Final Fight
Vous ne le savez 
Avec son gameplay simple et efficace, Final Fight est rapidement devenu la référence d'un genre que Capcom maitrisera à la perfection peut-être pas mais Final Fight devait à l'origine être la suite du merdique Street Fighter, et se nommer Street Fighter '89. Heureusement pour nous Capcom a changé d'avis. Final Fight est un titre mythique, un de ce qui font sourire tous les connaisseurs, un de ce ceux qui rappellent d'excellents souvenirs. Avant de commencer ce test, je tiens à signaler que Final Fight est l'un des premiers vrais gros succès du genre sur Arcade (avec Double Dragon), qu'il est sorti sur plusieurs supports et sous diverses formes ou suites, et que la plupart des personnages créés, furent reprit dans les cross-over de la marque (notamment dans les Street Fighter Alpha).
Cette mise au point faite, il faut reconnaitre que Final Fight est LE jeu de baston de rue (beat-them-all) qui aura le plus cartonné. Le génial créateur de The Punisher, Cadillacs & Dinosaurs ou encore Captain Commando frappe très fort et enfonce le clou avec une œuvre performante, addictive et qui aura eu beaucoup de succès, plusieurs années durant. La recette est simple : un scénario basique, une action hyper soutenue, une prise en mains immédiate et une réalisation impeccable pour un public très vite conquis. L'histoire se déroule à Metro City, une ville dévastée par le chaos, les punks et la violence. Son maire, Mike Haggar, fait de son mieux pour faire régner l'ordre mais il a bien du mal. Les punks de leurs cotés, n'entendent pas se faire emmerder par le maire et enlève la fille de ce dernier. C'est ainsi qu'Haggar part dans une guerre personnelle, accompagné de Cody (le fiancé de la belle) et de Guy (l'ami de Cody).

La séquence d'intro est vraiment sympa mais elle fut censurée en occident. En effet, Jessica n'apparait que dans la version japonaise (d'ailleurs la taille des images est également différente). En compensation, la version occidentale propose plus de textes, elle détaille plus l'histoire
Il est vrai 
Le CPS-1 nous livre une réalisation de premier ordre : le jeu est très beau et superbement animé que le scénario est assez léger et n'est que prétexte à la baston mais il se révèle tout de même assez sympa. L'intro (comme la fin du jeu) est à base d'images fixes, relativement classique pour le genre et pour les machines de cette époque. Si l'aventure reste assez linéaire tout au long des 6 niveaux, vous aurez quelques divertissements en sus, comme des stage-bonus où il faut exploser une voiture à mains nues (j'ai mal pour le proprio) ou une diversité des décors assez bienvenue comme le passage assez culte du métro.
Pour résumer la prise en mains : la jouabilité est excellente car même si elle n'innove en rien, elle reste précise et intuitive. Le concept de base est assez simple : reprenant celui de Double Dragon, Final Fight use de seulement 2 boutons (frapper et sauter). Il y a 1 à 2 projections par personnage, personnages qui sont au nombre de 3 (Haggar, Cody et Guy). On peut jouer à 2 simultanément et se déplacer sur la profondeur. En plus, en pressant les 2 touches simultanément, notre personnage effectuera une attaque spéciale qui fera un peu le ménage autour de lui mais qui en contre-partie consommera un peu de sa barre de vie.
Enfin, sur le chemin pour déliver Jessica, on trouvera diverses armes pouvant faire très mal : couteau, barre à mine ou encore sabre (on regrettera juste l'absence d'armes à feu). Alors que le CPS-1 (l'hardware de la borne, conçu par le studio lui-même) est encore tout récent (il a vu le jour en mai 1988 et a déjà été le berceau d'énormes hits : Forgotten Worlds, Ghouls 'n Ghosts, Strider), fort de son expérience Capcom nous propose une prise en main rapide, des coups faciles à sortir, des combinaisons simples et surtout, du bon gros fun des famille...
Cadrage et résolutions

