The Medium (Xbox SX/SS - PC) -- GRAVITORBOX

 





Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie mondiale : janvier 2021
Développeur : Bloober Team
Editeur : Xbox Games Studios
Genre : aventure - exploration - horreur

Version testée : française
Doublage : anglais
Textes à l'écran : français

Version logicielle testée : 1.3.10.0
Moteur graphique : Unreal Engine 4 (Epic Games)
Difficulté :
Temps de jeu : 8 à 10 heures

Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 50€
Inclus au Game Pass : oui (day one)


Installation Xbox Series X


Support : en téléchargement sur Xbox Marketplace
Installation : 23,1Go
Performances : 1080p jusqu'à 120 fps avec RT et HDR ou 4K dynamique en 30 fps avec RT et HDR


Installation Xbox Series S


Support : uniquement en téléchargement sur Xbox Marketplace
Installation : 23,1Go
Performances : 1080p dynamique en 30fps


Installation PC


Support : en téléchargement sur Steam, GoG et Windows Store
Installation : 55Go
Compatible VR : non

Configuration minimale :
CPU : Quad Core 3,3Ghz
RAM : 8Go
VIDEO : avec 4Go de VRAM (type GeForce GTX 1650 / Radeon R9 390X) pour du 1080p

Vous aimez GRAVITORBOX et vous voulez le soutenir ? Alors vous pouvez nous adresser vos dons via PayPal en cliquant simplement sur le bouton ci-dessous.

Merci d'avance ^__^



______________________________










______________________________

Les sites partenaires :












______________________________


Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

The Medium









Bloober Team
Cantonné aux petites productions, The Medium est le plus gros et le plus ambitieux jeu de Bloober Team
est un petit studio polonais né en novembre 2008 des mains de Peter Babieno et Peter Bielatowicz. Ce modeste studio est déjà connu pour quelques productions sympathiques telles que Layers of Fear et Observer. Mais aujourd'hui, sous la houlette de Microsoft et de son Xbox Games Studios, Bloober revient avec The Medium, une production AA qui fait parler d'elle pour une raison toute simple : proche du line-up, elle est l'une des rares exclusivités tierces à voir le jour sur Xbox Series. Car c'est un fait, si le Store des nouvelles consoles propose des milliers de jeux, si des centaines de titres Xbox 360 sont rétrocompatibles et qu'on peut profiter de toute la ludothèque Xbox One, ne nous voilons pas la face, les Xbox Series manquent cruellement de jeux exclusifs. Voilà pourquoi The Medium a tant fait parler de lui : alors qu'il serait peut-être passé inaperçu en temps normal, le fait que ce lancement de 9e Génération fut si pauvre met automatiquement en lumière la moindre sortie un tantinet importante. Aujourd'hui la Bloober Team (eux qui aiment tant les jeux d'horreur) nous reviennent avec une production soignée, ambitieuse et originale. En effet, s'il était sorti au milieu des années 2000, on aurait (sans doute) tous hurlé au plagiat. Pourquoi ? Tout simplement parce que The Medium s'est plus qu'inspirer de la série des Silent Hill, voilà pourquoi ! Je vais même vous dire mieux, s'il portait le nom de la célèbre licence honteusement laissée à l'abandon par un Konami qui n'est plus que l'ombre de lui-même, je n'aurai même pas été étonné. Plus fort encore, j'aurai trouvé que c'était l'un des meilleurs opus de la saga !! Le début du développement a commencé en 2012 et le jeu devait sortir sur les consoles de 7e Génération, à savoir les Xbox 360, PS3 et WiiU. Cependant, les spécificités du titre ont rendu le développement difficile et en 2012, ces consoles-là étaient sur le point d'être remplacées (notamment la Xbox 360 qui fêtait ses 6 ans). Le temps que le jeu soit développé et qu'il sorte, il aurait été totalement obsolète. Du coup les développeurs ont fait le choix d'être patients, de repousser le jeu au maximum, de le peaufiner pour une sortie prévue initialement fin 2020. Maintenant, je pense que c'est Microsoft qui a incité Bloober Team à faire certains choix car on ne va pas se mentir, The Medium aurait très bien sortir sur Xbox One et PS4, car ces deux-là en ont mangé des bien plus gros ! Non je pense sincèrement que Microsoft a tout d'abord flairé la bonne occasion de se payer une exclusivité (puisque le jeu n'est sorti que sur Xbox Series et PC) et pour compenser le faible parc de consoles installées, le jeu fut directement inclus au Game Pass (car oui, les développeurs qui proposent leur jeu sur Game Pass sont grassement rémunérés).



