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Vous l'avez 
Tormented Souls est le premier jeu de Dual Effect Games, un studio chilien sûrement remarqué, je ne suis pas un amateur de jeux Indé. Pas que je les trouve mauvais, au contraire, le vrai souci c'est plutôt qu'il y en a trop ! Tous les mois il sort des dizaines de nouveautés et même s'il est vrai que c'est généralement ici qu'on trouve les meilleures idées de gameplay, ou les jeux les plus originaux, soyons honnêtes le marché est littéralement noyé sous l'offre ! A l'époque de la Xbox 360 et de la PS3, même si ce n'était que le début du mouvement, mine de rien on pouvait trouver quelques pépites mais aujourd'hui, même les grands noms du jeu vidéo qui en ont assez des rouages de la grande industrie, se tournent vers le marché indépendant et pour le joueur lambda, à moins d'être bien informé (puisque certains se sont spécialisés dans ce secteur qui a explosé durant la 8e Génération), il est facile de s'y perdre.
Notez aussi que les jeux Indé sont devenus chers. Souvenez-vous qu'à l'époque de la Xbox 360, les jeux dématérialisés ne pouvaient généralement pas dépasser les 15€ et un volume de 2 Go si j'ai bon souvenir. Aujourd'hui ces limitations ont été abolies et les développeurs se lâchent, puisque certains n'hésitent pas à vendre leurs titres bien au dessus de leur valeur estimée, tout en imposant une installation qui manque parfois d'optimisation.
Bref, je suis très loin d'être un amateur de jeux Indé, cepedant je sais reconnaitre une pépite qu'en voit une. Si je vous parle de Prodeus, Signalis, Final Vendetta ou Tunic... on peut dire que plus ou moins, ces jeux-là mettent tout le monde d'accord. Nouvelle pièce au dossier, aujourd'hui nous allons parler de Tormented Souls. Avant de dire quoique ce soit, il faut savoir que le jeu est sorti en plusieurs fois. Il a d'abord vu le jour sur PlayStation 5 et PC (d'abord sur Steam, ensuite sur GoG et EGS) en août 2021, puis en septembre 2021 sur Xbox One et Series X/S. Il a ensuite vu le jour sur PS4 en février 2022 et enfin sur Switch en avril 2022. On peut comprendre la nécessité de sortir le jeu sur Switch et PS4 puisque ce sont les 2 plus gros marchés actuels, avec respectivement 140 et 117 millions de consoles vendues à travers le monde. Ça en fait des acheteurs potentiels... Notez également que le jeu est "cross buy" donc sur Xbox et PlayStation, quand vous achetez une version, vous obtenez également l'autre.
Enfin il 
Tormented Souls est disponible pour à peine plus cher en version boite. D'ailleurs, à l'époque, la précommande vous offrez le superbe médaillon qu'on apperçoit sur la fin du jeu faut savoir que le jeu a été développé en priorité par Dual Effect Games et qu'Abstract Digital n'est venu qu'en renfort, sans doute pour aider le studio a réalisé certains portages et/ou à finaliser le développement. Dual Effect Games est donc un développeur indépendant, basé au Chili et qui a bossé durant 3 ans sur le projet, et Tormented Souls est leur tout premier jeu. D'ailleurs ce succès d'estime et critique les ont incités à développer une suite, prévue pour 2025 et sobrement intitulée Tormented Souls II. Dernier point, sachez qu'il est vendu au prix de 20€ en démat' sur les Stores habituels, mais aussi au prix de 30€ en boite, sur PS4, PS5 et Switch. Et oui, comme d'habitude, seules les consoles populaires ont droit à leurs versions physiques.
De mon côté, j'ai connu Tormented Souls à l'époque où il était disponible sur le Game Pass de ma Xbox Series X. Ce jeu m'a de suite intrigué mais j'avais fort à faire (il faut dire qu'il y a tellement de très bons titres), notamment les tests d'Assassin's Creed Origins et Odyssey, The Ascent, SCORN, The Medium, Alien Fireteam Elite et j'en passe. Après 2 ans, je n'ai pas renouvelé mon abonnement (j'ai donc perdu l'accès "gratuit" au jeu), à la place j'ai acheté cette PS5 qui faisait défaut à ma collection. Et voilà qu'un jour en farfouillant sur le PS Store de ma nouvelle console, je retombe sur ce jeu-là. J'ai téléchargé la démo et le charme a de nouveau opéré. J'ai fini par me laisser séduire et je suis passé à la caisse. Mais au final, Tormented Souls, ça parle de quoi ?
