Singularity (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2010
Développeur : Raven Software
Editeur : Activision
Genre : FPS

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 8Mo (saves)
Moteur graphique : Unreal Engine III
Définition HD : 720p
Difficulté :
Multi-joueurs : 12 joueurs online
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 600.000 (tous supports)


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Singularity








Si des jeux comme Quantum Theory sont
On verra des flashes du passé, ça étaye le scénario de façon originale
sortis au mauvais moment, Singularity lui, est sorti pile à la période creuse, exactement là où on avait besoin de lui, c'est-à-dire en plein été, là où c'est la disette totale. Singularity, c'est le dernier FPS de Raven, cet ancien et mythique développeur qui depuis quelques années, a bien du mal à faire face à la concurrence. Tout le monde se souvient encore de Wolfenstein, un jeu sympa qui devait remettre la célèbre licence sur les rails (licence qui a lancé le mouvement FPS) mais qui a échoué à sa tache. De retour à peine 9 mois plus tard, Raven fait son comeback avec Singularity, un jeu qui nous conte avant tout une histoire assez sympa. Dans la peau du capitaine Renko, on est envoyé en reconnaissance sur l'île de Katorga 12 situé au sud-est de la côte orientale Russe. A la suite de la Seconde Guerre Mondiale, et après avoir découvert un nouvel élément (le E99), l'île a abritée des laboratoires soviétiques cherchant à doter l'URSS d'armes plus puissantes que la bombe atomique des USA. Mais vous vous doutez bien que ces expériences vont très mal finir car le précieux élément permet d'altérer le temps, ce qui le rend puissant mais instable. Pour développer ce scénario, nous avons des cut-scènes en 3D pas trop moches, de la doc' à lire (des papelards trainent un peu partout), des bandes audio à écouter et même des projections vidéos. Si tout ça fait indéniablement penser à d'autres jeux (surtout Bioshock), le tout est qu'en l'état c'est pas si mal et les développeurs ont cherchés à poser une certaine ambiance. Et ça marche, surtout au début. En effet les premiers pas sur l'île seront le théâtre d'une superbe ambiance horrifique, qui malheureusement retombera bien vite. Mais l'essentiel du jeu c'est évidemment son gameplay. Singularity cherche à être un gros melting-pot d'idées piochées ça et là, et si le résultat n'est pas toujours heureux, au moins on ne peut pas dire que Raven n'a pas cherché à le rendre le plus fouillé possible.


Comme énoncé,
Le MT provoque rajeunissement ou veillissement des objets. Dommage que ça reste scripté
le E99 (qui ressemble un peu au Tiberium de Command & Conquer) peut altérer le cours du temps. Donc si on commence sur un FPS classique (d'abord aux accents d'horreur puis d'action somme toute banal), au bout d'un moment notre personnage trouve le Manipulateur Temporel (le MT) et s'ouvre alors les réelles possibilités du titre. En effet, ce gantelet nous octroie divers "pouvoirs", à commencer par la capacité de vieillir ou de rajeunir des objets. Le concept est absolument génial. Imaginez qu'un couloir se soit effondré, il suffit alors de "rajeunir" les pierres pour que tout reprenne sa forme initiale. A l'inverse, si un ennemi humain se cache derrière une barricade, il suffit de la "vieillir" pour qu'elle s'effrite et mette à découvert le-dit ennemi. Ce même objet permet également de tuer ses adversaires plus facilement (en les vieillissant, ils passent au ralenti et deviennent plus fragiles) et offre une attaque de mêlée plus puissance. Sur le papier les possibilités sont énormes. Malheureusement ce concept est très limité. En effet il n'agit que sur des objets prédéfinis, ce qui rend le gantelet tout de suite moins attrayant. Autre fonction acquise, le gantelet permet de déplacer les objets lourds, tel un Pistolet Anti-Gravité (les fans d'Half-Life² levez la main !). Combinés, les effets du temps et de déplacements nous confrontent à quelques énigmes finaudes et bien pensées, même si elles aussi nous font penser irrémédiablement à d'autres jeux. Après, si la forme est bien mise en œuvre, le fond est en réalité très classique. Bien entendu il y a quelques trouvailles comme ce fusil qui tire des balles de E99 au ralenti et où on peut changer la trajectoire, ou encore ces portails dimensionnels qui ne sont pas sans rappeler le très bon PREY. Mais trouver des trousses de soins et des seringues pour se remonter la santé fait quand même penser qu'on a fait un pas de recul dans le domaine, on peut dénicher partout dans les niveaux des Technos, des Points d'upgrade et même des bonus qu'on peut alors "acheter". Dans les niveaux, un peu partout se trouvent des sortes de magasins. Grace à eux on peut changer d'armes à volonté (parmi celles débloquées), acheter des munitions mais aussi les upgrader (plus de puissance, chargeurs plus gros...).