Polonais et fine plume...


Entrons dans
Le scénario est captivant et superbement écrit
le vif du sujet, l'histoire nous conte les (mes)aventures de Marianne, une médium capable de voyager dans le monde des esprits. L'aventure commence lorsque celle-ci aide Jack, son père adoptif, à "passer de l'autre côté". Un moment très touchant et qui met assez vite dans le bain. Suite à ça, elle reçoit un coup de fil d'un dénommé Thomas, qui la supplie de se rendre au complexe hôtelier Niwa, qui est abandonné depuis des années et qui fut le théâtre de sombres histoires. La personne au bout du fil lui dit qu'elle seule peut sauver la situation et qu'en contrepartie, elle lui expliquera l'origine de ses pouvoirs... On peut le dire, le jeu commence très fort. Au départ, on trouve le scénario plaisant, bien qu'assez simple, ceci dit l'écriture s'étoffe au fil des heures au point même que certaines séquences peuvent paraitre un peu lourdes et perdent un peu le fil conducteur. Mais c'est en y repensant et lorsque les révélations se font, que ces séquences trouvent tout leur sens. Ainsi, avec ses années de gestation (pensez donc, 8 ans c'est une éternité dans notre secteur !), le scénario s'est affiné, les détails sont nombreux, les indices ne sont pas si évidents et certaines finalités sont assez lourdes de sens. Difficile de critiquer le jeu là-dessus, le scénario est parfaitement écrit, admirablement déroulé et étoffé via de nombreux documents à lire, ainsi qu'un nombre assez conséquent de cut-scènes gérées en temps réel. Par contre, il faut bien prendre conscience que nous sommes en présence d'une production AA qui a certes couté cher, mais qui reste loin des grosses machines à cash qui ont nécessité des centaines de développeurs pendant de nombreuses années. En plein jeu, les animations sont robotisées à souhait, Marianne n'est pas souple et on sent que le développement de certains pans du titre datent un peu. Heureusement, lors des cinématiques c'est un peu mieux, on sent qu'un réel effort a été fait pour que les animations paraissent plus naturelles, plus réalistes. Evidemment la motion capture a aidé en ce sens (d'ailleurs on retrouve une fois encore Troy Baker dans le rôle de l'antagoniste, il est décidément partout :) mais souvenez-vous encore une fois que ce n'est pas un jeu à gros budget et que la Bloober Team n'a ni le talent ni le matériel pour réaliser du gros œuvre façon Last of Us Part II ou Gears 5.



Motion Capture polonaise des années '90...


