Aliens vs Predator (X360)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 2010
Développeur : Rebellion
Editeur : SEGA
Genre : FPS horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 1Mo (saves)
Moteur graphique : Asura Engine
Définitions HD : 720p - 1080p
Difficulté :
Multi-joueurs : online

Abréviation : AvP
Titres alternatifs : AvP 3 - Aliens vs Predator 3
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 2.5 Millions (tous supports)


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Aliens vs Predator








En 1999, Rebellion nous sortait Aliens versus Predator. Celui qu'on appelle aujourd'hui AvP Classic 2000 (en 2000 est sorti une version Gold qui corrigeait la plupart des bugs et réglait les problèmes de compatibilités) et qui ne coute actuellement qu'une poignée d'€uros sur Steam, est très différent ce qu'on connaissait déjà. Loin de la version Arcade, plus proche de la version Jaguar, ce fut un réel succès pour le studio Anglais. En 2001, c'est le talentueux Monolith (à qui on doit notamment F.E.A.R et No One Lives Forever 2) qui a repris la licence pour nous sortir l'excellent AvP 2, qui reste encore pour beaucoup, l'un des meilleurs FPS horror du PC. Et si on met de côté un décevant Primal Hunt (un add-on sorti en 2002), depuis 8/9 ans la licence est en sommeil. De son côté, le cinéma s'est emparé du phénomène et en 2003 Hollywood nous a sorti sa version d'Aliens vs Predator. C'est la première fois que les 2 monstres sacrés se rencontrent sur grand écran, et si on ne peut pas parler de grand scénario, au moins le spectacle était là. En 2007, Hollywood remet ça, dans une vision un peu apocalyptique de la chose. Prenant place quelques heures après le premier film, on y voit pour la première fois le fameux Predalien, mélange improbable de 2 races en guerre depuis des millénaires. C'est sans doute suite au succès du film, que Rebellion a décidé de nous développer un nouvel AvP. Il faut dire que si le studio garde une certaine aura, grâce à des jeux comme AvP Gold dont on parlait à l'instant, ou Gunlok et Rogue Troopers, Rebellion a plutôt tendance à développer des petits jeux voire des daubes. Donc à l'annonce d'un nouveau Aliens vs Predator, on s'est tous dit que Monolith allait faire un carton or ce n'est pas eux qui furent aux commandes (étant donné qu'ils ne développent même pas leur propre F.E.A.R 3… on se demande bien ce qu'ils foutent en ce moment ceux-là aussi). C'est donc le développeur originel qui reprend les rênes de la licence, dans ce que tous annoncent comme une daube. Grand fan d'Aliens, de Predator et d'AvP (films comme jeux), c'est donc avec curiosité que j'ai entamé ce test et vous savez quoi ? Et bien c'est loin d'être aussi mauvais que ce qu'on prétend...


Développement scénaristique

Dans la vie y'a toujours un con
Comme d'habitude, Weyland va faire une grosse connerie... Le scénario et la mise en scène restent légers
pour réveiller ce qui dort depuis longtemps. Le genre de personnes pas bien fines qui croient qu'un ours en hibernation va se réveiller de bonne humeur si tu lui balades un sandwich sous la truffe en plein mois de février. C'est évidemment le cas de cet idiot de Weyland, qui va s'attirer les foudres des 2 parties. Sur la colonie Freya Prospect, où d'anciens temples sont découverts, la compagnie Weyland-Yutani va construire des installations ayant pour double but l'étude des ruines Predator ainsi que l'élevage des Xenomorphes (l'autre nom des aliens). C'est lors de l'ouverture de la pyramide que les Predators sont alertés et c'est ce qui provoquera une panne de courant permettant l'évasion des Aliens… Plutôt sympa, le scénario de Rebellion rejoint les 2 écoles : le jeu vidéo et le cinéma. En effet le développeur a récupéré tout ce qui faisait le charme des films Aliens, Predator et AvP (la pyramide, les colonies spatiales, les ruines, les labos de recherche…) et des jeux vidéos, notamment le fait qu'on est 3 personnages à jouer (Marines, Alien et Predator), dans 3 scénarios imbriqués. Pour bien tout comprendre, il faut évidemment jouer aux 3 chapitres, ce qui permettra de mieux saisir les tenants et aboutissants de l'ensemble. Exemple, en jouant le Marines on ne comprend pas pourquoi les Predators s'attaquent au vaisseau de l'USC, ce qu'on comprendra forcément mieux en jouant les-dites "gueules de porte-bonheur". Dans tous les cas le jeu s'ouvre sur un prologue, une vidéo en images de synthèses, où on verra Weyland ouvrir ce qui devait rester fermé. Je regrette par contre que le vrai début de scénario dont j'ai évoqué les grandes lignes, ne soit justement pas explicité dans cette vidéo. Ça aurait rendu la trame plus claire. Le grand bienfaiteur de l'humanité, qui cherche à terraformer le plus de planètes possibles dans l'univers, n'aura que vaguement la tête de Lance "Bishop" Henriksen. Sans ça, il fait son boulot (arrogant, peu craintif des dangers et donc inconscient) même si le jeu s'inscrit en marge des films. En fait ce AvP 2010 reprend les univers et les ambiances de tout ce qu'on connait déjà, sans suivre le moindre scénario connu. Après cette première vidéo (commune aux 3 campagnes), on aura droit à des cut-scènes gérées en temps réel, des cinématiques pas trop mal faites pour la plupart. J'ai d'ailleurs apprécié que pour les 3 races on ait de véritables épilogues, et non des scènes de 8 secondes torchées à la va vite, comme c'est trop souvent le cas de nos jours. Maintenant il est clair que le scénario global est sacrément léger, tout du moins autant qu'en 2000 et 2001. Ça peut en décevoir certains mais lorsqu'on paye pour du AvP, il ne faut pas s'attendre à du Metal Gear Solid. Ainsi, même si le tout garde une certaine cohérence, le fond reste quand même assez faible...


