Earthworm Jim (MD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : aout 1994
Développeur : Shiny Entertainment
Editeur : Playmates Interactive
Genre : action / plate-formes

Support : cartouche de 24Mb
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : EWJ
Prix au lancement : 400 Frs


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Earthworm Jim









Lorsque David Perry, dit le grand magicien, fut au top de son succès suite à des jeux phénoménaux comme Aladdin, Global Gladiators ou encore Cool Spot, il décida de monter sa propre boite (Shiny Entertainment), sans doute parce qu'il estimait être trop peu payé chez Virgin (en fait il bossait pour Avalon qui appartenait à Virgin). Et si aujourd'hui on se souvient de Shiny, c'est seulement parce que ces gros beaufs ont réussi à nous foutre en l'air une super licence, j'ai nommé Matrix (Enter the Matrix et The Path of Neo). Mais de mon côté, si je connais bien Shiny c'est pour leur premier jeu en solo : Earthworm Jim (traduisez par Jim le vers-de-terre). Et il faut reconnaître une chose, même si le bonhomme et son équipe avait déjà fait très fort en matière de hit, de jeux incontournables sur Mega Drive, avec Earthworm Jim ils sont allés plus loin. Plus loin dans le délire, plus loin dans les gags, plus loin dans la réalisation... à tel point que la Mega Drive semble encore une fois se surpasser. Rien qu'avec la ROM, c'est déjà du gros. Les anciens titres du magicien tenait tous sur 8Mb et cette fois la cartouche est 3 fois plus grosse, ce qui annonce clairement la couleur. A titre de comparaison et dans l'à peu près même genre, il suffit de comparer le brave Toki à Jim le costaud, pour voir que la console de SEGA a fait un énorme bon en avant et ce, en moins de 4 ans. Et c'est un peu dommage qu'on arrive à un tel point d'excellence lorsque la console est prête à être supplantée par la génération suivante. Mais pour revenir à notre vers-de-terre, on peut dire "chapeau-bas l'artiste" à Shiny qui a su tirer 120% du jus de la console. Et on n'est pas en présence que d'un beau jeu, le gameplay et l'univers sont aussi d'un niveau qui atteint les étoiles. Récit d'un des derniers grands hits de l'une de mes consoles préférées.



Développement scénaristique

Pourquoi
Le scénario est bateau en plus d'être que trop peu explicité
Jim se bat... au début personne ne le sait. Si il sait appâter la galerie en nous montrant son caleçon à pois, Jim part en guerre, étale les vilains, traverse les niveaux mais dans un but inconnu, puisqu'il n'y a pas d'intro. On apprend le semblant de scénario uniquement lors de l'épilogue : il fait tout ça pour une gente-dame (une princesse), qui est retenue prisonnière par sa propre soeur, la maléfique Reine. Même si on n'exigeait pas de véritable scénario pendant le jeu, une petite introduction n'aurait pas fait de mal (moi j'ai pas la notice pour connaître ce genre de détails). Par contre la fin est très sympa, l'humour va jusqu'au bout et même si elle est courte, on s'en contentera car arriver jusque-là sera la preuve indéniable d'une victoire très chèrement acquise. Vous comprendrez pourquoi je dis ça, au chapitre suivant...



Jouabilité & Gameplay

Comme
Le gameplay est bien sympa mais la jouabilité est très approximative
on n'est pas dans Worms, notre petit Jim le vers-de-terre est équipé d'une combinaison humanoïde qui lui permet de courir, grimper et tirer avec une arme. Earthworm Jim est donc un jeu de plate-formes/action. Le menu des options nous permet de changer la difficulté et la config' de son pad, mais j'évoquerai les touches dans leur config d'usine. Ainsi en pressant A, Jim utilise son flingue au plasma, une arme à l'efficacité relative (puisqu'un ennemi y résistera un peu trop longtemps à mon goût) et dont les munitions sont limitées. On commence le jeu avec 999 "douilles" mais les chargeurs descendent très vite. Bien entendu, on pourra trouver de quoi le recharger sur sa route. Plus rare, on trouvera aussi des boosts qui nous permettront de tirer de gros blasts qui tueront généralement les méchants en un coup. Jusque-là, rien d'anormal. Mais Jim, vers-de-terre de son état (je n'arrête pas de le dire), peut aussi se servir de son corps élastique (et plus généralement de sa tête) comme d'un fouet en pressant le bouton B. Là ça devient intéressant. Avec cette capacité, tel un Simon Belmont, Jim pourra traverser des précipices, fouetter ses ennemis ou actionner des interrupteurs. Jim sait aussi se rattraper à une corniche lors d'un saut un peu juste et compenser sa chute en servant de sa tête comme d'une hélice (on atterrit en douceur et on va évidemment plus loin qu'avec un simple saut). Il peut aussi s'agripper à des lianes ou des barres transversales et comme il le fallait avec la tête, il a tout loisir de se servir de son arme contre les ennemis. Ainsi tel un Castlevania, le jeu alterne des phases de plate-formes et d'action. Et de l'action, ça n'en manque pas. La plupart des boss ne se tuent qu'avec une technique bien spécifique, certains passages demandent beaucoup d'adresse ou d'observation car Earthworm Jim est bourré de trouvailles comme le cultissime lancé de vache, le passage où on doit s'occuper de Puppy (le chien) sans quoi il nous fait la misère, on peut tirer lorsqu'on est accroché à un treuil pour se déplacer, on a quelques passages en bathyscaphe, une course en cochon-dinde ou encore le fait que chaque niveau est relié par une sorte de bonus-stage. Plus précisément sur ce dernier point, la vue est en pseudo-3D (comme les bonus stage de Sonic 2) et il faut doubler Psy-Crow (ou simplement jouer au stock-car avec) sans quoi, chaque fois qu'on perd on se tape une sorte de mini-boss (Psy-Crow lui-même). Pour nous aider on a des boucliers pour se protéger des astéroïdes et des accélérateurs, histoire de lui mettre un vent. Et si on gagne, Jim fait le mariole.