Malgré tout
Malgré la Motion Capture, les animations sont rigides. On apprécie par contre un très bon doublage US qui va à l'essentiel
les cinématiques sont superbement menées, les angles de caméra sont bons, le rythme est excellent... seules les expressions faciales sont un peu limites et encore une fois, certaines animations sont un peu raides, un peu rouillées. Mais croyez-moi, une fois dans l'ambiance du jeu, on oublie vite ce genre de détails. Du côté de la traduction, à l'image des jeux dont il s'inspire, nous avons un doublage en anglais (en américain serait plus juste) avec des sous-titres en français. Alors c'est vrai, je suis le premier à apprécier (et souvent défendre) la VF, mais il est clair que le studio n'avait sans doute pas les reins pour assumer un doublage en plusieurs langues et de qualité. Si c'est pour se retrouver avec une VF façon Metal Gear Solid ou le premier Halo, merci mais non merci. Par contre, ce n'est pas parce que les développeurs sont polonais que nous n'avons pas un doublage US d'excellente facture. Je dis ça parce que Serious Sam 4 est aussi un jeu d'Europe de l'Est (Croatie) et lui par contre dispose d'un doublage assez déplorable. Ici les intentions sont nettes, le ton est impliqué, c'est clairement du très beau travail. D'ailleurs le boulot sur la traduction française est impeccable... à 2 ou 3 couacs près. Et je dois l'avouer, le doublage US ne m'a pas dérangé et ce pour une raison simple : le jeu n'est pas inutilement verbeux. Vous l'avez sûrement remarqué mais je parle de temps en temps de GTA V et de Red Dead Redemption II, 2 jeux adulés par les joueurs et que j'ai pourtant abandonné. Certes ils ont leurs qualités mais bon sang ce qu'ils sont saoulants !! C'est de la parlote non stop, du bla-bla pour ne rien dire, et nous pauvre ignares de français "non anglophones", on passe notre temps à lire des sous-titres, au lieu "de vivre l'aventure à l'écran". Dans ce genre de cas je l'admets volontiers, je déteste le VOST ! Par contre, dans des jeux comme les anciens Resident Evil, les Silent Hill ou plus proche de nous le Terminator Resistance, le VOST ne me dérange pas car au final ça parle peu, en lisant les sous-titres on ne rate presque jamais rien et on n'est pas inondé de dialogues qui ne servent que de remplissage. Voilà pourquoi les jeux de Rockstar je les évite à tout prix... Bref, pour résumer The Medium possède un doublage d'excellente qualité, qui va à l'essentiel, lire les sous-titres n'a rien gênant et c'est bien ça qu'il faut retenir.



Les 2 faces d'une pièce


Puisqu'on y est,
Jeu d'aventure, d'exploration et d'horreur, The Medium est au fond très classique en empruntant les poncifs du genre
sachez que les options sont assez fournies en termes d'accessibilité, avec entre autre la possibilité de modifier les couleurs des textes selon l'interlocuteur, la taille dudit texte mais aussi des options qui peuvent éventuellement nous faciliter la tâche, comme la simplification de certaines actions ou encore une configuration assez complète du pad (bien que je trouve la config' d'origine très bien comme elle est). The Medium est avant tout un jeu narratif, ne vous attendez pas à un survival-horror comme Capcom sait les faire. Ici le rythme est lent, très lent, tout est basé sur l'ambiance, son côté hypnotisant, parfois effrayant, parfois contemplatif. Au niveau du gameplay, nous sommes en présence d'un jeu d'aventure et d'exploration, saupoudré d'horreur et agrémenté de petites énigmes. Le parcours se veut assez linéaire (il n'y a plus ou moins qu'un chemin à emprunter et qu'une seule méthodologie) mais la grande force du titre, ce sont évidemment les pouvoirs de Marianne puisque cette dernière est capable de voyager dans le monde des esprits. Pour mettre ça en exergue, les développeurs ont eu la bonne idée de faire certaines phases où Marianne est littéralement présente dans les 2 plans d'existante, l'un pouvant interagir sur l'autre. Tel un miroir, lorsqu'on bouge son personnage, il le fait de façon similaire des 2 côtés. Le but étant de toujours avancer dans l'aventure, pour se faire il faudra résoudre des petites énigmes qui sont assez simples pour peu que vous preniez le temps d'observer et de bien explorer les lieux. A la façon d'un Resident Evil classique (ou tout autre jeu du genre) on ramassera divers objets qu'il faudra alors combiner et/ou utiliser au bon endroit. Marianne est également capable d'accumuler de la lumière, ce qui lui permettra de débloquer certains mécanismes ou de se protéger d'insectes un poil voraces. Si bien sûr le processus d'enquête et d'exploration est original, dans le fond le jeu se veut relativement classique et les énigmes ne devraient pas vous résister longtemps. D'ailleurs la dissociation est vraiment sympa, elle fait la force du titre mais reste imposée au bon vouloir de l'avancement dans le jeu. N'espérez vous servir des pouvoirs comme bon vous semble, l'image n'est scindé en 2 que lorsque ça sert l'aventure.



