Kid Chameleon (MD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mai 1992
Développeur : SEGA
Editeur : SEGA
Genre : plate-formes / action

Support : cartouche de 8Mb
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs en alternance
Titre alternatif : Chameleon Kid (JAP)
Prix au lancement : 400Frs


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Kid Chameleon









Parmi les
Kid Chameleon c'est avant tout une histoire de transformations...
jeux les plus cultes et les plus difficiles de l'âge d'or des consoles, il figure quelques titres à la renommée intouchable, véritables pépites à l'éclat brut. On pourrait citer des jeux connus comme Rocket Knight et sa suite Sparkter, Earthworm Jim, Another World, Ecco the Dolphin, Gunstar Heroes, Puggsy… et encore là je n'évoque que les plus populaires. En effet, il y a des titres nettement moins connus du grand public comme Chakan, Strider ou BlackThorne et qui pourtant jouissent d'une véritable manne auprès des "vrais" connaisseurs. Et il y a quelques fois un nom sort du lot, c'est celui de Kid Chameleon. Peu nombreux sont ceux qui l'ont fini (même en utilisant l'astuce qui permet de se téléporter jusqu'au boss final) et pour cause, il est abusément difficile ! Avant d'en arriver à parler de ça, évoquons d'abord le bout de scénario que SEGA nous a concocté : "un nouveau jeu vidéo, le Wild Side, est apparu dans les salles d'Arcade. Dans ce jeu, le joueur interagie dans une réalité virtuelle créée grâce à des hologrammes. Mais le jeu est devenu tellement réaliste que le boss, Heady Metal, s'est échappé et a commencé à capturer les joueurs qui perdaient. Cependant, un jeune garçon connu sous le nom de Kid Chameleon a décidé d'y entrer et de vaincre Heady Metal pour sauver les joueurs prisonniers". Bon soyons clair, pour un jeu des années '90 c'est assez original mais de nos jours, on en a vu d'autres. On ne se surprendra donc pas d'une telle trame mais remit dans le contexte, difficile de bouder la singularité de l'écriture. Pour nous mettre l'ambiance, on dispose d'une sympathique intro. Ensuite plus rien jusqu'à un épilogue décevant et expédié. Mais quoi plus naturel pour un jeu du siècle dernier ? Sur le plan du gameplay, tout l'aspect unique de Kid Chameleon tient à ses costumes. Très inspiré de Super Mario Bros, le jeu mélange habilement plate-formes et action, un peu comme un croisement de Shinobi et de Super Mario Bros 3. Pour bien comprendre comment se déroule l'aventure, notre personnage grimpe un peu partout, traverse des zones secrètes, saute sur la tête des ennemis pour les tuer et brise des blocs pour attraper des cristaux et des masques. Selon le masque, les cristaux permettent d'obtenir un pouvoir offensif ou défensif, ou d'acquérir une vie supplémentaire. D'où l'importance de bien chiner dans chaque level. Les masques (ou casques) quant à eux sont au nombre de 9 (10 si on compte l'apparence "normale") et chacun a sa particularité.