Et bien dans ce jeu on incarne la jolie Caroline Walker, qui un matin reçoit une lettre avec une photo à l'intérieur. A la vue de cette photo où 2 jumelles à l'âge infantile est représentée, elle éprouve un choc cognitif. Ce trouble ne cessera de la tourmenter jusqu'au jour où elle se rendra à l'adresse de l'expéditeur : un ancien manoir transformé en hôpital, désormais laissé à l'abandon. Elle entre dans le bâtiment et pas le temps de réellement faire le tour des lieux qu'elle est assommée. Elle se retrouve ensuite à poil, plongée dans une baignoire crasseuse, un tube de ventilation assistée enfoncée dans la gorge et même énucléé de son œil droit ! Caroline va donc mener l'enquête, car elle veut savoir qui lui a fait ça et pourquoi...
Bon il est clair, 
Le jeu démarre très fort mais rangez vos yeux lubriques, ce sera la seule scène un peu osée de toute l'aventure le coup de la nana à poil dans la baignoire, un long tube enfoncé dans le gosier, c'est clairement pour faire plaisir aux fans de hentaïs à tendance tentacules. Perso, ça n'a jamais été mon truc. Par contre la voir dans sa tenue d'Eve, façon "nude intégral", là ça parle forcément à tous les mâles hétéros. Heureusement après ce petit coup d'esbroufe, notre héroïne du jour sera toujours habillée. Ceci dit, même si une tenue plus adéquate se trouve dans le premier placard, la tenue de base est bien plus jolie : petite jupe et veston en cuir, il est clair que chez Dual Effect Games on voulait nous proposer un personnage agréable à regarder, tout en étant largement inspiré par la culture manga. D'ailleurs Caroline est une jolie jeune femme, pas aussi fragile qu'elle en a l'air, bien en chair et qui nous change des sacs d'os à la mode.
Quand à la mise en scène, on nous propose des cinématiques gérées en temps réel qui sont correctes. Je le dis et le redirai un certain nombre de fois, nous sommes sur un jeu indépendant, développé par une poignée de personnes. Alors bien sûr, ça n'a pas l'éloquence et la maitrise d'un Resident Evil 2 Remake, mais le budget de développement n'est clairement pas le même non plus, idem pour l'équipe en charge du jeu. Ainsi pour un jeu Indé développé sous la chaleur tropicale du Chili, moi j'estime que c'est pas mal du tout. Quant au scénario, de prime abord il peut paraitre assez convenu, prévisible au possible (vous vous doutez très vite qui sont les fillettes sur la photo), limite téléphoné. Mais on parle bien là d'un survival horror ayant un pied dans les années '90, il ne fallait pas non plus s'attendre à un scénario de folie, et surtout ce n'est qu'en surface que l'histoire parait simpliste. Car à l'image de tout bon jeu du genre, il y a divers documents à lire, des bouts de textes disséminés un peu partout dans le manoir et qui étayent une histoire de fond assez sordide et bien plus travaillée qu'il n'y parait.
Après bien sûr on n'échappe pas aux grands poncifs du genre, notamment avec une secte d'illuminés au nom ridicule : la secte Pollux... Alors au Chili ça passe peut-être mais chez nous, c'est bien plus ridicule... quoique ça fera surtout sourire les vieux joueurs, beaucoup moins les jeunes qui ne savent même pas de quoi on parle. De plus, le nom "pollux" est également associé au sommet d'une montagne, à une étoile, à un satellite de Saturne, un serrurier français et pas seulement au personnage d'une vieille émission TV pour enfants.
Donc on peut 
Les cinématiques sont vieillottes, les personnages n'ouvrent pas la bouche en parlant et s'il est possible d'obtenir 3 fins différentes, aucune ne gratifie réellement le joueur le dire, le scénario fait le job. Cependant la raideur des protagonistes est un peu "rustique" et pire encore, lors des dialogues les personnages ne prennent même pas la peine d'ouvrir la bouche (ou du moins de faire semblant) lorsqu'ils parlent. C'est un peu dommage, car on n'est plus sur la première PlayStation là... Au niveau du doublage, nous n'avons droit qu'à de l'anglais, mais les dialogues et les textes ont été traduits en pas moins de 11 langues, dont le français. Je ne sais pas ce que ça donne chez les autres, mais j'ai été agréablement surpris de la qualité de traduction où les fautes sont extrêmement rares (je n'en ai noté qu'une poignée, toutes localisées dans le dernier quart du jeu). J'ai également apprécié que plusieurs éléments affichés à l'écran, comme la carte du niveau, soit également traduite, évitant ainsi certaines confusions.