Car
Certains levels sont de vraies surprises mais bon sang ce que c'est difficile !
l'humour est omniprésent dans ce jeu. Laissez Jim tout seul pendant 2 minutes et il fera tout pour amuser la galerie, les mimiques sont hilarantes et il ira même jusqu'à chanter s'il le faut... En bref le jeu est hyper drôle. Seulement voilà, on n'est pas ici pour ne donner que les bons côtés du dernier bon jeu de Perry, il faut donc parler de tout ce qui ne va pas, et la liste est presque aussi longue. Les niveaux, qui sont en bon nombre, sont très longs et surtout très originaux. C'est parfois à tel point qu'on reste bloqué parce qu'on ne comprend pas ce que le jeu attend de nous. On peut dire pareil pour les boss. Certains s'exterminent à l'acharnement mais d'autres comme Psy-Crow, doivent être tués avec une technique bien spécifique, qu'il est vraiment pas évident de trouver. Et certains passages sont clairement pire que d'autres. Les passages en bathyscaphe sont bien sympas mais le temps est trop limité. Alors soit on prend le temps de faire bien et on meurt asphyxié, soit on se grouille et on finit par exploser la bulle de verre. C'est d'autant plus vrai lors de la dernière escapade sous-marine où on doit faire un trajet énorme en seulement 30 secondes. C'est trop court ! Mais ce n'est pas le pire. La course après chaque niveau fait un peu remplissage sur la fin du jeu et finit par être gonflante comme épreuve (on se la tape au moins 6 fois). Les ennemis sont hyper agressifs et en plus, ils ont dur à cuire. On lâche des centaines de balles au plasma rien que pour en tuer un, alors qu'ils pullulent dans tous les niveaux. Jim est assez fragile malgré sa belle musculature (c'est de la gonflette) et généralement, on perd très vite ses vies. Ensuite, il n'est pas rare de devoir recommencer, recommencer et recommencer encore le même passage de plate-formes, étant donné que la jouabilité n'est pas très précise (ne commencez pas, il ne faut pas mélanger jouabilité et gameplay... ici la jouabilité n'est pas terrible, ce qui n'empêche pas le gameplay d'être génial). Car lorsqu'il faut réaliser des sauts hyper précis, ou jouer les rois du fouet sur plusieurs ancrages successifs, on a vite fait de s'énerver, d'avoir les boules. Et le comble du n'importe quoi, c'est à l'avant-dernier niveau où on doit traverser un champ de piques au parcours tortueux et aux atomes de guérison trop rares. Ainsi même si le gameplay est de premier ordre et très varié (même s'il n'est pas tout à fait original puisqu'il emprunte beaucoup à quelques grands succès), la maniabilité est trop juste pour ce qu'on doit réaliser par moment. Le pire étant bien entendu la difficulté, qui est bien trop élevée. Les jeux de David Perry ont jusqu'ici conciliés la durée de vie au fun, ce que visiblement ils n'ont pas réussi à faire avec Earthworm Jim. A croire qu'en devenant Shiny, ils se sont dit qu'ils allaient faire des jeux spécial hardcore gamers. Seulement cette difficulté acerbe, vicelarde même par moment, aura tôt fait de vous faire décrocher du jeu, voire même de vous en dégoûter. Vous êtes prévenus.



