Another World (3DO)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : 1994
Développeur : Eric Chahi / Delphine software
Adaptation : Interplay
Editeur : Interplay
Genre : aventure

Support : 1 CD
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : US
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Out of this World (USA) - Outer World (JAP)


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Another World

Out of this World



Avec Out of this World,
Dommage que l'histoire n'aille pas plus loin car la mise en scène est excellente
on associe forcément le nom d'Eric Chahi. A l'origine, Monsieur Chahi (à ce stade c'est un monsieur) a développé son jeu seul et ce n'est que par la suite, que Delphine Software apporta quelques retouches. Tout ça pour dire d'Eric Chahi est un grand parmi les grands puisque le gameplay, les énigmes, le scénario et cet univers si particulier, est l'oeuvre d'un seul homme. Initialement développé pour l'Amiga et l'Atari ST, Out of this World est sorti en 1991. Quelques temps plus tard, il voit le jour sur PC (sous DOS) puis sur Mac mais comme Flashback, il n'aura été vraiment connu qu'à sa sortie sur Megadrive et Super Nintendo, des supports plus populaires que les micros d'antan. 1994, les consoles prennent du galon, on passe à la vitesse supérieure avec la génération 32bits. Et la 3DO est une plate-forme idéale pour accueillir toute sorte d'adaptations, son support CD et son puissant processeur 32bits allant dans ce sens. A la conversion on retrouve une nouvelle fois Interplay, qui a eu l'idée de mettre à jour le jeu. Si de la bouche même de son créateur le résultat n'est pas satisfaisant, personnellement je trouve que le jeu est sublime mais on verra pourquoi plus tard. Abordons en premier lieu l'aspect ludique, le gameplay du jeu. Pour faire simple, Out of this World (qu'on connaît sous le nom d'Another World chez nous) est un jeu d'aventure axé plate-formes et action, très inspiré par la culture science-fiction et Prince of Persia dans sa première version bien entendu. Il n'y a pas de scrolling, l'affichage des écrans est séquentiel, il n'y a pas non plus de barre de vie, ni même de compteur de vie. Démontrant la fragilité de la vie, de l'être humain, au moindre faux-pas c'est la mort. A sa sortie, le jeu était immersif à un degré inexploré jusqu'alors mais Out of this World est aussi un jeu extrêmement difficile (un peu moins dans cette version, qui revient à des normes un peu plus raisonnables) car il faut apprendre les niveaux par coeur. Chaque saut doit être calibré, chaque action réfléchie sinon on perd avec aucun autre choix que de recommencer. Cet apprentissage par l'échec est usant pour les nerfs, fatiguant. Mais il fallait bien ça car réellement, l'aventure ne dure qu'au mieux 60 minutes. Seulement pour arriver à visionner l'épilogue, vous mettrez bien plus de temps que ça (plusieurs heures), si la lassitude de buter sur une énigme ne vous a pas anéanti avant. Personnellement, j'ai trouvé le jeu trop difficile mais il est trop culte pour ne pas le connaître (surtout dans cette version).