Jouabilité & Gameplay

Je fais volontairement
3 scénarios pour 3 points de vue, c'est la force de la licence AvP
abstraction des modes multi-joueurs en ligne, somme toute classiques (à part peut-être pour un mode survie où 4 marines doivent survivre face à une horde d'Aliens) pour ne parler que du solo. Aliens vs Predator c'est avant tout un FPS ayant une formule attrayante. Gravitant autour de 3 races, les Humains, les Predators et les Aliens, comme d'habitude le jeu en profite pour nous offrir 3 gameplays très différents pour 3 scénarios intimement liés. Comme presque tout le monde, j'ai toujours plaisir à commencer un AvP avec le Marines. Surnommé "le bleu" (les développeurs adorent nous faire jouer de fraiches recrues), le gameplay du Marines est simple, très simple, si simple que certains le désignent comme archaïque. C'est pas tout à fait faux, il est vrai que le gameplay de ce personnage semble aussi vieux que celui du premier épisode (en y repensant, c'est même tout à fait ça). Qu'à cela ne tienne, je préfère ça plutôt qu'un gameplay super complexe où on s'emmêle les pinceaux (là au moins, on est de suite dans le truc). Reprenant tous les codes qui régissent la licence depuis plus d'une décennie, on retrouve naturellement tout l'attrait de cette campagne. On commence en bas de l'échelle avec un simple flingue, puis on aura le fameux fusil d'assaut de l'USC, le lance-flammes ou encore le smart-gun. La lampe éclaire que dalle (on a aussi des tubes incandescents bien peu pratiques) ce qui fait que très vite, on est dans l'ambiance. Et dans les bonnes conditions, on trouve le jeu flippant. Bien sûr il y a une certaine manière de l'appréhender. C'est très différent de jouer à ce chapitre à 4h de l'après-midi avec une bande de potes, ou seul à 2h du matin avec personne à la maison. Question d'atmosphère. Sachant ménager son suspens, les premiers ennemis arrivent au compte goute, histoire que chaque affrontement soit un petit événement en soi. Comme j'aime avoir peur et que je sais me mettre en condition, cette "pression" a durée tout au long du chapitre et je me suis régalé. Il faut dire que la campagne Marines est la plus réussie, car déjà elle est la plus longue (environ 50% du solo), la mieux travaillée (car la plus flippante) et l'humain est le spécimen le plus fragile des 3, donc il faudra bien faire attention à sa santé. Comme dans Halo ou Resistance, la jauge de santé est divisée en 3 sections et seule la dernière section remonte toute seule. Pour retrouver 100% de sa santé, il faudra trouver et s'injecter de l'adrénaline.


