Silent Hill 3 (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mai 2003
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Genre : survival horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : SH3
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 710.000


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Silent Hill 3








3e opus
Heather est un personnage attachant et extra-ordinairement modélisé...
de la série horrifique de Konami, et qui n'est pas la suite de l'excellent Silent Hill 2 (du moins pas directement). Cette fois vous incarnez Heather Mason (et ce sera la seule fois où on jouera une fille dans toute la série puisqu'à la relecture de ce test, en 2015, c'est encore le cas), une étudiante de 17 ans un peu paumée, qui se retrouve en plein cauchemar vivant, envahie de monstres et voyageant du monde réel à un monde parallèle assez effrayant. Voulant simplement rentrer à la maison et retrouver son père, Heather finira par connaitre les mystères qui entourent son passé (notamment son étrange naissance) et elle fera de macabres découvertes. Faisant suite à Silent Hill premier du nom d'un point de vue scénaristique, les développeurs ont volontairement créé un univers particulièrement malsain et bien imbriqué à l'opus déjà paru. Ainsi on apprend qu'Heather n'est autre que la petite fille que Harry prend sous son aile à la fin du premier jeu et que donc, il n'est autre que cet ancien héros qui cherchait désespérément sa fille perdue (Cheryl). Silent Hill 3 est plus évolué que Silent Hill 2, bien que certaines similitudes persistent : il y a toujours l'effet de grain sur l'image, des décors superbes mais toujours aussi dégueu, de magnifiques effets d'ombres et lumières, des cinématiques uniquement gérées en temps réel (exit donc les séquences en images de synthèses), des énigmes, des boss, des passages linéaires et d'autres nettement plus ouverts. La jouabilité reste, à peu de choses près, identique à l'épisode précédent, si ce n'est qu'Heather n'est toujours pas très souple à prendre en mains. J'entends par là qu'elle accuse une certaine lourdeur de maniement, elle descend des rebords accessibles sans qu'on lui demande (et c'est énervant) et qu'elle n'est pas toujours évidente à contrôler. Il y a un "je-ne-sais-quoi" de lourdeau dans le contrôle (c'est peut-être voulu), et c'est sans doute à cause de cette caméra toujours aussi catastrophique ! Les angles changent de façon abrupte et lorsqu'on joue en "jouabilité 2D" (avec les sticks analogiques) notre personnage fera d'involontaires (et pénibles !) demi-tours. D'ailleurs les angles sont souvent mal choisis et bien souvent face à Heather, ce qui nuit carrément au confort de jeu ! Heureusement, on peut toujours recaler (la caméra) derrière notre personnage mais après les déboires du second opus sur ce même sujet, on était en droit d'espérer une amélioration de ce côté-là.


Sur un plan purement technique,
On retrouve le gameplay si particulier à la série, ses problèmes de caméra mais aussi ses centaines de portes péniblement fermées...
le rendu impressionne ! Les graphismes sont glauques à certains endroits (parfois même un peu trop, certains passages étant carrément "crades") et le jeu profite à la fois d'un excellent design, mais aussi de textures qu'on a rarement apprécié aussi fines sur PS2. De même les éclairages dynamiques sont bluffants et l'animation est fluide (sauf peut être quand Heather monte les escalier : c'est mal fait, on dirait qu'elle "survole" les marches en battant des pieds). Côté bande-son, elle est un peu plus présente que lors du précédent épisode, avec quelques passages musicaux très sympas. C'est notamment le cas lors des "story", qui nous dévoilent des scènes particulièrement soignées (la musique, parfois des chansons, y étant pour beaucoup). Quant aux compositions, Akira Yamaoka a encore une fois assuré un travail d'orfèvre, avec des thèmes toujours en adéquation et d'une qualité que le cinéma ne pourrait pas renier. Bien sûr il y a comme toujours ce bruit de fond inquiétant lorsqu'on rencontre des ennemis, la radio et les bruitages sont également de bonne facture. Pour ce qui est du doublage (malheureusement toujours exclusivement en anglais) il est aussi très impliqué et je dirais même, professionnel. Parlons maintenant de ce qui change vraiment, à commencer par le bestiaire, qui avait ce côté "dérangeant" dans l'épisode 2 (avec des formes vraiment bizarres, des êtres torturés qui mettaient mal-à-l'aise). Et bien ici les bestioles (en nombre moins limité) sont tout aussi étranges et torturées ! On tombera en plus, sur quelques boss assez imposants... mais toujours aussi faciles à battre. On apprécie que les menus aient été remaniés (ils sont plus clairs, plus accessibles) et comme le jeu est plus tourné vers l'action, Heather pourra manier un certain nombre d'armes de défense (barre à mine, katana, masse...) et d'armes à feu (pistolet, fusil, mitrailleuse...) ce qui rend l'aventure que plus dynamique. Bien sûr on retrouve la carte évolutive (ce qui est bien pratique car certains endroits sont de vrais labyrinthes) ou encore le fait que notre perso regarde les objets digne d'intérêt plutôt que ceux qui "brillent" (une belle alternative). Côté durée de vie c'est raisonnable, bien qu'une fois qu'on connaît le jeu, il a tendance à être un peu court (moins de 8h). A premier rush, on ne peut accéder qu'à une seule fin possible mais au 2e tour, 2 autres fins peuvent être débloquées, comme le veut la tradition (sur cette série).


