|
|
J'en profite pour en parler ici car je n'aurai plus l'occasion de le faire (puisque je n'ai ni le matos, ni le jeu, ni l'envie de tester un titre pareil), mais le tout premier Thunder Force est né au Japon en 1983. Mais ce n'est pas le premier jeu de Techno Soft. A ce propos, Techno Soft s'écrit bien en 2 mots, car c'est ainsi qu'il est inscrit sur les écrans titres des Thunder Force II et III. Dans Thunder Force IV, le nom est écrit d'un tenant (Technosoft), il arrive même qu'on le voit écrit avec une majuscule (TechnoSoft). Du côté des boites de jeux, sur le Thunder Force IV japonais c'est écrit en 2 mots, alors que sur la boite française, il est en un seul. Idem pour les boites de Thunder Force III : en 2 mots au Japon mais un seul pour la version Genesis. Idem pour la version japonaise de Thunder Force II, où c'est écrit en 2 mots. Bref, je crois bien que même le studio n'était pas sûr de la typographie finale... De mon côté je vais continuer à l'écrire en 2 mots, et ce sera plus simple comme ça. Quant à Techno Soft, c'est un studio japonais né février 1980. A l'origine, le nom du studio était Tecno Soft (sans le "H").


Maintenant que 
L'alternance de vue est originale mais la difficulté est vraiment hardcore :( nous avons évoqué le passif du studio et que nous avons survolé les jeux de la licence, concentrons-nous sur Thunder Force II, le premier véritable épisode à avoir connu le succès, notamment parce qu'il est sorti sur une console populaire, mais aussi parce qu'il est sorti sur tous les territoires. Nous l'avons vu, la licence Thunder Force est née en 1983 sur divers micro de l'époque. Ceci dit, elle a eu un joli succès à tel point qu'en 1985 est sorti Thunder Force Construction, où, sur le base du jeu originel, on pouvait créer ses propres maps. Thunder Force est un shoot très classique, avec un scrolling vertical (comme Raiden), des graphismes antédiluviens, un gameplay assez banal... bref un shoot de plus.
Mais Techno Soft (qui n'a pas fait que du Thunder Force contrairement aux idées reçues) n'a pas laché la licence et revient avec Thunder Force II en 1988, sorti sur Sharp X68000, un puissant PC 16-bits japonais de l'époque. En octobre 1988, SEGA sort au Japon sa Mega Drive, avec un Hardware issu de son fameux System16 (un hardware Arcade). Usant des mêmes composants que le X68000 (dont notamment le fameux CPU 68000 de Motorola), Techno Soft décide d'adapter le jeu à la console la plus puissante du moment (à ce propos, au Japon on l'appelle Thunder Force II MD, preuve d'un portage nominatif). Et c'est bien là que la licence phare du shoot et de la Mega Drive, va prendre son envol. La grande originalité de Thunder Force II, c'est qu'il alterne les vues de dessus (comme le premier Thunder Force) à des vues de profil.
En vue de dessus (autrement appelée "top view"), ce n'est un pur shoot vertical car la direction du scrolling n'est pas imposée, elle suit la croix directionnelle. Originalité de taille puisqu'un sentiment de liberté s'offre alors. D'ailleurs suivant cette sensation d'ouverture, le level n'est pas cloisonné mais tourne en rond (comme si on volait au dessus d'une énorme boule). Le changement d'orientation est instantané, ce qui est un peu déroutant de prime abord mais on s'y fait vite, d'autant que c'est ce côté "nerveux" du scrolling qui rend l'action si impulsive. Armé de tirs longue portée pour détruire les ennemis aériens et de tirs courte portée pour les cibles au sol, votre mission est d'atomiser les bases de la zone.

Les phases 
Les graphismes ne sont vraiment pas terribles et ne tirent pas parti des performances de la Mega Drive en "top view" sont extrêmement difficiles, elles vous feront vous arracher les cheveux de la tête et perdre tous vos continues. Malgré tout elles restent intéressantes, notamment à cette époque où la concurrence était assez restreinte sur le support avec en plus un manque d'innovations dans un genre qui s'enlise déjà un peu. On possède 2 armes de base (tir de face et tir arrière), auxquelles s'ajoutent les 5 autres trouvées en chemin, histoire de mieux se défendre dans cette jungle agressive. On trouve déjà les fameux drones rotatifs (les "claws" qui nous protègent et augmentent la puissance de tir) et on peut aussi trouver un bouclier de protection. Véritablement impressionnant et novateur pour l'époque, l'armement est en plus varié. Pour être honnête, la difficulté est telle que vous n'arriverez probablement jamais à finir le jeu sans tricher. Seul un Action Replay ou un Game Genie vous permettront d'avancer, en activant par exemple un "god mode" ou des vies infinies.
Graphiquement, ces "top view" ne sont pas bien belles. Relativement pauvre en couleurs, très redondantes, seuls les détails (assez nombreux) sauvent le tout. De plus, la comparaison avec la version X68000 n'est pas flatteuse. Sur la machine de Sharp, les sprites sont plus gros et les décors sont largement plus détaillés (notamment sur les étendues d'eau). Malgré tout, la récente console de SEGA (qui est loin d'être pleinement exploitée) ne s'en sort pas si mal, avec notamment un réel effort de diversité sur la fin du jeu, qui permet d'avoir (enfin) des décors un peu plus détaillés et agréables à l'oeil. Cependant il n'y a rien d'exceptionnel et on notera également l'absence totale d'effets graphiques. Au final seule la volicité du scrolling peut trouver grâce à vos yeux.
En vue de profil (aussi appelée "side view"), on change complètement de registre. Ces phases sont plus intéressantes, en premier lieu parce qu'elles sont moins difficiles. Et puis, bien que plus classiques, elles sont aussi techniquement plus abouties. Piochant dans les grands titres du genre comme R-TYPE, Thunder Force II propose un shoot horizontal assez nerveux, bien que graphiquement pauvre. Car en vue de dessus comme de profil, il est vrai que ce ne sont pas les graphismes qui frapperont le joueur, bien au contraire. La jouabilité est très efficace (bien que la vitesse du vaisseau ne soit pas réglable, ça reste parfaitement jouable) et l'action est ultra soutenue.