Le Marines
Jouer le Marines donne quelques montées d'adrénaline...
(comme le Predator d'ailleurs) ne doit pas marcher sur l'acide et ne peut porter que 3 armes. L'arsenal est assez efficace (il reprend celui d'Alien 2, le film) et le gaillard aura pour lui quelques subtilités (actionner un interrupteur, replacer une pile d'énergie), ce qui varie un peu le parcours. On peut également trouver des messages audio qui étoffent légèrement le scénario (comme dans DOOM 3 ou Bioshock), avec comme bémol qu'ils ne s'enclenchent pas automatiquement. Il faut rentrer dans un sous-menu pour les écouter, sous-menu qu'il faudra ensuite quitter. En plus, si un personnage vient à nous parler entre temps, le message se coupe net sans reprendre (il faut donc recommencer). Ils auraient pu trouver mieux que ça. En jouant l'Alien, on ne démarre pas Facehugger pour devenir un chestburster (le "serpent" qui s'extrait normalement par la poitrine) pour un guerrier adulte. En fait on est déjà adulte, ce qui nous prive de la partie de cache-cache qu'on avait dans les autres jeux. La jouabilité de la bestiole est toujours aussi déroutante, avec par exemple des actions contextuelles pour entrer dans une bouche d'aération ou grimper sur les murs. En somme, ça n'a plus le naturel d'AvP 2, la jouabilité en étant quelque peu alourdie. En jouant l'Alien, comme toujours on se sent vicelard : la bestiole marche à plat-ventre (si on peut dire), se terre dans l'ombre (même si malheureusement on nous repère trop facilement), court à une vitesse folle et attaque avec la violence qu'on lui connait bien. La petite particularité de l'Alien, c'est qu'il détecte les phéromones et peut ainsi "voir" ses proies à travers les murs et les objets. C'est sympa même si encore une fois, la campagne de l'Alien est la moins palpitante des 3, ainsi que la plus courte. Reste le Predator. Si pour l'Alien et le Marines on a un petit didacticiel de mise en jambes, le Predator aura quelque chose de plus complet. Grand spécialiste du combat rapproché, les bastons rappellent Condemned avec ses combos. La "gueule de porte bonheur" a évidemment pris son attirail avec lui comme les multiples vues (infra-rouge ou spéciale Alien), le zoom, le camouflage optique et son fameux blaster à visée laser. On possède aussi le disque et la lance, mais l'un comme l'autre ne peuvent pas servir au corps à corps (uniquement au lancé mais leur puissance -contrairement aux films- est assez faible). Une fois de plus, il est dommage qu'on se fasse repérer un peu trop facilement, ce qui sape un peu les phases d'infiltration (mais il n'est pas toujours nécessaire de se livrer à une boucherie sans nom, on peut éviter le combat... une bonne chose).


Question armement,
... pour le Predator et l'Alien, c'est de suite plus confus et barbare
l'extra-terrestre est parti léger. De plus, le laser (qui est très efficace avec un tir au jugé et un lock) est assujetti à une jauge d'énergie. Quoi de plus normal me direz-vous ? Le problème c'est qu'il a également oublié son module de rechargement d'énergie et que pour faire le plein, il doit "voler" la puissance des piles d'énergies humaines. C'est contraignant et ça limite considérablement nos tactiques d'approche, nous obligeant ainsi à très (trop) vite à aller au contact. Enfin dernier point sur la bête : au lieu de proposer un saut tout ce qu'il a de plus classique et d'efficace, Rebellion nous impose un système de sauts automatisés, sympa dans un sens (car il est efficace) mais très limité lui aussi. On désigne une destination par un marqueur et hop, le Predator fait un grand bond tout seul. Jusque-là tout va bien, sauf que la plupart du temps, on sent bien que le bestiau est largement capable de sauter là où on veut aller, mais lui s'y refuse. De même, si le jeu a décidé ne pas déclencher son script, on est obligé de rester sur place. Exemple : lors de la première ballade dans la jungle, le Predator serait tout à fait capable de passer tout de suite par-dessus le portail, or tant qu'on n'a pas affronté une horde d'Aliens, le système de saut ne se déclenche même pas. Voilà une belle manière de cloisonner son joueur et de nous imposer ses scripts (ou de façon plus subjective, une belle manière de pourrir l'expérience puisqu'on n'a plus aucune liberté). Enfin, j'évoquerai le fait qu'avec l'Alien comme avec le Predator, les combats sont très différents. On évite les tactiques pour jouer bourrin (à vrai dire c'est plus efficace) et la caméra part dans tous les sens, au point qu'une fois la baston finie, on en a perdu le nord. C'est donc largement plus confus et barbare que lors de la campagne du Marines, qui est très "carrée" et très classique même si finalement l'un dans l'autre, c'est encore celle-là qui est la plus sympa, car elle est la plus équilibrée et la plus chargée en ambiance. En revanche, l'Alien et le Predator ont un solo qui ne dure qu'une poignée d'heures, et si celle du Marines est aussi longue que les 2 autres réunies, au final le jeu se termine assez vite. Par contre, et ça on peut le prendre pour une bonne nouvelle, ce n'est pas trop difficile. C'est bien une première dans l'histoire de la licence.


