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Dans les années '80, 
Altered Beast a vu le jour en août 1988 sur Arcade et la version Mega Drive sortira à peine 5 mois plus tard plusieurs genres de jeux ont émergés. Si bien sûr l'Arcade est née avec Pong, elle a ensuite subi une énorme vague de shoot-them-ups statiques (Space Invaders, Galaga...) mais très vite le public a voulu jouer à d'autres expériences, vivre "commandes en mains" les folies qu'on ne pouvait voir qu'au cinéma. Ainsi les jeux d'action ont commencé à avoir leur heure de gloire, des jeux inspirés des films de Stallone et Schwarzenegger, où le nombre d'explosions était inversement proportionnel à la qualité du scénario. Mais je reste complice (et bon public), ces films qui ont fait mon enfance resteront à jamais parmi mes préférés. Et puis l'Arcade a commencé à s'intéresser à la baston. En effet, on a beau aimé Bruce Lee, Jackie Chan, Jet Li, Donnie Yen ou plus occidental Jason Statham, Keanu Reeves ou encore Jean-Claude Van Damne (et ne me faites pas rire avec Steven Seagal et Chuck Norris, j'ai pas envi de débattre ^_^), au final peu de monde sait vraiment se battre et étaler 10 mecs sans perdre une goutte de sueur, à la sortie du Macumba Night (faut dire que cette bande de lascars reluquait un peu trop votre copine).
Ainsi l'Arcade a vu naitre le grand Kung-Fu Master (oui il y a eu d'autres beat-them-all avant mais évitons les sujets qui fâchent), qui sera suivi par Yie Ar Kung-Fu (considéré comme l'un des tous premiers "versus fighting"), Karate Champ, Double Dragon, etc. Qu'on se cogne à 1 contre 1, ou à 1 contre 1000, le principe est le même : péter la gueule à son prochain avec un certain style, le genre de jeux qui défoule et qui nous fait passer, l'espace d'un instant, pour un maitre en arts martiaux.
A la fin des années '80, un certain SEGA commençait à s'imposer. Commençait seulement ? Il faut dire qu'ils sont arrivés plus tard que les Taito, Atari et autre Namco (notamment parce qu'à l'image de Nintendo, avant de se lancer dans le jeu vidéo, ils avaient d'autres activités) mais ils ont un but clair : devenir les rois de l'Arcade ! Bien qu'ils se soient lancés dans les consoles dès 1983 avec la SG-1000, l'Arcade est longtemps restée le principal revenu de la société et pour gagner de l'argent dans un monde où tout va vite et change sans cesse, il faut innover.

Ainsi en 1988, 
Altered Beast est un beat-them-all de la vieille école où on ne peut pas se déplacer sur la profondeur un peu plus d'un an avant qu'un certain Final Fight ne vienne établir des règles strictes à un genre qui se cherche encore un peu, un certain Makoto Uchida, à la tête de la section AM1 de SEGA (celle qui sortira plus tard Golden Axe ou The House of the Dead) a eu une idée simple mais efficace (soit disant en regardant le clip "Thriller" de Michael Jackson, qui a fait un carton planétaire quelques années auparavant). Son idée c'était de créer un beat-them-all avec pour période la Grèce antique, sur laquelle on va ajouter de la magie, des transformations, le tout saupoudrer d'ennemis bizarres qu'on a envi de défoncer, parce qu'un méchant a eu la mauvaise idée de nous piquer notre copine. Et oui, il fallait bien qu'on se retrouve un peu sur les rails d'un Rastan, tout en incarnant un héros qui doit sauver la princesse (je sais, c'est nunuche mais dans les années '80, ça marchait encore très bien).
Le scénario d'Altered Beast nous raconte que Zeus ressuscite un ancien héros grec (Achille ? Ulysse ? Hercule ?) par un "rise from your grave" qui traversera les âges. En gros il lui dit "relève toi de ta tombe" ! Mais cette résurrection s'accompagne d'une mission (et oui c'est pas juste Zeus qui n'avait personne pour aller boire un coup un bistro) : sauver sa fille Athéna, qui fut enlevée par Neff, le dieu des Démons (si je ne dis pas de bêtise, il n'existe pas :). Malheureusement, l'intro se montrera peu loquace sur le sujet. On comprend bien qu'il y a une fille à sauver, la voix digitale nous fait bien comprendre qu'on revient d'entre les morts, mais les tenants et aboutissants restent flous.