Quand à la qualité du doublage, certains disent que la doubleuse de Caroline (sobrement nommée JT dans les crédits) a mal fait son boulot, quand d'autres sont quasi aussi mauvais. Bon perso, lire des sous-titres m'a toujours gonflé et à mes yeux, je préfère toujours une VF de qualité bof-bof, plutôt qu'un VOST de super qualité. Excusez du peu, j'estime qu'on ne profitera jamais aussi bien de l'ambiance et de la mise en scène d'un jeu, que lorsqu'il est intégralement traduit. Oui, je préfère largement le doublage du premier Metal Gear Solid, même s'il est franchement moyen, que celui d'un Metal Gear Solid 2 certes plus qualitatif, mais tellement chiant à suivre. C'est un point de vue, à chacun le sien.
Bref, le doublage de Tormented Souls n'étant qu'en anglais, je suis déjà très satisfait que le jeu soit sous-titré (car beaucoup de titres ne le sont pas) et à part l'accent à couper au couteau de Caroline, je ne trouve pas que son doublage soit si horrible. En fait, la voix ne colle pas parfaitement au personnage car on imagine Caroline plus douce, fragile et gentille, alors que sa doubleuse usite d'un ton plus ferme et déterminé.
Notez tout de même que le jeu est relativement long et difficile, et il nous offre 3 fins possibles. La "mauvaise" et la "normale" sont vraiment expédiées, et je pensais sincèrement que pour la "bonne fin", les développeurs feraient un effort. Et bien non, c'est très décevant car c'est tout aussi peu gratifiant (alors qu'on a souffert pour en arriver là !). On appréciera seulement le fait d'avoir "œuvrer pour le bien" et que meilleure est la fin, plus douce est la musique des crédits. A part ça...
Du côté de 
Tormented Souls est un pur Resident Evil-like ! Ceci dit, ses sources d'inspirations ne s'arrêtent pas là car on retrouve aussi du Silent Hill, du Alone on the Dark ou encore du Dementium la prise en mains, nous sommes sur un pur Resident Evil-like ! On retrouve la prise en mains dites "tank" où avec la croix numérique on pivote sur soi avec gauche/droite, on avance avec haut et on recule avec bas. On peut marcher, courir et même faire un demi-tour rapide. Une formule qui a fait ses preuves mais qui est toujours aussi lourde. D'autant plus qu'à l'époque elle se justifiait par le manque de sticks analogiques sur les manettes, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Heureusement les développeurs ont pensés à tout, puisque justement vous pourrez également jouer au stick, pour plus de confort et d'agrément. La tuile, c'est que Tormented Souls utilise une formule hybride entre les angles fixes des vieux Resident Evil, et une caméra un peu plus libre comme dans Silent Hill par exemple. Résultat, lorsqu'on joue au stick, le changement d'angle occasionne quelques couacs. Rien de bien grave, soit dit en passant.
Beaucoup évoque Silent Hill ou Alone in the Dark comme source d'inspiration pour ce jeu, mais il est clair que c'est surtout la série de Capcom a insufflé la plupart de ses traits. Pour faire demi-tour , avec la manette PlayStation on fait "carré + bas", on se met en joue avec R1 et on tire avec X, on court en maintenant "carré", on ouvre l'inventaire en faisant "triangle", la "safe room" nous propose des lieux de repos où on peut sauvegarder, le tout accompagné d'une douce mélopée au piano, les déplacements, l'aspect exploration, la map, les énigmes, la façon dont l'aventure se déroule, les nombreux allers-retours qu'on doit faire... tout ça sent bon le Resident Evil à plein nez ! Ils ne sont tout de même pas allé jusqu'à reconduire le fameux coffre, puisque notre héroïne ne sera pas limité en place (d'ailleurs on se demande bien comment elle case autant de bazar dans une si petite sacoche - je pense qu'Hermione a dû lui filer la recette pour avoir un sac fourre-tout ^_^).
Pour retrouver un peu de Silent Hill, il faut se tourner vers le bestiaire, qui est composé d'êtres maléfiques aux comportements aussi étrange que dérangeant. Là pour le coup ça respire l'œuvre de Konami. Ceci dit le bestiaire reste assez limité puisqu'on rencontrera surtout des êtres mutilés qui se prennent pour des pseudo-Wolverine, tous ayant comme point commun une agressivité sans limite. Après bien sûr il y a le boss final, bien dégueu et franchement bizarre, mais ça c'est une autre histoire.
