Inversion (PC/X360/PS3)

 






   


Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :


Sortie du jeu : juillet 2012
Développeur : Saber Interactive
Editeur : Namco Bandaï
Genre : Third Person Shooter (TPS)

Version testée : Française
Version PC : 1.0
Doublage : US
Textes à l'écran : FR

Support : 1 DVD (X360-PC) / 1 Blu-Ray (PS3)
Espace disque nécessaire : 5Go (PC) / 1Mo (X360) / 1.5Go (PS3)
Moteur graphique : Saber3D Engine S4
Moteur physique : Havok
Définitions HD max (consoles) : 1080p (X360) - 720p (PS3)
Compatible 3D (consoles) : non

Difficulté :
Compatible Kinect (X360) : non
Compatible Move (PS3) : non
Multi-joueurs : 2 joueurs en coop' / 12 joueurs online
Prix au lancement : 40€ (PC) / 50€ (consoles)


Configuration recommandée (PC) :
CPU : Quad Core 2Ghz
RAM : 3Go
VIDEO : avec 1Go de VRAM (type GeForce GTX 460 / Radeon 5850)

Configuration de test (PC) :
CPU : Intel Core i5-2500 (3.33Ghz)
RAM : 8Go DDR3
VIDEO : GeForce GT 560Ti avec 1024Mo de VRam
OS : Windows 7 (64bits)
Résolution testée : 1680x1050 (16:10)
Niveau de détails :



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Inversion








Inversion est
L'histoire commence fort mais s'essoufle assez rapidement. Dommage...
le nouveau jeu développé par Saber Interactive, un petit studio qui a un pied à Millburn (aux Etats-Unis) et un autre à Saint Petersburg (en Russie). Un studio finalement méconnu et assez malaimé, responsable entre autre de Will Rock (un mauvais jeu PC) et de Battle Los Angeles, un jeu dématérialisé au moins aussi mauvais que le film éponyme. Cependant, on aurait tort d'oublier qu'il est aussi le développeur du très bon TimeShift (un FPS largement sous-estimé) et co-développeur du remake HD de Halo : Combat Evolved (là tout de suite, ça calme). Bref, ils reviennent avec Inversion, un jeu (sur le papier) ambitieux mais aussi très plagieur. C'est ça sa plus grande critique mais de là à ce que la presse le descende en flammes, je ne suis pas d'accord. Ok ce n'est pas le jeu du siècle, ok il a ses défauts mais visiblement les testeurs ont aussi oubliés qu'il a ses qualités. Alors nous allons tenter ensemble de décortiquer son cas et de lui offrir (pour une fois) un avis un peu plus objectif. Dans Inversion nous jouons Davis Russel. Alors qu'il sort du boulot et rentre chez lui normalement, la ville subit une invasion massive des Lutadores, des êtres apparemment humains mais au dialecte de prime abord incompréhensible. S'empressant de retrouver sa famille visiblement en danger, sa femme meurt dans ses bras et son enfant est portée disparue. Lui même kidnappé puis séquestré pendant plus d'un mois, il fera tout pour retrouver sa fille... La première chose à savoir, c'est que le pitch de départ est assez accrocheur. Ce n'est pas forcément super bien fait, mais difficile de ne pas trouver ça intéressant. Malheureusement, la mise en scène est un peu limitée et surtout l'histoire retombe comme un soufflé trop tôt sorti du four. Sur la fin nous avons un joli retournement de situation mais que le jeu justifie très mal et qui au final, semble un peu hors sujet. Ainsi nous avons beaucoup de cut-scènes (moi j'aime donc je ne m'en plains pas) mais un fond scénaristique un peu creux. Il reste malgré tout des modélisations propres et des animations plus que correctes mais l'ensemble manque de finesse et de réalisme (avec notamment des visages assez figés). Bon passons, on se dit alors que cette maigre histoire n'est qu'un prétexte à de la bonne baston. Comme dans Resident Evil 5, Davis sera toujours accompagné d'un allié, ici Leo Delgado, afin de justifier une campagne jouable en coop'. Mise à couvert, port de 2 armes interchangeables plus des grenades, mouvement d'esquive, visée assez précise, tir au jugée, attaque au corps à corps, une action plutôt soutenue et bien construite... ça fleure bon le TPS de qualité. D'ailleurs, la grosse originalité du jeu c'est "la gravité".


