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On l'aura attendu 10 ans le grand messie, le grand retour de Thunder Force. Et en 10 ans, alors que la PS2 sonne le glas de sa fin de vie (ce Noël 2008 étant normalement son dernier), les consoles ont vu bon nombre de grands shoot naitre ou renaitre. Ainsi on peut citer Silpheed : The Lost Planet, R-TYPE Final ou plus récemment Gradius V. C'est un fait, le shoot-them-up passe désormais par la 3D, une tentative pas très réussie de la part de Techno Soft qui nous avait pondu avec l'épisode 5, un jeu sympa mais graphiquement abominable. Ancien projet DreamCast, console qui (comme on le sait tous) est définitivement morte en 2001, le projet fut abandonné puis repris par SEGA lui-même, afin de le servir sur la console la plus vendue au monde : la PlayStation 2.
S'il est vrai qu'il est assez rare qu'on achète des jeux import, il faut savoir ce 6e opus n'est sorti que sur le territoire japonais, donc on n'a pas eu le choix (et puis comme on dit, quand on aime, on ne compte pas ^_^). Mais jusqu'à la dernière minute le doute nous a saisi : le jeu va t'il être à la hauteur de nos espérances ? Va t'il être beau ? Aura t'il une bande-son d'enfer ? Autant de questions subsistancielles pour le fan et dont on vous livre les détails dans les lignes qui suivent.
Malgré les échecs des Thunder Force V et Gold Pack, Thunder Force VI était initialement développé pour la DreamCast parTechno Soft, et aurait été en production au début de l'année 2000. Hormis une première vidéo de test montrant une séquence d'introduction et plusieurs morceaux de musique, le développement était peu avancé (de là à dire que le développeur pédalait dans la semoule, il n'y a qu'un pas) et il fut définitivement enterré lorsqu'en 2001 Techno Soft a fusionné avec le fabricant japonais de pachinko : Twenty-One Company. Début 2007, SEGA a acquis la licence Thunder Force auprès de Techno Soft et Twenty-One pour relancer le projet. Voilà pourquoi on retrouve Thunder Force III dans la Mega Drive Mini (2019) et Thunder Force IV dans la Mega Drive II Mini (2022), alors que Techno Soft a disparu depuis longtemps.


On fait tout de suite 
Une intro pixellisée, aucune scène entre les niveaux, une fin décevante... la routine quoi :( l'impasse sur un quelconque commentaire à propos du scénario pour se consacrer à tout le reste. Bien évidemment le jeu s'ouvre sur une intro assez sympa, en images de synthèses, mais qui parait techniquement dépassée. Le rendu semble un peu flou, les pixels sont voyants donc même si la scène est assez nerveuse, on reste étonné de voir ça. Je veux dire qu'il est tout de même facile de faire de superbes vidéos sur PS2 étant donné que le format MPEG-2, soit le format DVD, est supporté nativement. D'autant que le disque est loin d'être plein puisqu'il n'accuse que 2 Go et des poussières sur la balance. C'est quand même un peu dommage mais je suppose qu'à l'origine, la vidéo devait tenir sur un GD-Rom de la DreamCast (qui était limité à 1,2 Go), et ça expliquerait cette compression. Cependant, Techno Soft a depuis eu tout le temps de la retravaillée pour sa sortie sur PS2, donc ça reste inexcusable. Entre les niveaux, ne comptez pas non plus avoir droit à quelques scènes : il n'y a rien ! Seul le niveau 5 se targue d'une petite vidéo intermédiaire, mais rien d'exceptionnel. La fin est également assez décevante car elle propose beaucoup de textes (tout en japonais, donc vous ne biterez rien) et peu de scènes vraiment intéressantes. La séquence d'épilogue est pourtant très longue (environ 10 minutes) mais difficile de ne pas en ressortir déçu malgré tout. Au final il est clair que ce n'est pas sur sa narration que le jeu brille le plus.
Reprenant le 
Le gameplay reprend celui de l'épisode 5 mais la durée de vie est un peu courte pour un titre de 2008 gameplay de Thunder Force V, on pilote l'appareil Phoenix, un vaisseau qui dispose de l'exact armement de son prédécesseur. Décevant ? En fait non, pour la simple raison qu'en détruisant les ennemis on libère des orbes et ces orbes viennent gonfler une jauge "d'over heat". Morcelée en 6 parcelles, cette jauge permet de décupler la puissance de l'arme utilisée. Très pratique en cas de coup dur et surtout très impressionnante du point de vue de l'efficacité. On a le choix de sa vitesse de déplacement pour le vaisseau (de toute façon je déteste les items "speed", trouvant le concept arriéré et débile), comme le choix de jouer avec la croix du pad ou le stick analogique. Et étonnamment, le jeu est bien plus jouable à l'analogique qu'au numérique. Comme toujours, on pourra choisir l'ordre des premiers levels et le menu d'options est assez complet. 5 niveaux de difficulté, choix du nombre de vies, sauvegarde et configuration des boutons. Dommage que le sound-test manque à l'appel, même une fois l'aventure finie.
