DOOM/Ultimate DOOM (PC)

 







Développement scénaristique
Jouabilité & GamePlay
L'image
Le son

Note générale (DOOM)
Note générale (Ult. DOOM)


Sortie du jeu : 1993 (DOOM) - 1995 (Ult. DOOM)
Développeur : id Software
Editeur : id Software (GT Interactive)
Genre : FPS

Support : 4 disquettes (existe au format 1 CD)
Version testée : Française (v.1.0)
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : FR
Moteur graphique : id Tech 1
Difficulté (DOOM) :
Difficulté (Ult. DOOM) :
Multi-joueurs : LAN
Prix : 10$ sur Steam en moyenne
Score des ventes : 10 millions (PC)

Configuration recommandée :
CPU : Pentium 75Mhz
RAM : 16Mo
VIDEO : ne nécessite pas de carte accélératrice 3D

Configuration de test :
CPU : Intel Core2Duo E6750 (2,66Ghz)
RAM : 2Go DDR II
VIDEO : GeForce 8800GT avec 512Mo de VRam
OS : Windows XP Sp2
Résolution testée : 1280x1024 (4:3)

Aussi disponible sur :






Cliquez pour agrandir : )


Les sites partenaires :







DOOM

Ultimate DOOM







Lorsque j'ai
Le scénario se résume à 3 fois rien... dommage
connu le fabuleux DOOM, c'était en 1997 sur PlayStation. Une superbe version parfaitement adaptée de l'original : graphismes à l'identique, même gameplay, mêmes levels... il ne manquait rien. Et c'est avec ce jeu que j'ai commencé à apprécier les FPS (j'ai ensuite acheté le non-moins puissant Alien Trilogy sur la même console). Littéralement, DOOM veut dire "destin funeste" ou "damnation". Il fut développé en 1993 par Id Software, une petite société qui a vu son chiffre d'affaire grimper en flèche à la sortie de Wolfenstein 3D. Wolfenstein 3D est le précurseur des FPS actuels. Vue subjective, plusieurs armes, des niveaux fermés et infestés d'ennemis, une belle polémique puisqu'on affronte des nazis... il en fallait pas plus pour créer une révolution ! Considérée comme sa suite spirituelle (les 2 jeux n'ont -scénaristiquement parlant- rien à voir), DOOM a amélioré le concept ainsi que le moteur graphique et proposait en plus, un gameplay plus riche et une jouabilité moins restrictive (je rappelle qu'à l'époque de Wolfenstein et de DOOM, la souris n'était que très peu répandue et donc, on jouait au clavier). Ainsi DOOM alla plus loin dans les fondements du genre et de nos jours, plus que son prédécesseur, il est reconnu comme étant le pionnier des graphismes en 3 dimensions, du jeu immersif, du jeu multi-joueurs en réseau, ainsi que des MODs (ces levels créés par des amateurs). Tout d'abord distribué comme un shareware, DOOM a été acheté par plus de 10 millions de joueurs en une année, popularisant ainsi le genre et démocratisant l'appellation générique "Doom-like" (ancienne nomination du genre FPS). Bien avant GTA, les graphismes de DOOM, ses rituels sataniques et sa violence ont fait de lui un sujet de polémiques dépassant même le milieu du jeu vidéo. Selon GameSpy, DOOM a été élu par un panel de professionnels du jeu vidéo, meilleur jeu de tous les temps. Pour clôturer ce joli chapitre d'histoire, il faut savoir que le DOOM original a refusé de prendre en charge ma souris. Il faut dire qu'à l'époque, elles étaient encore très rares et un astucieux système de visée automatique permettait de s'en passer. Trop habitué à jouer avec, je suis donc passé à la version Ultimate qui est sortie 2 ans plus tard et qui apporte un 4e chapitre au jeu (Thy Flesh Consumed) ainsi que tout un tas d'options.