Car oui, nous allons ici évoquer les versions Arcade et Mega Drive du jeu. J'aurais pu inclure la version PC-Engine mais je ne l'ai pas sous la main, et ne comptez pas sur moi pour tester la version Master System. Il y a des jeux formidables sur consoles 8-bits, tels que Castle of Illusion ou le premier Sonic, mais j'estime que la petite console de SEGA s'accommode très mal des portages issus de jeux 16-bits. Après tout, personne n'a cherché à adapté Resident Evil 4 sur Saturn, ce serait un non-sens, ainsi j'estime que certains jeux doivent rester dans leur lignée générationnelle, et pas se faire mutiler pour rentrer dans des cartouches plus petites et arriver à tourner sur des machines 5 fois moins puissantes (si si j'ai calculé, et je déconne pas en plus ^_^).

Pour vous dire 
Les développeurs de la version Mega Drive ont fait une bourde aussi drôle que déplorable (cliquez sur l'image pour agrandir) à quel point les versions d'Arcade et Mega Drive sont chronologiquement proches, la première est sortie au Japon en juin 1988 et la version console a vu le jour à peine 5 mois plus tard (en novembre de la même année). De plus, l'hardware Arcade employé est le System-16 de SEGA, celui-là même qui a servi de base pour concevoir la Mega Drive ! On se dit alors que le portage doit être d'une fidélité exemplaire, d'autant plus qu'Altered Beast était le grand titre du lancement de la nouvelle console de SEGA (il sortira 1 mois après son lancement japonais, mais accompagnera les line-ups américain et européen). En gros, qu'est-ce qui pouvait mal se passer ? Et bien disons qu'une cartouche la plus petite possible et une console clairement pas maitrisée, ça ne pouvait "peut-être" pas donner le meilleur des jeux (notez les guillemets qui mettent du suspens dans mon propos :).
Bref, pour en revenir à la narration, quelque soit le support, l'intro ne dit pas grand-chose alors que bon, une image ou 2, un petit texte qui défile, et c'était plié. Ça n'aurait quasiment pas pris de place et c'était réalisé en un claquement de doigts. Entre 2 niveaux on aura quand même un petit rappel de la mission, avec une image fixe qui nous montre Athena aux mains de son ravisseur, ce dernier étant prêt à la sacrifier (notez au passage qu'on ne connait absolument pas ses motivations : pourquoi fait-il ça, personne n'en sait rien !). Grosse coupe budgétaire, la version Mega Drive propose un épilogue le plus concis possible, offrant pour récompense l'unique image intéressante de la fin Arcade.
Cette séquence de fin se permet même de faire une énorme faute lorsque s'affiche "Special Thanks to Team Sinobi"... oui vous avez bien lu, le jeu a été développé par la Team Shinobi de SEGA, mais ces gogols ont oublié un "H". C'est aussi drôle que lamentable de leur part. ^_^ Du côté de l'Arcade, les limitations de ROMs n'étant pas à l'ordre du jour, la séquence de fin est donc bien plus longue et gratifiante, elle présente plusieurs images inédites, dont une qui nous fait croire que la transformation n'est rien d'autre qu'un costume de cinéma, que le héros met lors du tournage. J'aime bien l'idée, tout comme celle qui présente Neff et ce qui ressemble à ses 4 fils, expliquant en une image qu'en réalité, nous n'affrontons réellement le démon qu'au dernier niveau, entre temps on se tape les rejetons (et pas de bol, ils ont tous la même vieille tête :).

Qu'on soit 
Toute l'innovation du jeu est là, dans ses transformations sur Arcade ou sur console, le but et le gameplay sont donc identiques (notez par ailleurs que la version Mega Drive le menu des options est caché, ce qui est dommage). On se retrouve donc avec un beat-them-all "à l'ancienne", en 2D vu de profil, sans pouvoir se déplacer sur la profondeur (je préfère préciser, car de nos jours, seuls les "run 'n gun" ou les jeux de plate-formes adoptent encore ce type de level design). Dans chaque niveau, notre gaillard doit éliminer divers démons, monstres, zombies et autres goules, afin d'avancer dans le niveau. Mais le plus important est de tuer les cerbères bleus ou blancs selon la version (oui ils ont plusieurs têtes) qui libèrent alors une "boule spirituelle" qui fera gonfler la masse musculaire du héros, passant de crevette lyophilisée, à bonhomme puis à arme-à-glace.
