Wolfenstein (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : août 2009
Développeurs : Raven Software / Endrant Studios / Pi Studios
Editeur : id Software
Genre : FPS

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : id Tech 4
Moteur physique : Havok
Difficulté :
Multi-joueurs : 12 joueurs online
Titre alternatif : Wolfenstein 3
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 1.2 Millions (tous supports)


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Wolfenstein









Tout a commencé avec un certain Castle Wolfenstein, sorti sur micro-ordinateur 8-bits en 1981. 10 ans plus tard, sur une idée de John Romero (l'un des fondateurs d'id Software), le principe est resté le même mais la vue est passée d'une 2D de profil à une 3D en vue subjective. Véritable père fondateur d'un genre nouveau, le FPS, Wolfenstein 3D est né. Moins connu, Spear of Destiny était la séquelle de ce mythique jeu mais il a été évincé par sa suite spirituelle, j'ai nommé DOOM. Et c'est encore 10 ans plus tard que la série refait surface avec un très convainquant Return to Castle Wolfenstein, dont le multi-joueurs (Ennemy Territory) fait encore parlé de lui. Ensuite ce n'est qu'en 2009, encore 8 ans plus tard, que la fameuse licence revient sur les devants de la scène. Depuis tant d'années, le genre FPS s'est considérablement développé et aujourd'hui, il est un peu difficile d'innover sur ce secteur ultra-concurrentiel. C'est id Software qui s'est occupé de la partie technique en reprenant le moteur de DOOM 3 (le désormais vieillissant id Tech 4), qui conserve tout de même les améliorations portées lors de Quake Wars. Pour ce qui est du jeu, Wolfenstein (un nom simple qui retourne aux sources) a été développé par Raven, qui a lui-même été secondé par Endrant Studios et Pi Studios (et ça, le fait que le jeu ait été développé en coopération par 3 studios, peu de gens le savent). Depuis que la série existe, si id Software a eu l'intelligence de ne pas user sa licence jusqu'à la corde, on peut légitimement se demander si la formule va encore fonctionner : un développeur (Raven) qui nous sort des jeux de moins en moins bons, un moteur graphique vieux de 5 ans, une licence âgée de 28 ans... Réponse dans les lignes qui suivent.


Développement scénaristique

Difficile de
Il fallait s'en douter, le scénario est farfelu et une fois encore, la fin a été baclé
ne pas s'en douter, le scénario est un peu bidon et reprend bien entendu les traits de ses aïeuls. On retrouve donc l'agent William Blazkowicz (le héros de la licence), parti en mission dans la ville (factice) d'Isenstadt pour y déjouer les drôles de plans d'une guerre nazie alternative. En effet, loin du gavage d'un Treyarch qui nous offre (encore) de la simple Seconde Guerre Mondiale, Wolfenstein a toujours posé l'empire américain, avec son héros à la gueule carré et burné comme aucun autre, face à un IIIe Reich littéralement plongé dans l'occulte. Et si Blazkowicz est un américain, entre nous, son nom fait plus "Europe de l'Est". N'empêche que sa trogne ne trompe pas et il faut dire que sa finesse d'action transparaît bien ses origines de mâcheur de chewing-gum. Autre détail, tout le monde l'appelle BJ (pour Blazkowicz Joseph, son 2e prénom) et tout le monde le connaît (à croire qu'il est aussi célèbre qu'Hitler). Cette notoriété et cette familiarité des PNJs décrédibilise un peu l'ambiance. On retrouve donc nos petits nazis qui jouent encore une fois avec le feu, ce coup-ci avec un artéfact nommé Thule et qui ouvre une dimension parallèle dominée par un Soleil Noir tout puissant (un scénario qui n'est pas sans rappeler DOOM 3). Question rendu, l'intro en met plein la gueule. En images de synthèses, elle est longue, superbe et rythmée. Ensuite on n'aura que des cut-scènes en 3D, avec le petit regret qu'on n'aura pas non plus de vidéo pour l'épilogue. Une belle séquence à l'image de l'intro aurait été préférable. Enfin le scénario en lui-même est sympa mais pas de quoi s'exalter. Hormis les forces de l'occulte, ça reste assez banal. On a divers documents à trouver pour étoffer un peu le tout mais ça reste quand même vite expédié. A noter enfin que les documents sont "récités" plutôt que nous laisser les lire, ce que j'ai trouvé ridicule étant donné l'intonation de certaines voix off.