En effet
Au début on trouve ça gadget, mais au final la gravité finit par avoir une place vraiment utile dans le jeu et globalement, on a fait pire que plagier le gameplay de Gears of War...
grâce au GravLink, les objets flottent comme en impesanteur, et il est alors possible de déjouer des puzzles assez sommaires (se créer une rampe, débloquer un passage...) ou de prendre un objet originellement assez lourd (un tonneau, une voiture, une grosse pierre...) pour le lancer à la tronche des ennemis. Inversement, il est aussi possible de donner plus de pesanteur à un objet, qui devient par la même extrêmement lourd. Autres passages originaux, nous avons également des petites balades en impesanteur totale, où notre personnage (comme tout le décor) va flotter dans les airs. Original n'est-ce pas ? En fait pas vraiment... et c'est bien là tout le problème de ce jeu. Commençons par là justement, ces passages en impesanteur sont directement inspiré de Dead Space (le premier épisode, pas le second comme des amateurs ont si bien su l'écrire). On jurerait que le mode coop' sort tout droit d'Army of Two (avec notamment de l'entre-aide contextuelle), quand tout le reste semble directement issu de Gears of War. Tout le gameplay, du pas coursé avec caméra au raz du sol en passant par la mise à couvert ou encore ce fusil qu'on jurerait une version bas-de-gamme du Lanzor, tout est directement pompé du hit d'Epic Games. Les ennemis, les Lutadores sont en opposition directe avec les Locustes : ils sortent de terre eux aussi et on doit détruire leur foreuse avec une grenade sans quoi ils sortent à l'infini... comme par hasard. On affronte même des robots (c'est rare) qu'on jurerait tout droit sorti de Terminator Salvation. Quant au GravLink il est difficile de ne pas penser au pistolet anti-gravité d'Half-Life². D'ailleurs ce même GravLink me fait penser au Voile de Wolfenstein, à savoir un objet intéressant mais qui peut être sous-exploité. Car en plein combat, il est toujours plus simple de se concentrer sur l'action que d'échafauder des plans d'attaques à base de gravité. Cependant, le GravLink devient indispensable sur la fin du jeu car il sert à se défaire de boss vraiment coriaces, les seuls points véritablement durs du jeu. Bref, le plagiat va un peu trop loin et Inversion ressemble plus à un patchwork des bonnes idées issues d'ailleurs, qu'un jeu vraiment original. D'ailleurs si on veut vraiment finir le boulot, le décorum post-apocalyptique est bien mignon mais c'est loin d'être original et les Lutadores eux-mêmes ressemblent aux ennemis de RAGE...


Bref ils
Sans être phénoménale, la réalisation est plutôt réussie
ont tout mélangé en se disant qu'avec de bons ingrédients, on ne pouvait faire que de la bonne tambouille. En un sens l'idée n'est pas bête mais on a vu Saber Interactive plus inspiré (comme dans TimeShift où on jouait habilement avec le temps). Alors que penser de tout ça, Inversion est-il une merde infâme, un plagiat éhonté d'une formule marquante qui aura fait son beurre sur cette génération de consoles ? Et bien contre toute attente, et malgré cette copie un peu sale de jeux nettement plus réussis, Inversion arrive quand même à séduire. Oui je sais, c'est dingue mais le propre d'un jeu est de divertir... et ça, il sait bien le faire ! En effet, on s'y amuse, l'action est plutôt nerveuse, la jouabilité est précise comme j'aime et les graphismes ne sont pas moches... en clair une grosse partie du contrat est remplie ! Justement, la partie technique est assurée par le moteur maison de Saber. Si c'est la version S3 qui a relifté Halo : Combat Evolved Anniversary (et oui, ça vous en bouche un coin pas vrai ? :) pour ce jeu-là nous avons la dernière update du middleware, la S4 (avec une gestion pas dégueu' de la physique via Havok). Le résultat n'est pas digne d'un gros hit type Vanquish ou Uncharted 2, pourtant il n'y a pas de quoi cracher dans la soupe. L'ensemble est plutôt joli, les cut-scènes sont assez réussies, les modélisations sont pas mal détaillées avec comme je le disais des animations très correctes... seuls les décors ne se renouvellent pas assez. A ce propos, le jeu se targue d'une certaine destruction massive, mais elle n'officie que quand ça lui chante ! C'est vraiment quand le jeu le permet, sans quoi on ne détruit absolument rien, pas même de verre. Enfin la partie sonore nous offre des bruitages très corrects (on n'aurait pas craché sur plus de dynamisme mais c'est déjà pas si mal) par contre le doublage est essentiellement en anglais. Je suppose que Namco Bandaï n'a pas voulu financer le doublage français (puisque ce sont généralement les éditeurs qui s'occupent des localisations), sentant que ce titre-là ne serait que difficilement "million-seller". N'empêche que personnellement, j'aurai apprécié l'effort. Et puis les musiques sont assez nulles. Elles n'ont aucun souffle épique, elles passent inaperçues... bref elles sont ratées.



