Thunder Force III (MD)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : décembre 1990
Développeur : Techno Soft
Editeur : Techno Soft
Genre : shoot-them-up

Support : cartouche de 4Mb
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : TF3
Titres alternatifs : Lightning Force / Thunder Force AC / Thunder Spirits
Prix au lancement : 400Frs


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Thunder Force III









Souvenez-vous,
Avec cet épisode, Thunder Force devient un shoot uniquement horizontal... et ce n'est pas un mal
en 1988 Techno Soft a surpris tout le monde avec son Thunder Force II, qui faisait suite à un petit jeu micro au succès modeste. Originellement sorti sur Sharp X68000, c'est bien lors de son adaptation Mega Drive qu'il fit bonne fortune. Il alternait un scrolling horizontal classique, à un scrolling multi-directionnel vu de dessus, déjà plus original. Difficile à l'extrême (c'en devenait même n'importe quoi dès le niveau 3), si les graphismes n'étaient pas sensationnels, on se souviendra surtout d'une bande-son géniale. A peine un an plus tard, voilà que les petits gars de Techno Soft remettent ça ! Pour l'anecdote, il faut savoir que Thunder Force II a accompagné le line-up de la Mega Drive Européenne en novembre 1990, et avec les retards que prennent toujours les portages NTSC (souvent japonais) vers PAL (Euro), de quelques mois à parfois plusieurs années (!), et bien Thunder Force III est sorti à peine quelques semaines à peine après le second opus. Au final, en Europe (notamment en France) Thunder Force II et III ont été mis en rayon plus ou moins au même moment. Les développeurs ayant compris que les phases de profil étaient les plus intéressantes (celles en vue de dessus étant plus fouillis et moins jouables), ils nous livrent une suite sous un point de vue entièrement horizontal. Et le concepteur d'un des shoots les plus innovant de l'époque, n'a pas chômé sa copie. Thunder Force III créa un tel enjouement parmi les fans de shoot-them-up, que le jeu fut très vite adapté à la Super Nintendo sous le nom de Thunder Spirits et sur Arcade sous le nom de Thunder Force AC. Bien sûr il faut penser qu'on est en 1990 (le jeu est sorti en juin au Japon, et n'aura mis que 6 mois à arriver chez nous, un véritable exploit à l'époque) et qu'à cette époque-là, seul R-TYPE II (ARC) monopolisait l'attention des amateurs. Alors pourquoi cet épisode fit-il un tel carton ? Il faut dire qu'à première vue, il n'a rien de plus que les autres : pas d'intro, un gameplay classique… mais c'est à première vue seulement. La recette ? Et bien on prend un concept de base assez simple et légèrement revu, et on le pousse à fond. Classique d'accord (il est de toute façon difficile d'innover avec un shmup') mais l'action y est grisante.


Toujours en surnombre,
Le gameplay est classique certes, mais le jeu est fun et c'est bien ça qu'on demande à un shoot. De plus la difficulté est revenue à des normes plus abordables
les ennemis arrivent sans cesse pour ne laisser aucun moment de répit. 8 niveaux n'attendent que vous, avec à chaque fois un boss de mi-level énorme, mais ce n'est rien en comparaison de celui qui vous attend en bout de parcours. Evidemment on retrouve la panoplie classique des items qui vont bien : bouclier de protection (supporte 3 chocs à votre place), vie supplémentaire et les fameux drones rotatifs (les claws), qui démultiplient votre puissance de feu et vous protègent en "absorbant" certains tirs ennemis. Thunder Force III apporte aussi quelques innovations à commencer par le choix de la vitesse. Sous 4 paliers, on peut enfin choisir entre un vaisseau qui trace à mort ou un contrôle plus précis. Je trouve le concept plus innovant et surtout moins pénible que celui d'un R-TYPE ou d'un Gradius où il faut récupérer un item pour avoir une vitesse de déplacement décente (en plus j'ai toujours trouvé ça débile et le pire, c'est que ça sévit encore de nos jours). Avec ça notre appareil, seul contre tous, dernier espoir de l'humanité, blablabla… (ça va, on connait la chanson) possède sa propre panoplie d'armes. Il faut bien sûr récupérer l'item adéquat en plein jeu (parfois en prenant des risques), pour obtenir une puissance de feu accrue. Seules les 2 premières armes de bases sont upgradables (d'un blaster on passe à un puissant laser) sinon on obtient des missiles air-sol, le "wave" de flammes et notre préféré d'entre tous, le "hunter" (à têtes-chercheuses, avec lui on est plus sûr de s'en sortir). Petit bonus sympa, un menu d'options caché (pressez A+Start à l'écran titre, comme ça tout le monde est au courant) permet de configurer ses touches, d'accéder à un très sympathique sound-test (quand on connait la puissance des musiques du jeu, croyez-moi ça sert) et de régler la difficulté (entre "normal" et "hard"). Il est vrai que ça manque d'un mode "easy" mais globalement le jeu n'est pas trop difficile. En fait avec les bonnes armes (hunter ?) et en connaissant un peu le jeu, on arrive à le finir sans trop de problème. Ça aussi, c'est radicalement différent de Thunder Force II. Si on n'a pas d'intro (avec une maigrelette cartouche de 4Mb on peut le comprendre), on a quand même une sympathique fin, où on découvre Jean et Shely, les 2 pilotes du vaisseau prodige (eh bé oui prodige, car aller affronter seul toute une armada alien, quand la flotte humaine attend tranquillement dans son coin, moi je dis prodige… ou bonne poire, ça marche aussi).