L'aventure à 2 visages


Si The Medium
Au final toute l'originalité du titre est là : scinder l'image en 2 et intéragir à la fois dans le monde réel et celui des esprits
est surtout basé sur ce concept-là, afin de mettre un coup de sang à son audience, il sait aussi nous imposer des phases de poursuite et de cache-cache. Alors entendons-nous bien, le jeu n'est absolument pas orienté sur l'action, mais lorsqu'un énorme monstre vous poursuit, prêt à vous bouffer, après tant de temps au calme, croyez-moi ça met un stress pas possible ! Idem pour les phases de dissimulation / infiltration où on doit se déplacer à couvert : bien que particulièrement stressantes, ces phases n'ont rien de difficiles, par contre elles alternent parfaitement les ambiances et les mécaniques de gameplay. Des mécaniques qui ont en plus le bon gout de se renouveler, que ce soit dans le fond (comme lorsqu'on joue temporairement avec Thomas) ou dans la forme, avec des épreuves qui varient agréablement, évitant ainsi de faire 100 fois la même chose toutes les heures. Techniquement, The Medium tourne sous Unreal Engine 4, le fameux et performant moteur d'Epic qui a servi à bien des titres (Days Gone, Borderlands 3, Gears of War 4 / 5 / Tactics, Hellblade, Street Fighter V, Ace Combat 7 et j'en passe). Sur PC et avec Ray Tracing activé, The Medium se veut très gourmand puisqu'une GeForce RTX 2060 sera tout juste suffisante pour le faire tourner en 1080p / 30 fps et un niveau de détails calé sur "moyen". Pour jouer en 4K, il faudra sortir l'artillerie lourde avec au minimum une GeForce RTX série 30. En désactivant le Ray Tracing, le jeu redevient un peu plus raisonnable en se suffisant d'une GeForce GTX 1660 mais difficile de s'empêcher de penser que cette version manque un peu d'optimisation. Sur consoles, nous avons de bonnes et de mauvaises surprises. La bonne c'est que le jeu est vraiment peu gourmand en s'installant sur moins de 24Go, les mauvaises c'est que nous avons des résolutions dynamiques et quelques bugs au passage. Sur Series S, la résolution native est de 1080p avec des chutes à 900p, voire au pire à 648p (!), le tout en 30 fps et sans Ray Tracing. De son côté la Series X s'en sort avec les honneurs et un jeu presque aussi beau que sur PC, et un double mode : soit vous jouez en 4K avec Ray Tracing et HDR, auquel cas la résolution peut descendre en 1440p voire 900p le tout en 30 fps, soit vous jouez en simple Full HD (1080p) et vous aurez une résolution stable, un framerate jusqu'à 120 fps, du Ray Tracing et du HDR de série. A vous de voir, tout en sachant que ce n'est pas la résolution qui fait un beau jeu... Dans tout ça, je commence à comprendre pourquoi The Medium n'est pas disponible sur Xbox One : Bloober Team ne sait pas maitriser ses supports et si sur Series S nous avons des performances aussi déplorables, cette bonne vieille Xbox One aurait donné quelque chose de catastrophique ! Au final ce n'est pas tellement la faute à la console, mais plutôt celle du studio...



Alice au Pays des Cauchemars...