Il y a une petite chose qu'il faut bien comprendre avec les systèmes Hardware de Capcom, et vous allez le voir, ces mecs étaient des malins. Comme vous le savez déjà, c'est en 2007 que les normes audiovisuelles ont été mises à plat avec pour standard minimum le fameux HD Ready, soit du 720p / 60 images par seconde. Mais avant ça, il y avait principalement 3 normes : le SECAM (qui était notre standard pour la TV hertzienne), le PAL (nos télés étaient toutes compatibles avec ce format, notamment grâce à la Péritel) et le NTSC. La principale différence, c'est que le PAL avait une meilleure résolution mais il était souvent limité au 50hz des pays l'utilisant, alors que le NTSC avait une résolution plus faible mais il profitait du 60hz. Voilà pourquoi sur les vieilles consoles précédant la 7e Génération (celle des PlayStation 3 et Xbox 360), les jeux japonais et américains (en NTSC 60hz) tournaient plus vite que les jeux européens, qui étaient généralement en PAL 50hz. Côté résolutions, le NTSC offrait du 640x480 alors que le PAL pouvait monter jusqu'en 768x576.
Avec son CPS-1, Capcom proposait une résolution d'affichage de 384x224 (oui, les supports de l'époque n'atteignaient jamais les résolutions maximales) et si rien ne vous choque, sachez que cette résolution est au final altérée. En fait elle est presque en 16:9 alors que les écrans des bornes d'Arcade étaient majoritairement en 4:3. Si vous cherchez sur Internet des images de jeux CPS-1, vous tomberez à coup sûr sur des affichages en quasi 16:9, avec des personnages écrasés, limite trapus. Mais pour les plus vieux d'entre nous, rappelez-vous qu'en réalité Street Fighter II, Final Fight, Cadillac & Dinosaurs et autre Captain Commando n'ont jamais été comme ça ! La raison ?
Et bien c'est là tout le génie de Capcom : le système CPS-1 (et même les CPS-2 et 3 qui suivront) livre une résolution plus grande qui sera ensuite automatiquement remise à l'échelle par l'écran. Le cadrage redevient alors en 4:3, les personnages reprennent des dimensions "normales" et coup de maitre, la définition est à la fois plus nette et plus précise que sur un système qui livre un signal 4:3 classique. Ainsi, vous qui lisez ces quelques lignes (merci d'être là d'ailleurs ^_^) prenez bien garde à ce que vous voyez sur vos écrans. Ci-dessous nous avons un exemple concret : sur l'image de gauche, on retrouve ce type d'images qui est dans la résolution native du CPS-1, mais ce n'est pas ce que vous obtiendrez si vous jouez sur une vraie borne d'Arcade, avec un vrai écran CRT 4:3 d'origine. En réalité, votre borne vous affichera l'image de droite, tout simplement. C'est pourquoi dans cet article, je ne présente que des images misent au bon format...

A gauche la résolution native du CPS-1, à droite le résultat que vous obtiendrez sur un écran "normal" au format 4:3
Les 3 personnages 
La bande-son manque cruellement de punch. Heureusement les voix digitales sont de bonne facture, et les bruitages sont dynamiques jouables sont clairement différents à prendre en mains et leurs techniques n'ont rien à voir les unes des autres. Guy cogne moyennement fort mais sa vitesse de déplacement lui sauve souvent la mise. Très charismatique, issu de l'enseignement Ninja, c'est un excellent personnage. Haggar est le balourd du jeu, une montagne de muscles qui cogne très fort et ses prises issues du catch, feront beaucoup de dégâts. Son défaut reste sa lenteur. Cody est le juste équilibre entre Guy et Haggar. Bastonneur de rue et petit-ami de la disparue, il est l'emblème du jeu.
Techniquement, Final Fight est beau, c'est une certitude. C'est même l'un des plus beaux titres de sa génération car n'oublions pas qu'il est sorti à la fin de l'année 1989. Les boss sont imposants, les personnages ont une bonne taille et le charisme de la plupart est satisfaisant. Seule erreur : certains ennemis sont un peu raides ou paraissent débiles (Andore ?), mais on y prêtera guère attention dans le feu de l'action. Parfaitement fluide, la décomposition des mouvements est bien réalisée. Le jeu fait honneur au support avec des sprites d'une très bonne taille et malgré le nombre d'ennemis qui apparait simultanément à l'écran (ils sont parfois 6, ça fait beaucoup de monde), aucun ralentissement n'est à déplorer. Du beau boulot pour une borne 16-bits.
Cependant, si le CPS-1 est reconnu pour être un chef en ce qui concerne l'image, il est aussi connu pour être très moyen en ce qui concerne le son. Et Final Fight n'échappe pas à la règle avec des musiques franchement pas terribles, manquant à la fois de mélodies et de qualité. Les voix digitales sont tantôt bonnes et les bruitages, très Arcade dans l'âme (comprennez "bruyants"), sont assez réussis.

