Resident Evil Code Veronica (DCAST)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2000
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : survival horror

Support : 2 GD-Roms
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : RECV - RE Code Veronica
Titre alternatif : Bio Hazard Code Veronica Kanzenban (JAP)
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 3.54 Millions (tous supports)


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Resident Evil

Code Veronica



En 2000, alors que les joueurs PlayStation sont passés à Resident Evil 3, les joueurs DreamCast ont eu leur exclusivité temporaire avec le Code Veronica. Ces 2 chef-d'oeuvres du survival horror devaient être des exclus à chaque console mais comme chacun sait, Capcom n'a aucune parole et finalement en 2001, la DreamCast connue l'épisode 3 et la PS2, le Code Veronica X, une version légèrement remaniée (qui est aussi sortie sur GameCube). Personne ne fut ainsi lésé. Considéré comme le meilleur épisode "old school" de la série, Code Veronica pose la première grosse évolution des Resident Evil avec un affichage tout en 3D, ce que la PSX était incapable de faire à l'époque (voir le résultat sur Silent Hill). Donc s'il est moins beau que le précalculé en images de synthèses, cette 3D donne plus de dynamisme au jeu. Par contre le gameplay n'a pas évolué d'un pouce depuis le premier épisode parut en 1996 (ce que certains regretteront) mais en contre-partie, Code Veronica reste l'épisode le plus riche en révélations, l'un des plus longs et il faut le reconnaître, l'un des mieux conçus. Voici donc le test d'une anthologie qui a vieillie mais qui reste forte d'un succès mérité.


Développement scénaristique

Pour la première fois dans un Resident Evil,
Les cut-scènes sont pas mal dynamiques et les expressions faciales apportent un vrai plus
le scénario est très riche en révélations juteuses et en retour de figures emblématiques. Etant donné que le jeu est entièrement en 3D, les cut-scènes sont forcément plus dynamiques (puisque les plans ne sont plus fixes) et les vidéos sont dans l'ensemble très convaincantes. Ces dernières sont très proches des cut-scènes, puisque le jeu alterne les vidéos basées sur le moteur graphique, et d'autres créées en images de synthèses (naturellement les plus complexes à retranscrire). A ce propos, j'ai trouvé étrange que cette première version DreamCast nous propose des vidéos si sombres. Bien que ça ne change rien à la qualité globale de la mise en scène, ça nous gache un peu l'instant et nous force à pousser la luminosité de la télé. Et au rang des différences avec les versions X, le medley d'introduction qui amène à l'écran titre, est aussi très différent. Je dirais même que je le préfère aux versions PS2/NGC, car il en dévoile moins sur les évènements à venir. Mais Code Veronica c'est surtout une trame puissante qui relie tous les épisodes sortis avant lui. Claire retrouve enfin son frère (en fait c'est lui qui vient la sauver), la némésis de Chris fait un comeback fracassant, même les pires ennemis qu'on ait croisé (les hunters) font leur retour, histoire de flipper encore un peu plus. D'ailleurs, si les protagonistes sont raides au possible et avec des épaules de robots, un véritable travail a été fait sur le doublage et les expressions faciales. Ainsi pour la première fois, les personnages nous dévoilent de véritables émotions comme les sentiments amoureux ou la peine. Tout ça donne à cet épisode une force, une accroche, que les fans vont adorer. Si en plus de ça je vous dis que vous allez en apprendre beaucoup sur Umbrella et ses origines, j'espère que ça va finir de vous convaincre.


