Perfect Dark (N64)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2000
Développeur : Rareware
Editeur : Nintendo
Genre : FPS

Support : cartouche de 256Mb (32Mo)
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : 4 joueurs
Titre alternatif : Pafekuto Daku
Prix au lancement : 450Frs
Score des ventes : 2.52 Millions (N64)


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Perfect Dark








En 1997,
Perfect Dark est le premier jeu a proposer une jouabilité très proche des FPS actuels
après le succès de ses 3 épisodes de Donkey Kong Country, qui nous ont explosés les mirettes sur Super Nintendo, Rareware revient avec un titre aussi mythique qu'évocateur : GoldenEye. Avec cet FPS, le studio signait LE jeu du genre sur la console et une véritable amorce des shooters actuels. Selon certaines sources, Rareware a refusé de développer une suite directe à GoldenEye, soit concevoir un jeu autour de Demain ne Meurt Jamais. Mais en réalité, il s'avère qu'entre temps le studio a perdu les droits d'utilisation de la licence 007. Le jeu était déjà en bonne voie, c'est pourquoi ils n'ont pas renoncés mais ont adaptés le projet à ce changement de situation : Perfect Dark est né ! Nous sommes alors en 2000 et James Bond est remplacé par Joanna Dark (retrouvez le scénario du jeu dans le spoiler "à savoir"). A côté de ça, difficile de ne pas penser à GoldenEye en jouant à ce jeu, puisqu'il a été développé à l'origine comme une suite directe. Tout y est presque pareil, des fonctions à la jouabilité en passant par le gameplay, du moteur graphique au développement scénaristique. Perfect Dark est donc le fils spirituel de GoldenEye mais là où 007 échouait, Joanna excelle. Arrivé à la fin de vie de la console de Nintendo, ce jeu n'aura pas reçu le même accueil que GoldenEye (il faut dire que la DreamCast est déjà sortie et que la PS2 ne va pas tarder) et pourtant, il lui est supérieur en quasi tout point. Alors voyons ce que donne le meilleur FPS de la N64. Tout d'abord, le menu des options et des modes, est assez original. Joanna Dark travaillant pour l'Institut Carrington (en façade c'est un centre de recherches et de développement, en réalité ils mènent des actions d'espionnage), on peut alors se balader librement dans le bâtiment. On peut y glaner quelques infos sur le scénario et les personnages, s'entrainer (didacticiel)... bref même si on en fait vite le tour mais c'est sympa. Les modes de jeu sont nombreux et sérieusement attractifs, surtout à une époque où le FPS console n'a pas encore la notoriété actuelle. On retrouve donc l'intouchable mode solo avec son histoire de ouf, le mode simulation de combat qui est en fait un mode multi-joueurs jouable de 2 à 4 participants (on peut également ajouter 4 bots pour jouer à 8, et on retrouve les classiques du genre comme le deathmatch ou du CTF), un mode coop' pour vivre l'aventure à 2 (mais il faut avoir déjà fait les niveaux en solo) et enfin le mode Contre-Opérations : un joueur dirige Joanna Dark tandis que l'autre dirige l'un des ennemis du niveau.