Les jeux se Note
copient tous les uns sur les autres, on repompe les "formules qui marchent" et le tour est joué. Car au final, la formule Uncharted c'est quoi ? Et bien c'est Gears of War + Tomb Raider, rien de plus ! Après il faut le reconnaitre, Inversion va loin, trop loin dans le plagiat. Se retrouver avec un jeu qui copie autant Gears of War, plus quelques concepts ça et là de grands hits connus (comme lorsqu'on combat des mecs perchés sur les murs, à la verticale de nous... ça rappelle PREY), c'est sûr ça fait un peu tâche. Saber Interactive nous a déjà fait le coup avec Will Rock (leur premier jeu), qui pompait Serious Sam, mais là faut reconnaitre qu'ils dépassent un peu les bornes. Malgré tout, il ne faut pas sous-estimer l'aspect "pratique" du GravLink, qu'on prend de prime abord pour un gadget facultatif : en réalité, si les innovations qui lui sont liées ne sont pas fondamentales et ne feront pas cas d'école, il n'empêche que le concept fonctionne bien, tant en combats que pour débloquer le parcours (sans parler de ses balades en impesanteur, qui sont au final assez sympas). Après c'est vrai, les Lutadores sont un mélange mal-habile de Locustes et des ravagés post-apocalyptiques de RAGE : on se demande encore où est l'originalité... Pire encore, l'ensemble manque de charisme : le héros est sans âme et le nom même "Lutadores" me fait penser à des catcheurs mexicains. ^_^ Pourtant en marge de tous ces griefs, Inversion amuse et divertie ! Bien meilleur qu'un Quantum Theory ou qu'un WET, il a le charme de ces "petits jeux" qui se révèlent au final très divertissant. Car moi j'estime que si je me suis amusé avec un jeu, il mérite alors un minimum de considération, d'autant plus que techniquement, ça tient la route. Inversion ne sera donc pas le hit absolu de l'année 2012 mais il est moins mauvais que ce que la presse en dit, sans doute parce qu'elle a également oublié qu'il est vendu à 50€ au lieu de 70 (le prix du neuf doit toujours être pris en compte lors de la notation) et sans doute parce qu'elle place souvent la barre trop haut. Tout le monde ne peut pas avoir la puissance technique (et le budget) d'un Gears of War. Ainsi à trop comparer avec ses références, on perd de vue l'essentiel : le divertissement.



Les -

  • Pas de doublage FR et quelques élocutions badasses
  • Du plagiat sans honte et à tous les râteliers !!
  • Une destruction pas si massive et souvent imposée
  • Les décors ne se renouvellent pas assez
  • Des boss trop durs par rapport au reste
  • Un scénario finalement creux
  • Les +

  • Le gravité n'est pas utilisée de façon optimale, mais apporte un petit plus
  • Un gameplay "patchwork" qui finalement fonctionne bien
  • Une bonne prise en mains et une visée précise
  • Des graphismes très corrects
  • Un mode coop' sympatoche
  • Vendu à 40€ à sa sortie


  • Test réalisé par iiYama

    février 2013