La première
Ultimate DOOM rajoute un nouveau chapitre, mais réservé aux hardcores gamers, Thy Flesh Consumed est vraiment abusé niveau difficulté...
à être intéressante, c'est bien sûr la prise en charge des souris et de la vue -free look-, une option disparue de nos jours (aujourd'hui, tous les FPS sont en free look). Le fait de jouer à DOOM comme un vrai FPS et non le cantonner au clavier (ou au gamepad), a rendu l'aventure plus agréable, plus facile mais a causé des torts aux graphismes. En effet, tous les sprites étant en 2D, ils sont toujours face à nous et si vous les surplombez, ça ressemble à une feuille de papier posée sur la tranche. Un défaut qui n'avait pas lieu d'être 1993 puisqu'il était impossible de bouger la caméra. Deuxième point important, la prise en charge de l'OpenGL (le concurrent de Direct3D de Microsoft) dont Id Software a depuis juré fidélité. Car à la base (on en revient à parler du jeu original), le rendu 3D était calculé par le processeur central, les accélérateurs 3D n'existant pas encore. Le rendu était donc pixellisé à mort, surtout lorsqu'on était de près. Pour en venir au vif du sujet, le scénario n'est décrit que dans le manuel du jeu et les fins ne proposent qu'un texte avec une image. Rudimentaire au possible, il faut savoir que le pionner des FPS scénarisés n'est autre que le grand Half-Life, qui ne verra le jour que 5 ans plus tard. Le joueur prend le rôle d’un Space Marine sans nom, qui a été déporté sur Mars après avoir assailli un officier supérieur qui avait ordonné à ses soldats de massacrer des civils sans défense. Il est alors forcé de travailler pour l’Union Aerospace Corporation (UAC), un complexe militaro-industriel interplanétaire traitant des déchets radioactifs. Depuis 4 ans, l’armée utilise le site pour mener des expériences secrètes sur les voyages interdimensionnels et la téléportation, entre Mars et ses 2 lunes (Phobos et Deimos). Cependant, les portes spatiales sont un jour devenues instables, ouvrant un large passage aux créatures de l’Enfer. Les militaires qui y sont envoyés sont frappés de folie et des monstres envahissent la base. Depuis quelques heures, Mars reçoit des hurlements de détresse provenant de Phobos et peu de temps après s’ensuit la disparition des radars, de Deimos. Une nouvelle troupe est immédiatement envoyée sur Phobos pour secourir leurs camarades. L’équipe infiltre l’intérieur de la base pendant que notre Space Marine surveille les alentours. Tous mourront dans les heures suivantes comme le révèle leurs cris, les tirs et le silence soudain à travers la radio. Seul avec son courage, notre héros part alors à l’assaut du bâtiment...


Un scénario un peu bidon,
Les bruitages font le boulot mais les musiques sont vraiment mauvaises...
dont le 4e chapitre est purement débile. En fait DOOM se compose de 3 chapitres (Knee-Deep in the Dead, The shores of Hell et Inferno) et la version Ultimate inclut un chapitre de plus. A la fin d'Inferno, le Marines sort de l'Enfer et revient à sa base mais s'aperçoit que cette dernière est complètement détruite et que son lapin Daisy a été tué. Il retourne donc affronter le Mal qui lui a ouvertement déclaré la guerre, Thy Flesh Consumed nous dévoilant à la fin la tête de notre héros, assouvi d'avoir venger la mort de son lapinou. Ils ne manquent pas d'humour chez Id Software... Si les 2 premiers chapitres peuvent être considérés comme faciles, le 3e (Inferno) se corse mais reste encore abordable. Par contre, le 4e chapitre (Thy Flesh Consumed, qui vise directement les hardcores gamers trouvant le jeu trop facile) est vraiment très très difficile. Car hormis sa boucherie ouverte, DOOM c'est aussi un peu de finesse avec la recherche de clés dans des niveaux de plus en plus labyrinthiques. Heureusement, on a à disposition une carte détaillée des lieux qui nous permet en plus de nous déplacer sans en sortir. Malgré tout, DOOM ne durera guère plus de 6 heures, chaque chapitre se composant de 8 levels à peu près tous construit de les mêmes mécanismes et dont la durée de vie n'excède pas les 1h30. L'arsenal est reprit de Wolfenstein (pistolet, fusil à pompe et surtout la grosse gatling) et en ajoute quelques-unes de plus (fusil à plasma, lance-grenades...) dont les fameuses BFG et tronçonneuse. Sur la question du gameplay nous sommes en présence du quasi-fondateur du genre alors il ne faudra pas trop en demander. La version originale de DOOM ne proposait même pas de saut, ce que la version Ultimate s'empresse d'ajouter, ainsi que la marche accroupie. "Vue à la souris" le jeu n'en est que plus agréable, la souris étant bien plus réactive et précise que le clavier (ou le pad) et les combats n'en sont que plus faciles. Car déjà avec DOOM, si on voulait survivre il fallait être le roi du -strafe- (pas de côté). En plus, notre Marines marche déjà hyper vite et ce n’est encore rien en comparaison du "mode course" où il avance comme une fusée ! Les ennemis sont en petit nombre, ce qui fait qu'on croisera toujours les mêmes têtes. Cependant DOOM a posé les fondations du genre avec par exemple les bidons explosifs, les pièges, les labyrinthes, les cartes d'accès, les ascenseurs ou encore les téléporteurs. Ca parait rien mais les FPS actuels usent encore de ces mêmes routines, même si bien sûr, les concepts ont beaucoup évolués.