Dans cet épisode,
La réalisation est vraiment étonnante sur cet épisode : le summun des graphismes tournés vers l'horreur !
il y a des passages où il faut résoudre d'abord une énigme avant d'avancer sinon c'est la mort subite (comme se faire bouffer par une bestiole ou se faire écraser par un train). L'idée est originale, ça change du "je peux pas encore quitter cette zone, il me reste un truc à faire" des jeux du genre... En contre-partie, l'aventure se veut plus dirigiste. Comme toujours, la moitié des portes sont fermées (et c'est toujours aussi con), ce qui limite l'exploration et donc sa durée de vie. Afin de paraître moins linéaire, Silent Hill 3 se pare aussi de quelques labyrinthes assez tortueux et d'énigmes parfois tarabiscotées (et sur 3 niveaux de difficulté). On retrouve également les 2 "visages" de certaines zones : zone normale et zone parallèle. Dans la première, les décors sont normaux (supermarché, immeuble...) et dans la seconde, les murs sont couverts de sang, les endroits deviennent sombres et glauques. Si on arrive que très tard dans la ville de Silent Hill (vers le milieu de l'aventure), il faut aussi savoir qu'une parcelle de cette dernière est directement reprise du second épisode, ainsi que l'hôpital. Les développeurs ont changés les textures, les ennemis et le brouillard (toujours dans un très bel effet, très bien réalisé) mais ils ne se sont pas foulés pour autant. Heureusement, nous traverserons aussi des environnements inédits qui, s'ils ne sont pas exceptionnels pour autant, se veulent malgré tout assez variés. Ce qui m'a le plus impressionné dans ce jeu, c'est la modélisation des personnages. Les visages retranscrivent très bien les émotions, les mouvements sont crédibles et les cut-scènes sont vraiment impressionnantes ! Le niveau de réalisme est tellement élevé que Konami n'a réalisé aucune vidéo en images de synthèses (comme c'était le cas dans les épisodes précédents). Ces coupures qui forment l'histoire du jeu, sont tournées de façon très cinématographique (le rendu fait plaisir à voir) avec le moteur 3D. Maintenant que dire du jeu... Et bien je dirais qu'hormis le fait de poser un véritable scénario, particulièrement bien construit, Silent Hill 3 ressemble beaucoup au 2. Pas vraiment flippant, le titre de la Team Silent joue plutôt sur le malsain et le dérangeant, afin de troubler le joueur, sans jamais vraiment chercher à lui faire peur "directement". Malheureusement, le jeu use aussi des mêmes ficelles et des mêmes trucs impossibles. Si on veut des exemples, on peut citer le fait qu'Heather puisse porter sans limite des tas d'objets et d'armes dans son inventaire, que certaines scènes s'enchaînent bizarrement, qu'on assiste à des passages qui n'ont ni queue ni tête ou encore que des centaines de portes soient fermées (et je trouve pénible que les 2 seules "excuses" soient une "porte coincée" ou un "verrou cassé" !). Cependant, quelques clins d'oeil aux anciens volets, allié à un scénario tordu et accrocheur, feront le bonheur des amateurs de la série.



Malgré une "formule" qui évolue Note
peu, Silent Hill 3 reste un excellent jeu. L'atmosphère est glauque à souhait, la bande-son est une nouvelle fois de très bonne qualité et l'histoire est vraiment intéressante. Bien sûr, on pourra une fois de plus fustiger le fait qu'on a encore un gameplay un peu abusé (notamment au niveau de l'inventaire) ainsi que certaines séquences sont un peu capilotractées, mais globalement l'aventure est légèrement plus tournée vers l'action, le macabre et le malsain, donnant à cet épisode une ambiance unique dans la série. Soulignons enfin que la réalisation est promte à vous impressionner avec des graphismes de haut niveau, en particulier en ce qui concerne des modélisations qui arborent des expressions faciales jusque-là jamais vues et des décors somptueusement crasseux et dérangeants ! Bref, même s'il reste assez différent et un poil moins culte que Silent Hill 2, ce 3e opus n'en reste pas moins un excellent titre, l'un des essentiels de la PlayStation 2.



Test réalisé par iiYama

décembre 2005 (mise à jour : mars 2015)