Les développeurs
Les développeurs ont eu du mal à optimiser leur jeu et pourtant, à quelques passages près, il est loin d'être exceptionnel
sont donc loin d'avoir le talent d'un The Coalition ou d'un Playground Games et à titre ambitieux, graphismes ambitieux... avec ce que ça pose comme problème d'optimisation. Soyons honnêtes, à quelques détails près, le jeu aurait très bien pu sortir sur Xbox One. Certes c'est joli, c'est détaillé, la double vision est originale... maintenant je pense sincèrement que la Xbox One, suite à quelques réglages, s'en serait sortie avec les honneurs. Rappelons à toutes fins utiles qu'elle est le support d'origine des Gears of War 4 et 5 et que dans ce dernier, on peut jouer à 3 sur le même écran. Donc si avec ce jeu la console fut capable de gérer 3 jouabilités et 3 affichages simultanément, je pense sincèrement que gérer une seule jouabilité et afficher 2 écrans n'avait rien d'impossible, surtout quand on pense au rythme général du titre... encore aurait-il fallu un studio qui maitrise parfaitement son support. Je reviens également une seconde sur le fait que certaines animations semblent vraiment datées, raides, tout juste digne d'un jeu Xbox 360. C'est sûr, la comparaison avec certains gros titres de la gamme Xbox fait mal. On subit également les affres du moteur d'Epic qui, malgré ses performances, a toujours les mêmes défauts comme ces textures qui "popent" ou qui s'affinent discrètement sous nos yeux, comme si on n'allait pas s'en apercevoir. A côté de ça, nous avons d'autres bugs (qui s'expliquent moins facilement cette fois) comme ces petites saccades (qui heureusement restent rares), des textures parfois mal gérées (on le voit très nettement lors de la cinématique de dialogue avec Jack, au tout début du jeu) ou pire encore, de véritables artéfacts graphiques qui semblent sortir de nulle part et qui nous brouillent l'image (et pour répondre à votre question, "oui" je suis sûr que ce n'est pas un effet inclus au jeu, c'est clairement un bug non corrigé et visiblement assez aléatoire). Autre détail, certains angles de caméra, bien que "très artistiques", sont assez mal choisis. Ils n'offrent pas une bonne visibilité des lieux même si, étant donné le rythme assez lent du titre, ça ne gêne finalement pas beaucoup.



Perdue dans l'outre-monde


Quant aux temps
C'est bel et bien dans le monde des esprits que nous avons les plus beaux et hypnotisants décors. Ici est la vraie réussite graphique du titre
de chargement, ils sont étrangement longs sur ce jeu : de 10 à 18 secondes selon qu'on reprenne sa sauvegarde ou qu'on change juste de niveau. Alors oui je sais, en réalité c'est peu (surtout lorsqu'on a testé parmi les pires productions de ce côté-là - à titre d'exemple, les temps de chargement de Metro Exodus atteignent les 180 secondes sur Xbox One !!!) mais que voulez-vous, depuis que nous avons des SSD dans nos consoles et nos PCs, on n'est plus habitués et on prend vite gout aux bonnes choses. :) C'est peut-être un autre détail qui explique (du moins en partie) le fait que le jeu ne soit pas proposé sur Xbox One, car les temps de chargements auraient été péniblement longs. Tout ceci est un peu dommage mais j'en reviens encore une fois au fait que Bloober Team est un studio de taille moyenne (moins de 100 personnes), loin de l'énorme staff de 800 personnes qui a travaillé sur Resident Evil 2 Remake par exemple. A côté de ça, nous avons 3 paliers d'appréciation pour la réalisation graphique. En bas de l'échelle nous avons les intérieurs, notamment ceux de l'Hôtel. Bien que délabrés, les décors sont assez classiques, convenus et n'ont pas grand-chose d'intéressant. Mieux, nous avons ensuite les décors naturels, tels que les forêts. Souvent figés, cette beauté froide a malgré tout quelque chose d'apaisant et de joli (surtout lors de l'épilogue et de son somptueux panorama). Enfin, le véritable joyau du titre, ce sont clairement les décors d'outre-monde. Modelé selon l'œuvre surréaliste de Zdzistaw Beksinski (un peintre, photographe, dessinateur et sculpteur polonais à tendance fantastique, pourtant mort en 2005 à l'âge de 75 ans), c'est bel et bien le monde des esprits qui arbore le plus fort design, en offrant une ambiance à la fois dérangeante, mélancolique et hypnotique. Une vision ciselée de ce que pourrait être le monde spectral et qui n'est clairement pas sans rappeler les indémodables et irremplaçables Silent Hill 2 et 3 (d'ailleurs le fait de passer d'un côté à l'autre est directement inspiré des chef-d'œuvres de Konami).