Le joueur
L'histoire est prenante et bien mise en valeur par des cut-scènes de qualité
qui joue Joanna doit essayer de compléter ses objectifs normalement tandis que l'autre joueur doit la neutraliser. Si le joueur qui incarne l'ennemi est éliminé, il ne perd pas mais se "réincarne" dans un autre ennemi. Un mode vraiment sympa. Pour ce qui est de l'histoire, il est vraiment regrettable que la console n'ait pas de lecteur optique car des vidéos en images de synthèses auraient fait sensations. Malgré tout, la console s'en sort honorablement avec beaucoup de cut-scènes gérées en temps réel et pas trop mal faites (malgré la rigidité des animations) et des textes (en Français cette fois) pour les fiches personnages et les briefings. Sans dire que c'est super exploité (c'est parfois confus, laissant le briefing poser les bases de l'histoire là où une scène aurait mieux fait le boulot), c'est pourtant impressionnant pour le support, et en plus, malgré son aspect nanard, dans le fond le scénario est vraiment pas mauvais. Je ne vous expliquerai pas ça ici (rendez-vous dans le spoiler) pour ne pas vous gâcher la surprise mais sans dire que c'est digne d'un Kojima, nous avons enfin droit à une trame haletante, bien exploitée et riche en rebondissements. Ma plus grosse crainte envers le jeu, était évidemment la prise en mains. Je me souviens encore que GoldenEye avait une jouabilité toute pourrie, complètement gâchée par une configuration du pad débile. Avec Perfect Dark, Rareware a revu sa copie et propose 4 configs, dont une comme GoldenEye pour ceux qui s'y seraient fait, mais aussi une autre qu'on croirait contemporaine. Enfin il était temps qu'un développeur comprenne comment configurer le pad pour avoir une bonne prise en mains, jugez plutôt : avec la croix numérique on gère les déplacements (comme avec le stick gauche de nos pads actuels), avec le stick analogique on gère la vue libre sur 360° (comme avec nos stick droits) et on tire avec Z, la gâchette sous la main droite. Et bien voilà, ce n'était pas si dur en fin de compte ! Perfect Dark est donc un jeu vieux de 10 ans qu'on peut facilement jouer comme s'il était sorti hier. Un vrai plaisir qui me fait dire que Rareware, à l'époque, était quand même pas mal avant-gardiste. Bien entendu vous trouverez vite que le stick analogique est trop sensible et que malheureusement il n'y a pas de réglage pour ça. Heureusement, on retrouve la grosse assistance à la visée de leur précédent jeu. En somme Joanna se locke automatiquement sur les ennemis proches, et une fois descendus, elle passe au suivant sans qu'on lui demande.


Alors certes
Utiliser le Memory Pack c'est profiter à 100% du jeu et croyez moi, il en devient surpuissant !
c'est pas très précis mais dans ce cas-là, difficile de râler. Pour les puristes, la pression sur les gâchettes L ou R permet de focaliser le personnage. Joanna se fixe et le viseur peut être déplacé sur la surface de l'écran, à l'image d'un simple shooter à la Time Crisis. Je n'y vois pas grand intérêt mais à la sortie du titre, selon la configuration choisie, ça devait servir. En tant qu'espionne à la solde de Carrington, Joanna sera équipée de tout un tas de gadgets et d'un gros lot d'armes. On commence bien entendu en bas d'échelle avec un simple 9mm à silencieux mais comme on pourra prendre toutes les armes ennemies, on se constitue très vite un arsenal plus puissant. Les armes sont assez puissantes mais je regrette que d'un niveau à l'autre, on ne garde pas son acquis. Comme si en descendant un escalier ou en passant une porte, elle perdait tout. C'est débile je sais, mais je rappelle qu'on teste ici un jeu qui date de 2000 et à l'époque, c'était courant. Le jeu n'est pas spécialement difficile (tout du moins en easy) et comme d'habitude, on trouvera des boucliers pour se protéger et l'IA est sombrement débile. Les ennemis courent dans les sens, visent avec leurs pieds... bref on a largement le temps de faire du tir aux pigeons. Bien sûr on aura aussi tout un tas de gadgets sophistiqués. Le jeu se déroulant en 2023, on trouvera des lunettes de vision nocturne, d'autres infra-rouges, un module d'invisibilité à la Predator et des fonctions plus ou moins sympas qu'on peut activer sur certains flingues comme celui qui suit à la trace un ennemi. Techniquement, Perfect Dark utilise le même moteur que GoldenEye, mais en amélioré. Je rappelle que 3 ans séparent les 2 jeux et en terme de graphismes, ce nouvel opus lui est bien supérieur. Les modélisations sont un peu plus fines : si les personnages sont toujours cubiques au possible, l'upgrade saute aux yeux et les textures des visages (certes figées) sont criantes de réalisme. C'est même impressionnant pour l'époque. Seule Joanna ne dispose pas de ce type de textures, Rareware ayant sans doute voulu la créer le plus simplement possible.