Jouabilité & Gameplay

Wolfenstein aurait
Le Voile offre quelques idées, un peu gadget certes, mais pas désagréables
pu être un grand jeu là où il se complait à rester moyen. Tout en reprenant un univers assez sympa (une Seconde Guerre Mondiale alternative pleine de monstres et avec une technologie avancée), il s'enrichit de quelques trouvailles qui auraient pu le rendre mémorable. Je dit bien "auraient pu" car c'est bien souvent imposé. On commencera par la ville d'Isenstadt (à ne pas confondre avec Eisenstadt, une ville Autrichienne qui existe vraiment), qu'on pourrait croire ouverte avec la possibilité de parler avec n'importe quel PNJ. Et bien tout faux, les portes ne s'ouvrent que lorsque le scénario l'exige et l'agréable idée d'une carte ouverte façon Far Cry 2, s'en trouve ainsi amenuisée. L'autre grande idée c'est "le voile". Cet artéfact Thule permet de passer d'une dimension à une autre et octroie des pouvoirs. Passer dans l'autre dimension ne sert qu'à trouver son chemin (au travers d'une ouverture dans un mur généralement) ou comprendre ce que le jeu attend de nous, en modifiant les couleurs des sprites adéquats. Par contre les pouvoirs sont utiles. Au nombre de 3 on pourra ralentir le temps pour éviter des pièges ou mieux flinguer ses opposants, avoir un super bouclier qui nous protège de tous les tirs ennemis ou avoir l'hyper puissance qui décuple notre force et nos armes. Le concept même de Voile est sympa, piochant entre la combinaison de Crysis et le SlowMo de F.E.A.R mais une fois encore, ce n'est pas aussi bien mis en avant. Généralement on dézingue ses ennemis "normalement" et on ne se sert de ces gadgets que lorsque le jeu le demande, ou contre un boss. D'ailleurs je regrette que Wolfenstein ne se tourne pas vers le FPS horror, auquel cas entre ses pouvoirs et ses monstres, on aurait pu avoir un bon F.E.A.R-like. Dommage aussi qu'on affronte des ennemis complètement idiots dans des niveaux linéaires au possible. Certes l'indicateur de mission est bien pratique pour trouver son chemin (ça évite qu'on tourne en rond) mais comme rien n'est ouvert, difficile de suivre autre chose que le parcours fléché.


A noter également
Comme à son habitude, Wolfenstein est linéaire et bourrin... même si l'aventure reste sympathique à parcourir
que si le début de l'aventure est un peu mou, l'action prend nettement le pas sur la fin du jeu. Une fin plus difficile mais aussi bien plus fun. L'autre facette du jeu, c'est qu'en fouillant chaque recoin des maps, il est possible d'amasser de l'or. Avec cet argent on peut se rendre au marché noir et améliorer ses armes ainsi que ses pouvoirs. L'amélioration des armes, déjà vu dans Resident Evil 4 ou darkSector, est bien sympa car par exemple on peut augmenter la taille du chargeur, mettre un silencieux (ce qui est bien souvent inutile vu l'orientation du titre) ou encore adjoindre une lunette reflex. Il est par contre crétin d'avoir la capacité d'upgrader ses pouvoirs, comme si le marchand d'armes nous implantait de nouvelles puces bioniques sous la peau. C'est débile. Donc on peut le dire, Wolfenstein avait matière à être un grand FPS mais il se contente d'user de quelques ficelles sans vraiment en essorer les concepts. Et à part ça, et bien le jeu de Raven est assez basique : la santé remonte toute seule en passant au vert quelques secondes, le gameplay est sans finesse (c'est même sacrément bourrin), les barils explosifs font bien le ménage et les armes alternent celles de Seconde Guerre Mondiale, à d'autres plus originales et épicées : MP40/43, lance-flammes, lance-roquettes ou M1 Garand, c'est du déjà vu mais à côté de ça on a aussi quelques pétoires singulières comme le fusil électrique, le fusil à proton ou encore le décharneur. Tout ça permet de démembrer joyeusement quelques ennemis. En parlant d'ennemis, il faut reconnaître que seuls ceux qui sont "spéciaux" restent sympas à affronter, les autres faisant partis d'une armée de clones tous identiques (et dire qu'on a tous critiquer F.E.A.R). Grâce au Soleil Noir, certains sont "dans la matrice" et d'autres sont des tanks sur pattes. N'empêche qu'en "easy" le jeu n'est pas trop difficile et qu'au pire le Voile, aide bien.


