l'univers qui nous fait évoluer dans une véritable bande-dessinée, alors que des jeux directement issus des univers de la BD (tels qu'Astérix, Les Schtroumpfs ou Tintin) n'ont jamais osé sauter le pas. Le 2e bon point du jeu, c'est sa traduction en 4 langues : anglais, espagnol, allemand et... français ! Nous voilà enfin bénis par maitre SEGA, qui prend en compte le fait que la France est un grand amateur de jeu vidéo (même si dans les médias de l'époque, les joueurs passaient encore pour des troglodytes boutonneux, sensibles à l'épilepsie et incapables de se socialiser - heureusement les choses ont changé depuis, tout comme SEGA qui aujourd'hui se permet de sortir certains de ses jeux sans même les traduire). Même si la traduction est assez aléatoire par moment (faisant passer Google Traduction pour un génie de l'interprétation linguistique), croyez-moi, en 1995 on a grandement apprécié l'effort.

Comme le jeu 
Les combats ne manquent pas de dynamisme est basé sur une BD, les développeurs ont fait beaucoup d'efforts en ce qui concerne la mise en scène avec d'abord une belle intro, pas mal de dialogues "in game" mais aussi une cinématique de game-over assez gratifiante malgré elle, ainsi que 2 fins possibles. Cet épilogue est imposé par une "jauge de super héros" qui, si elle n'atteint pas les 100%, vous empêchera de voir la bonne fin. Cette jauge apparait à chaque fin de niveau et quantifie votre "skill" du niveau. Par exemple, il y a parfois des pièges qu'on peut éviter, des bonus qu'on peut dénicher... couplé à votre faculté d'éliminer rapidement les ennemis, ça fera en sorte que votre jauge augmentera plus ou moins vite. Le jeu est divisé en 6 niveaux (3 mondes de 2 levels), emmenant le joueur visiter successivement un New York en ruines, un temple tibétain et pour finir un cimetière de bateaux, dans lequel le joueur doit affronter Mortus au pied d'une bombe nucléaire. Certes le scénario est assez téléphoné (après tout, rares sont les Comics à avoir des trames de premier ordre) mais c'est bel et bien la mise en scène qui donne beaucoup de corps à ce Comix Zone.
Avant de se lancer dans la bataille, un petit tour dans les options vous permettra de configurer votre pad (sachez que le pad à 6 boutons est compatible mais n'apporte pas grand-chose), il y a un sound-test (nommé jukebox) et sur le Net vous trouverez aussi de quoi réaliser des cheats-codes qui permettent d'obtenir l'invincibilité, le choix du level ou des coups spéciaux infinis (pour l'anecdote, ces cheats se rentrent comme dans Sonic 2, via le sound-test). Le jeu se présente sous la forme d'un versus-figiting mélangé avec un beat-them-all. Notre héros évolue dans des cases de BD où il devra éliminer les ennemis qui apparaissent. Le pad de la Mega Drive est très limité en touches : il y en a une qui sert à sauter, une seconde qui sert à cogner et la 3e sert aux objets. Avec seulement une touche d'action, les développeurs ont eu la bonne idée de varier les attaques en se baissant, en étant debout, en sautant ou en pressant "haut" (idem, il y a différentes attaques lorsqu'on accroché à un tuyau). Ça permet de varier les attaques (surtout lorsque l'ennemi se protège) et de réaliser de sympathiques combos. Quant à la touche des objets, elle permet d'activer un item que nous avons en stock dans la besace.
Notre héros de BD 
Au fond le jeu est très court et pour compenser ça, il est également très difficile peut stocker jusqu'à 3 objets qui peuvent être de quoi se revitaliser, un couteau, une bombe ou encore un pouvoir. Tous sont à usage unique et permettent soit de remonter sa santé, soit d'infliger de terribles de dégâts (c'est notamment le cas de la bombe et du pouvoir, le couteau étant plus délicat à lancer sur des ennemis qui ont beaucoup la bougeotte). Si on peut écourter certaines scènes de dialogues, il arrive aussi qu'on nous laisse parfois le choix de notre destination. Aussi agréable que bon pour la rejouabilité, nous avons également quelques passages secrets et quelques objets cachés à dénicher.
