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Rare 
Alors que Rare était affilié à Nintendo, le studio sera racheté par Microsoft en 2002 et la licence Perfect Dark passera de la N64 à la Xbox 360 (qu'on connait aussi sous le nom de Rare Software ou Rareware) est un développeur un peu caméléon, qui ne se cantonne pas à ce qu'il sait faire de mieux, mais qui s'essaie à divers genres. Ainsi après la baston de Killer Instinct on a eu la plate-formes de Donkey Kong Country, puis de l'action avec Star Fox Adventures et le développeur s'est même essayé (avec succès) aux FPS avec le célèbre GoldenEye. Paru en 2000 et fort de son expérience avec 007, Rare récidive sur cette machine malaimée qu'est la Nintendo 64 avec Perfect Dark, la suite non officielle de GoldenEye (Nintendo a entre temps perdu la licence James Bond). D'où on ne retrouve pas le fameux agent double-zéro mais une héroïne plus sexy (Joanna Dark) ainsi qu'un scénario qui délaissa l'espionnage pur et dur, au profit d'une invasion alien.
Initialement, Perfect Dark Zero était prévu pour sortir sur GameCube en 2003, mais entre temps Rare (et ses licences hors Nintendo) se fait racheter par Microsoft, ainsi à l'image de Kameo, le jeu a eu 2 ans supplémentaires pour être porté sur Xbox 360. Faisant également parti du line-up de la console, Perfect Dark Zero n'est pas la suite du premier opus, mais prend place 3 ans avant celui-ci. Cette préquelle, qui s'est auto-proclamée "le nouveau Halo" des machines Microsoft, tente de faire le grand écart avec un mode solo scénarisé et un mode multi praticable en local (4 joueurs), en link (8 joueurs) ou à 32 joueurs en ligne sur Xbox Live. Le multi n'est rien d'autre qu'un Deathmach en équipe et si vous n'avez pas d'amis ou pas le Net, on peut affronter des bots assez virulents. Il est d'ailleurs original d'avoir des squelettes à la place des personnages, lorsqu'on n'a pas choisi d'incarner l'un des persos prédéfinis.
Avant de se lancer, sachez que le menu propose une option assez originale, celle de configurer le jeu selon son écran (LCD, plasma, classique). En fait il adapte le contraste en fonction du type d'écran mais dans tous les cas, le titre étant trop sombre, je vous conseille de pousser un peu la luminosité. Toujours dans les options, on peut régler ses volumes, on a quelques paramètres configurables pour la manette, ainsi que 3 niveaux de difficulté (un 4e est à débloquer).
Perfect Dark Zero 
Perfect Dark Zero est la préquelle du premier épisode (il se déroule 3 ans auparavant) mais l'histoire manque d'intérêt et la mise en scène est archaïque, tout juste digne d'un jeu PS2 s'ouvre sur une intro très typée à la "James Bond", où on y découvre une Joanna plus sexy que jamais (en plein jeu, lors des cut-scenes, il en sera tout autre), Rare ayant voulu faire évoluer l'héritage du jeu, puisque sur Nintendo 64 il était difficile de faire mieux. L'histoire se déroule en 2020 (le premier Perfect Dark se déroule en 2023) et une grande partie du monde est contrôlé par des corporations. Les plus notables sont dataDyne et le Carrington Institute. Le joueur incarne donc Joanna Dark, une chasseuse de primes travaillant avec son père Jack et le pirate informatique Chandra Sekhar. L'équipe part en missions pour sauver Nathan Zeigler, un chercheur indépendant qui a été capturé par un chef de triade de Hong Kong nommé Killian. Joanna et son père sauvent Zeigler, mais Killian parvient à s'échapper. Zeigler explique que Killian essayait d'obtenir ses recherches, qui contiennent des informations sur une arme dangereuse. Comme Zeigler refuse de partir sans ses recherches, Joanna est envoyée pour les récupérer dans un coffre sécurisé. Zeigler prend ensuite un appareil appelé "neurodrive" et il l'utilise pour implanter ses données de recherche dans l'esprit de Jack. Avant de mourir de ses blessures, qui ont été infligées par Killian, Zeigler dit à Joanna et à son père qu'ils doivent trouver un scientifique, le Dr Eustace Caroll, l'avenir du monde en dépend...