D'ailleurs 
La difficulté est très élevée : les ennemis sont très agressifs en plus d'être des gros sacs à PV et les énigmes sont franchement ardues par moment notez que Tormented Souls est loin d'être accessible. Déjà les options se contentent du minimum syndical (même si depuis la démo je les félicite d'avoir ajouter une jauge de luminosité car de base c'est bien trop sombre), et donc nous n'avons pas de choix de la difficulté. Cependant, contrairement à sa source d'inspiration, ici les ennemis sont coriaces, les munitions descendent vraiment vite, et les énigmes sont loin d'être facile à résoudre. Certaines sont même franchement tordues, ce qui obligera (quand vous en aurez marre de tourner en rond) à consulter une soluce.
Voilà aussi pourquoi la durée de vie est assez confortable, allant de 9 à 12 heures en moyenne, si bien sûr vous ne trichez pas. En effet, il existe un "debug menu" pour ce jeu, et les soluces en ligne peuvent également vous faciliter la tâche. C'est une bonne manière de se gâcher le plaisir de la découverte, mais au moins pour le "debug menu", ça permet de parcourir le jeu, sans se prendre la tête.
Pour en revenir au jeu, il est clair que le bestiaire se renouvelle trop peu, mais chaque affrontement fera monter un pic de stress. D'ailleurs chaque ennemi est un véritable puits à PV tant il faut lui en mettre plein la gueule pour qu'il crève ! Pour se défendre on peut utiliser l'unique arme de corps-à-corps (un pied de biche) mais malgré ce qu'on pourrait penser, son efficacité est très réduite, alors que je peux vous garantir que prendre un bon coup de pied-de-biche sur la gueule (étant donné que c'est une barre en acier massif) ça doit péter quelques dents au passage. Caroline utilisera donc 3 armes plus conventionnelles dans l'utilité, moins dans le design. On aura un pistolet lance-clous qui remplace ce bon vieux 9mm, on a un fusil de chasse artisanal qui utilise tout de même des cartouches de 12 (c'est l'arme la plus puissante du jeu mais les munitions sont rares) et nous avons une lance électrique (une sorte de "bâton-taser"). Donc on se met en-joue en pressant R1, on tire avec la touche X et petite nouveauté, pour faire un mouvement d'évitement tout en restant en-joue, on presse "carré". Caroline fera alors un bond arrière car il faut à tout prix éviter le contact avec ces ennemis au caractère aussi belliqueux que proximal.
Sur PC, PS4 et PS5, il existe un "debug menu". Ce menu n'est pas accessible sur Switch et pour cause, il faut un clavier USB. Si vous cherchez sur Internet, on vous parlera de réaliser la combinaison ZEFCKL mais chez nous, ça ne fonctionne pas. En réalité, c'est parce que les amerloques (ainsi que certains pays d'Europe comme l'Angleterre ou l'Espagne) utilisent des claviers QWERTY et que la touche Z n'est pas placée au même endroit. Notez aussi que depuis les mises à jour les plus récentes, le debug menu a changé de forme, il n'a plus rien à voir avec celui de la démo par exemple. Ceci dit les fonctions restent les mêmes. Alors je vais vous présenter ici ce "cheat code" valable pour PS4 et PS5, il est facile de trouver comment transposer les mêmes touches sur PC ou sur Xbox. En tout premier lieu, il faut donc connecter un clavier USB à sa machine (sur PC la question ne se pose même pas). Lancez votre jeu et en pleine partie, faites 2 fois d'affilé : WEFCKL. Si ça réussi, vous entendrez un son, comme ces jouets pour bébé qui font des pouets. A présent, tapez l'une des touches suivantes :

Quant à la carte, 
La carte est un peu mal fichue, mais le pire c'est de devoir chercher la bonne page. Quand aux sauvegardes manuelles, il y en a clairement trop peu ! elle est souvent jugée trop simpliste, bien qu'il semblerait que des efforts aient été réalisés en ce sens. Certes la carte ne sera toujours pas ultra détaillée, mais comme évoqué les noms sont traduits, en vert sont présentées les zones déjà visitées, en rouge celles à faire, quelques icones sont apparues (notamment pour bien reconnaitre l'endroit de la sauvegarde) et la zone où nous nous trouvons clignote légèrement. Notez également qu'on y accède en pressant simplement le stick droit (R3) chose qui n'existait pas auparavant. Après je l'avoue, on a fait mieux (bien qu'on ait aussi vu pire), le plus frustrant reste le fait de devoir trouver "où" nous sommes dans les nombreuses pages de map, comme si les développeurs n'avaient pas été foutus de nous afficher directement la bonne.