Bien entendu il gagnera en puissance à chaque fois mais à la 3e boule spirituelle, il se transformera littéralement en une bête surpuissante, d'où le titre du jeu. Une fois arrivé au bout du parcours, Neff (où l'un de ses fils plutôt) vous attend mais si vous n'êtes pas encore au stade de "bête", il partira et le niveau continuera jusqu'à ce que vous soyez prêt à l'affronter. C'est marrant de se dire que le boss veut absolument un combat équitable, car c'est rarement leur genre.
Une fois au stade de bête, Neff se transforme à son tour et lance un provocateur "Welcome to your Doom" ("bienvenue dans ton funeste destin"... oui "doom", comme dans le jeu homonyme, c'est ça que ça veut dire). Bien sûr les boss sont assez difficiles à vaincre (surtout le 3e qui sur console triche et vous "one shot" alors que c'est techniquement impossible) mais une fois vaincu, la tête de Neff surgit d'un trou et vole les 3 boules spirituelles accumulées par le joueur, le faisant revenir à son état de crevette anémique. Le joueur saute alors dans le trou et continue de suivre Neff dans le niveau suivant. D'ailleurs le fait de sauter dans le sol, dans cette sorte de passage dimensionnel, peut rappeler Dante et ses 7 cercles de l'enfer (sauf qu'ici il n'y a que 5 niveaux).

Le jeu n'utilise 
Le jeu est aussi court que difficile... heureusement on peut jouer à 2 que 3 touches, l'une pour sauter, les 2 autres pour frapper. On a 2 types de saut : le normal, et un plus ample (lorsqu'on réalise "haut + saut"), ce qui permet de passer d'une plate-forme à l'autre sans trop de difficulté. On peut cogner à coup de poing, debout ou accroupi, on peut frapper à coup de pied debout, et lorsqu'on s'accroupi, on donne des coups le ciel (parfait pour les ennemis volants qui s'approchent dangereusement). Quant à la transformation en bête, il y a une par niveau. Chacune propose 2 types d'attaques, qui sont nettement plus puissantes que sous la forme humaine. Au niveau des bestioles, on retrouve donc l'emblématique loup-garou qui peut lancer des boules de feu ou attaquer avec un rush dévastateur. Le niveau 2 nous propose de devenir un dragon capable de lancer des éclairs ou de former une sorte de protection électrique tout autour du personnage, qui devient alors presque intouchable. Le dragon c'est un peu Blanka, 3 ans avant que naisse le personnage de Capcom. ^_^
Au niveau 3 on retrouve l'ours. Je ne suis pas spécialement fan de celle-ci, ni de la suivante d'ailleurs (le tigre), car ces formes manquent de pêche. Heureusement au niveau 5 on retrouve le loup-garou sous sa forme "gold" (ouais c'est juste un swap de couleurs mais ça fait plaisir aux développeurs) qui va en finir une fois pour toute avec Neff. Arcade et Mega Drive comportent le même nombre de niveaux, à peine 5, pour une durée de vie qui a bien du mal à atteindre l'heure. Je sais que sur Arcade les jeux sont toujours très courts, mais on n'aurait pas craché sur quelques niveaux de plus, quelques métamorphoses supplémentaires, afin de transformer le tout en Odyssée d'Homère (vous savez, les 7 cercles de l'enfer tout ça, tout ça...).
Bien évidemment, ce temps de jeu très concis, est compensé par une difficulté à toute épreuve. Sincèrement, sur Arcade on a encore le moyen de se mettre des tas de crédits (c'est ça de bien connaitre le gérant ^.^) mais sur console, sans cheats codes et sans menu d'options, c'est rêche ! Notamment à ce fameux "boss 3" qui nous "one shot". Globalement les ennemis ne laissent rien passer, ils sont toujours en surnombre et tant que vous n'aurez pas attrapé votre première "boule spirituelle" (en gros, tant que vous serez en mode crevette) vous allez prendre cher.