En jeu, les bonus sont rares. Les "claws" (les drônes protecteurs) étant de série, il ne reste plus que quelques vies à choper et le bouclier. Carrément facile en mode "easy", les développeurs ont eu le bon goût d'éviter les prises de tête du précédent volume. Ce n'est pas un mal, après tout si on achète un jeu, on est en droit de le savourer comme bon nous semble. Mais que les puristes se rassurent, s'ils veulent du challenge les niveaux de difficulté élevés leur corseront le travail, à tel point qu'il sera déjà difficile de passer les 3 premiers niveaux. Le jeu compte 6 niveaux et au niveau 5, un classique depuis Thunder Force IV, notre appareil s'upgradera pour devenir le fameux Rynex-R. Plus puissant et plus beau, il nous permet de mettre une grosse branlée à un boss final assez moche (j'ai pas dis mal fait, j'ai dit moche).
Une fois le jeu fini, 
Les nouveautés sont rares et le jeu ne compte que 6 niveaux. Heureusement recommencer apporte quelques bonus des documents se débloquent (les Reports), mais comme tout est en japonais, difficile de savoir ce qui s'y dit. Par contre une fois l'aventure bouclée, il est possible de recommencer en jouant directement avec le Rynex. Le gros avantage c'est que cette fois on joue "à la loyale". On débute avec seulement le tir avant et arrière, les "claws" étant des bonus à attraper et les autres armes aussi. Ça durcit un petit peu le jeu et au moins on fait gaffe de pas perdre ses vies sous peine de perdre l'arme utilisée et ses claws. Petit plus, il sera aussi possible d'avoir le fameux "Blade" de Thunder Force IV. En refinissant le jeu en mode "normal" et avec le Rynex, on débloquera le Syrinx, un 3e appareil encore plus puissant. Petite piqure de rappel pour les fans de la première heure, cet épisode VI est un peu comme un best-of pour la saga avec la reprise de certains boss ou de certains niveaux de ses 4 prédécesseurs.
Par exemple le premier boss est un joli mélange des boss de Thunder Force III et IV (niveau 1), au level 5 on affrontera un vaisseau impérial (TF4) qui a la forme d'un ennemi de Thunder Force II, on se battra contre le premier boss du niveau 10 de Thunder Force IV ou encore, le niveau 4 débute par l'attaque de l'armada, aussi à l'image de Thunder Force IV. Enfin, au level 5 on affrontera les vaisseaux des Thunder Force III, IV et V en tant que boss. Excellent. Ce petit manque d'originalité ne manquera pas de faire vraiment plaisir aux fans. Seul petit défaut : comme beaucoup de shoots contemporains, les niveaux sont assez courts et le boss arrive un peu trop vite (boss qui en plus, n'est pas très endurant). Du coup la durée de vie chute, l'aventure se finissant en moins d'une heure (40 minutes, épilogue compris, si vous savez où frapper !). Heureusement que son taux de rejouabilité est assez bon.
Si l'arme préférée de 
Le jeu oscille entre le bon et le moins bon, dont de gros ralentissements. Mais globalement, c'est joli tous a toujours été le "Hunter", qui est diaboliquement efficace en toutes circonstances, elle est aussi l'arme qui causera le plus de ralentissements. C'est un fait, depuis Thunder Force IV on a l'habitude que le moteur graphique saccade lorsque l'écran est surchargé et notre épisode VI fait aussi bien, si ce n'est malheureusement mieux, que les autres sur le sujet. Ainsi les ralentissements sont légion ! Certes ils nous aident bien par moment, notamment contre les boss mais après tant d'années de développement, je ne pensais pas qu'on nous livrerait un jeu aussi mal optimisé. Entièrement en 3D comme vous vous en doutez, quelques défauts de conception font aussi tâche. Si on peut apprécier le fait que la caméra nous fasse quelques effets d'angles de temps à autre, je regrette par contre que certains décors ou sprites semblent "plats". Pas plus épais qu'une feuille de papier, si en plein jeu on n'y fait pas gaffe (faut dire que ça ne se voit pas), à la fin du level où la caméra aura tendance à surplomber notre vaisseau, on ne verra plus que ça ! On peut citer 2 exemples en la présence des nuages au bord de l'eau du niveau 3 (qui n'est qu'une plaque de carton qui défile) ou encore les armes de notre appareil (si le Phoenix ou le Rynex sont en 3D, les sprites de leurs tirs sont eux, bel et bien plats et donc, en 2D).