D'autres points
Dans les magasins on peut acheter des armes et des upgrades
permettent ensuite d'upgrader ses propres fonctions : par exemple pour qu'un médikit redonne plus de santé ou qu'on mette moins de temps à l'utiliser, ou encore pour que l'utilisation du gantelet consomme moins d'énergie. Tout ça vise à rendre le jeu plus fun et plus varié (même si encore une fois ça lorgne méchamment du côté de Bioshock) mais dommage pour lui, il a bien du mal à y arriver. En effet les fonctions temporelles sont trop scriptées, les énigmes sont prévisibles, le jeu est linéaire au possible... du coup ce qui devait être un vrai plus au gameplay, devient un simple gadget qui varie un peu le jeu entre 2 phases de combats. Plutôt facile, le dernier point du gameplay pose évidemment les bastons contre divers assaillants. Tout d'abord des monstres dopés au E99 et qui encaissent salement bien les balles. Contre eux, on trouvera que le fusil à pompe (sans upgrade) est franchement inefficace. Au contraire, contre les humains il est surpuissant (one shot). Cette efficacité un peu aléatoire aurait gagné à être un peu plus équitable mais une fois l'arsenal dopé, les choses rentrent dans l'ordre. Après comme dans tout FPS, les joutes sont assez classiques. Certaines sont un peu molles, d'autres nous filent un peu le stress mais il n'y aura rien d'épique à ce niveau. Délaissant le trop vieux id Tech 4 de Wolfenstein (faut dire qu'il sévit depuis 2004 et la sortie de DOOM 3), cette fois Raven s'est équipé du Unreal Engine III (encore lui), un moteur performant si on sait le maitriser et qui accuse toujours les mêmes faiblesses de textures tardives. Hormis ça, on notera des modélisations pas mauvaises mais les humains ont des visages figés qui ne retranscrivent pas du tout la peur ou la colère qu'ils voudraient transmettre. Ces "robots de plastiques" manquent donc de naturel lors des cut-scènes. Les monstres par contre sont bien dégueu comme j'aime (ils rappellent les affreux qui sortaient des placards de DOOM 3), ça met l'ambiance. Ensuite, Singularity a le cul entre 2 chaises comme on dit.


J'ai été émerveillé
La réalisation est inconstante. Certains passages sont bof, d'autres sont très beaux
de voir comment la pluie est retranscrite (en particulier l'eau qui ruisselle sur les rebords), les effets temporels sont vraiment superbes (surtout quand on rajeunit ou vieillit un objet, c'est très bien fait) ou encore ce réacteur en fusion, qui ne sera pas sans rappeler la Citadelle de Cité17. Certains décors s'en sortent bien, on peut trouver quelques passages très beaux, mais à côté de ça, certains points font vraiment taches. Par exemple les magnétophones sont affreusement laids et mal faits (alors qu'on les croise tout au long du jeu) et d'une manière globale, certaines textures ne sont pas assez détaillées, ce qui rend l'aspect graphique trop peu travaillé pour un jeu de 2010. Pire, certains détails manquent de crédibilité comme lorsqu'on se met devant un projecteur et que ça n'altère pas le film qu'il passe (et l'ombre alors ?). Par contre, j'ai été surpris qu'en plein jeu on obtienne une synchro labiale très correcte (c'est rare), même avec le doublage français (par contre pour les vidéos, faudra pas y compter, et les fantômes ne se donnent même pas la peine d'ouvrir la bouche, dommage). Mais ne cherchez pas la voix de notre héros du jour : à l'instar d'un certain Gordon Freeman, ce dernier est totalement muet. Un effet de mode je suppose. Globalement on obtient un doublage pas mal du tout et qui réunit quelques artistes de renom comme Julie Dumas (la voix de Michelle Rodriguez) ou encore Patrick Borg (la voix de David Boreanaz). Seul léger couac : certains ennemis parlent en russe, ce qui est très bon pour l'immersion (même si on détecte vite qu'ils débitent toujours les mêmes phrases) mais les autres protagonistes (censé être russe également) n'arborent même pas un léger accent du pays. Le cul entre 2 chaises encore une fois. Si on ne peut pas parler de véritables musiques, l'ambiance est par contre bien mise en avant, avec des compostions qui collent parfaitement au jeu. Enfin, il est dommage que les armes ne soient pas plus expressives. La qualité est là mais ça manque un peu de dynamisme.



C'est fou Note
comme ces derniers temps les Russes sont un sujet d'inspiration : Metro 2033, STALKER, Alerte Rouge, Modern Warfare 2... à croire que les développeurs essaient de nous faire peur avec des fanatiques au service de la Mère Patrie. D'ailleurs Singularity rappelle justement Metro 2033 sous certains aspects, mais pas autant que Bioshock dont il pioche beaucoup d'idées (mais sans en reprendre le génie) ou encore Wolfenstein, dont l'ombre plane continuellement sur le titre. L'aspect graphique, le gameplay, l'ambiance... on sent que les 2 jeux ont été développés en parallèle. Pourtant, Singularity n'est pas un mauvais jeu, bien au contraire. Il a ses qualités, comme les fonctions temporelles ou son ambiance assez sympa, cependant il ne va jamais assez loin dans ses propres concepts et ne prend aucun risque. Résultat, ce gameplay qui mélange plusieurs nouveautés, s'en trouve castré par une utilisation uniquement scriptée. Et c'est bien là tout mon regret. Sans dire qu'on tenait un hit, on aurait facilement fait abstraction de ses défaillances (notamment techniques) si le gameplay était allé jusqu'au bout des choses. Singularity reste donc un titre sympa comme tout, qui propose de passer 7 à 8h en bonne compagnie, mais un titre qui ne restera pas dans les anales. Pour preuve ses ventes sont confidentielles (alors que de nos jours, un titre devient rentable à partir d'1 Million de copies vendues) ce qui a sérieusement remis en question la santé du développeur. Il serait temps que Raven se ressaisisse et nous sortent un bon gros jeu comme à la belle époque car à ce train là, il risque de mettre la clé sous la porte, comme ça a déjà été le cas d'une autre gloire du passé, j'ai nommé GRIN. En attendant, je vous conseille Singularity en occaz' et à pas cher, car en soi ce FPS est divertissant, pas trop mal fait et peut même se vanter de proposer 3 fins différentes. En plus il est fun par moment, notamment grâce à quelques bonnes idées...




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Test réalisé par iiYama

novembre 2010