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Comment 
Prodeus est un FPS développé par des vétérans du métier qui ont bossé sur Singularity, Call of Duty : Black Ops ou encore Bioshock Infinite expliquer aux détracteurs que le Game Pass (accessible aussi bien sur consoles Xbox que sur PC ou même en Streaming) n'est pas le mal incarné, comme ils se l'imaginent ? Je me doute que les détracteurs d'un modèle économique tel que le Game Pass et dans une autre mesure le PS + Extra, sont ceux qui justement dénigrent sans même savoir. Un joueur de Switch, peut-il vraiment critiquer le Game Pass, s'il n'a pas d'Xbox à la maison pour en profiter et savoir avec précision de quoi il en retourne ? J'en doute... et le pire, c'est que ce sont souvent les mêmes énergumènes qui payent un abonnement Netflix (ou assimilé) et qui, sans y penser, ne se demande pas si ça fait du mal au cinéma ou à la vente de DVD/Blu-Ray.
Bref, personnellement le Game Pass est à mes yeux un merveilleux portail où je peux piocher des dizaines de jeux que bien souvent, je ne connais même pas. Vous vous doutez bien que je ne les teste pas tous, par contre j'ai plaisir à tous les découvrir, qu'ils soient récents comme anciens. Et pour ce qui est des ventes, c'est grâce au Game Pass que j'ai remis un pied dans l'univers d'Assassin's Creed, que mes enfants jouent à des jeux tels que Rush ou encore que je découvre des pépites comme Tunic... que je finis par acheter ! Et oui, l'un n'empêche pas l'autre (et c'est sans doute le gros argument que les détracteurs oublient) : lorsqu'un jeu me plait, que je le finisse grâce au Game Pass ou pas, je finis toujours par l'acheter. Résultat : tout le monde est gagnant ! Le développeur, l'éditeur et moi : puisque les démos n'existent (pour ainsi dire) plus, je suis sûr d'acheter un jeu que j'aime.
Bon, trêve de publicité (promis je ne suis pas payé pour en faire de la pub ^_^), le sujet du jour est le très intéressant Prodeus. C'est un FPS (qu'on qualifierait de "fast FPS" de nos jours) développé par le studio américain Bounding Box Software, un studio fondé par Mike Voeller et Jason Mojica. Tous 2 sont ce qu'on appelle des "vétérans du métier" qui se sont rencontrés en travaillant chez Raven Software sur Singularity (le sympathique FPS sorti en 2010). Après avoir travaillé sur Super Lucky Tale et le remake de Shadow of the Colossus, c'est en 2017 que Mike Voeller décide de quitter les gros studios pour poursuivre l'idée d'un FPS "rétro" qui deviendra par la suite le présent Prodeus. A cette époque, Jason Mojica (qui a déjà bossé sur Call of Duty : Black Ops et Bioshock Infinite) reprend contact avec Mike Voeller et décide de quitter son actuel emploi chez Starbreeze pour rejoindre le projet. Plus tard, ils seront rejoint par Andrew Hulshult pour la bande originale et Josh O'Sullivan (dit Dragonfly) de la communauté de modding de DOOM, pour travailler sur le level design.

Prodeus 
Prodeus a été financé via Kickstarter, il a été développé en 1 an et demi pour être mis à disposition en accès anticipé puis il est resté en gestation durant 2 ans avant d'officiellement voir le jour a été financé par une campagne Kickstarter en avril 2019 (ils demandaient 52.000 $ et en ont récoltés 102.000 !). Le jeu fut rapidement développé et mis en ligne dans une "early access" (version anticipée) en novembre 2020. Les premiers retours sont unanimes : bien que le contenu soit un peu léger, incomplet, le titre est très prometteur. Au final il ne lui manquait pas grand-chose pour briller au firmament : une bonne narration, plus de contenu, un multi-joueurs... en somme, rien d'infaisable. Au final Prodeus est sorti en version définitive en septembre 2022, soit presque 2 ans plus tard, et ce sur toutes les plate-formes actuelles : PS4, PS5, Switch, PC, Xbox One et Xbox Series, ces 3 derniers profitant d'un accès "gratuit" (et temporaire) via le Game Pass.