L'image

Aliens vs Predator
Sans être splendide, le jeu n'est pas aussi laid qu'on le prétend et il reprend bien le design originel
use d'un moteur maison, le Asura Engine. Pensé et avant tout conçu pour les consoles, on se retrouve avec un titre pas si laid qu'on le prétend. J'ai vu ce dernier AvP affublé des pires superlatifs (moche, anguleux) mais entre nous, je n'ai pas trouvé l'expérience si maltraitée que ça. D'accord nos machines sont capables de mieux (voir Uncharted 2 sur PS3, Gears of War 2 sur Xbox 360 et Crysis sur PC) mais de là à dire que c'est moche, je dis non ! C'est déjà plus beau et surtout plus sympa à jouer qu'un Dark Void. Les modélisations par exemple, sont vraiment superbes. Exit les Humains, qui sont banals et un peu "poupées de plastique", les Predators et les Aliens sont à contrario très bien fait. Et question ambiance, Rebellion a tout bon puisqu'on retrouve tout ce qui fait la force de la licence, ludique comme cinématographique, depuis qu'elle existe. Les décors, les véhicules et les armes d'Alien 2 (le film), les ruines et la pyramide d'AvP (le film), les mecs pendus et décharnés (Predator 1 et 2), les décors très typiques que se construisent les Aliens (quasiment tous les épisodes)… on est de suite dans l'ambiance, d'autant que les décors, certes un peu répétitifs et vides, sont loin d'être vilains (la Colonie rappelle même Red Faction : Guerrilla avec ses désert et ses vents de sables). Après c'est sûr, comme je viens de l'évoquer, nos machines ont déjà vu mieux mais difficile, en l'état, de dire que c'est merdique. A côté de ça, le titre s'affuble tout de même de quelques boulettes, plus ou moins gênantes. Le jeu est souvent trop sombre (les mauvaises langues disent que c'est pour cacher la misère), les loadings sont un peu longuets et certaines animations (comme les spasmes qu'ont les Aliens qu'on vient de descendre) ou les réactions ennemies (IA) sont parfois bizarres. Si la vue Alien est volontairement étrange (de toute façon, j'aime pas me sentir dans la peau d'une de ces saloperies… beurk) et celle du Predator est surchargée d'une interface envahissante. En parlant de lui, en combat rapproché les mouvements de tête sont tellement nombreux et vifs, qu'on ne comprend même plus ce qu'on fait, ni où on est (en plus d'avoir des nausées) mais ce sera toujours mieux qu'avec l'Alien, qui est chaotique. Bref, ce qui aurait pu être une grosse claque graphique (faut dire que les univers d'Alien et Predator sont particulièrement accrocheurs) ne donne qu'un graphisme dans la norme, ni plus ni moins. Certains détails ont étés particulièrement soignés mais à part ça, il faut reconnaitre qu'il y a mieux, mais y'a aussi bien pire. C'est dommage, avec un peu plus de talent, je suis sûr qu'on aurait pu avoir des graphismes de meilleure qualité, tout du moins qui se rapprochent des premiers visuels ahurissants de beauté auxquels on a eu droit.