Vous l'aurez compris, la progression est relativement lente, mais c'est le genre qui veut ça. En nous imposant beaucoup d'exploration, de résolution d'énigmes et d'allers-retours, au final la durée de vie sera directement impactée par votre capacité à résoudre les problèmes. D'ailleurs en parlant d'exploration, je n'en ai pas parlé mais vous vous doutez bien qu'il y aura plusieurs objets à récupérer mais aussi à observer, et parfois on bloque sur un détail tout bête : ouvrir le jerrican avant de mettre de l'essence dedans, faire rouler la molette de la clé anglaise pour avoir écarter les mâchoires, déverrouiller la protection anti-réécriture d'une disquette avant de l'utiliser... parfois c'est d'une logique implacable mais on ne pense pas aux nombreux détails qu'on réalise de façon machinale et qui doivent être répercutés ici aussi.
Enfin sachez que l'obscurité peut être fatale dans ce jeu... En effet, dans une zone plongée dans le noir, les ténèbres vont vous engloutir et ce sera le retour à la dernière sauvegarde. Voilà pourquoi il faut toujours avoir une source de lumière à proximité, ce qui peut être contraignant. Au départ nous n'avons qu'un zippo et notre héroïne ne sait pas se défendre sans ses 2 mains. Il faut donc éclairer la zone (chandelier, éclairage électrique...) avant de s'équiper en vue d'affronter les ennemis. Une mécanique intéressante qui heureusement ne sévit pas tout au long du jeu, puisque nous aurons vers la moitié de l'aventure, une lampe portative qui libérera nos 2 mains.
Ambiance 
Certes les personnages semblent sortir d'un autre âge, mais les décors et les éclairages sont tout bonnement somptueux ! Resident Evil oblige, il faudra d'abord trouver des bandes enregistreuses pour pouvoir sauvegarder. Le bon vieux "ink ribbon" est de retour, sauf que nous en avons tellement peu, qu'on passera parfois plus d'une heure à tourner sans jamais faire de "save". Et en cas de mort, vous n'imaginez pas la frustration ! En somme, en plus de limiter le nombre de nos sauvegardes, elles sont également trop peu nombreuses, augmentant ainsi notre niveau de stress, un stress déjà induit par une héroïne fragile (qui, classiquement, utilise de quoi se soigner pour se rétablir mais dont les médikits sont également assez rares), une jouabilité peu alerte, des munitions assez limitées, etc.
Techniquement, le jeu tourne sous le moteur Unity. Un moteur parfait pour les productions indépendantes, souple et performant à la fois. Par contre il faudra qu'on explique comment se fait-il qu'entre les versions, il y ait tant de différences dans les volumes d'installation. En effet, j'aimerai bien comprendre comment se fait-il que la version PS5 pèse à peine 7 Go, quand les autres versions sont systématiquement plus grosses : 10 Go sur Switch (alors que le jeu n'est qu'en 720p), 13 Go sur Xbox et pas moins de 16 Go sur PS4 ! Vous réalisez qu'entre les 2 sœurs, il y a tout de même près de 9 Go de différence ! D'ailleurs, c'est franchement bizarre que ce soit la version PS4 la plus volumineuse non ? Il s'est passé quoi, un curieux manque d'optimisation ? D'autant qu'entre les versions PS4 et PS5, la différence n'est pas flagrante. La version PS5 propose un meilleur anti-aliasing, les éclairages sont un peu plus fins, la résolution est un peu plus élevée et on a un meilleur contraste, mais au fond ça reste le même jeu.
Notez quand même que toutes les versions tournent en 60 images par seconde (sauf la Xbox One qui, comme d'habitude, est en souffrance), mais rarement dans une résolution native. Ainsi donc pas de 4K natif sur PS5 et Xbox Series X, comme dans la plupart des configurations, le jeu utilise un procédé upscaling à partir d'une résolution plus faible.