Avant d'attaquer, Prodeus est qualifié de "Boomer Shooter", autrement dit un FPS néo-rétro arborant des visuels qu'on croirait tout droit sortis de la fin des années '90. Personnellement, c'est le terme "boomer" qui me dérange, car cet adjectif est très péjoratif. Insulte préférée des jeunes branleurs qui veulent humilier leurs ainés, rappelons aux crétins écervelés que les boomers sont les personnes nées du baby-boom, soit celles qui ont vu le jour dans les années '60 et qui ont aujourd'hui (en 2023, à l'heure de ce test) entre 55 à 75 ans. Je ne rentre pas dans ce cadre (je n'ai "que" 45 ans) et pourtant, c'est quelque chose que je prends dans les gencives assez souvent (n'oubliez pas, mon avis c'est mon combat ! du coup, ça clashe de temps en temps ^_^). Et puis j'intimerai à tous ces jeunes irrespectueux, que les gens d'un certain âge ont eux aussi été jeunes et sans doute un peu cons. Enfin, je leur rappellerai affectueusement que le temps passe pour tout le monde et qu'ils ont tendance à l'oublier mais eux aussi finiront vieux (cons). C'est inexorable...
Tout ça pour dire que qualifier Prodeus de "Boomer Shooter" me déplait au plus haut point. Ça veut dire quoi, qu'on vise les papys du FPS ? Les amateurs des premiers shooters tels que Wolfenstein 3D ? Mais si on va par là, alors tous les jeux indés développés en 2D comme Celeste ou encore Signalis, qui s'inspire largement du premier Resident Evil (qui date de 1996 rappelons-le), sont donc des jeux pour boomers ?! Vous voyez où je veux en venir ? Et oui, ce genre de raccourcis est aussi désagréables que stupides. Quand à l'appellation "fast FPS", je ne l'aime toujours pas. Ce n'est pas parce que certains shooters sont plus réalistes et donc plus lents, que d'autres doivent être qualifiés de "fast" alors qu'ils reprennent juste la formule des FPS qui date de l'avènement du genre.
Aller, 
Sur PlayStation 4 et 5 ainsi que sur Switch, il existe une jolie version boite à peine plus chère. Mais comme toujours, l'offre n'existe pas sur Xbox... :( on se lance, Prodeus est donc un FPS avec un style graphique neo-rétro (nous y reviendrons en détails juste après) et une prise en mains ultra classique. Signalons que si le jeu fut disponible sur le Game Pass des Xbox et du PC, l'univers gaming de Microsoft s'est une nouvelle fois bien gratté lorsqu'il a voulu une version boite du jeu (rendue disponible début 2023). Vous trouvez ça false, dégueulasse ? Nous aussi ! Car sur PS4 il existe bel et bien une version boite, qui propose en plus l'upgrade vers la version PS5. Version PS5 qui existe individuellement, le tout accompagné d'une version Switch. Donc si vous voulez jouer à Prodeus sur Xbox (ou sur PC mais là ça tient plus de l'évidence), ce sera en démat' (ou en Streaming) et rien d'autre. Vendu au format dématérialisé à 25€, en plus de ça la version boite de n'importe quelle version ne coute que 5€ supplémentaires (soit 30€, le rapport qualité-prix est très honnête).
Tiens puisqu'on parle d'Xbox, sachez que l'installation initiale ne pèse que 2 Go (oui c'est peu) mais lorsque vous lancerez votre jeu, les "données enregistrées" pèseront pas moins de 4 Go ! Bizarre pas vrai ? Bon après c'est un fait, en tout et pour tout le jeu pèse donc 6 Go, ce qui est bien peu face à certains titres qui dépassent largement les 100 Go (comme Call of Duty : Modern Warfare et ses 150 Go, alors que je n'ai besoin que du solo... mais ça c'est un autre débat, un autre combat).
Au niveau du contenu, Prodeus est généreux en nous proposant un mode solo qu'on va bientôt détailler, mais aussi du multi-joueurs en co-op' ou en compétitif, ainsi qu'un savoureux créateur de maps où on pourra laisser s'exprimer notre inspiration, ou encore jouer aux maps créées par la communauté. Le jeu est traduit en 11 langues (dont le français) mais ne dispose d'aucun doublage, comme ça tout le monde est sur le même pied d'égalité. Les options sont bien fournies et nous permettent de paramétrer pas mal de petites choses comme les touches du pad, les volumes sonores ou le HUD. Il y a 7 niveaux de difficulté (en ultra facile le jeu est vraiment très abordable, alors qu'en ultra difficile il est démoniaque ! bref, tout le monde sera sûrement satisfait) et nous avons même des filtres graphiques, dont une possible baisse (virtuelle) de la résolution en 360p (vous avez bien lu). Autant vous dire que l'image devient désagréablement dégueulasse et le jeu impraticable. Cette option de tramage, qui permet de rendre les textures plus baveuses, gâche un peu le jeu car la réalisation est si propre, si précise, qu'il serait dommage de la "salir" avec l'activation de cette option à l'utilité franchement limitée.