Sketch a un animal de compagnie, un rat nommé Roadkill, qu'il récupérera et pourra relâcher au besoin. Car oui le rat est aussi un animal de compagnie, très gentil et propre (contrairement à la fausse image que la populace a de lui) et ce Ratou (tout de même gros comme un chat ! ^.^) pourra attaquer les ennemis (ce que je vous déconseille) mais aussi et surtout découvrir des objets cachés dans le décor, ou nous aider à résoudre les (petites) énigmes du jeu. Malgré ses bonnes intentions, son utilisation est très anecdotique. Malheureusement, Comix Zone se traine aussi 2 grosses casseroles, et de taille !
La première c'est une durée de vie extrêmement courte. Et quand je dis courte, c'est vraiment très très courte puisqu'au fond, l'aventure dure 35 à 45 minutes maximum ! Alors certes, la replay-value est intéressante puisqu'au second rush on pourra faire d'autres choix, visiter d'autres cases de la BD et surtout déjouer les pièges dans lesquels nous sommes précédemment tombés, afin d'obtenir (cette fois) la bonne fin du jeu. Malheureusement (encore une fois) pour palier à cette durée de vie, il n'y a pas 36 solutions : imposer une sale difficulté ! Réputé pour être dur, sans les cheat-codes il y a peu de chances que vous voyez l'épilogue de ce jeu !

Tout d'abord il 
La réalisation est tout simplement magnifique ! La Mega Drive donne tout ce qu'elle a ! n'y a pas de mode de difficulté, ensuite Sketch ne dispose que d'une seule barre de vie et il n'y a pas vraiment de continue (Mortus vous donnera parfois une seconde chance, mais ce n'est pas systématique). Déjà assez raide au début du jeu, la difficulté monte en flèche lorsqu'à la fin du niveau 3, on affronte dans une arène boss sur boss ! Ajoutons à ça des ennemis en mode "sac à PV", qui se protégeront de plus en plus de vos coups au fil de cette courte aventure, ce qui complique drastiquement les affrontements. Pour la même durée de vie, j'aurai largement préféré péter plus de gueules (genre en mode beat-them-all) plutôt que d'affronter quelques ennemis éparses et qui sont de plus en plus pénibles à étaler ! Ces "astuces" visant à rallonger artificiellement la durée de vie, ne rendent pas le jeu agréable, ni hommage à ses atours de beat-them-all. Quant à l'affrontement final (et comme évoqué précédemment) si vous n'avez pas rempli votre jauge de super héros en jouant à la perfection, vous n'arriverez jamais à dessouder le boss final à temps et vous obtiendrez donc la "mauvaise fin" (qui est déjà pas mal du tout, soit dit en passant). Mais malgré ces ficelles de programmeurs et sa difficulté assez rêche, dans le fond la durée de vie reste extrêmement courte.
Si Comix Zone déçoit sur sa durée de vie, une longueur famélique qui a sans doute incité les développeurs à nous imposer cette sale difficulté, à contrario la réalisation est d'un excellent niveau. La cartouche fait 16 Mb et en premier lieu, on apprécie d'avoir beaucoup de dialogues traduits, mais aussi des cinématiques assez nombreuses (bien qu'en images fixes). On profite également de très beaux graphismes. Certes un peu granuleux, les décors sont toujours très colorés, parfaitement détaillés et aussi surprenant que cela puisse paraitre, ils sont aussi très variés (dans le petit laps de temps que dure l'aventure). Les animations sont en outre très fluides, notamment en ce qui concerne notre héros. Les ennemis le sont un peu moins, mais l'ensemble reste d'un excellent niveau. Le jeu nous propose en sus quelques effets spéciaux (notamment des distorsions), ce qui occasionne aussi quelques ralentissements (c'est surtout vrai dans les égouts). Côté son, la plupart des bruitages sont classiques, mais on apprécie que les coups soient mieux rendus. Avec une bonne dynamique, ça donne du punch aux nombreux affrontements. De leur côté les voix digitales ne sont vraiment pas mauvaises : claires, compréhensibles, en un mot de qualité.
