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Dans les années '80 et '90, 
Voici l'un des meilleurs jeux développés par Data East lui même (qu'on connait généralement pour son travail d'édition) Data East était plus connu pour son rôle d'éditeur, que de développeur. En effet, né dans les années '70 au Japon, une fois arrivée à maturité, Data East a commencé à s'associer à divers studios (Arc System Works, D4 Enterprise, G-Mode, TAD Corporation, Technos Japan...), qui donc développaient des jeux, quand eux se sont spécialisés dans l'édition. L'entreprise a fait faillite en 2003 et on ne retiendra qu'une poignée de bons titres à leur actif (les autres étant assez obscurs ou n'ayant pas quitté le Japon) : Cobra Command, Congo's Caper, Karnov's Revenge, la série des Joe & Mac, Kung-Fu Master, la série des Magical Drop, Windjammers, Two Crude Dudes, les Double Dragon ou encore Vapor Trail. Oui dans le lot il y a de bons titres mais généralement Data East ne fait pas de grands jeux et notre Spinmaster est sans doute l'un des meilleurs ! Sorti à la fin de l'année 1993 sur Arcade (MVS) et à peine 2 mois plus tard sur console de salon (AES), Spinmaster est également connu sous le nom de Miracle Adventure au Japon (ou Spin Master en 2 mots), et il n'a connu aucune sortie sur Neo-Geo CD. Là franchement je m'interroge, et je me demande pourquoi il n'a jamais été réédité, alors que sa cartouche reste modeste. Une version CD aurait pu apporter plus de cinématiques et une nouvelle bande-son, bref un portage vraiment facile et rapide à réaliser... c'est une incompréhension. Le nom du jeu fait en quelque sorte référence à l'attaque de base de son personnage : "spinmaster" pourrait être traduit par "le maitre du yoyo" et en effet, nos 2 héros du jour se servent de leur jouet pour attaquer les ennemis. Quant au nom japonais, Miracle Adventure (soit "l'aventure miraculeuse"), mouais, c'est encore moins inspiré.

Il n'empêche 
Le gameplay est simple mais vraiment efficace ! que pour l'histoire, nous n'avons pas d'intro, tout juste une succession de démos. En fait toute l'histoire se dévoile en tout début de partie où on voit Mary se faire kidnapper par le génie du mal local, le Docteur De Playne. Pour comprendre les tenants et aboutissants du jeu, rendez-vous dans la notice qui nous explique qu'un trésor a été caché sur une île et qu'il existe une carte, dont notre héros (Johnny) et son ami (Tom) ont un morceau. De Playne fait du boudin, fait son caca nerveux, enlève la jeune fille et vole la carte au fiancé, car son but est de rendre les enfants de la Terre malheureux, car grâce aux richesses du trésor, il pourra acheter tous les bonbons et tous les jouets du monde ! Le but est donc d'arrêter ce fol-dingue et de sauver la douce Mary qui se fait finalement kidnapper on ne sait pas trop pourquoi. Bref, comme vous pouvez le voir le scénario est loufoque à souhait, les scénaristes ayant sûrement abusé du saké entre 2 (no) brainstormings, et finalement pour le joueur qui n'a pas accès à ces infos, seules les 10 premières seconde de jeu nous convaincront de l'utilité de cette aventure puisqu'on y voit Mary se faire enlever sous nos yeux. Il est juste dommage que tout ceci ne soit pas mieux expliqué, via une sympathique intro avec quelques images et du texte par exemple. Entre chaque level nous avons une micro- scénettes avec une seule phrase à lire, et au final seule la fin se veut un peu plus originale puisqu'en réunissant les 5 morceaux de la carte, nos 2 compères ont dès lors 3 destinations possibles : en pressant A, B ou C on obtient alors l'une des 3 fins disponibles, qui se résument à une image mais qui était aussi une bonne occasion de faire l'aventure 3 fois.

Sur Neo-Geo AES 
La difficulté étant abordable, le fun est garanti nous n'avons pas de menu d'options : on presse Start et nous avons uniquement le choix de la difficulté. Et avouons-le, en "facile" le jeu est tout à fait abordable. Certes les crédits sont limités mais avec un peu persévérance, finir l'aventure est à portée de mains, ce qui est rare sur une Neo-Geo qui enchaine les productions généralement hardcore. Et puis avec 4 crédits de 3 vies chacun, avec lesquels nous avons 3 points de vie et 3 bombes, le tout sans aucun timer pour nous mettre la pression... autant dire qu'une fois n'est pas coutume c'est tout à fait faisable. Ça c'était pour la version AES avec choix de la difficulté, car j'ai également joué au jeu sur MVS en difficulté 4 (sur 8) et de suite ce n'est plus la même chanson ! Sur Arcade on est là pour se faire de l'argent et en "difficulté moyenne" c'est déjà bien plus dur, au point d'y laisser bien plus de crédits qu'en "facile" (normal vous me direz). L'habituel "how to play" répond naturellement présent et nous dévoile que le gameplay est aussi simple qu'efficace. Avec la touche A on frappe son ennemi sur 8 directions (c'est important de le préciser car ça rend bien service), avec la touche B on saute, en pressant "bas" + A + B on réalise un "slide" (en toute franchise, je ne m'en sers jamais) et enfin la touche C permet de lâcher une bonne grosse bombe des familles. Comme évoqué, le gameplay est tout à fait accessible, ce qui conforte une difficulté modérée, ainsi qu'une ambiance détendue et bon-enfant, limite cartoon. Jeu d'Arcade et chasse aux trésors oblige, on ouvre des coffres où se trouve des petits trésors (histoire de gonfler son score) mais aussi et surtout des armes supplémentaires. Si notre amoureux-transi veut sauver sa blonde à coup de yoyo, sachez qu'il aura aussi à portée de mains des armes plus efficaces (mais pas forcément plus puissantes) : shurikens, bombes, boules de feu, pics de glace, missile électrique et gant de boxe. Quand à la mega-bombe (ici appelée "Bomber Attack") elle sera différente pour chaque arme et nettoiera efficacement l'écran de tous les ennemis. Il est par contre un peu dommage que récupérer 2 fois le même item n'augmente pas sa puissante de frappe, ou sa portée qui reste (quelque soit l'arme) assez limitée. C'est par contre un bon point : à l'image de Magician Lord, le jeu ne dispose pas de limite de temps, ceci dit, si vous trainez trop la patte, une énorme bombe vous tombera sur le museau et vous perdrez un point de vie (c'est toujours mieux que le crabe du jeu d'Alpha Denshi qui nous harcèle jusqu'à ce que mort s'en suive). Si l'aventure est relativement courte (environ 30 minutes) on y revient avec plaisir tant l'ambiance est joviale et les mimiques des ennemis sont fendardes.


