RoboCop (Arcade) -- TEST sur GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :




Des variantes de ce RoboCop sont aussi
disponibles sur :

   

 

 


Sortie du jeu : novembre 1988
Développeur : Data East
Editeur : Data East
Genre : action (run & gun)

Version testée : NTSC américaine
Voix dans le jeu : anglais
Textes à l'écran : anglais

Hardware : 16-bits basé sur un Motorola 68000
Support : PCB de 10 Mb
Orientation de l'écran : horizontal
Commandes : stick avec 2 boutons

Difficulté :
Temps de jeu : 30 minutes environ
Multi-joueurs : non
Titer alternatif : RoboCop : The Future of Law Enforcement




Les sites partenaires :
















RoboCop









Tout le
Robocop est avant tout un film sorti en 1987. Ce n'est que plus tard qu'il sera décliné en jeux vidéo et en Comics, notamment dans le cross-over Robocop vs Terminator
monde (ou presque) connait Robocop. Alors je sais, ça s'écrit RoboCop avec un "C" majuscule mais personne ne s'applique à le faire, c'est exactement comme pour YouTube, que tout le monde écrit "Youtube" par facilité d'écriture autant que de lecture. Bref, Robocop est avant tout un film sorti en 1987 (et oui les Comics n'arriveront que bien plus tard), réalisé par Paul Verhoeven, ce néerlandais qui est également derrière les cultissimes Total Recall et Basic Instinct, mais aussi Hollow Man ou encore le nanardesque (bien que sympathique) Starship Troopers. En un seul épisode, Robocop est devenu une licence culte, qui sera confirmée par un second opus en 1990, cette fois dirigé par Irvin Kershner. Mais après ça, la franchise va battre de l'aile car Robocop 3 (de Fred Dekker) sera un nanar à l'écriture mauvaise et à la réalisation indigne de son héritage. Sentant le vent tourner, Peter Weller a même refusé d'endosser une fois de plus le mythique costume du héros en titane bleuté, c'est dire. Ce film fera un four en salles, et nous ne reverrons le cyborg mi-homme, mi-machine mais 100% flic qu'en 2014, avec un reboot qui (selon moi) avait beaucoup de classe et une réalisation du tonnerre, mais qui fut injustement boudé par le public. Retour à la case départ pour la série, qui finalement ne compte que ses premiers films comme œuvres vraiment respectées.
Bien entendu, comme Robocop est un film d'action, à la fois futuriste et violent, il était naturellement un bon candidat pour devenir un jeu vidéo, et vous vous doutez bien que la licence fut largement exploitée sur consoles comme sur PC, sur micro-ordinateurs comme sur Arcade. J'ai personnellement toujours adoré Robocop et c'est avec plaisir que j'ai joué à pas mal de ses adaptations. Le premier d'entre eux n'était autre que sa version Game Boy, que j'adore, et dont je me repasse de temps en temps son magnifique thème principal. Mais finalement, les tous premiers jeux Robocop sont nés en 1988, 1 an après la sortie du film, accompagnant sûrement sa sortie en VHS. Beaucoup de développeurs en ont récupérés les droits d'exploitation tels que Ocean Software, Erbe Soft, Tandy et dans le cas qui nous concerne aujourd'hui, Data East.




Voici le double PCB du jeu RoboCop avec à gauche la carte mère nue (contenant entre
autre le CPU Motorola 68000) et à droite la même carte mère (retournée) connectée
à sa carte fille, celle qui contient le programme (cliquez pour agrandir)



Vous allez venir avec moi... mort ou vif !