Autre évolution majeure,
Le gameplay est plus fin qu'il n'y parait avec ses clés, ses passages secrets et ses labyrinthes...
tout le noyau du jeu a été optimisé depuis la version 93 et le menu de la version Ultimate propose désormais des options très contemporaines comme la prise en charge de l'EAX pour le son spatial, la possibilité de désactiver tout un tas de modes et d'effets pour le rendre le plus compatible possible. S'ajoute également le support des cartes accélératrices 3D avec des résolutions bien plus élevées (jusqu'à 1280x1024 tout de même !) et même un filtrage anisotropique. Bien sûr, de nos jours le plus pourri des PC, la crevure qui prend la poussière au fond du grenier pourra largement le faire tourner (y'a qu'à voir la configuration requise juste pour rire :) mais pour l'époque, c'était comme je disais précédemment, une révolution. On a toujours la possibilité de jouer à l'ancienne avec ses pâtés de pixels mais aussi le choix de jouer avec un graphisme calculé par la carte vidéo d'où un rendu infiniment plus lisse et travaillé. Du coup Id Software s'est un peu lâché pour l'occasion puisqu'on retrouve des éclairages dynamiques, des textures en mouvement ainsi qu'un beau lissage de tout le rendu. Dommage par contre que les sprites soient restés en 2D d'où leur fâcheuse tendance à être toujours face à nous mais après tout, la version Ultimate n'est qu'une grosse mise à jour du DOOM original (n'est pas Quake qui veut !). Grâce à nos chipsets sonores actuels, bien souvent affublé d'un pompeux HD, les musiques sont dorénavant d'une grande qualité. Car il faut savoir que DOOM possède des musiques à la norme MIDI (qui n'est plus du tout utilisée aujourd'hui), à savoir que pour quelques kilo-octets, les développeurs pouvaient user de l'instrumentation intégrée pour créer la bande-son. A l'époque, la qualité de la retranscription était assujettie à la qualité du processeur sonore mais aujourd'hui, la question ne se pose plus. Et c'est grâce à ses musiques MIDI que DOOM tenait sur 4 pauvres disquettes, soit une installation de 16 malheureux mega-octets (16Mo). C'est tout bonnement impassable de nos jours avec par exemple un Turok qui s'étale copieusement sur 18 giga-octets (18Go).


Pour en revenir au son,
Techniquement, DOOM nous aura mis une grosse claque à sa sortie même si le côté satanique peut déplaire
les bruitages sont efficaces bien qu'irréalistes et pour les musiques, on ne peut pas dire que le compositeur était un maître en la matière. D'accord ce sont les balbutiements d'un genre naissant mais les musiques sacrément moches, d'un basique affligeant, tout juste à-même de poser l'ambiance. Personnellement, j'aurai vraiment apprécié de bonnes compositions, rythmées et mélodieuses pour certains niveaux, puis des arrangements sombres, de vapeurs angoissantes à d'autres. Ainsi le jeu aurait gagné en ambiance, plutôt que de devoir baisser les musiques au minimum (ou les couper) tellement elles sont cheaps et inappropriées. Une déception, qui n'est pas expliqué par le format MIDI qui été capable de mieux que ça. Par contre on appréciera de véritables digitalisations ! Les monstres grognent, hurlent, gémissent... donnant plus de corps au bestiaire. Là pour le coup, c'est réussi. Et sur la question de l'ambiance justement, si DOOM a su faire autant parler de lui, c'est aussi grâce/à cause d'elle : des mecs pendus, d'autres qui sont empalés avec encore des spasmes de douleurs, des têtes de mort partout, des morceaux de chair pendants du plafond, des sacrifices rituels, des représentations du Diable, des macchabées tous les 10 mètres, de la bidoche collée aux murs, des monstres démoniaques qui nous assaillent de partout, des pentacles... c'est sûr Id Software n'a pas lésiné sur le macabre pour nous offrir une atmosphère chargée ! Et bien évidemment, à sa sortie la polémique a fait rage, certains pensant que le développeur vouait un culte au satanisme. Après les nazis, c'est sûr, ça pouvait plomber un CV et pourtant, ça a fait une publicité énorme au jeu. Alors voilà, je crois qu'on a fait le tour de la question. Pour seuls regrets on mentionnera des musiques vraiment laides (le jeu tournant à la base sous DOS, on peut mettre Media Player en fond et jouer sa propre play-list) et surtout, un scénario vraiment trop éxpédié alors que justement, il y avait matière à faire quelque chose d'intéressant. Mais ce sera là que de maigres remontrances car DOOM est à jamais un jeu culte et puissant. Son ambiance est phénoménale, son gameplay (bien que simple) s'avère tout ce qu'il a de plus original (il faut se remettre dans le contexte de 1993/1995) rendant à DOOM ce qu'il a toujours été : le messie d'un genre naissant envers lequel des millions de joueurs ont voués une éternelle adoration. Si à l'heure actuelle il a bien sûr perdu de son mysticisme (encore que...), il est toujours bon d'y jouer (surtout si on ne le connaît pas), au moins pour la culture ludique qu'il vous apportera. Même si certains jeux existaient déjà, c'est avec DOOM qu'on a plus jamais regardé nos PC de la même manière, passant d'un outil de travail à une véritable machine de jeux...


Test réalisé par iiYama

juillet 2008 (mise à jour : février 2013)