La mise en scène est clairement d'une autre époque. D'un côté nous avons ces bons vieux briefings d'avant mission, ensuite on nous distille quelques cut-scenes gérées en temps réel. Tout le problème, c'est la façon dont tout ceci est amené. Je sais que nous sommes en présence d'un jeu line-up, sorti en 2005 et que la Xbox 360, si performante soit-elle, est loin d'être pleinement exploitée. Mais est-ce une raison valable pour se retrouver devant un tel fiasco technique ? J'en doute. Imaginez que les animations sont affreusement robotisées, en plein jeu les personnages parlent sans même ouvrir la bouche (?), les cut-scenes sont expédiées, elles n'ont parfois aucun sens, le tout manquant en plus de finitions et d'un minimum de transitions entre les scènes. Clairement on dirait un jeu PS2 ! Quand on pense que Call of Duty 2 et Quake IV sont sortis un mois auparavant, c'était déjà d'un tout autre niveau, et ne parlons même pas du mythique Gears of War qui verra le jour un an plus tard et qui signera le décollage de la carrière de la Xbox 360...
Bref, la mise 
Le gameplay est sympa mais l'infiltration est souvent gâchée. Ainsi l'action reprend vite le dessus en scène est clairement datée, les personnages sont moches au possible (tout juste digne d'un jeu de la précédente Génération) et que dire du scénario... Il n'est guère palpitant, le jeu veut se donner à la fois des airs de films d'espionnage et de films d'action à gros budget, mais il ne réussit rien de ce qu'il entreprend. Certes avec un peu de recul et d'humilité par rapport à son âge, on se dit qu'au fond ça fonctionne, mais à aucun moment on se sent impliqué ou passionné par l'histoire.
Le mode campagne est praticable seul ou en co-op' et notre héroïne ne peut porter que 2 à 3 armes. Heureusement, on peut en changer pour n'importe quel gun trouvé en chemin. La campagne est divisée en 14 missions, dont la durée globale avoisinne les 7 à 8 heures. Chaque mission dispose d'un certain nombre d'objectifs que le joueur doit remplir pour progresser. Les missions comportent également des objectifs optionnels qui permettent d'obtenir un meilleur scoring. Certains objectifs obligent le joueur à utiliser de nombreux gadgets hi-tech. Par exemple, un appareil permet de pirater des appareils électroniques, tandis qu'un autre peut être utilisé pour ouvrir des portes verrouillées. La furtivité est un élément important du gameplay, car le joueur a souvent la liberté de tuer des ennemis sans être détecté en se faufilant derrière eux. Malheureusement l'infiltration est rarement gratifiante. Elle n'est pas spécialement encouragée par le jeu et se veut assez difficile à mettre en œuvre. Au final, dès qu'on est repéré, on sort les flingues et on dézingue tout le monde... comme dans n'importe quel FPS sans cervelle.
De plus, les FPS de l'époque n'étaient pas encore "normalisés" comme ils peuvent l'être actuellement, ainsi on se retrouve avec une configuration des touches assez étrange où par exemple l'appui sur le stick permet de s'accroupir et RB permet de jeter l'arme en mains. Si la touche X sert à recharger et que le jeu tente d'instaurer ce qui deviendra plus tard une norme (à savoir la mise à couvert), derrière ses bonnes intentions il ne réussit que rarement ce qu'il entreprend. La mise à couvert justement, s'enclenche avec la touche A lorsqu'on est proche d'une zone propice. Le problème c'est que le réflexe naturel de presser "arrière" pour sortir de sa planque ne marche pas, il faut represser A pour quitter la position. Et tout est un peu comme ça dans Perfect Dark Zero. Joanna ne sait pas sauter, en avançant face à une corniche, si c'est possible, celle-ci grimpera le rebord d'elle-même (ce qui est franchement étrange, avouons-le) car la naturelle touche A, généralement liée au saut, sert ici à toutes les actions contextuelles.
Notre héroïne dispose 
La visée manque cruellement de précision et malgré ses inspirations issues de No One Lives Forever et sa mise à couvert, le jeu devient rapidement bourrin d'un mouvement d'évitement (d'ailleurs la vue passe à la 3e personne, comme lors de la mise à couvert ou de la montée/descente d'une échelle) mais à côté de ça, elle ne sait pas courir (!). L'aide à la visée ne sert pour ainsi dire à rien et lorsqu'on presse LT (la gâchette gauche) nous avons généralement un gros zoom de l'arme utilisée. C'est bien pour les ennemis distants mais un petit "lock" n'aurait pas fait de mal tant la visée est imprécise ! Pour un jeu qui veut rivaliser avec le grand Halo, excusez du peu mais faudrait déjà que la prise en mains soit irréprochable... à l'image du jeu de Bungie.
