Alien vs Predator (Jaguar) -- TEST sur GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :




Sorties du jeu : septembre 1994 en Europe - octobre 1994 aux Etats-Unis - décembre 1994 au Japon

Développeur : Rebellion Developments
Editeur : Atari Corporation
Genre : FPS (doom-like)

Support : cartouche de 32 Mb
Version testée : américaine
Voix dans le jeu : anglaises
Textes à l'écran : anglais

Difficulté :
Temps de jeu : environ 12 heures (4 heures par campagne)
Multi-joueurs : non
Abréviation : AvP



Les sites partenaires :
















Alien vs Predator








Pour mon premier
L'une des grandes forces du titre, c'est de proposer 3 campagnes : Humain, Alien et Predator. Et niveau difficulté, il va falloir s'accrocher !
test Jaguar, je me devais de passer au crible son plus grand jeu, à savoir Alien vs Predator (AvP pour les intimes). Faisant immanquablement penser à d'autres titres de la licence, il nous vient de suite en tête le grand Alien Trilogy sur PlayStation ou encore AvP sur PC. Et pourtant, tous 2 sortiront bien plus tard (respectivement 2 et 3 ans après), Alien vs Predator sur Jaguar étant alors la version qui posa les bases de la licence sur le genre FPS. Notez d'ailleurs que le studio responsable de ce titre n'est autre Rebellion, qui développera justement le premier AvP sur PC (sorti en 1999) mais aussi le Aliens vs Predator de 2010. Ainsi, chaque nouveauté (qui sera ensuite répercutée dans les autres versions, comme le fait d'avoir 3 campagnes) a été développé avec ce tout premier épisode en vue subjective.
Notez également que l'affrontement des 2 monstres sacrés du cinéma est né dans un Comics qui a vu le jour en 1989 et le film Predator 2 (sorti au ciné en 1990), en fera un caméo (avec les cranes Aliens dans le vaisseau Predator). Sachez aussi que Capcom a devancé Rebellion d'à peine quelques mois puisqu'en mars 1994 sortait sur Arcade un AvP qui prenait la forme d'un beat-them-all, genre qui avait encore beaucoup de succès à l'époque et dont Capcom était l'un des grands embassadeurs.
Quoiqu'il en soit, nous sommes à la fin de l'année 1994, les Mega Drive et Super Nintendo sont en fin de vie, les Saturn et PlayStation sortent à peine au Japon et la Atari Jaguar, pionnière des consoles de 5e Génération (avec la 3DO et l'Amiga CD32) a bien du mal à faire son nid. Cependant, de par sa richesse, sa réalisation et sa complexité, Alien vs Predator est sans doute l'une des plus grandes réussites du support. Première nouveauté, nous avons le choix de prendre l'un des 3 protagonistes de cet univers : le Marines (bien armé et pouvant se régénérer grâce aux bornes de santé et aux medikit), le Predator (puissant et résistant) ou l'Alien (très rapide). Quant au scénario, il se résume en quelques mots : le Marines doit détruire le complexe afin d'éradiquer la vermine qui infeste la base, le Predator veut se faire un trophée avec le crâne de la reine Alien et l'Alien justement, a pour but de protéger la reine....
Le scénario est donc très léger, idem pour une mise en scène quasi inexistante. Une petite intro à base d'images fixes tente de mettre l'ambiance, on trouvera quelques journaux de bord dans les ordinateurs de la base en jouant le Marines et c'est tout ! La fin est du même accabit mais je tiens à vous prévenir : si chaque campagne dure environ 4 heures (pour une confortable durée de vie aviosinnant les 12 heures) sachez que la difficulté est extrêmement élevée !



       

Jouer les 3 races ennemies au sein de 3 campagnes distinctes, est
une superbe idée qui sera reprise par tous les opus suivants


En jouant
Bien avant la version PC (elle aussi développée par Rebellion), AvP faisait déjà son show sur console
l'Alien ou le Predator on arrive à s'en sortir mais le Marines (qui reste le scénario le plus intéressant) sera prit entre 2 feux et il en prendra plein la gueule ! Il est d'ailleurs illogique de voir des Aliens et des Predators dans la même pièce, tous deux légués pour nous tuer. Mais ce qui usera le plus votre patience, c'est le level design, la construction des niveaux. Une fois les cartes d'accès acquises, on peut se promener où on veut dans la base (il y a aussi l'antre Alien et le vaisseau Predator), chaque palier étant gigantesque. Pour fouiller chaque recoin il faut être méticuleux et avancer prudemment car le dédale est immense, tout se ressemble et donc on se retrouve vite perdu dans ce labyrinthe, d'autant qu'on a aucun repère. Une sacrée galère par moment...
Parfois lorsqu'on arrive dans une nouvelle pièce ou qu'on retourne sur nos pas, c'est pas moins de 10 Aliens qui nous assaillent en même temps et on se fera crever en moins de temps qu'il en faut pour le dire. Tout est pareil dans ces longs couloirs aux milles pièces identiques mais il faudra tout fouiller afin de trouver les armes salvatrices à notre salut ainsi que les 9 cartes d'accès (celle pour la destruction du complexe étant bien sûr de niveau 10 et qu'on obtiendra qu'à la fin). Mais là où ça se corse méchamment, c'est que dans l'antre Alien, le vaisseau Predator ou les conduits de ventilation (ce dernier passage étant trop long à mon goût), car on n'aura plus les portes qui restent ouvertes sur notre passage comme dans la base et du coup, c'est une vraie galère pour se repérer. Pour nous aider dans cette lourde tâche, on a tout de même une carte dynamique qui s'affiche en pressant 8 (je crois) et qui à la manière de DOOM, nous permet de nous déplacer en même temps.
Sur la question de la dotation, l'Alien possède ses coups persos (coup de langue, coup de queue et coup de griffe), le Predator possède ses propres armes (laser, griffes, disque et lance) et le Marines a pour lui les armes conventionnelles propres aux films : fusil à pompe, fusil d'assaut, lance-flammes et Smart-Gun. Pour les bestioles c'est classique (avec l'Alien on est obligé de faire du corps à corps) mais je regrette que le Marines se tape un fusil à pompe si peu puissant. 3 coups pour tuer un simple Alien, 2 pour faire exploser un petit bidon d'essence... c'est trop ! Avec le surnombre d'ennemis auquel il faut parfois faire face, ça devient vite ingérable. Heureusement que les autres armes assurent un peu plus...