L'image

David
Earthworm Jim est un jeu magnifique, l'un des plus beaux et des mieux animés de la console ! Un plaisir pour les yeux
Perry, le programmeur en chef de ce jeu, a toujours eu un faible pour la Mega Drive, sans doute parce que son processeur est facile à programmer et qu'il a un énorme potentiel. Un potentiel qui, une fois de plus, a été admirablement exploité. On peut donc le dire, Perry maîtrise merveilleusement bien son support favori. Et qui dit jeu programmé par Perry, dit jeu hyper bien animé. Ce sera une nouvelle fois le cas, avec une animation aux petits oignons. Jim possède une palette de mouvements (et de mimiques) absolument énormes mais il ne sera pas le seul puisque tous les sprites du jeu sont du même acabit. A la différence de la plupart des titres où le héros est fluide et les ennemis sont animés à l'arrache, ici le travail est constant, régulier, chaque détail est très soigné et le résultat est tout simplement dantesque. Je ne reviens pas sur le fait que l'humour est omniprésent, notamment avec un héros qui passe son temps à faire le guignol, alors évoquons les décors. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à l'image du gameplay, les décors sont très variés et originaux. Mention spéciale pour le niveaux 2 (le volcan) et qui est sans conteste le plus réussi. Mais pour une fois, on n'a pas un level ou deux de jolis puis plus rien, Earthworm Jim est vraiment beau du début à la fin. Le niveau sous l'eau nous affiche en plus une totale distorsion du décor (ce level me fait penser à Ecco 2), le tunnel des pseudo bonus-stages est tout en zoom (sprites compris) et animé à la perfection (et sans mode7 s'il vous plait) et on a même quelques sprites en images de synthèses comme le frigo qui lancera la vache ou le gros diamant qu'on trouvera plus tard. En clair Earthworm Jim est l'un des plus beaux jeux de la console, et sans réfléchir l'un des mieux animé, si ce n'est LE mieux animé de toute la ludothèque.



Le son

Le
Le son est super travaillé
son pose toujours problème sur cette console, car son petit Z80a n'est clairement pas assez performant (ni très adapté) pour nous fournir un audio de qualité. Et pourtant, l'équipe de Perry s'est toujours bien débrouillée avec cette tare génétique, la preuve avec Global Gladiators et Cool Spot. Et une fois encore, la partie sonore est très travaillée... on en attendait pas moins. Les musiques sont loufoques, bigarrées, rythmées et collent parfaitement à cette ambiance déjantée qui sévit tout au long du jeu. Parfois même Shiny a intégré des voix digit aux musiques (comme on l'a déjà vu dans d'autres de leurs productions), histoire de donner un ton totalement burlesque à certaines pistes (et il faudra bien ça pour se calmer les nerfs face à la difficulté). Evidemment on retrouve aussi une montagne de voix digit, elles aussi bien dans le ton et surtout d'une qualité étonnante pour le support. Enfin les bruitages semblent tous sortir d'un dessin-animé Tex Avery, tant ils sont cocasses et jovials. Ainsi le son ne démérite pas de l'image, au contraire il l'accompagne de la meilleure manière qui soit, même si on peut à la rigueur regretter qu'il n'y ait pas de thèmes vraiment marquant, comme ce fut le cas jusqu'alors.



Note générale

Avoir un lombric comme héros, fallait oser ! Faut le dire, c'est pas banal. Déjà avec ce héros pas comme les autres c'était bien parti pour être fun, mais en plus il fera le pitre tout au long de l'aventure. Et cet humour décapant ne sera pas de trop pour décompresser d'un jeu vraiment difficile. Dès le premier niveau on est agressé de tous les côtés, certains passages sont vraiment biscornus, quand ils ne sont pas impossibles à passer. Je suis dur je sais mais il faut dire la vérité. Certains gogols du pad viendront vous dire que c'est mieux pour la durée de vie ou que "non ce n'est pas si difficile que ça" mais parole de gamer, faut pas les écouter. Les intégristes de la difficulté, les puristes sado-maso du ludisme profond trouveront ça bien mais personnellement c'est trop. Shiny a rendu son jeu élitiste, le réservant ainsi à une niche de joueurs. Et c'est bien dommage car depuis le premier jeu frappé du "sceau Perry", les développeurs avaient toujours su garder un juste milieu entre facilité et frustrations. En plus, Earthworm Jim aurait pu s'ouvrir à un public enfant, de par son humour clownesque et son univers fantaisiste mais ce n'est pas la peine d'y penser, les gosses décrocheront bien vite (même s'ils sont à coup sûr plus forts que nous :). A part ça, ce qui est pour ainsi dire son seul défaut, avec une jouabilité un peu limite par moment (faut dire que les niveaux ne font jamais de cadeau), la réalisation surclasse la plupart des titres Mega Drive. Les graphismes sont vraiment magnifiques, l'animation est d'une fluidité et d'un burlesque exceptionnel, et même la partie sonore a été soignée jusqu'au moindre détail. C'est quasiment un dessin-animé interactif, Earthworm Jim aurait pu être le jeu ultime d'une console en fin de vie mais il restera comme un très grand jeu certes, mais pas le meilleur. Car moi je veux bien faire comme les autres, lui mettre 18 ou 19/20, seulement il faut savoir faire la part des choses. Ce n'est pas en jouant aux 2~3 premiers niveaux qu'on se rend bien compte à quel point c'est dur voire même vicieux par moment (surtout dans les derniers niveaux). Et je suis le premier à le regretter car si on ne triche pas (en sautant les niveaux avec le debug menu ou avec un Game Genie), il est clair que vous ne ferez pas long-feu. Mais gardez tout de même en tête qu'Earthworm Jim est le premier jeu de Shiny et sans doute le seul à avoir eu autant de succès, qu'il est réalisé par de véritables artistes, que dis-je, de grands maîtres de la programmation et du design, et que malgré toutes les critiques que j'ai pu vous rédiger lors de ce test, je suis le premier à être fan.



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Test réalisé par iiYama

mai 2009 (mise à jour : octobre 2010)