Et puis ne 
Sur Mega Drive il existe des Cheats Codes, afin de se faciliter un peu la vie... croyez pas que la forme suprême du niveau vous mette à l'abri pour autant : seul le dragon vous permettra de rouler sur le niveau, les autres n'étant pas invincibles pour autant (notez que sous la forme d'une bête, si vous perdez une vie, vous revenez en bête, pas besoin de tout recommencer du début). Si bien sûr à 2 joueurs simultanément le jeu se révèle nettement plus abordable, en solo c'est l'enfer dès le niveau 3. Le pire c'est que sur console, on a seulement 3 points de vie (et aucun bonus pour remonter sa santé) et seulement 2 vies supplémentaires sans aucun continu ! C'est assez injuste dans la mesure où contrairement à l'Arcade, on ne peut pas remettre des pièces pour continuer sa partie. Heureusement il existe un menu secret qui permet de choisir sa difficulté, son niveau de santé, son nombre de vies et qui permet même de se téléporter dans l'un des 5 niveaux du jeu. Il n'empêche que la difficulté n'a pas vraiment été adoucie sur le portage console, et elle se révèle franchement abusive sur les 2 derniers levels.
Si dans les 2 cas la jouabilité est plutôt bonne, et au final malgré l'ingénieuse idée de la transformation, le gameplay reste relativement simple et conventionnel. De plus il n'y a aucune "replay value" : si vous arrivez à finir cette aventure, il y a peu de chance pour que vous relanciez une partie. Moi-même, j'ai connu la version Arcade au début des années '90, puis je l'ai redécouvert à sa sortie sur Mega Drive. J'ai rédigé mon test initial en 2006 et depuis tout ce temps (recomptez avec moi, ça fait presque 20 ans !) je n'y avais pour ainsi dire plus jamais touché (se refaire le premier niveau ça ne compte pas, je parle de refaire le jeu en entier). D'ailleurs ce fut l'occasion de repartir sur un article tout neuf et bien plus détaillé qu'à l'origine...
Nous l'avons vu, sur Arcade, Altered Beast tourne sur System-16 et je ne sais pas si vous êtes au courant, mais l'hardware de cette bonne vieille Mega Drive était justement basé sur le même jeu de composants, SEGA voulant importer ses propres titres Arcade sur sa console de salon, dans des portages faciles et rapides à faire. Cependant, si sur le papier les 2 machines sont sensiblement identiques, j'ai dû mal à comprendre qu'il y ait une telle différence entre les versions Arcade et Mega Drive. Si on apprécie d'avoir un framerate constant avec relativement peu de bugs (à part une hit-box en mousse qui réagit toujours à notre détriment), il faut être franc, les graphismes ont soufferts du portage.

Il suffit de 
Forcément, le jeu est plus beau sur Arcade mais le portage Mega Drive reste très qualitatif malgré tout regarder les dégradés qui n'en sont plus vraiment ou des couleurs franchement criardes par moment, pour s'en convaincre. Il faut dire que si la borne peut gérer 4096 couleurs, la Mega Drive et ses 32 pauvres coloris ne tiennent plus la distance. Et oui seulement 32 sur une maigre palette de 512 nuances. En réalité les fameuses 64 couleurs affichables n'arriveront que plus tard, grâce une ingénieuse technique d'interpolation. C'est aussi ce qui explique le manque de couleurs et la pauvreté des graphismes des jeux Mega Drive durant son début de carrière. Cette famélique palette de couleurs deviendra immédiatement le Talon d'Achille (encore lui) de la console, notamment face à une Super Nintendo qui en fera l'une de ses grandes forces.
Sur Arcade, le constat est très différent, les sprites sont un peu plus grands, le jeu est bien plus rapide et surtout c'est bien plus beau ! Les couleurs, le niveau de détails, on sent que le System-16 est à l'aise et bien exploité. Sur Mega Drive, les décors sont plus simplistes mais les sprites gardent une bonne taille et le framerate reste étonnement stable, même lorsqu'il y a beaucoup de monde à l'écran. Après n'oublions pas une chose importante : Altered Beast est sorti tout près du lancement de la console et rares sont les jeux dit "line-up" a pleinement exploité leurs supports. Si en plus on repense au fait que le PCB de la borne fait 16 Mb alors que la cartouche Mega Drive n'en fait plus que 4... on peut aussi comprendre pourquoi les développeurs ont dû tailler dans le gras ! Ces conditions expliquent donc que sur console, les animations sont hachées, les parallaxes sont un peu moches et les décors parfois très vides (notamment au niveau 2).