Je finirai par 
Les voix digitales sont bonnes, les bruitages aussi. Mais le tout est gâché par des musiques à la fois trop fortes, aux sonorités "plastiques" et désagréables vous parler des musiques composées par Howard Drossin, qui a réalisé les bandes-sons de quelques films (tels que Blade Trinity, les autres étant assez moyens ou inconnus) et de quelques jeux (Sonic & Knuckles, Sonic Spinball, Afro Samuraï ou le Splatterhouse de 2010). Etant donné son CV, difficile d'en déduire que c'est un bon compositeur. Sonic Spinball dispose d'une bande-son médiocre et si Sonic & Knuckles profite de quelques bonnes pistes, déjà elles ne le sont pas toutes, et puis la qualité des mélodies et de l'instrumentation sont très en dessous des 2 premiers opus. Tout ça pour dire que ça n'augurait pas du meilleur. Et comme on pouvait s'en douter... la bande-son est à chier ! Elle est tellement mauvaise que je crois que j'aurai préféré quelle reste sur des orientations hip-hop (je n'en reviens pas de penser ça car Dieu sait que je n'aime pas le genre, alors que j'adore le Rock !). Dans Comix Zone, la musique est entrainante, rythmée, elle porte l'action, ce qui est une excellente chose. Non, le problème c'est la qualité du son et des compositions.
Les sonorités sont plus "plastiques" que jamais, l'instrumentation n'est pas terrible et que dire des compositions ?! Les mélodies sont d'une banalité terrible ! En plus de ça, les musiques sont hyper "bruyantes" et dénuées de tout charme, de toute mélodie accrocheuse. Alors certes leurs aspirations Rock sont sympathiques, mais moi qui apprécie souvent à sa juste valeur les sonorités d'une Mega Drive acoustiquement mal aimée (et souvent mal maitrisée) je peux vous dire que j'ai baissé le son ! Quand on sait de quoi le support est capable avec des titres comme Alien 3 ou Thunder Force IV pour le Rock/Metal, les 2 premiers Sonic pour ses sonorités "so video games" ou encore les Street of Rage pour l'orientation Techno/Underground... on se dit que là, autant les développeurs ne maitrisent pas le chip sonore de la console, autant le compositeur est un "nullos" qui peut retourner faire des OST de téléfilms... Non vraiment cette bande-son est un gâchis, une soupe de sons synthétiques au possible, auxquels s'ajoutent des fausses mélodies qui viennent vite à taper sur les nerfs. Voilà pourquoi je me dis que j'aurai préféré une bande-son hip-hop car elle aurait été (peut-être !) meilleure.

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On peut le dire,
Note
avec Comix Zone nous sommes en présence d'un bon jeu qui en plus, est particulièrement original ! Jouer ce gars au patronyme à coucher dehors (Sketch, c'est vraiment un nom ça ?) mais au look badass, qui va aller péter des gueules dans sa propre BD... c'est vraiment pas mal et ça nous change des scénarios un poil bidon auquel le jeu vidéo classique nous a habitué. De plus la réalisation est vraiment de haute volée avec des animations fluides, quelques effets sympas, des décors travaillés, colorés mais aussi une mise en scène de premier ordre avec des dialogues traduits en français. SEGA a été grand prince sur ce coup-là... Maintenant si beaucoup lui voue un véritable culte, sachez qu'on reste loin du jeu parfait, en premier lieu avec une difficulté absurde qui vise à camoufler la faiblesse d'une durée de vie affreusement courte. Il est vraiment dommage que son long développement (18 mois, c'est beaucoup pour un jeu 16-bits) n'ait pas réussi à nous offrir une durée de vie plus longue, avec plus de planches et moins d'ennemis qui, soit passent leur temps à contrer nos attaques, soit qui ont une santé abrutissante, rendant les affrontements longs et pénibles, au lieu de nous offrir de la chair à canon qu'on aurait pris plaisir à exploser à la chaine. Ajoutons à ça que la replay-value est intéressante mais malgré toutes ses bonnes intentions, le jeu n'arrive pas à se hisser aux plus hauts rangs. La faute aussi à une bande-son affreusement platonique, aux sonorités pseudo-rock digne des plus mauvais synthétiseurs, ainsi que quelques facettes sous-exploitées (comme le rat et les objets, qui auraient pu avoir un plus grand impact). Pourtant, malgré des défauts d'importance, Comix Zone reste un bon jeu, dont la courbe d'apprentissage est lente, mais surtout dont l'originalité et la réalisation ont fait date. Il est juste dommage qu'une suite n'ait jamais vu le jour (malgré de bonnes ventes sur ce premier opus), car elle aurait pu corriger le tir et nous proposer le titre irréprochable qu'on espérait tous... En attendant, ce Comix Zone reste un bon jeu, une belle performance technique à l'originalité avérée, mais avec laquelle il faudra être patient pour l'apprécier à sa juste valeur. |