Le son

Pour notre doublage localisé
Doublage pas mauvais, bruitages issus des films, musiques travaillées... on est dans l'ambiance
(ce qui est très rare chez SEGA, on peut remercier Rebellion pour ça) on retrouve quelques voix bien de chez nous. Par exemple on a Julie Dumas (la voix française de Michelle Rodriguez) qui fait ici le Caporal Tequila, on a José Luccioni (la voix de Marcus Fenix dans Gears of War, Betruger dans DOOM 3 ou encore Al Pacino au cinéma) et Adrien Antoine qui prête bien sa voix à (entre autre) Sam Worthington (Terminator Salvation, Avatar). Tout ça pour dire qu'on a un doublage tout à fait correct. Une fois encore ce n'est pas top fraicheur mais il n'y a pas à râler, le doublage est pas si mal et convient bien au jeu. Par contre cérise sur le gateau, on a droit à une superbe synchro labiale, là où on ne l'attendait pas. Etonnant de la part d'un titre de cet accabit puisque des productions nettement plus ambitieuse en font l'impasse, et ce depuis des années pour certaines. Comme quoi, AvP peut donner des leçons. Question musiques, on a quelques thèmes angoissants (what else ?), des musiques hollywoodiennes et qui collent, elles aussi, bien au jeu. Enfin les bruitages sont de bonne facture. En jouant le Marines, le bruit du radar (le "boop" permanent qu'il fait) va vous taper sur les nerfs (surtout si comme moi, pour être tout à fait dans l'atmosphère vous jouez au casque... autrement on n'y fait pas trop gaffe) sinon rien à redire. A défaut d'être originaux, les bruitages sont fidèles aux films (notamment à Alien 2) en reprenant les cris Aliens, les armes et les râles Predator, bref toute la panoplie. Ainsi, personne ne pourra venir se plaindre qu'on n'est pas dans l'ambiance.


Note générale

On avait tous de grands espoirs pour ce nouvel Aliens vs Predator. Le fait que ce soit Rebellion qui développait le jeu, était quelque part une bonne nouvelle (puisque ce sont eux qui ont lancé la licence en 1999), même s'ils se cantonnent généralement à des petites productions. Seulement voilà, le résultat, sans être mauvais, se parfait à la loi du milieu. C'est plutôt joli dans l'ensemble (y'a des hauts et des bas même si généralement c'est trop sombre), c'est plutôt bien fait, on a un son bien travaillé et c'est assez jouable à quelques anicroches près. Pour le Marines, il est pénible d'avoir un arsenal imposé à chaque level et ce pour un gameplay somme-toute très classique (même si cette campagne reste à mes yeux la plus sympa car la plus flippante), pour le Predator on a des mouvements de tête trop prononcés, un système de saut et de rechargement de l'énergie contraignants et pour l'Alien, on a une jouabilité un peu bizarre ainsi qu'une campagne solo sans grand intérêt (seule la fin est sympa). En clair, comme vous pouvez le voir, ce n'est pas une franche réussite mais attention, ce n'est pas une daube non plus. La presse spécialisée s'est efforcée de nous faire croire que ce jeu est à chier, ce qui n'est pas le cas. Quand on n'est pas blasé de tout (hein les gars ?) on lui trouve facilement des qualités. Certes un peu court, il possède un multi sympa, 3 scénarios (même si la campagne Marines forme déjà 50% de ce dernier) pour 3 gameplays différents et il jouit naturellement d'une aura, d'une ambiance toute particulière. Peut-être pas aussi bien exploité qu'on l'espérait, retrouver les pyramides, les ruines, les labos et les colonies, pour les fans ça fait plaisir. D'autant que le background s'est inspiré de tout ce qu'actuellement on connait sur le sujet, comme la colonisation selon Weyland, la tentative de domptage des Aliens ou encore l'instinct de chasseur des Predators, qui se servent des Xenomorphes et des Humains comme proies. Les codes sont donc respectés mais il est sûr qu'on aurait aimé un jeu plus beau, plus long et peut-être même mieux fichu (surtout pour la campagne Alien). Bref, ce qui aurait pu être le AvP ultime, se retrouve être un jeu assez classique, à la formule déjà écumée, au moins 2 fois. Disons que Rebellion reste dans ce qu'ils savent faire : des jeux sympas mais qui n'atteignent jamais le rang de hit. Ainsi, le Aliens vs Predator 2 de Monolith reste à l'heure actuelle le meilleur épisode connu (en se remettant bien évidemment dans le contexte chronologique), même si avec ses 2.5 Millions d'exemplaires vendus, notre cuvée 2010 est loin d'avoir fait un bide. J'attends maintenant avec fébrilité le futur Aliens : Colonial Marines (développé par Gearbox) pour voir si l'univers Alien sera mieux exploité. Et qui sait, peut-être que Rebellion travaille déjà sur une suite (en tout cas la fin laisse entrevoir de belles perspectives en ce sens), auquel cas on espère qu'ils vont y mettre le temps et les moyens nécessaires pour nous sortir le grand jeu qu'on espère tous. En attendant, AvP 2010 reste un titre agréable et accrocheur. Pas le meilleur FPS à tendance survival-horror du support, mais un titre fort d'un univers hypnotique et d'une réalisation tout à fait honorable.


Test réalisé par iiYama

octobre 2010