Tout ça 
Prodeus ne dispose d'aucune narration, pas même une simple intro ! Après 2 ans d'accès anticipé, c'est un peu du foutage de gueule... c'est bien sympa, mais venons-en au fait : Prodeus, manette ou clavier/souris en mains, ça donne quoi ? Et bien je dois dire que le titre m'a beaucoup déçu au niveau de sa narration. En lançant sa partie on se dit que ça commence cash, histoire de surprendre le joueur et qu'il en apprenne plus sur l'univers proposé au fil de l'aventure. Et bien en fait... pas du tout ! Tout ce qu'on sait, c'est que le joueur incarne un agent corrompu de Prodeus, le mystérieux créateur du personnage et du monde dans lequel il évolue. Son but est de détruire Prodeus et tout ce qui gênera sa mission... Il est vraiment triste d'apprendre ces quelques mots en chinant sur le Net, car le jeu ne propose même pas une intro ! Ce que moi j'en ai déduis, c'est que les "forces du chaos" ont envahies un astéroïde géant d'où est extrait un minerai. Les forces locales ont lutté mais se sont faites pulvériser. Vous, vous arrivez après la guerre et votre but sera d'éradiquer les forces du chaos jusqu'à arriver au Prodeus (sans savoir ce que c'est, ni pourquoi on fait ça). Toute similitude avec DOOM ne serait pure coïncidence...
Ceci dit soyons franc, lorsqu'on est capable de développer un jeu en partant de rien, ça ne coute rien de pondre quelques images et quelques lignes de textes, histoire de poser un contexte, de donner du corps à l'univers proposé. C'est véritablement décevant, plus encore lorsque le jeu se permet de nous donner quelques indications sur le niveau suivant, comme si "seulement ça" pouvait servir de liant scénaristique. Alors certes, un tel jeu, inspiré des grands pontes d'un autre temps, n'avait pas besoin d'une grande histoire et s'il est vrai que DOOM est sorti sans la moindre narration ou presque, on parle d'un jeu qui a vu le jour en 1993 et qui fut disponible sur 4 pauvres disquettes 3"1/2. Oui, ça fait moins de 6 Mo ! Et ça le boomer s'en rappelle bien, car c'est l'un de ses jeux préféré...
Malheureusement pour Prodeus, nous ne sommes plus en 1993 et 30 ans le séparent de son mentor, les technologies ont largement évoluées et les développeurs ne sont plus limités par l'espace disque. D'ailleurs, vous vous doutez qu'à ce rythme-là, la fin ne récompense absolument pas le joueur : l'épilogue est aussi lamentable qu'on pouvait s'y attendre ! Donc où fut le problème ? 2 ans se sont écoulés depuis son "early access", et n'allez pas me faire croire que les développeurs n'avaient quelques jours à consacrer au développement d'une petite narration, sachant que du texte et des images fixes, sous un moteur aussi flexible que Unity, ça doit être programmé en quelques heures à peine. Bref, c'est mon gros regret, mon carton rouge bien à moi, le point sur lequel je suis le plus déçu par le titre...
Heureusement 
Prodeus s'est largement inspiré par la saga DOOM, du premier épisode jusqu'au reboot de 2016, en passant par DOOM 3 et Brutal DOOM... pour lui, Prodeus a aussi beaucoup de qualités, à commencer par son gameplay simple et accessible. Vous l'avez sûrement compris(e), le jeu s'est largement inspiré du premier DOOM (celui de 1993), mais aussi par son reboot de 2016 et même par DOOM 3, sorti en 2004. Qui dit FPS rétro, dit forcément prise en mains d'un autre temps. Alors bien sûr, on pourra regarder partout, nous ne sommes fixé sur l'unique ligne d'horizon de sa principale source d'inspiration (faut pas pousser non plus). Ceci dit notre personnage se contentera d'un minimum de mouvements, comme sauter, courir... car ici pas d'échelle à monter, on ne peut pas se baisser et encore moins éliminer ses proies en mode furtif. Nous sommes en présence d'un FPS bien bourrin, dont les traits du gameplay s'assimilent en moins de 60 secondes.