C'est d'ailleurs 
La réalisation est de qualité : des boss de grande taille, des décors détaillés, variés et colorés, des animations fluides... un bon point pour notre Spinmaster : la réalisation est de très bonne facture. A côté des jeux de plate-formes des autres consoles 16-bits, il en mettait plein la vue ! Même si les Mega Drive et Super Nintendo avaient leurs "masterpieces" bien à elles (Sonic 2, Rocket Knight, Aladdin et Earthworm Jim d'un côté, Donkey Kong Country, Kirby's Dream Land 3, Rainbow Bell Adventures et Mr Nutz de l'autre), le jeu de Data East a malgré tout des particularités à faire valoir ! Tout d'abord l'ensemble est superbement animé, les boss ont généralement une bonne taille et ce, sans perdre en fluidité. Et puis les décors sont vraiment très variés : à chaque niveau sa thématique avec au début l'aéroport (avec ce que ça insinue d'avions et de militaires), l'Egypte (son désert, ses scorpions, ses momies et ses pyramides), la Chine et sa grande muraille, l'Amazonie (son fleuve, ses piranhas, ses aztèques et sa forêt), la Grèce antique et ses spartiates... car bien entendu, si certains ennemis parcourent toute l'aventure, d'autres sont liés au lieu visité. Ainsi donc, le jeu enchaine les boss originaux, les décors sont très variés, les situations varient également beaucoup, le tout dans des décors détaillés et particulièrement colorés. Spinmaster est donc un très beau jeu, qui s'offre le luxe d'être dépaysant et vraiment plaisant à jouer. Les diverses animations sont fluides et il faut noter le cas particulier des bombes, qui offrent des effets assez impressionnants, prenant parfois tout l'écran (il suffit de lancer une bombe ou le gant de boxe pour voir apparaitre des sprites de la taille de l'écran !). Aucun bug n'est donc à signaler... en solo, car à 2 joueurs, il arrive qu'on subisse quelques ralentissements (rien de bien méchant cela dit). Terminons notre tour d'horizon par la partie audio, qui distille des musiques à l'image des graphismes : des compositions rythmées et joyeuses, à défaut d'être belles. En effet, loin d'être aussi séduisantes que les graphismes, les musiques sont plus passe-partout, banales, au point qu'on y prête guerre attention. C'est aussi ça les mauvais côtés de l'Arcade : sachant que la borne se trouve généralement dans un endroit très bruyant, du coup les développeurs ne font que peu d'efforts (et ça se vérifie presque à chaque fois), là où sur consoles de salon, ils faisaient justement en sorte que ce soit l'une des valeurs attractives du titre. De leur côté les bruitages sont dynamiques, efficaces sans être trop forts ou au détriment du reste, et s'il n'y a que quelques voix digitales pour tout le jeu, il est tout à fait possible que le "oaw" que font la plupart des ennemis en mourant, finisse par vous taper sur les nerfs. Sans ça, malgré la banalité des musiques, il n'y a pas grand-chose à redire, Data East a tablé sur quelque chose d'efficace, à défaut d'être d'inoubliable.

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Spinmaster
Note
est un jeu sur lequel je n'attendais pas grand-chose et finalement, ce fut une belle surprise ! Etonnamment il n'a jamais vu le jour sur
Neo-Geo CD alors qu'il s'y serait senti à l'aise (la cartouche ne faisant "que" 90Mb... ce qui fait déjà presque 6 fois Sonic 3 !), ce qui reste assez inexplicable. Spinmaster (ou Spin Master, c'est selon les gouts) est avant tout une aventure courte mais agréablement variée tant pour ses décors que ses scènes ou même ses boss, pour le moins originaux (bien qu'un peu loufoques ceci dit). De plus, il offre un gameplay tout à fait accessible et très agréable, auquel se greffe une difficulté particulièrement bien dosée, faisant de lui l'un des jeux les plus abordable de la console. Si malheureusement il accuse quelques fautes (pas vraiment de scénarisation, pas d'intro, quelques ralentissements à 2 joueurs, bande-son banale...), à côté de ça comment ne pas être séduit devant cette ambiance franchouillarde, avec des ennemis aux mimiques rigolotes, des décors aussi variés que détaillés et colorés, des animations de qualité... en clair un jeu Neo-Geo comme on les aime ! Comme quoi il n'y a pas que de la baston sur la machine d'SNK, même si avouons-le, ce genre de titres est finalement assez rare sur la Rolls des consoles.
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