De l'autre côté du miroir


Alternant des
Les musiques sont vraiment superbes et en parfaite adéquation avec l'ambiance du jeu. The Medium ne serait pas le même sans cette OST de grande qualité
ambiances ensorcelantes, à d'autres nettement plus lugubres et dérangeantes, les développeurs ont parfaitement su jongler entre les gameplays et les variations du décor, afin d'éviter toute lassitude et de rendre le périple toujours intéressant (on a toujours envie d'aller plus loin, "on veut savoir", connaitre le fin de mot de l'histoire). Toujours orienter vers l'horreur, les scènes d'action sont rares mais d'une intensité extrême. Un pic de stress élevé qui, une fois encore, n'arrive pas souvent afin de ménager ses effets de scènes. Il est clair que les développeurs connaissent bien leur sujet. Il est ainsi très clair que le jeu brille le plus souvent par la beauté (réelle ou effrayante) de ses décors, plus que ses personnages aux modélisations d'un autre temps. Bon point aussi pour quelques effets (souvent) discrets mais vraiment superbes comme les reflets des flaques d'eau ou encore cet endroit dont on modifie la temporalité en temps réel. L'effet est saisissant. Terminons par la partie audio qui profite de bruitages très corrects. Certains sont à côté de la plaque (comme cette pince-monseigneur qui coupe des chaines en faisant un bruitage ridicule) mais en général le sound design est plus que satisfaisant. De toute façon, dans The Medium on ne parle pas d'armes à feu, d'explosions ou autres sons qui doivent dynamiser l'action, donc si le réalisme ne répond pas toujours présent, on n'y porte pas vraiment cas. Comme évoqué une paire de fois, le jeu rappelle beaucoup Silent Hill, à la fois dans son parcours, sa façon de distiller l'horreur ou encore ses incursions dans le monde des esprits. Ainsi quoi de mieux que de se payer les services du maitre en la matière, celui qui a justement porté cette ancienne série via des compositions magistrales, j'ai nommé le grand Akira Yamaoka. Secondé par Arkadiusz Reikowski (qui a déjà travaillé avec la Bloober Team, mais on ne peut pas dire que le bonhomme soit très connu), Maitre Yamaoka nous offre une bande-son littéralement envoutante. Si bien sûr les musiques savent souligner un passage angoissant et donner du cachet à une scène qui a besoin d'être acoustiquement soutenue, l'OST est difficilement attaquable. Superbes, les musiques donnent du corps à l'aventure, elles portent l'ambiance, et The Medium ne serait clairement pas le même jeu, on n'aurait pas le même ressenti sans cette bande-son magistrale. Comme quoi, même s'il travaille peu, Akira Yamaoka n'a pas perdu la main, "son inimitable style" est resté intact et entre vous et moi, le jeu n'aurait sûrement pas autant de charme si le compositeur des Silent Hill n'y avait pas participé.