A disposition, 
La bande-son est une vraie réussite ! nous avons 5 nouvelles armes (véritablement impressionnantes pour l'époque et différentes de celles en vue de dessus), le même bouclier de protection (qui encaisse 3 chocs à notre place) et toujours nos drones rotatifs (les claws) qui seront d'une aide précieuse. Et on en aura bien besoin, parce que les ennemis seront de plus en plus agressifs et les boss imposent une taille plus qu'honorable.
Sur la question technique, ici non plus la Mega Drive ne rayonne pas d'une réalisation chatoyante. Encore une fois moins détaillés que sur X68000, les décors sont un peu fades et surtout très vides. Et ici non plus, il ne faut pas chercher un quelconque effet graphique pour egayer le tout (il faut dire qu'on parle d'une adaptation initialement sortie en juin 1989 au Japon... ça peut se comprendre). Par contre dans les 2 cas (side view et top view), l'animation est vraiment impeccable. Les bugs sont rares et le moteur graphique encaisse un joli nombre d'ennemis sans broncher. Comme quoi déjà là, Techno Soft brille par une programmation ciselée d'une console souvent mal jugée. Et cette expertise ne cessera de nous surprendre au fil de leurs productions futures...
Côté son, si les bruitages paraissent très "plastiques", les musiques, dans un style Electro très mélodieux, sont vraiment magnifiques ! Composé par Tomomi Otani (dont le nom est parfois mal orthographié comme Tomomi Ohtani ou Tomomi Ootani), qui s'illustrera également sur Thunder Force III et V, l'OST a vraiment de quoi surprendre. Véritable artiste aux sonorités électroniques encore jamais entendues à cette époque, les compositions apportent une ambiance toute particulière. Il est d'ailleurs dommage que ces musiques ne soient pas accompagnées de bruitages plus explosifs et d'une programmation du chip sonore digne de ce nom. Car les FX sont un peu en sourdine et ont tendance à saturer le CPU qui coupe alors des bouts de musiques. Ça gâche un peu le plaisir. Malgré ces défauts, on accroche car certaines pistes sont vraiment exceptionnelles !
|
Ayant
Note
d'abord vu le jour sur Sharp X68000 (un micro-ordinateur japonais 16-bits, inconnu chez nous) en novembre 1988, Thunder Force II fut ensuite adapté sur Mega Drive et il a mis 2 ans pour arriver sur la console européenne de SEGA. Il accompagna d'ailleurs son lancement sur le territoire PAL, faisant même parti des meilleurs titres de son misérable line-up (heureusement pour elle, la console s'est vite dotée en bons jeux). Et facétie du calendrier, étant donné qu'à l'époque les jeux mettaient plusieurs mois à arriver chez nous, l'excellent Thunder Force III s'est retrouvé en rayons quelques jours plus tard. Car vous n'êtes pas sans avoir qu'en Europe, allez savoir pourquoi, Thunder Force III fut livré dans sa version Genesis et le jeu étant sorti en novembre 1990 aux Etats-Unis, il a ainsi côtoyer le lancement de la console sur notre sol, lui même accompagné de ce brave Thunder Force II. Ce second épisode (justement) propose une originalité qui ne sera que rarement reprise dans les shoots de ces années-là, à savoir de proposer une alternance de phases en vue de dessus, puis en vue de profil. Proposant 5 armes différentes pour chacune, ainsi qu'une très bonne bande-son, à la fois rythmée et mélodieuse, Thunder Force II part avec un bon capital sympathie. Malheureusement pour lui, la pauvreté de ses graphismes et surtout une difficulté écrasante, ne lui rendront pas hommage. Car à moins d'être un cyborg ou d'utiliser de quoi tricher (Game Genie, Action Replay...), vous ne verrez sûrement jamais la sympathique fin du jeu. De plus, cette version tient difficilement la comparaison avec l'original, où par exemple la console de SEGA a massacré les voix digitales. Certes la 16-bis de SEGA est moins puissante que le X68000, mais déjà à l'époque, Thunder Force II n'avait (techniquement parlant) rien d'exceptionnel. Cependant on pardonnera à Techno Soft car premièrement la programmation est impeccable, ensuite il est étonnant d'entendre à quel point les musiques sont superbes. Et je ne parle pas uniquement de la qualité des compositions, le rendu est tout simplement remarquable ! Car souvenez-vous, les premiers jeux Mega Drive sont une véritable catastrophe technique, surtout au niveau du son. En somme, on tient là les meilleures et les plus belles musiques de son début de carrière, ni plus, ni moins. En conclusion, si aujourd'hui les graphismes paraissent encore plus vides et moches, Thunder Force II n'en reste pas moins un shoot d'anthologie, à la bande-son qui fait encore date (certaines musiques sont vraiment hypnotiques). Il est la parfaite prémice de ses fabuleuses suites, l'épisode intermédiaire qui marie l'ancien gameplay en "top-view", à ses séquelles uniquement en "side-view". |