Se jouant
Reprenant la technique d'affichage de DOOM (décors 3D, sprites 2D), AvP est l'un des plus beaux jeux de la Jaguar
comme un Doom-like classique (un bouton de tir, un pour ouvrir les portes et un dernier pour le strafe), on ne gère pas l'angle de caméra, notre personnage ayant toujours la tête droite. Le HUD (l'interface) possède sa petite originalité puisqu'on peut régler sa densité lumineuse, jusqu'à même le faire disparaître. Une bonne idée d'autant que ce HUD est plutôt envahissant. Autre idée géniale, cette fois reprise du monde PC, le jeu propose 3 quicksaves. N'importe où dans le niveau, on peut sauvegarder sa position et c'est sans doute cette petite option qui vous permettra de persévérer malgré la difficulté.
Reprenant tout l'univers des 2 licences, on visitera tout ce qui en fait le charme : la cantine, l'armurerie, le centre médical, le dépôt et on croisera tout le bestiaire connu (face-huggers, oeufs et reine Alien comme boss final), les 2 races restantes s'acharnant à affronter celle dont vous avez les commandes. Les cadavres jonchent le sol (ils ont en général quelque chose sur eux qu'il faut récupérer) et comme dans le film, si on explose un Alien, il se répand dans une flaque d'acide qu'il est judicieux de contourner sous peine d'en souffrir.
Techniquement enfin, nous sommes en présence d'un jeu propre bien très classique pour le genre. Le moteur gère de la 3D mappée pour les décors, et de classiques sprites 2D pour le reste. Ainsi, tous les ennemis sont animés à l'arrache dans une totale absence de fluidité. Heureusement, les textures des décors ainsi qu'un scrolling assez fluide, nous feront oublier ça. J'ai d'ailleurs trouvé rigolo que le jeu charge ses données (rappellez-vous que les cartouches Jaguar sont compressées) puisqu'on aura quelques pauses loadings habillement maquillées (montée d'un ascenseur, pressurisation d'une pièce). La jouabilité est plutôt souple, surtout pour un jeu de ce type, avec pour seul défaut un "strafe" qui s'active en maintenant C et en pressant une direction (c'est peu pratique).
Le son par contre est de mauvaise facture. Les armes retentissent peu (notamment le fusil à pompe qui n'a aucun punch) et les bruitages ne sont pas repris des films Aliens. Pourquoi ? Pire, il n'y a aucune musique pour nous accompagner (juste une lors de l'intro). Malgré son support, une cartouche n'a jamais empêché d'avoir de superbes musiques, il n'y a qu'à voir les jeux 16-bits. A la place, on aura un fond sonore retranscrivant le bruit sourd d'un vaisseau spatial, un son étouffé qui finira par taper sur le système. Vraiment dommage...



Alien vs Predator Note


est le premier jet d'une licence qui va s'enrichir avec le temps, et qui posa déjà à l'époque, les bases des FPS estampillés AvP comme le triple scénarios/personnages. Si on ne peut rien dire sur un rendu graphique tout à fait dans son temps avec ses sprites en 2D tout pourris et sa jolie 3D, je serai par contre moins indulgent sur un level design trop complexe et une bande-son simplement bâclée où les développeurs n'ont même pas pris la peine de composer des musiques. Dans ces levels labyrinthiques et usants, on affronte trop d'Aliens d'un coup et plus rien pendant de longues minutes. Le gameplay est assez basique (il incorpore tout de même les visions alternatives des Alien et Predator) avec notamment un personnage trop lent à se retourner. Tout ceci fait d'Alien vs Predator un jeu extrêmement difficile mais qui profite tout de même d'une très bonne durée de vie (environ 12 heures). Malgré tout, rares sont les bons jeux sur Jaguar et il serait dommage de ne pas profiter d'un des meilleurs Doom-like de la console, d'autant que cet épisode-là est exclusif à la console d'Atari...



Les -

  • Level design tortueux et labyrinthique : on s'y perd et c'est très chiant
  • Course contre la montre finale vite infernale !
  • Narration bien trop minimaliste
  • Aucune musique dans les niveaux
  • Des bruitages trop mollassons
  • Vraiment trop difficile


  • Les +

  • 3 campagnes pour 3 personnages jouables diamétralement opposés
  • C'est techniquement l'un des jeux les plus réussis de la Jaguar
  • Une bonne ambiance grâce aux univers d'Alien et de Predator
  • Un moteur graphique plutôt fluide et rapide
  • La Quick Save rend bien service
  • Une bonne durée de vie



  • Test réalisé par iiYama

    juillet 2008 (mise à jour : novembre 2024)