Jouabilité & Gameplay

Sorti en 2000,
La jouabilité est archaïque et pas du tout adaptée au pad DCAST
parallèlement à l'épisode 3, on ne retrouve aucune des nouveautés de ce dernier. Je trouve ça d'ailleurs très bizarre. Etant donné que Resident Evil 3 et Code Veronica ont été produit par Shinji Mikami en personne, comment se fait-il que les 2 jeux n'aient pas le même gameplay ? Et quand on y réfléchit, comment se fait-il que ce soit la version PlayStation qui soit plus riche que celle-ci ? C'est vraiment dommage car la fabrication de munitions, les esquives, le choix des scènes ou mieux encore, la montée autonome des escaliers, étaient des réelles innovations. Retour donc au gameplay de Resident Evil 2, avec sa jouabilité rigide, sans doute ce que je regrette le plus dans cet épisode. Bien plus difficile que ses prédécesseurs, Code Veronica ne propose aucun niveau de difficulté comme c'était le cas jusqu'ici et nous oppose à des boss sacrément ardus par moment. Je pense notamment à celui de l'avion cargo, mais ce ne sera pas le seul, Alexander est pas mal dans son genre aussi et le retour des hunters est toujours synonyme de mort subite, d'autant que certains peuvent à présent nous empoisonner. En plus il faut signaler que c'est abuser le nombre de pruneaux que peut encaisser un simple zombie car c'est pas moins 8 à 11 balles de 9mm ou 3 coups de fusil à pompe qu'il faudra asséner, pour voir la mort délivrer notre malheureux assaillant. Heureusement que certaines techniques demeurent comme viser la tête (avec le pompe) pour tuer en un coup, sinon ce serait franchement galère. Puisqu'on est dans les armes, on retrouve l'arbalète qui est loin de la puissante dévastatrice de celle appréciée lors du Resident Evil 3, puisqu'ici on croirait tirer des fléchettes qui chatouillent tout juste notre opposant. Heureusement que de la poudre explosive viendra arranger sa maigre efficacité. A côté de ça, on retrouve les armes classiques (Magnum, 9mm, pompe, lance-grenades) et quelques nouvelles qu'on prend à 2 mains (Calico et Uzi). Il est d'ailleurs sympa de pouvoir viser 2 monstres en même temps avec ce type d'armes. On peut aussi avoir un AK47 et j'ai trouvé agréable que le concept des bidons explosifs (il y a même des zombies explosifs) soient toujours d'actualité. Ensuite c'est un peu la routine : des coffres pour ranger ses objets, des machines à écrire pour sauvegarder, des plantes pour se soigner, un inventaire restrictif (les plus grosses armes prennent 2 cases) et beaucoup d'allers-retours. Car pour la 4e fois, le gameplan est diablement bien étudié et les énigmes sont originales.


Comme on peut s'en douter,
Aucune des nouveautés de RE3 n'a été reprises. On a juste le demi-tour et le fait de viser 2 ennemis
étant donné qu'il est sur la pochette du jeu, l'aventure se décompose en 2 grandes parties : une où on joue Claire Redfield et l'autre où on joue Chris Redfield (enfin le frère et la soeur sont réunis). C'est d'ailleurs avec ce dernier que le jeu devient plus difficile sur la longueur, bien qu'à mes yeux c'est Claire qui se tape les boss les plus durs. Code Veronica est donc ardu par moment mais je tiens à vous rassurer, il n'est pas infaisable pour autant. C'est juste que la trilogie sur PlayStation ne nous a pas habituée à buter sur plus d'un ou 2 points durs. Malheureusement il y a d'autres sujets à critiques. Bien qu'on garde le demi-tour issu de RE3, le passage à une console plus puissante n'a servie à rien en terme de prise en mains. Tout d'abord la visée automatique est un peu pourrie sur cet épisode, surtout avec l'arbalette où, si on n'est pas à bout portant, on met 1 flêche sur 3 dans le décor. Il est aussi dommage que Capcom n'est pas profité du pad analogique de la console pour nous pondre une jouabilité rafraîchie, d'autant que le pad DreamCast n'est pas confortable quand il s'agit de jouer à la croix de direction. Egalement arriériste, on ne peut toujours pas recharger son arme sans entrer dans le menu, ni même changer d'arme à la volée. Ainsi on se retrouve, comme je le disais plus haut, avec l'exacte jouabilité de Resident Evil 2, où il faut appuyer sur un bouton pour monter les escaliers, où les réglages sont encore à faire (comme pour prendre un objet, il faut être exactement devant) et à la longue c'est frustrant. D'ailleurs Claire est lente à se bouger. Bon point pour le jeu, la durée de vie excède facilement les 12 heures lorsqu'on joue la première fois, mais la lenteur des déplacements y est sans doute pour quelque chose (Claire court comme si elle se faisait un footing matinal, sans doute parce qu'elle a oubliée qu'elle avait la mort aux trousses). Après une Jill motivée et une action hyper nerveuse lors du RE3, c'est encore un décevant retour aux sources. Dernier (bon) point pour cette version DreamCast, l'écran du VMU affiche la santé de notre personnage. Je regrette que le concept soit pas plus poussé avec l'ajout du nombre de balles restantes, mais c'est déjà un petit plus appréciable.