Du côté du son, il n'y a que 5 digitalisations vocales, les bruitages font le boulot et les musiques sont dans l'ambiance. On retiendra surtout les pistes du premier niveau et de la transformation, qui sont vite devenues cultes. Sur Mega Drive, une fois encore, c'est un peu la débandade. Le DSP de la console était extrêmement difficile à dompter et si on tombait sur un incompétent, le résultat était sobrement dégueulasse. Malheureusement, c'est comme pour la palette de couleurs, l'apprentissage s'est fait en douceur et ce n'est pas l'un des premiers jeux du support qui allait nous sortir l'impressionnante qualité acoustique d'un Sonic ou d'un Streets of Rage 2. Résultat, si on retrouve plus ou moins les mêmes bruitages et les mêmes thèmes, derrière le son grésille et chaque digitalisation coupe net toutes les autres sources audio. J'ai même l'impression que pour obtenir un minimum de qualité (car il faut le reconnaitre, le 2 phrases cultes sont parfaitement audibles, c'est même assez impressionnant), les développeurs ont fait en sorte que le DSP ne fasse que ça, en exploitant toute sa puissance.

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Connu pour être
Version Arcade
Version Mega Drive l'un des meilleurs beat-them-all sur Arcade de cette fin de décennie '80 (avant que Capcom nous assène hit sur hit grâce à son CPS1), Altered Beast est rapidement devenu un titre culte, l'un des fleurons d'un System-16 dont SEGA pouvait être fier. Sorti à peine quelques mois après la version d'Arcade, le portage Mega Drive est l'un des titres de son line-up, d'ailleurs il était proposé dans les premiers bundles occidentaux. L'Arcade à la maison, un slogan prometteur, scandé par un SEGA ambitieux, un titre vendeur et pourtant pas toujours assumé. En effet, sur Arcade nous avons un jeu qui a sa petite touche d'originalité, les transformations, qui sont d'ailleurs là pour marquer un gameplay au fond très basique. La réalisation est bonne, les animations sont fluides, les décors sont pas mal détaillés et si bien sûr le jeu est très difficile, c'est uniquement pour compenser une durée de vie très courte, qui n'excède pas l'heure. Malgré tout, Altered Beast sur Arcade aura fait date, voilà pourquoi il tant attendu lors de sa sortie sur Mega Drive. Une Mega Drive qui était malheureusement loin de la révolution promise. Heureusement la 16-bits de SEGA finira par avoir un bel avenir car elle était pleine de ressources inattendues et les hits s'enchaineront... plus tard. Car c'est un fait, en passant d'un PCB de 16 Mb à une maigrelette cartouche de 4 Mb, les développeurs n'ont pas eu d'autres choix que de réaliser de nombreuses coupes. Ajoutons à ça une console qui sort à peine et qui n'est donc pas du tout maitrisée, et nous avons là une formule gagnante pour une adaptation ratée ? En fait non, ce n'est pas ce que je pense de cet Altered Beast version console. En effet, pris sous le bon angle, en se remettant dans le contexte et en repensant qu'il est sorti en novembre 1988, tout à coup on devient un peu plus indulgent. Certes les animations ont perdues en fluidité, les détails on perdus en finesse et la palette de couleurs est aussi maigre que notre héros au début de chaque niveau. Mais en attendant, les sprites sont de grandes tailles, le framerate tient la route, le mode 2 joueurs est toujours là et les 5 niveaux originaux sont tous présents. Alors oui, c'est toujours aussi court, toujours aussi difficile mais contrairement à certains portages franchement limités (comme Golden Axe ou Super Thunder Blade), finalement, avec un peu d'humilité et de compréhension, je pense que nous avions vraiment l'Arcade à la maison... Ainsi, malgré toutes les critiques qu'on pourra ériger envers lui, Altered Beast reste un jeu culte. Son ambiance gothique, la furie des bestioles qu'on contrôle et le souvenir de mes 13 ans font que j'ai toujours un peu de nostalgie bienfaitrice envers ce titre mythique. Altered Beast est un peu le pendant de Ghouls & Ghosts mélangé à Manimal (série bien cheap des années '80), un jeu atypique bien que certains puissent aisément le trouver démodé et unanimement trop difficile. Mais on dira tout ce qu'on voudra, il restera à jamais une pierre angulaire du beat-them-all, un titre d'anthologie. |