Du côté de l'IA, elle se veut souvent agressive puisque les ennemis ne nous ratent que rarement, quand ils ne viennent pas littéralement au corps à corps nous puncher les gencives. Ainsi, si le jeu tente d'être plus fin, plus subtil que la plupart des FPS, je le redis, la plupart du temps ça finit en pugilat ! De toute façon le jeu est bien plus marrant comme ça car il est clair que nous ne sommes pas en présence d'un titre qui est fait pour ça. Si vous voulez de l'infiltration, tournez-vous plutôt du côté de Splinter Cell...
L'IA des ennemis n'est déjà pas fine mais lorsqu'on est en équipe c'est pire, puisque nos crétins d'alliés ne sont même pas foutus de veiller sur nos arrières. L'arsenal est étoffé, ce qui est une bonne chose et la plupart des armes ont un tir secondaire. Par contre, à chaque mission on pourra choisir ses armes à la condition de les avoir débloqués dans l'arsenal... et pour ça, il faudra finir le niveau avec. Oui, le procédé est quelque peu absurde. On a aussi des grenades mais au lieu d'avoir une touche dédiée pour les lancer, il faudra d'abord s'en équiper, tout en sachant qu'elles prennent la place d'une arme. Globalement le rythme est lent, les armes manquent un peu de punch et c'est notamment dû à des ennemis qui encaissent relativement bien les pruneaux. Déjà un peu lourd, les combats sont en plus plombés par une linéarité à toute épreuve. Certes il y a bien quelques passages secrets mais généralement le jeu nous indique où aller, via le chemin le plus simple possible. Encore une fois, les maps sont pensées pour jouer en infiltration et si ça vous chante de vous y adonner, grand bien vous fasse ! Car au fond sur ce jeu l'infiltration est chiante comme la pluie et seule l'action brute évitera que vous vous endormiez manette en mains.
Techniquement, 
Techniquement le jeu souffle autant le chaud que le froid avec parfois de très beaux décors, puis d'autres vraiment moches. Quant aux personnages, ils sont tous râtés... Perfect Dark Zero est l'un des premiers jeux à utiliser le moteur physique Havok sur consoles. Malheureusement, on ne peut pas dire qu'il soit grandement mis en avant, contrairement à ce que proposera Half-Life² et Portal par exemple (qui sortiront plusieurs années après). Les graphismes justement, soufflent autant le chaud que le froid... D'un côté nous avons un design assez futuriste (bien qu'en 2020 les voitures ne ressemblent toujours pas à ça ^_^), quelques pans de décors sont vraiment réussis et on sent que les développeurs ont voulus profiter de la puissance assez colossale de la console (car oui, en 2005, la Xbox 360 était considéré comme un monstre de puissance). Ainsi on retrouve des effets graphiques qui n'étaient accessibles que sur les plus gros PC de gamer, comme le "parallax mapping", l'occlusion ambiante, la "transluminescence" (subsurface scattering en anglais), le Phong Shading (qui donne un effet mouillé aux surfaces) ou encore le HDR. Pour un jeu de 2005, c'est impressionnant et c'est vrai que certains passages sont vraiment jolis.
Malheureusement, tout n'est pas au même niveau. Comme évoqué, les personnages sont vraiment moches, les animations sont robotisées, les proportions ne sont pas parfaitement respectées et certains décors sont aussi moches que vides. Bref, on sent que le jeu a été avant tout développé pour une console moins puissante et que derrière, les développeurs ont appliqués plusieurs couches de vernis afin de rendre le tout plus présentable, plus acceptable sur une console de 7e Génération. Notez aussi que le jeu est souvent très sombre et que Joanna ne dispose même pas d'une lampe. Tiens en parlant d'elle, c'est sympa d'avoir voulu "féminiser" notre héroïne, avec du maquillage, de beaux ongles et une coupe de cheveux moderne... mais faut voir comment elle est habillée ! Sérieusement, on parle là d'un personnage qui est censé s'infiltrer ou au pire, qui va sulfater tout azimut l'adversité. Et elle, elle se pointe comme si elle allait en boite de nuit, avec un pantalon design, des chaussures à talons et un petit haut ventre à l'air ! Sérieux quoi, au niveau du design, Rare est complètement à côté de la plaque ! Tu m'étonnes que la "bimbo fashion" se fasse repérer si vite !

Notez tout de même 
Le doublage sort d'un autre âge, même si on apprécie qu'il soit en français. Par contre les musiques sont généralement sympas que Perfect Dark Zero appartient à Microsoft (qui est l'éditeur), ainsi le jeu est rétrocompatible avec la Xbox One, la Xbox One X et même avec les Xbox Series. Sur les machines les plus performantes, on aura un petit boost de performances, ainsi que de la 4K, exactement comme le Remaster HD du premier opus. Un bien sympathique suivi pour un jeu qui n'aura eu qu'un succès modeste et qui est sorti pas moins de 12 ans avant la Xbox One X.