Ce bonus stage sera repris à l'exact dans Street Fighter II
Final Fight
Note

est un jeu mythique. Pourquoi ? Les raisons sont simples : jouabilité, graphismes, action... un cocktail détonnant comme seul Capcom sait les faire. Son seul réel défaut, c'est cette effroyable difficulté qui vous mangera toutes vos pièces. C'est un peu dommage, un jeu trop difficile cause l'irritation et la lassitude du joueur. Mais plus de 15 ans après, le roi du beat-them-all reste le maitre incontesté du genre, un incontournable, un jeu culte dans toute sa noblesse.
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Infos, bootlegs et séquence de fin (spoil) :
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Séquence de fin
A savoir
Vous trouverez Final Fight dans sa version d'origine, dans la compilation Capcom Classics Collection vol.1 sur PlayStation 2, PSP et Xbox, mais aussi dans la duologie Final Fight : Double Impact, sorti sur PlayStation 3 et Xbox 360.
Il existe différentes versions du jeu, des suites et des opus originaux. Il y a tout d'abord Final Fight (aussi appelé Final Fight Cody) et Final Fight Guy, qui sont des portages Super Nintendo du présent jeu. Vient ensuite une version Mega-CD assez fidèle à la version Arcade. Ce premier Final Fight a reçu 2 suites exclusives à la Super Nintendo : Final Fight 2 et Final Fight 3, qui proposaient enfin un mode 2 joueurs. Mighty Final Fight est un spin-off sorti sur NES, une excellente version où l'univers est transposé en Tiny. Final Fight Revenge est une version "jeu de combat" (versus fighting) de la licence, qui a vu le jour sur Arcade et Saturn, mais le génial créateur de Street Fighter II n'a eu qu'un succès limité avec ce jeu-là. La Game Boy Advance a reçu un superbe portage de la version d'origine de Final Fight, nommé Final Fight One. Enfin Final Fight Streetwise a tenté de relancer la série, mais en vain. Ce titre est exclusivement sorti sur PS2 et Xbox.