Pour beaucoup de monde, Note
la série Silent Hill laisse un trou béant dans l'univers vidéoludique et pour cause, la plupart des épisodes étaient grandioses et l'ambiance y était unique. Le dernier épisode, Downpour, remonte aujourd'hui à 9 ans, c'est dire si Konami n'en a plus rien à faire de cette saga horrifique. De leur côté, si la Bloober Team (un modeste développeur polonais) n'a jamais vraiment brillé jusqu'à aujourd'hui, on peut dire qu'avec The Medium les choses vont enfin changer pour eux. Production AA de grande qualité, elle est l'une des premières grosses exclusivités des supports Microsoft, même si au passage, on peut déplorer le manque d'une version Xbox One. Certes il aurait fallu revoir les graphismes à la baisse et les temps de chargement auraient été longs, mais avec un peu d'optimisation je reste persuadé que cette brave Xbox One en était tout à fait capable. Mais soit, The Medium se contente des Xbox Series et du PC, s'imposant ainsi comme une vraie exclue "Next Gen", et non plus "Cross Gen". Inclus au Game Pass ou vendu à 50€ (contre les habituels 70€, le prix ça compte aussi), The Medium n'est malheureusement pas proposé en version boite, il faut se contenter du démat'. D'ailleurs sa durée de vie est très correcte (8 à 10 heures de jeu) mais peut paraitre faible étant donné son prix et le fait qu'une fois fini, il n'y a ni bonus, ni multi-joueurs, le jeu étant 100% solo et narratif. Ceci dit, The Medium reste à mes yeux une excellente surprise. Je l'ai téléchargé par curiosité et dès la première grosse cinématique, j'ai été saisi par le propos et la manière de le mettre en scène. Il faut dire qu'au fond, le jeu est assez classique avec son exploration, ses énigmes, sa progression lente...

Mais tout ce qui fait son charme, c'est cette capacité de dissociation entre le monde spectral et le monde réel (avec bien entendu des interactions liées des 2 côtés), ce design extrêmement fort qui fait de l'outre-monde un univers à la fois lugubre et fascinant, ou encore ces scènes d'action hautement chargées en stress et en adrénaline (certains diront qu'il n'y en a pas assez, moi justement je trouve que l'équilibre est parfait car les longs moments de calmes rendent ces passages encore plus flippants). Alors bien sûr le jeu est loin d'être parfait (bugs graphiques, saccades, pop-ups, animations raides, modélisations d'un autre temps...) maintenant il faut se rendre compte qu'on ne parle pas d'un gros studio, ni d'un investissement colossal. Ce modeste jeu polonais force d'autant plus le respect quand on sait avec quels moyens et par quelle équipe il a été conçu. D'ailleurs, étant donné son rythme et son propos, ne vous attendez pas un survival-horror musclé façon Resident Evil ou Dead Space, non le jeu est plus posé, tout est dans son atmosphère, dans son ambiance unique et maitrisée. Il est l'un des jeux les plus étranges, dérangeant et fascinant auquel j'ai joué depuis le premier Evil Within, et les Silent Hill avant lui. Avec son propos mature, son scénario bien écrit et bien mis en scène, son ambiance sans pareille et sa formidable bande-son signée Akira Yamaoka (le grand compositeur des thèmes de Silent Hill justement), nul doute qu'en jouant dans de bonnes conditions (casque sur les oreilles, si possible seul et de nuit) The Medium vous fera vivre une très grande aventure, aussi horrifique qu'envoutante.



Les -

  • Les modélisations humaines accusent un travail de longue date : manque d'expressions faciales, animations raides...
  • Bien qu'offrant quelques jolis passages, le jeu n'exploite pas pleinement la puissance des PC et Xbox Series X
  • Quelques problèmes techniques : artéfacts visuels, chargements un peu longs pour du SSD, pop-ups, saccades...
  • Uniquement vendu en dématérialisé (du moins à son lancement)
  • Non compatible avec Windows 7 et 8 sur PC
  • Certains décors sont très banals


  • Les +

  • Le gameplay est vraiment agréable avec ses pouvoirs, son exploration, ses énigmes et sa dissociation entre le plan physique et le plan spirituel
  • Le jeu emprunte beaucoup à Silent Hill, de son compositeur de génie à ses idées de gameplay ou son ambiance aussi malsaine qu'hypnotisante
  • L'ambiance est palpable, le rythme est certes lent, mais l'aventure est vraiment plaisante
  • Les scènes de poursuite et de cache-cache offrent des pics de stress intenses !
  • Un excellent doublage US et des traductions de qualité
  • Le magnifique design des décors d'outre-monde
  • Une bande-son juste exceptionnelle !
  • Une difficulté tout à fait abordable


  • Test réalisé par iiYama

    avril 2021