FPS rétro oblige, il faudra récupérer des items de santé et de bouclier pour se restaurer, notre personnage porte tout un arsenal sur son dos (dont les pétoires peuvent être rapidement changées à la volée) et même si on doit recharger nos armes ou bien que le HUD nous fasse penser que notre tête en engoncer dans un casque (comme dans Metroïd Prime ou les récents épisodes d'Halo), une fois en mains, les sensations sont immédiates et nous ramenèrent forcément des années en arrière.
D'ailleurs si le level design est parfois très linéaire, sachez qu'il a été peaufiné avec un certain amour et un évident respect pour l'incontournable hit d'id Software : les niveaux correspondent parfaitement aux codes des "doom-like" d'autrefois avec ses faux labyrinthes, ses 4 clés de couleur et ses maps qui prennent souvent de la verticalité. D'ailleurs, toujours plus proche de sa source d'inspiration, Prodeus nous propose une map centrale, un overworld, où chaque niveau franchi pourra être rejoué afin de "speedrunner" le parcours ou encore pour trouver tous les secrets qu'il renferme. C'est bon pour la rejouabilité et pour la durée de vie.
En parlant de secrets, notre bourrin qui explose tout sur son passage ramassera des runes qui permettront de débloquer des niveaux spéciaux, ainsi que des fragments de minerai qu'on pourra ensuite réinvestir dans de l'équipement disponible au magasin : des bottes pour le double-saut, un module de ruée (pour tout défoncer au corps à corps), une cartouchière ou mieux encore de nouvelles armes, à l'image de ce ô combien original super shotgun (toute similitude avec DOOM ne serait pure coïncidence). Malgré tout vous le voyez, on reste sur quelque chose d'assez simple, loin des idées farfelues et (pour ma part) incompréhensibles d'un DOOM Eternal à la difficulté ultra chiante hardcore où en plus de ça, il se prend pour la fille de l'air avec des faux-semblants de Super Mario 64 (tout à fait entre nous, je ne sais pas où id Software est allé pêcher une idée aussi conne...).
A côté de ça, 
Le jeu est hyper pêchu, c'est fun, explosif et particulièrement sanglant ! Les ennemis prennent cher et se font démembrer dans de délectables gerbes de sang. Poète un jour... les armes ont une super pêche, toutes envoient grave du pâté, à tel point que j'ai même pris plaisir à me resservir de temps en temps du pistolet de base. C'est dire. Les armes envoient du lourd et le résultat à l'écran est un véritable bain de sang ! Les ennemis se font déchiqueter, démembrer, exploser dans de jouissives gerbes d'hémoglobine ! C'est à tel point que les murs sont véritablement recouverts, comme si les parois étaient tout à coup victime d'hémorragie... miam-miam. Pourtant, malgré son côté gore, Prodeus n'a pas cet aspect dérangeant et malsain d'un DOOM, puisqu'ici il n'y a pas de représentations religieuses bafouées, de pentacles, sacrifices rituels et autres monstruosités venues de l'Enfer. Bien sûr qu'on affronte tout un parterre de monstres assez hideux, mais qui mettent un peu mal à l'aise, sauf qu'ici c'est plus brut de décoffrage, défoulant, viscéral et uniquement ça. A ce propos, vous vous doutez bien que les ennemis, eux aussi, sont largement inspirés des jeux d'id Software (notamment DOOM II), bien que le rapprochement avec le bestiaire de DOOM (zombie, cacodémon, etc...) ne soit que pure coïncidence...
Techniquement, Prodeus tourne sous le moteur Unity, qui est à la fois performant, facile à prendre en mains, qui permet de réaliser quasiment tous les types de jeux et dont la licence est financièrement accessible, surtout pour un jeu à petit budget (la formule Unity Pro, la plus chère et complète, n'est qu'à 170€/mois). Bref, c'est parfait pour un jeu indé (car oui, même si la campagne de pub et les portails de vente de nos consoles nous parle -je cite- de la "qualité d'un titre AAA contemporain, je ne veux pas joué les mauvaises langues mais on en est loin... de toute façon avec un budget "kickstarterisé" de 105.000 $ on est loin d'un titre AAA, et pour s'en convaincre, il suffit de regarder le staff lors des crédits).