L'image

Comme je le disais précédemment,
Code Veronica est le premier opus tout en 3D. Une réussite !
grâce à un moteur graphique "tout en 3D", le jeu a gagné en dynamisme. Si ça ne change en rien à la progression de l'aventure (qui reste classique) ou même la manière de jouer, il faut reconnaître que les mouvements de caméra sont assez sympas. Certes on regrette de ne pas pouvoir bouger la caméra de façon manuelle ou encore que certains plans changent brutalement d'angles (comme dans les anciens épisodes), mais cette nouvelle façon d'afficher le jeu, apporte plus de souplesse. On assistera à de très belles modifications de textures et de taille ainsi qu'une superbe gestion des effets lumineux. Mention spéciale aussi pour les effets de vague provoqués sur l'eau, d'un réalisme étonnant pour un jeu de 2000, bien que la 3D temps réel ne peut rivaliser avec des décors précalculés en images de synthèses, forcement plus fins. Malgré tout, le jeu reste très beau en soi, même s'il alterne de jolis passages parfaitement détaillés, à d'autres complètement vides. Pour l'animation c'est un peu pareil. Clairement en dents de scie, elle ne sévit pas de la même manière à tous les étages. D'un côté, nos héros sont bien modélisés (surtout pour des visages étonnament expressifs) et la plupart des animations sont super fluides, réalistes. Comme je l'évoquais lors du développement scénaristique, ça donne des cut-scènes vraiment splendides, tantôt chargée d'action, tantôt chargées en émotions, une première dans un Resident Evil (les lèvres bougent enfin lorsqu'ils parlent). Mais d'un autre côté, malgré le passage à une machine bien plus puissante que cette bonne vieille PSOne, il subsiste d'anciennes tares qui n'ont toujours pas été gommées. En effet les zombies s'écroulent sous nos coups de feu assez bizarrement (c'est pas naturel), les ombres sont restées vulgairement rondes (ce qui jure avec une gestion absolument bluffante des éclairages), Claire (comme Chris ou Steve) est raide comme un piquet (plus encore que lors de RE2, c'est dire) et le pire de tout, c'est que nos héros ne bougent pas les jambes en tourant sur eux-même (tout juste écartent-ils les pieds). Ce résultat, indigne d'une 128bits, manque de crédibilité, voire même est ridicule ! Même sur PlayStation c'était mieux fait ! Et question temps de chargement, cet épisode fait souvent dans le lourd-dingue. Déjà les loadings sont inutilement longs, mais à la façon des Outbreak, on a aussi droit à quelques ouvertures de portes hyper lentes, avec un gros battement de coeur en fond. Du coup, ce qui est censé faire monter la pression, finit par saouler, d'autant que derrière la porte, généralement il n'y a rien. Enfin, propre à la DreamCast, l'image subit un effet de grain, finalement habituel sur la dernière console de SEGA. Mais j'ai beau paraître dur avec notre Biohazard, il n'empêche que le moteur 3D est assez efficace. Peu de bugs (quelques-uns de collisions mais rien de bien méchant), des décors assez variés, fins et surtout avec un excellent travail sur les jeux de lumière, ce qui confère une ambiance glauque à souhait. Globalement, si le rendu visuel parait un peu simple de nos jours, notamment à cause de textures parfois mal travaillées, on remet assez facilement les 2 pieds dans l'univers de Resident Evil, d'autant que pour 2000, ça reste très beau.