La jouabilité,
La réalisation a été revue à la hausse et les effets graphiques sont impressionnants !
le gameplay, le fun qui émane du titre, tout ça c'est bien beau mais ça serait un peu insuffisant sans une réalisation qui dépote un max (car dans les années '90, les shoots étaient parmi les plus beaux jeux sur consoles). Et sur ce plan-là aussi, Thunder Force III est assez exceptionnel car en 1990, à quelques exceptions près (comme Castle of Illusion et Revenge of Shinobi), presque 100% des jeux Mega Drive étaient moches ! Je l'ai toujours dit et le répèterai sans cesse, dans la vie de la Mega Drive il y a vraiment eu l'avant et l'après Sonic en termes de graphismes. Pourtant, certains jeux nous prouvaient déjà que la 16-bits de SEGA en avait dans le CPU. Tout d'abord, nous sommes en présence d'un jeu très bien programmé. Certes il subsiste encore quelques bugs, mais c'est un peu le genre qui veut ça et on n'aura pas droit à d'immondes clignotements ou de gros ralentissements, les bugs se faisant malgré tout très discrets. Au contraire, on a des niveaux assez vastes, avec en plus en un scrolling multi-directionnel, permettant d'avoir (selon le level) 2 écrans de hauteur. C'était très rare à l'époque et ça nous changeait des scrollings éternellement cloisonnés. En termes de graphismes, la Mega Drive annonçait la couleur : c'est très beau ! Quand on sort d'un jeu moche comme Golden Axe ou Space Harrier II, et qu'on se lance dans celui-ci, on comprenait vite où était la différence. C'est encore plus valable avec les jeux 8-bits, notamment avec une NES qui dominait "encore" le marché. Et en plus de nous offrir des niveaux hyper détaillés (voire même surchargés par endroit), le jeu se plait à nous afficher des effets graphiques exceptionnels : des parallaxes en pagaille (quasiment dans tous les niveaux), des rotations, des zooms et un scrolling hyper fluide, qui permet quelques prises de vitesse fortes en sensations. Je citerai également un level (cavernes) où tout le décor au premier plan se met à bouger (et si vous ne faites pas gaffe, vos vies s'envolent rapidement) ou encore des distorsions impressionnantes ! Par exemple, dans le level 2 (celui avec la lave) tout le décor de fond est animé d'une déformation hyper fluide.


En plus d'en
La bande-son est absolument géniale ! Montez le son, vous allez vous éclater :)
mettre plein les mirettes, il faut se dire que la Mega Drive n'est pas équipée d'un processeur à effets type mode7, ce qui rend la programmation que plus admirable, l'effet que plus impressionnant et fait par la même la nique aux futurs SuperNintendoiens (la console 16-bits de Nintendo sortira au Japon quelques mois plus tard). Pour finir d'enfoncer le clou, si certains levels sont très sombres et pas vraiment beaux (comme celui de la caverne ou le tout premier, une espèce de jungle très terne) il est difficile de trouver à redire sur un jeu globalement coloré où la maigre palette du support a été bien exploitée. Techno Soft est un petit studio de développement japonais, qui a de très grands musiciens (enfin, "un" grand musicien). On l'a bien vu dans Thunder Force II où certaines musiques nous ont totalement conquis, mais avec Thunder Force III, ils font encore mieux et prouvent une fois de plus que le petit DSP son de la Mega Drive est capable d'en faire beaucoup. Hyper mélodieuses, très rythmées et d'une qualité encore jamais vue sur le support, les musiques soutiennent de façon admirable une action débridée. Seules les musiques des boss sont moins bonnes, mais c'est uniquement parce qu'elles cherchent à rendre le combat que plus nerveux et stressant. Une fois de plus composé par Ohtama Tohomi, allié cette fois à une programmation sans faille du chip sonore (le petit Z80 ne sature pas et la musique ne se coupe plus au profit des bruitages), le son est l'un des points forts du jeu, l'une des raisons de son achat, l'une des raisons qu'on trouve ce shoot si bon ! A côté de ça, c'est sûr, les bruitages font un peu pâle-figure. Les explosions sont timides, les tirs sont souvent "bruyants" mais qu'à cela ne tienne, les musiques sont si géniales qu'on passe facilement outre ce détail. Sur les 22 pistes proposées, vous ne serez que très difficilement déçu(e), d'autant que la qualité est vraiment au rendez-vous, tant au niveau de l'instrumentation que de la qualité des compositions (la musique de fin par exemple, est superbe).




Je dois Note
avouer qu'après plus de 10 ans, j'adore toujours ce jeu (dont la version Euro est presque introuvable, tout le monde a la version Genesis, moi le premier). Shoot hyper nerveux, démo technique de la puissance de son support, des musiques digne de sortir sur CD (d'ailleurs l'OST existe mais il est très rare), Thunder Force III posera les bases de pas mal de shoots qui suivront (notamment sur Super Nintendo). Moins difficile que Thunder Force II, qui était une horreur à ce niveau-là (ici, si on s'accroche on peut le finir sans trop de problème), doté d'un moteur graphique à toute épreuve (effets, scrolling véloce, très rares bugs) et d'un fun explosif, Thunder Force III est sans doute l'un des meilleurs shoots 16-bits de ce début 90. Un must-have du genre (jusqu'à la sortie de l'épisode IV bien entendu :), et encore aujourd'hui l'une des références de la console.




La fin (spoil) : cliquez pour ouvrir


Test réalisé par iiYama

juillet 2006 (mise à jour : juillet 2010)