Prodeus 
Nous sommes en présence de l'archétype jeu neo-rétro, où les graphismes paraissent volontairement d'époque mais avec le rendu actuel. Le résultat est superbe ! Le design est excellent et le jeu est particulièrement fluide est l'habile mélange de 2 mondes : celui d'avant, où les FPS étaient très cubiques, les sprites étaient en 2D et "nous regardaient", le défilement était rapide, les zones labyrinthiques, la difficulté assez rude mais où on voyait déjà certaines prouesses techniques - et d'un autre côté il y a le monde d'aujourd'hui avec son affichage en 4K, 60 images par seconde (sur PC, PS5 et Xbox Series X, précisions), ses textures ultra détaillées, sa bande-son furieuse, sa très bonne prise en mains au pad, etc. Prodeus est un peu le chainon manquant entre les 2, à savoir que d'un côté nous avons des textures volontairement pixellisées pour un effet rétro, et de l'autre nous avons un affichage ultra fin, un framerate fluide, des effets de lumière somptueux et un contraste travaillé pour des couleurs éclatantes.
Alors bien entendu, Prodeus ne fera pas chauffer votre console autant que le DOOM de 2016 (sauf peut-être sur Switch : elle affiche une résolution assez faible, des graphismes pixellisés et un framerate loin d'être stable mais vu sa puissance de misère, difficile d'être étonné ^.^) mais ça ne l'empêche pas d'avoir une esthétique aguicheuse, où les gros pixels bien gros bien gras (comme à l'époque de la première PlayStation) ne dérangent en rien. En réalité ça fait même parti d'un tout et la formule est vraiment séduisante, nous plongeant clairement dans du neo-rétro, soit des graphismes qu'on pourrait croire d'époque mais avec les techniques de rendu actuel. Mon seul regret finalement, c'est que les décors ne sont pas assez éclectiques (2 ou 3 exceptions près). Cependant, vu le contexte scénaristique, comment aurait-il pu en être autrement ?
Notez aussi qu'une option graphique (en particulier) est assez intéressante puisque les ennemis peuvent soit être en sprites 2D comme à l'époque (autant dire que c'est assez moche, taillé à la tronçonneuse et mal animé) soit en 3D, parfaitement fluide et détaillé, comme dans un jeu actuel. J'aime bien qu'on nous laisse le choix, même si cette option trahit qu'à l'origine, le jeu devait uniquement disposé des sprites en 2D et que les ennemis fait de polygones ne sont arrivés que plus tard dans le développement. Notez toutefois que les sprites des cadavres sont quant à eux restés en 2D, sans doute pour l'effet nostalgique, mais quitte à (re)faire les ennemis, j'estime que ça et le reste (comme les armes par exemple) auraient du être (re)fait en 3D. Notez également qu'en lisant les crédits (qui peuvent souvent être instructifs) un autre studio a travaillé sur le titre, Sickhead Games, afin de produire les portages consoles, quand Bounding Box Software s'est surtout affairé à la version PC.
Côté son, 
La bande-son Heavy Metal déchire grave ! Malheureusement elle se coupe trop vite et au final, ce sont surtout les musiques d'ambiance qui accompagnent le jeu. Frustration... les bruitages envoient du lourd ! Le responsable des FX, Michael Markie, a fait de l'excellent boulot ! J'ai joué au casque et je peux vous dire que les armes déchargent bien, que le moindre bruitage est parfaitement calibré et les corps qu'on pulvérise sous un déluge de plomb, provoquent des sons tout à fait délectables... puisque le jeu est bien gore comme j'aime !
Enfin la musique a été composée par Andrew Hulshult et James Paddock. Même si personne ne parle vraiment de lui, James Paddock (alias Jimmy) est un compositeur britannique, un récurrent level designer de DOOM et un graphiste actif dans la communauté du hit d'id Software depuis 2006. Il a beaucoup composé et designé pour les niveaux créés par les fans, jusqu'à participer à Prodeus, une sorte de consécration pour lui (c'est notamment lui qui a créé les compositions au format MIDI, qu'on peut activer via les options). Quant à Andrew Hulshult, qui est nettement plus connu dans le milieu musical : c'est un américain qui a participé aux bandes-son de Brutal DOOM (que les fans connaissent bien), Quake Champions ou encore à l'OST du DLC "The Ancient Gods" de DOOM Eternal, c'est pas rien.
Inspiré par DOOM 3, la plupart du temps (en mode exploration) le jeu nous propose des musiques d'ambiance. Certes bien composées et faisant référence à un FPS horror (ce que Prodeus aurait pu être, après tout), je trouve qu'elles tournent souvent en boucle et finissent (parfois) par être agaçantes. Heureusement, elles changent à chaque niveau. Ceci dit, la musique est dites "dynamique" à savoir qu'elle évolue selon le niveau d'action du jeu et c'est là qu'entre en scène la fameuse bande-son "Heavy Metal" ! Et là je peux vous le dire, ça frappe très fort ! Pour qui aime le genre, les compositions sont vraiment fantastiques, les morceaux sont hyper rythmés, les instruments sont nets, précis, les mélodies sont propres, la batterie claque, les riffs de guitare électrique déchirent... bref c'est le pied ! Mais alors, pourquoi ne pas mettre une meilleure note à la bande-son (qui chez nous prend 14/20) ?