Ajoutons qu'en plus de tout
Le jeu est toujours aussi difficile et fonciérement court
ce qui peut vous arriver (chutes, pièges en tout genre, éboulis, noyade...) il faudra aussi faire gaffe à une faune peu accueillante (sangsues venimeuses, monstres entre le tigre et l'ours, tentacules...). Et Out of this World n'est pas essentiellement régi par la plate-formes, il y a aussi des phases d'action. Au début du jeu Lester (notre personnage) ramasse un flingue qu'il gardera avec lui tout au long de sa courte aventure. Cette arme qu'on doit parfois recharger, peut créer des champ de force, une sorte de bouclier de protection. Evidemment il possède un tir classique, mais aussi un tir chargé, qui peut détruire certaines portes, certains murs et les champs de forces adverses. Mais encore une fois le jeu est très hardcore avec des combats très difficiles et bien souvent techniques. Mon regret dans tout ça, c'est qu'on ne dispose que d'une poignée de checkpoints, accessibles via des passwords. Et ils sont trop éloignés pour espérer profiter d'une quelconque clémence du jeu. Ainsi après s'être vautrer dans un trou, s'être fait tuer par un garde ou s'être fait bouffer par une bestiole peu aimable, on repart au dernier checkpoint. Avec ça, il faudra en plus déjouer des énigmes pas évidentes du tout. Certes elles tiennent une certaine cohérence dans le fil de l'aventure mais bien souvent on comprend mal où Eric à voulu en venir. Ainsi pour en arriver à bout (après avoir crevé 186 fois au moins), j'ai utilisé une soluce, car certaines énigmes sont vraiment tordues, trop complexes. On a jamais le choix de son parcours ou de sa manière de faire. Ici il n'y a qu'une seule et unique façon d'arriver à passer chaque parcelle du jeu. Question jouabilité, on peut dire qu'elle est sacrément rigide. Le jeu n'est pas quadrillé comme Prince of Persia ou Flashback, mais impose une grande rigueur. La maniabilité est rugueuse, sèche, le jeu étant à l'origine développé pour un micro et donc jouable au clavier. Le pad 3DO s'en accommode tout même et seulement 2 boutons sont utilisés. Techniquement, si Out of this World aura mis une grosse claque à tout le monde lors de sa sortie, cette version l'aura en plus mise à jour d'une bien belle manière, quoiqu'en dise son créateur. Ainsi tous les décors ont changés, utilisant désormais des images bitmap hyper détaillées et colorés, en lieu et place des décors d'origine. On pourrait regretter qu'Interplay ne soit pas aller plus loin, en refaisant tous les sprites mais déjà en l'état, c'est un véritable plaisir que de redécouvrir l'aventure (qui un peu plus facile que sur 16bits, je le répète).



Vous vous en doutez,
Graphiquement, la mise à jour est grandiose
les sprites sont donc restés intacts. Créé par un ingénieux système rotoscopie (on se filme avec une caméra puis on digitalise ses mouvements... Eric Chahi a réaliser lui-même ses digitalisations) et de polygones en à plat (polygones 2D), la différence entre les sprites et le décor est visible mais loin d'être choquante. Et puis on retrouve très bien l'inspiration, la direction artistique, la singularité marquante qu'Eric Chahi a voulu donner à son jeu, notamment parce qu'Interplay a reprit à l'exact chaque détails. Si l'animation n'est plus aussi impressionnante qu'en 91, elle reste d'une fluidité étonnante (elle a même été une référence du genre, jusqu'à ce que Flashback vienne chambouler tout ça). L'autre grosse nouveauté du titre, c'est les petites vidéos qui ont étés crées avec le moteur du jeu. Bien sûr sur cette version 3DO on redécouvre l'intro, qui est vraiment superbe et qui s'agrémente d'un écran titre clinquant ainsi que d'un texte défilant façon Star Wars, afin d'expliquer le scénario. On voit bien que le cinéma de science-fiction aura marqué son créateur, notamment parce qu'il n'y a aucune voix (juste quelques mots dans un jargon extra-terrestre) et que les protagonistes se font très bien comprendre, juste avec une gestuelle appropriée. Enfin, le son a aussi été entièrement revu. Il y a plus de bruitages et d'une plus grande qualité et le jeu profite de nouvelles musiques en qualité CD. Elles mettent essentiellement l'ambiance, entre inquiétude, recherche et même stress par moment.



Le Note
pari est réussi pour Interplay, qui a su mettre à jour le hit d'Eric Chahi, sans lui ôter ce qui a fait son succès. En plus, la 3DO étant une machine très puissante si on la compare aux Amiga et ST, le jeu est donc très rapide et parfaitement fluide. Bien sûr il n'est pas parfait (jouabilité rigide, très court, trop difficile, fin vite expédiée et qui laisse la voie à une suite) mais comment passer à côté d'une oeuvre pareille sans culpabiliser, surtout avec une édition plus belle et un poil plus ouverte. Que ce soit sur 3DO ou tout autre support, le hit d'Eric Chahi reste indémodable.



Test réalisé par iiYama

mars 2009