En plus, le jeu accuse un gros aliasing et parfois, entre tout ce qui se passe à l'écran, les explosions, les ennemis, les bonus et les orbes... et bien on distingue mal les tirs ennemis. Mais sous mes airs de défaitistes, je suis le premier à reconnaitre que le jeu est beau. OK on est encore loin de la magnificence d'un Gradius V mais dans l'autre sens aussi, on est loin du fiasco graphique de Thunder Force V. Les décors sont pas mal détaillés, les modélisations sont bonnes, la plupart des boss ont un excellent design (ils sont généralement énormes, oscillant entre le bio-organisme et le robot pur souche) et toutes ces explosions nous délivrent un véritable festival de couleurs et de particules. Pour finir, les temps de chargement sont très courts.
Dès l'intro 
Les musiques sont excellentes, c'est coutume sur cette série :) le ton est donné : la bande-son a été très travaillée. Le nombre de pistes est énorme (encore une fois, c'est vraiment dommage qu'on ne dispose pas d'un "sound-test") et on a une belle alternance de sonorités Electro et Rock. Si toutes ne sont pas géniales, la plupart sont mélodieuses, rythmées, parfaitement orchestrées, en bref c'est un régal. Si en plus on prend quelques remixes d'anciens thèmes et qu'une fois le jeu terminé, on obtient de nouvelles pistes, c'est le bonheur. Les bruitages sont dans l'ensemble très corrects même si on ne retrouve pas toute la furie destructrice de Thunder Force IV et les voix sont de qualité. A ce propos, afin d'illustrer au mieux son nouvel ennemi, Techno Soft a créé un nouveau langage parfaitement incompréhensible (puisque sous-titré en japonais), qui nous narre certains passages, notamment la fin.
Thunder Force VI aura mis 11 ans à voir le jour (si on compte à partir de la sortie du 5e épisode) et à la question "est-il un bon jeu ?", je réponds "oui" bien que j'émets quelques réserves. En premier lieu, ce 6e opus arrive trop tard dans la ludothèque de la console (pensez bien qu'à ce moment-là, la Xbox 360 fêtait déjà ses 3 ans !), il n'est sorti qu'au Japon (comme si les occidentaux n'aimaient pas la licence ou le genre, ce qui est stupide comme réflexion), il est beaucoup trop court (environ 30 minutes), il manque de consistance (même si le pseudo "new game +" reste sympa) et certes il fait plaisir aux fans en réinjectant pas mal de boss déjà connus, mais au fond il manque aussi d'originalité (à part son boss final qui pour le coup, est peut-être trop original).
En reprennant le design et les armes de Thunder Force V, on sent que les développeurs n'ont pas beaucoup forcés. Idem pour une narration trop effacée qui aurait justement pu apporter quelque chose à la licence. Le développement (tout comme la licence) furent repris par SEGA dès 2007 : étant donné que la PS2 était largement en fin de vie (bien que sa popularité était encore au top), pourquoi ne pas l'avoir proposer sur d'autres supports ? Avec un petit coup de polish HD, les Stores des PS3 et Xbox 360 l'auraient accueillis à bras ouverts...
En attendant, sa difficulté est équilibrée selon le niveau choisi (en "easy" c'est facile, en "hard" c'est démoniaque), c'est jouable, c'est plutôt joli et surtout, c'est fun. J'ai fini le jeu 2 fois de suite et je me suis éclaté ! Après c'est sûr, on n'est pas en présence du shoot ultime. Aliasé, trop court et avec des ralentissements, on peut facilement être déçu(e). Pourtant, à tous les frustrés d'un Thunder Force V plutôt mitigé, je dis qu'on tient enfin là, le digne successeur du grand Thunder Force IV, qui reste malgré tout le meilleur épisode de la série et même l'un des meilleurs shmups auquel j'ai joué !
Quoi qu'on en dise, ce 6e (et tout dernier) épisode vaut le détour. Avec son côté best-of, son action nerveuse, ses jolis décors et son excellente bande-son, y'a matière à s'amuser, surtout si on est fans de la licence (les autres diront que Gradius V n'a aucun souci à se faire). Malheureusement la suite on la connait : le jeu a reçu un mauvais accueil critique et commercial, ce qui fait que SEGA (nouveau détenteur des droits) a enterré le "Projet STG" et la licence Thunder Force. Ainsi Thunder Force VI restera à jamais le chapitre final d'une saga mythique qui méritait sans doute mieux...