Et bien, à l'image du valeureux Serious Sam (et c'est valable pour n'importe quel épisode), ces musiques ne sont pas assez utilisées et à peine elles s'envolent, nous endiablent et enflamment notre partie (quand de notre côté on fait cracher les sulfateuses pour mieux broyer l'adversité), que le rythme redescend et reprend sa musique d'ambiance. Franchement, sans dire que j'aurai aimé avoir du Metal tout du long (encore que), je trouve que lorsque la musique démarre, elle devrait rester au moins 2 ou 3 minutes car au final, on entend plus de musique d'ambiance que ces formidables morceaux de gratte qui nous poussent à monter le son. Et c'est franchement frustrant car c'est là que l'OST nous donne tout son potentiel, mais c'est aussi ça qu'on entendra le moins. Toute similitude avec Serious Sam n'est que pure coïncidence...
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Est-ce
Note que ce bon vieux DOOM (et DOOM II dans une moindre mesure) vous manque ? Pourquoi vous parler de DOOM ? C'est bien simple, Prodeus est tout simplement une ode à l'incontournable hit d'id Software ! Plus qu'une source d'inspiration, c'est un véritable hommage à ce titre culte, ainsi qu'aux autres "doom-like" sortis il y a 25 à 30 ans en arrière. Mais avant d'en faire l'éloge, sachez que le jeu parfait n'existe pas et Prodeus comporte lui aussi son lot de casseroles, à commencer par le fait qu'il se permet d'évincer toute forme de narration. Inspiré de DOOM je veux bien, mais en 2022 ça passe vraiment mal, d'autant que les limitations techniques ne sont plus à l'ordre du jour. Une petite fin, une sympathique intro, un simple texte... ça ne coute rien à faire et ça permet de donner du corps à l'univers qui a été créé. Ici il n'y a rien de tout ça, ce qui est ma plus grande déception envers ce titre qui pourtant, me plait beaucoup. Autre détail : on nous parle beaucoup d'une bande-son Heavy Metal à se faire péter les oreilles, mais au final vous entendrez surtout les musiques d'ambiance, car les partitions Metal repartent aussi vite qu'elles sont venues. Une belle frustration tant les compositions sont diablement excellentes ! Mais fort heureusement pour lui, Prodeus c'est aussi un jeu avec une bonne durée de vie (loin des 7 heures de son "early access" ne comportant que 16 niveaux, cette version définitive propose 24 levels pour une durée de vie avoisinnant les 12 heures, sans parler du magasin, du "musée des bakers", des zones de défis, ainsi que le multi et le créateur de maps) et ce, pour un prix tout à fait honnête (25€ en démat' / 30€ en boite). C'est également un FPS qui fait le grand écart entre nostalgie et modernisme. Un shooter "neo-rétro" qui séduit les amateurs de vieux doom-like et qui sait également accueillir les nouveaux convertis, notamment grâce à sa plastique aguicheuse. Prodeus c'est également une action ultra nerveuse, un jeu bien gore où on repeint les murs du sang de ses ennemis, et ce après les avoir délicieusement démembré au fusil à pompe. Enfin, c'est un jeu qui propose un bon multi-joueurs et surtout un créateur de maps où vous pourrez laisser libre court à votre imagination, où jouez sur les cartes les plus folles, créées par des petits génies qui ne manquent pas de créativité. Prodeus propose donc un véritable trip hi-tech sanglant et nerveux, au sein d'un univers attirant et porté par un moteur graphique (Unity) qui tourne comme un charme. Un (fast) FPS old school où le passé et le présent s'entrechoque, pour mieux faire des étincelles. Le contenu est là, le prix est bon... au final avec juste un peu de scénarisation et une bande-son Metal plus présente, on aurait touché du doigt l'excellence. Dommage, on y était presque même si je conclurai en disant que Prodeus est un jeu qui m'a régalé et qui transpire l'amour pour un genre qui s'est aujourd'hui perdu avec le temps : le bon gros doom-like qui tâche et touche du bout de son canon pixellisé, le cœur du vieux gamer qui saura reconnaitre l'œuvre de passionnés... |