On termine avec la partie audio, dont le doublage est loin d'être top qualité. Alors certes, j'apprécie que le jeu soit doublé en français car c'est toujours plus agréable qu'un VOST (je déteste lire des sous-titres, y'a rien de mieux pour casser l'immersion). Au rang du casting, on reconnaitra avant tout le grand Patrick Bethune (la voix de Jack Bauer), qui double Jack Dark, le père de Joanna. Mais même dans son cas à lui, le résultat n'est pas très probant. Le doublage est clairement pris à la légère et le résultat est indéniablement dans le ton de l'époque (car oui, le doublage français prendra justement son envol durant cette 7e Génération où les développeurs prêteront de plus en plus attention à cet important détail). Quant aux bruitages, ils sont plutôt de qualité. On aurait certes aimé des armes plus "expressives" mais on n'est pas dans Soldier of Fortune après tout.
Enfin la bande-son a été composé par David Clynick, compositeur attitré du studio depuis 2000 et le premier Perfect Dark, celui da la Nintendo 64. Il est entre autre derrière les OST de Kameo, Conker : Live & Reload, Viva Piñata, Kinect Sports et Banjo-Kazooie: Nuts & Bolts. Ici le compositeur anglais a cherché à varier sa bande-son, à la fois en imposant une ambiance de film d'espionnage, mais aussi en soulignant les scènes d'action. Toutes les musiques ne sont pas au même niveau mais j'avoue en avoir apprécié quelques-unes d'entre elles, comme le thème des menus, les morceaux Electro de la boite de nuit, ou encore les pistes un peu Hard-Rock de certains passages. En somme, la bande-son (qui est omniprésente durant tout le jeu) est l'une des vraies réussites du titre.
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Perfect Dark Zero
Note partait d'une promesse, celle d'offrir à la Xbox 360 l'un des grands succès de la Nintendo 64. D'ailleurs suite à son rachat, Rare (sous pression de Microsoft ?) s'empressera de fournir à son nouvel éditeur et son nouveau support de prédilection de nouvelles IP mais aussi des suites attendues (Conker, Banjo-Kazooie, Killer Instinct...) mais sans plus jamais toucher au génie qui les caractérisait durant leurs années de partenariat avec Nintendo, où ils sont réussis l'exploit de sortir des titres aussi mythiques que Killer Instinct sur Arcade, Donkey Kong Country sur Super Nintendo, GoldenEye et le premier Perfect Dark sur N64. Puis vint la période Microsoft et suite au rachat, le succès se fera plus discret, plus intimiste pour ce studio qui autrefois, brillait d'or, à l'image de son logo. Comme son nom semble l'indiquer, Perfect Dark Zero est la préquelle de l'excellent jeu Nintendo 64, mais ses origines sont claires. Le développement a débuté sur GameCube et cet héritage graphique qui transparait sur cette console techniquement bien supérieure, qu'est la Xbox 360. La mise en scène est datée, le scénario est mal amené, les angles sont mal dégrossis, ça manque de finesse et de finitions, la jouabilité n'est pas précise, l'infiltration est souvent gâchée par une IA stupide... Et dire que le développeur anglais avait pour ambition de faire de son FPS le nouveau maitre-étalon des consoles Xbox, s'autoproclamant comme le nouveau Halo... ce manque d'humilité, ils l'ont pris en pleine poire ! Pourtant tout n'est pas à jeter dans ce titre, comme la bande-son qui est éclectique et qui propose pas mal de bonnes pistes, on peut malgré tout tenter de la jouer infiltration et avec ses gadgets, comment ne pas penser au mythique No One Lives Forever. Et puis malgré ses origines plus modestes, certains passages sont techniquement très réussis... Non, tout le problème de ce jeu c'est son inconstance. Un beau passage sera toujours contrecarré par une parcelle vilaine au possible, l'infiltration ne reste qu'une possibilité qui sera très vite mise de côté car une action brute qui est nettement plus simple à mettre en œuvre, tout en étant bien plus motivante. En conclusion, Perfect Dark Zero n'est pas un mauvais jeu, il est juste très moyen, il n'excelle en rien alors que tous les fans du premier opus s'attendait à ce que le grand Rare revienne en force et nous dévoile tout son savoir-faire. Malheureusement, sans être totalement largué, la concurrence sera rude et des titres comme King Kong, Quake IV et Call of Duty 2 (tous sortis à la même période) seront bien meilleurs. Et c'est bien dommage car du coup la licence ne prendra jamais son envol, alors qu'avec son premier titre (dont le Remaster HD est de bonne qualité) tous les espoirs étaient permis. |