On ne revient 
Le jeu est superbement soutenu par des musiques d'excellente qualité. Elles sont certes en petit nombre, mais question ambiance, il n'y a rien à redire pas sur les divers protagonistes, comme Caroline qui est mignonnette comme tout mais qui ressemble à une poupée mal animée. Les ennemis sont assez flippants, voir terrifiants pour certains, et de son côté le boss final est plus dégoûtant qu'autre chose... Dans l'ensemble, ça manque de travail sur les animations, et ça manque de finitions comme lors des cinématiques. Pourtant on peut le dire, son hommage assumé à Resident Evil fait superbement office dans le design de la bâtisse. Bon déjà on parle d'un manoir transformé en hôpital, le tout étant désormais abandonné. Les influences sont donc nombreuses et il est clair que le coup de crayon est savoureux. Les décors sont particulièrement travaillés et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ils ne sont pas fixes, c'est bel et bien de la 3D gérées en temps réel.
Et c'est là qu'on apprécie également des éclairages particulièrement efficaces, notamment au niveau des ombrages. Certes on a parfois des bugs, mais franchement on peut le dire, les environnements sont une vraie réussite technique et artistique. L'ambiance est volontairement malsaine, on a peur du noir, peur de ce qui peut se pointer à l'écran, les angles de vue favorisant en plus ce savoureux mal-être que d'autres jeux d'horreur n'arrivent pas à instaurer. Comment ne pas penser à Dementium II, Resident Evil Rebirth ou même le premier Dead Space.
Quant au sound design, franchement, c'est encore une fois une belle réussite. On ne revient pas sur la teneur du doublage, par contre les bruitages font le job. La qualité est bonne, ce n'est ni super dynamique, ni à côté de la plaque, ça fait le boulot comme on dit. Et il est facile d'apprécier des musiques franchement angoissantes, qui posent une ambiance terriblement efficace. Je peux vous dire que j'ai joué le soir, tout seul sur mon canapé avec le casque sur les oreilles... croyez-moi j'en menais pas large. ^___^
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Tormented Souls
Note est le premier jeu des chiliens de Dual Effect Games (secondé par le studio Abstract Digital, qui n'est pas beaucoup plus connu), un jeu qui a nécessité 3 ans de développement et qui au final est sorti sur toutes les plate-formes actuelles. Véritable hommage aux vieux Resident Evil, tout en s'inspirant également de quelques grands noms de l'horreur comme Silent Hill, Alone in the Dark ou encore Dementium II, Tormented Souls est une petite pépite trop peu connue et qui mériterait pourtant de faire plus de bruit. Certes le jeu a ses petits travers comme cette difficulté pas très équilibrée, ses énigmes parfois tordues, ses animations qui remontent à 30 ans en arrière ou encore sa prise en mains largement perfectible. Et pourtant la "magie opère" et ce, pour une raison toute simple : les développeurs ont réussi à capter l'essence même du genre, tout en s'inspirant largement du plus populaire survival horror de tous les temps. Car oui, tout est repris des anciens Resident Evil, de l'inventaire à la prise en mains "tank" (une jouabilité au stick est également disponible), la façon qu'on a de gérer les combats, l'exploration, les énigmes, l'inventaire (bien que celui-ci ne soit pas limité, évitant ainsi la plus absurde facette des hits de Capcom), la progression à travers les couloirs sombres et malfamés d'un manoir qu'on croirait déserté et qui pourtant, est peuplé de créatures aussi moches que dérangeantes. Et puis techniquement, c'est une belle réussite. Le jeu est vraiment beau et avec un petit effort supplémentaire sur les animations et ou encore sur les dialogues (puisque les protagonistes n'ouvrent même pas la bouche en parlant), c'est sûr, la note aurait été encore plus élevée. Mais n'oublions pas que nous parlons ici d'un jeu indépendant, une petite production venant d'un studio sans expérience et pour un premier titre, moi je dis chapeau-bas l'artiste ! Car certes le scénario est un peu convenu et prévisible mais il n'en reste pas moins intéressant et plus approfondi qu'on ne le pense, la réalisation est "horriblement somptueuse", le sound design est superbement travaillé, le rapport qualité/prix est excellent (20€ pour 9 à 12 heures de jeu environ). En conclusion, même si je ne suis pas friand des jeux Indé, je dois reconnaitre que ces derniers temps j'ai été agréablement surpris. Après Tunic, l'hypnotique Exo One ou dans le même genre l'excellent Signalis, Tormented Souls est une nouvelle preuve qu'une autre voie est possible, qu'avec peu de moyen mais beaucoup de passion, on peut réaliser un bon jeu. Ainsi la modestie de son studio et de son financement nous feront fermer les yeux sur ses défauts, pour n'apprécier que ses qualités. |