L'image

Pour rappel,
Le jeu est pas mal dans l'ensemble mais il ne faut pas le comparer aux grosses productions du moment (comme Call of Duty 4 ou Bioshock) sans quoi, il fait pâle figure
l'id Tech 4 était le fer de lance d'id Software à la sortie de DOOM 3 en 2004. Depuis, le moteur de John Carmack en a fait du chemin, avec d'abord Resurrection of Evil puis Quake 4, ensuite avec PREY et plus récemment avec Enemy Territory : Quake Wars, qui apportait le MegaTexture Rendering. Seulement voilà, ce vieux moteur montre ses limites. Les décors sont assez banals dans l'ensemble (sauf pour quelques levels comme le Zeppelin ou le château) et les PNJs sont généralement affreux. Ajoutons à ça des animations pas toujours réalistes et on obtient un titre qui ne fait pas très bonne figure. Secondé par le moteur physique Havok, on assiste aussi à quelques incohérences. Par exemple 2 grenades pour exploser une voiture c'est trop, ces mêmes grenades rebondissent comme des balles de tennis et parfois même une voiture explose sans même toucher les ennemis qui sont à couvert derrière elle. C'est désoeuvrant. Heureusement il lui reste quelques bons côtés comme le joli effet graphique lorsqu'on passe dans le Voile, des explosions plutôt bien rendues et beaucoup d'objets et éléments du décor sont destructibles. Ça c'est plaisant. Au final, un peu comme un Conflict : Denied Ops, les graphismes sont agréables mais perfectibles, surtout sur les détails (je tiens quand même à signaler que Wolfenstein est mieux réalisé que ce dernier).


Le son

Intégralement doublé en Français,
Quelques bruitages sympas mais un doublage laxiste et des musiques passe-partout
on retrouve quelques pointures de la voxographie comme Patrick Bethune (Jack Bauer dans 24h chrono) pour la voix de Blazkowicz ou encore celle de Georges Caudron (Fox Mulder dans X-Files). Mais globalement, le doublage est assez moyen. Même Monsieur Bethune, pourtant très sérieux dans ses rôles, accuse une certaine légèreté et puis comme toujours dans les jeux un peu moyens, les ennemis déblatèrent toujours les mêmes âneries. De plus niveau synchro labiale, sur PC c'est correct mais sur consoles c'est simplement râté (pourtant le moteur graphique et les technologies associées sont les mêmes). Dernier détail là-dessus, je regrette aussi qu'aucun personnage n'ait d'accent. Certes on a bien quelques mots en Allemand histoire de dire, mais rien qui nous plonge vraiment en pleine guerre contre le IIIe Reich. Idem, on pourra juger la qualité des bruitages. Certains sont bons, voire même excellents (comme les explosions, un plaisir) et d'autres sont franchement timides comme la MP40 qui fait un bruit de fusil lance-billes. Enfin les musiques accompagnent bien le jeu mais sont loin d'être mémorables. Banales est l'adjectif qui leur irait le mieux. L'un dans l'autre le son n'est pas une déception, c'est juste qu'il aurait pu être meilleur.


Note générale

Wolfenstein n'est pas un grand jeu parce que ses 3 développeurs (Raven en tête de liste) ne s'en sont pas donnés les moyens. Le Voile est une amas d'idées empruntées mais il est assez mal mis en avant pour être autre chose qu'un gadget occasionnel, la ville d'Isenstadt est cloisonnée au lieu d'être "réellement ouverte" (de toute façon, s'y promener librement ne sert strictement à rien), le jeu ne laisse place à aucune subtilité et là où la licence d'id Software aurait pu devenir un bon F.E.A.R-like avec son ralentissement du temps et en devenant plus chargé niveau ambiance, il n'en est rien. Au lieu de ça, il reste un FPS classique et bourrin. En plus le jeu n'est pas spécialement beau (c'est aussi la faute à un moteur graphique qui a depuis longtemps montrer ses limites), les détails agacent (grenades qui rebondissent, animations "robotisées"), les modélisations ne sont pas terribles... Car avec Wolfenstein il y avait matière à voir les choses en grand, tout d'abord avec son univers décalé, qui n'est malheureusement pas exploité à fond. Favorablement pour lui, il garde quand même ce charme indéniable des petits jeux qu'on savoure sans faim. En effet on est en présence d'un titre divertissant et c'est ça qui le sauve de la noyade. Du coup, même s'il ne dure que 7h, difficile de s'ennuyer à tuer des nazis et des monstres en tout genre, d'autant que l'arsenal est satisfaisant. En résumé Wolfenstein n'est pas un "mauvais jeu", c'est juste un "petit jeu". Sympa et exhibant quelques idées, on regrette tous que la licence qui a vu naître les FPS, n'atteint plus la qualité qu'on attend d'elle. Et ce qu'on retiendra au final, c'est que Raven (le principal développeur du jeu) ne mérite plus sa réputation car il est loin le temps de l'éclatant Soldier of Fortune II.


Test réalisé par iiYama

janvier 2010