Les transformations : cliquez pour ouvrir



Ces transformations,
La jouabilité est une horreur d'imprécision et les levels sont tous plus sadiques les uns que les autres
évidemment variées, permettent à Kid de traverser des niveaux très vite difficiles. En effet, chacun à sa fonction, ses bonus, ses lourdeurs et si très vite on a nos préférés (Jason ?), les niveaux les distillent de façon contenue. Pire, dans les niveaux avancés le jeu cherche à nous faire perdre le costume dont on a besoin pour justement avancer. Un gameplan particulièrement vicelard où tout est fait pour que vous perdiez. Si Kid Chameleon n'est pas avare en costumes, en diamants ou même en rallonge de temps, très vite on se heurte à une difficulté titanesque ! A croire que les niveaux n'ont jamais été testés en phase de production, tellement c'est incroyablement dur ! Les niveaux sont de véritables tortures à passer, avec en plus de ça des téléporteurs qui se chargent de vous rallonger le chemin vers la sortie (en vous ramenant au début par exemple). En plus les ennemis possèdent une IA qui n'a qu'une fonction : vous pourrir la vie ! Résultat, Kid Chameleon est l'un des jeux les plus difficiles qui existe, au même niveau qu'un Super Mario Lost Levels, vous imaginez le truc ? En fait, pour arriver à le finir il n'y a que 2 solutions humainement possible : soit vous utilisez un Game Genie, soit vous utilisez des quick-saves (avec un émulateur ou via des compilations telles que Mega Drive Ultimate Collection). Et pour finir le boulot, l'aventure est extrêmement longue et contient plus de 90 niveaux ramifiés : selon nos choix on parcourt environ une cinquantaine de levels, pour une durée de vie qui avoisine les 5 à 7 heures. Quant on pense qu'un jeu moyen (type Sonic) se finissait en 2 heures, Kid Chameleon faisait office de très bon élève. Le problème (un de plus), c'est qu'il n'y a ni sauvegarde, ni passwords. Il faut donc finir l'aventure d'une traite. Donc en plus d'être dur à l'extrême et de nous pourrir la vie avec des levels sadiques au possible, le jeu se paye le luxe du forcing.



Enfin la jouabilité
La réalisation est d'un très bon niveau
est loin d'être top niveau. Si le gameplay propose de belles originalités, la prise en mains est très imprécise. Les sauts sont bizarrement allongés et le Kid accuse une étrange inertie qui rend le contrôle particulièrement inefficace, là où justement, la précision est de mise. Ça finit de rendre le titre inhumain, vicieux et particulièrement irritant. Pourtant, malgré tous ses défauts, force est de reconnaitre que ce jeu-là possède une aura indescriptible et attractive. Allez savoir par quelle magie ou tour de passe-passe, si frustrant qu'il est, impossible de lâcher l'aventure avant d'en avoir fini avec (ou d'avoir encastré le pad dans la télé). C'est exactement ce qu'on peut dire d'un Batman Returns ou d'un Strider, eux aussi particulièrement tordus et éprouvants. Techniquement maintenant, Kid Chameleon possède son charme bien à lui. Si Sonic a déjà révolutionné le support, lui fera dans le grand classique avec des décors parfois jolis, parfois un peu sombres et moches. Reste que la patte graphique est assez atypique et attrayante, avec notamment des animations pas trop mal travaillées. Côté son, les bruitages sont parfois barbares mais restent toujours dans le ton, on profite de rares voix digit ("diiiee") et les musiques sont variantes. Certaines sont chouettes comme tout, quand d'autres ne sont pas terribles et usent des sonorités les plus perfectibles de la bibliothèque de la console.



Kid Chameleon Note
n'est pas un must have, un hit en puissance et pourtant, il reste un jeu culte à bien des égards. Ses transformations sont originales, la construction des niveaux est géniale (bien que les pièges sont presque tous fielleux), les boss sont dérangeants et énormes, et la réalisation tient suffisamment la route pour ne pas lasser le joueur. Par contre question lassitude, la difficulté va vous en faire baver. Plus de 90 levels alambiqués pour des heures de jeu, mais sans sauvegarde et sans passwords. Avec une jouabilité vraiment perfectible, ceux sont là les pires défauts de ce titre vraiment génial. Il nous a fallu un paquet d'heures pour en arriver au bout (environ 6 heures) et ce, parce qu'on a utilisé les quick-saves de la dernière compilation de SEGA (le jeu est exactement comme sur cartouche… cette version nous a d'ailleurs fait arracher les cheveux de la tête !). Kid Chameleon c'est autant de bonheur que de prises de tête avec des levels à recommencer sans cesse pour arriver à passer des pièges sobrement horripilants. Pourtant, on ne saurait que vous conseiller ce titre Mega Drive. Certes dépassé de nos jours, il n'a jamais connu de suite et reste aujourd'hui encore une véritable épreuve pour vos nerfs et vos réflexes. Pas le meilleur jeu de la console mais sans doute l'un des plus hypnotiques...



Test réalisé par Aquel & iiYama

septembre 2011