Le son

Une fois de plus,
Même si on aurait aimé des bruitages plus dynamiques, il n'y a rien à dire, musiques et doublage sont de grande qualité
on retrouve une bande son fignolée à l'extrême. Composée par le trio Takeshi Miura, Hijiri Anze et Sanae Kasahara (les compositeurs changent à chaque épisode), on retrouve une excellente qualité dans les compositions avec une plage musicale parfois différente ce qu'on connait. Bien sûr on retrouve les habituels thèmes au piano et/ou au violoncelle propre à la série, ceux-là même qui pose une ambiance horrifique sans pareille et qui font, quelque part, l'âme d'un Resident Evil pure souche. Mais il y a aussi des thèmes mémorables comme lorsqu'on arrive au manoir Ashford avec sa musique inspirée de l'Exorciste, des musiques qu'on croirait écrites par Mark Snow lui-même (tant ça ressemble parfois à du X-Files !), ou encore la dernière avant le boss final, qui est juste somptueuse. Elles sont donc très travaillées, posant une atmosphère toujours aussi délicieusement flippante, des morceaux plus contemporains, emprunt parfois de vocalises comme dans un opéra, et qui seront aussi marquants que sur PSOne. On regrettera par contre que les armes n'aient plus le même impact. Si le reste des bruitages est parfait, les pétoires elles, sont un peu timides. Le fusil à pompe, le 357 Magnum ou même le simple flingue... auraient gagnés à être plus dynamique (comme RE3 qui possède d'excellents bruitages quant il sagit de faire parler la poudre). Attention toutefois à ne pas se méprendre, ça reste tout de même très convainquant, c'est juste que désormais, ça manque un peu de punch. Enfin le doublage est d'une qualité quasi-irréprochable. Bien que toujours en Anglais sous-titré, la voix de Claire semble être la même que celle de Resident Evil 2 (Wesker également) et le travail sur le doublage est quasi cinématographique. Seuls les rires sarcastiques sont un peu ridicules, mais sans ça, c'est du très beau travail.


Note générale

Si l'aventure commence vraiment doucement, de façon routinière, au bout de 2h d'un jeu mou et sans vraiment d'intérêt, le scénario s'envole vers quelque chose de plus poignant. On prendra le contrôle de 3 personnages différents (Claire, Steve et Chris) et lorsqu'on croit la fin arriver, le jeu repart de plus belle. L'aventure est scindée en 3 parties reliées et cet opus pose sans réfléchir le meilleur gameplan de toute la série. La réalisation technique est énorme, même s'il est sûr qu'il subsiste quelques boulettes (comme le fait que les jambes restent raides lorsqu'on tourne sur soi), avec notamment une gestion des éclairages, simplement flippante. Cet épisode reste donc une perle du survival horror, avec une intro digne d'un Mission Impossible 2 (le film), des cut-scènes dynamiques et une véritable fin au goût de friandise, qui en dévoile long sur la saga Umbrella. Le son est d'un bon niveau, le rendu visuel tout en 3D est une belle évolution et le jeu possède une impressionnante durée de vie pour le genre (12h minimum). Avec ses rebondissements à la pèle, Code Veronica est considéré comme le meilleur épisode old school de la saga de Shinji Mikami (le producteur de la série) et c'est sur DreamCast qu'il fut découvert. On peut donc naturellement dire que c'est un excellent épisode, même si ce 4e combat contre le virus-T aurait pu aller beaucoup plus loin. En effet la jouabilité est restée archaïque et peu adaptée au pad, quand aux mécaniques de jeu, ce sont les mêmes depuis 1996 et le tout premier épisode. Ainsi ce n'est pas en passant sur une nouvelle génération de consoles que la série aura réellement évoluée, ce serait même le contraire puisque toutes les nouveautés apportées à Resident Evil 3, sont simplement absentes de cet épisode là. C'est d'ailleurs une incompréhension puisque les 2 jeux ont été développés en même temps. Mais pour le fan, Code Veronica reste un diamant vidéo-ludique à l'état pur. En effet, il est l'épisode qui en dit le plus long sur toute la série, il relie la trilogie parue sur PSOne et voit le retour de certaines figures emblématiques : Claire, Chris, Wesker, les hunters... sans oublier de nouveaux protagonistes. On peut donc le dire, malgré ses tares génétiques, il est l'un des meilleurs jeux de la console de SEGA. Vous dire que j'ai adoré serait un doux euphémisme puisque Code Veronica est à l'instar du premier épisode, un incontournable.



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Test réalisé par iiYama

février 2008 (mise à jour : mars 2010)