En haut Final Fight Revenge, en bas Final Fight Streetwise...
Final Fight fut aussi adapté sur des plate-formes moins populaires ou en fin de vie : Amiga, Atari ST, Amstrad CPC, Commodore 64, ZX Spectrum ou encore Sharp X68000.
Mike Haggar : il a 38 ans et il est le maire de Metro City. Père de Jessica et montagne de muscles qui défonce les murs à mains nues, Haggar est le seul personnage à faire parti de tous les épisodes. Il fut la source d'inspiration pour la création d'une autre armoire à glace : Zangief (Street Fighter II).
Cody Travers : petit-ami de Jessica, Cody est ceinture noire de karaté et un franc bagarreur. Il est l'ami d'enfance de Guy et ne sera présent que dans l'opus original et le Streetwise sur PS2. Hors Final Fight, il réapparaitra dans les 2 derniers Street Fighter Alpha (dans le 3e opus on le retrouve en tenue de prisonnier pour des raisons obscures).
Guy : ami de Cody, on sait peu de chose sur le plus charismatique personnage de la série. D'ailleurs on ne sait même pas son nom. Il reçut l'enseignement ninjutsu de Bushinryu et fera une entrée fracassante dans le monde du beat-them-up lors de la sortie du premier Street Fighter Alpha.
Sur consoles, les jeux étaient souvent censurés, comme ici où nous voyons Poison (dont le sprite est similaire à Roxy, seules les couleurs changent), à gauche dans sa version Arcade, à droite dans sa version Mega-CD. Et sur Super Nintendo, c'est pire !
Ce n'est sans doute un secret pour personne, mais le fameux bonus stage où nos héros défoncent une voiture à mains nues, sera repris à l'exact dans Street Fighter II. Et ce qui est marrant, c'est que le modèle de voiture (qu'on aurait pu penser factice), existe réellement ! C'est une Lexus LS400... La marque et le modèle sont justement nés en 1989.
Bootlegs
Comme pour la plupart des jeux d'Arcade à succès, Final Fight n'a pas échappé à la mode du "bootleg". Pour vous expliquer rapidement ce qu'est un bootleg, c'est exactement le même jeu auquel on va apporter diverses modifications. Bien entendu ce n'est jamais le développeur d'origine qui est derrière ce genre de contre-façons, qui généralement sont vendue entre 5 et 10 fois moins cher que l'original. Pour vous donner un exemple, en 2024 un PCB original et fonctionnel de Final Fight coûtait environ 150€ (comptez entre 300 et 500€ si vous voulez du matos proche du neuf) et son bootleg coûtait environ... 20 à 30€ (environ 100€ pour une qualité se rapprochant du neuf).
Sur Final Fight, les 2 bootlegs les plus connus sont Final Fight PLUS et Super Final Fight Gold Plus. Final Fight PLUS nous propose une classique réorganisation des niveaux, le jeu est beaucoup plus rapide qu'à l'origine (une sorte de mode "Turbo" que je n'aime pas vraiment) mais aussi et surtout la possibilité de jouer avec les ennemis ! Plus fort encore, une 3e touche permet (3 fois par vie) de balancer un jet de flammes (efficace contre les ennemis de base) et en pressant Start, on peut changer de perso à la volée entre Guy, Cody, Haggar, Andore, Poison ou même Damnd (le premier boss).

Final Fight Plus
Ensuite on retrouve Super Final Fight Gold Plus, qui va beaucoup plus loin dans le délire, en ajoutant en autre les personnages de Street Fighter II. Tel un jeu console, il propose un véritable menu d'options, et même de quoi tricher. Au niveau du roster, c'est la folie furieuse avec pas moins de 27 personnages jouables. Bien entendu on retrouve nos 3 héros habituels, mais aussi Maki, Carlos, Lucia et Dean, ces 4 derniers étant issus des Final Fight 2 et 3, exclusifs à la Super Nintendo. Plus fort encore, on retrouve les 16 personnages de Super Street Fighter II, auxquels s'ajoutent les 4 tortues ninjas, issues de Turtles in Time. Le jeu va très loin dans sa refonte, car plusieurs niveaux ont été retouchés, d'autres (issus de TMNT) ont été rajoutés, bref on ne parle plus simplement de changer l'ordre des niveaux, et on peut jouer jusqu'à 4 (je pense d'ailleurs que le moteur du jeu n'est autre que celui de Konami, auxquels ils ont rajoutés un max de persos). L'interface a été revue, et même les combats de boss ont subi de lourdes modifications. Autant dire que niveau fun, on touche ici à la cime du bootleg, même si pour ça il faudra apprécier un joyeux bordel à l'écran. Il n'y a plus d'intro, mais les développeurs nous proposent malgré tout une toute nouvelle séquence fin, jolie et travaillée. Bien sûr il existe d'autres hacks, d'autres bootlegs (comme Final Crash), mais ceux-ci restent les 2 plus connus et appréciés.

Super Final Fight Gold Plus
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Test réalisé par iiYama

septembre 2006 (mise à jour : août 2024)