D'ailleurs
Très bonne qalité du son, avec notamment pas mal de digitalisations. Pour un support cartouche c'est impressionnant
le choix d'une femme s'explique par la montée des héroïnes, tout d'abord dans notre univers vidéo-ludique avec par exemple des icones à la Lara Croft, mais aussi avec la montée en puissance des Mangas et des Animes qui placent souvent les filles au premier rang, ou encore à la télé avec des personnages aussi beaux et forts que Dana Scully (X-Files). Ensuite avec Perfect Dark, vous avez tout intérêt à utiliser l'Expansion Pak, qui passe la RAM de la console de 4 à 8Mo. Pourquoi ? Simplement parce qu'avec ça le jeu est plus fluide, vous pourrez jouer plus nombreux en multi (sans quoi c'est limité à 2) et surtout, vous pourrez activer des fonctions avancées pour l'époque : mode 16:9 et haute-résolution qui passe la définition de l'écran de 256x224 à 640x480 ! Le résultat est là : les textures sont de meilleures qualité et surtout nous avons droit à des effets complètement déments pour l'époque comme des transparences (vitres), des effets d'éclairages réalistes (par exemple le tir d'une arme fait un flash, on peut éteindre la lumière d'une pièce et encore je ne parle pas des effets de vision nocturne, de rayon-X, d'infrarouge ou lorsqu'on est touché par la radio-activité, simplement ahurissants) mais aussi et surtout des reflets de toute beauté. Par exemple le carrelage reflète l'intégralité du décor, avec une gestion somptueuse des ombres... le genre de rendu qu'on a vu apparaitre qu'avec la DreamCast, qui est infiniment plus puissante. Les textures sont super détaillées pour de la N64, l'aliasing est assez discret... en clair Perfect Dark c'est une énorme claque visuelle ! Là on est d'accord, la console est largement plus puissante que la PlayStation et la Saturn, et c'est seulement avec titre-là qu'elle me le prouve ! Seule bizarrerie, le jeu fait de temps en temps des sortes de freezes, comme s'il chargeait ses données. Il faut dire que la cartouche fait tout de même 256Mb (contre seulement 96Mb pour GoldenEye) et qu'elle contient un max de données. Les voix digits par exemple, sont vraiment nombreuses, les protagonistes nous tenant parfois de vrais dialogues. Etonnant pour un jeu cartouche. Les bruitages, sans avoir une dynamique hors norme, restent très corrects et s'accommodent bien au jeu. Par contre je tiens à féliciter Rareware pour les musiques. Présentes tout au long du jeu, elles nous posent une somptueuse ambiance et c'est bien ce qui manquent le plus aux FPS actuels.



Rareware Note
était bien le développeur de génie dont tout le monde parlait. C'est seulement après leur rachat par Microsoft, que c'est parti en sucette avec des productions d'un niveau bien moindre : Perfect Dark Zero (la préquelle cet épisode-ci), Kameo, Viva Pinata... que des petits jeux et des échecs commerciaux. Et Perfect Dark est sans doute leur dernier grand jeu, et de mon point de vue... quel jeu ! C'est une véritable claque visuelle, avec un gameplay aux petits oignons (même si pour activer un gadget il faut ouvrir un menu) et la jouabilité est excellente (avec enfin une prise en mains digne de ce nom). Tout ceci fait de ce titre l'un des meilleurs jeux de la console. Perfect Dark apporte à GoldenEye ce qui, selon moi, lui manquait pour en faire un hit incontournable. Il encense sa formule, l'enrichit d'un scénario prenant et bien mis en valeur et nous livre le plus beau jeu de la console. Malgré mes habitudes à jouer sur PC, PS3 ou Xbox 360, j'ai été impressionné, preuve que Perfect Dark est réellement un hit. Le genre de jeu intemporel qu'on prend plaisir à ressortir du placard, juste pour se rappeler comme c'était bon à l'époque.



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Test réalisé par iiYama

janvier 2011