Rapidement,
Le scénario tente (tant bien que mal) de suivre les grandes lignes du film
il faut savoir que Data East est un studio japonais né en 1976. Ils ont à leur actif plus de 150 jeux, développés sur 25 ans. On compte parmi les plus connus Vapor Trail, Joe & Mac, Karnov, Spinmaster, Fighter's History, Bloody Wolf, Cobra Command, Windjammers ou encore une flopée de flippers vu qu'ils avaient également une division pinball. Ce n'était peut être pas le plus grand des studios japonais, mais ils ont laissés leur empreinte dans le monde du jeu vidéo, avant de faire définitivement faillite en 2003.
Mais avant d'en arriver là, Data East fut le seul à développer un jeu d'Arcade issu de la prestigieuse licence Robocop. Pour ça, ils nous proposent un superbe PCB qui dispose d'une ROM d'environ 10 Mb, ainsi qu'une palanqué de processeur : Motorola 68000 (16-bits @ 10 Mhz), Hudson HuC6280 (un dérivé du 6502 servant généralement de DSP), un MOS 6502 justement, un Yamaha YM2203, un autre Yamaha, le YM3812 et même un OKI 6295 (un synthétiseur vocal). Après avoir joué 2~3 crédits, je me décide de jeter un œil aux dipswitches, qui nous proposent les options habituelles : activation ou non du demo sound, le "coinage" (combien de crédits on obtient par pièce), l'énergie de notre héros, la longueur du timer ainsi que la difficulté sur 4 niveaux.
Vous connaissez sûrement l'histoire du film, où l'OCP (l'Omni-Cartel des Produits) est une multinationale toute puissante qui veut faire de Détroit une ville saine et où il fait bon vivre (je leur souhaite bon courage ^.^) et pour ça, ils financent la Police et se mettent même à développer des robots policiers. Un jour, une nouvelle recrue du nom d'Alex Murphy fait sa patrouille avec sa coéquipière (Anne Lewis), jusqu'au moment où la poursuite tourne mal. Alex est tué par le gang de Clarence Boddicker, le grand patron de la pègre de Détroit. C'est alors que Murphy va subir une intervention où son cerveau va prendre place dans un corps cybernétique, devenant ainsi le premier cyborg policier.



   

   

La première séquence d'intro



Murphy... c'est vous ?


De son côté,
Il est évident que pour en faire un jeu, les développeurs ont dû prendre certaines libertés
le jeu a bien du mal à nous rappeler les tenants et aboutissants du long métrage. Sans crédits lancé, il n'y a qu'une seule démo tournante, et une petite intro fait bel et bien son apparition, où les 3 lois principales sont à la fois écrites et en voix-off. C'est d'ailleurs là qu'on se dit que tous ces processeurs ont dû servir à quelque chose car pour un jeu de 1988, les digitalisations sont vraiment impressionnantes. Ce n'est qu'une fois la partie lancée, que la véritable intro se dévoile. A base d'images fixes et de textes, le jeu nous résume en quelques lignes la naissance de notre héros de métal, si ce n'est que les images défilent si vite, qu'on n'a pas fini de lire la première ligne que déjà ça passe à l'image suivante. Cette intro est plutôt sympa et à mon avis, elle aurait dû s'afficher durant la démo tournante, là où justement elle aurait pu nous laisser le temps de l'apprécier à sa juste valeur. D'ailleurs on notera que le jeu essaie de ne pas trop jouer les bourrins, en intimant quelques dialogues et en faisant le lien avec le film. Malheureusement chez Data East on n'aime pas trop prendre son temps visiblement et à l'image de cette seconde intro, tout est si expédié qu'on a tout juste le temps de respirer.
Lorsque la partie commence, notre Alex Murphy désormais devenu Robocop, ne fait que jouer des poings, mais assez rapidement, il va sortir son fameux Auto-9, arme emblématique du héros qu'il range dans sa cuisse droite. Le jeu se contente de 2 touches : une pour tirer dans les 8 directions, et une pour sauter. Le flingue de base dispose de balles infinies, mais on pourra aussi glaner 3 autres armes : le double gun, le triple tir et le surpuissant "Cobra Assault Cannon", une variante du AMR 50, qui dans le film prend la forme d'un Barrett M82A1 modifié. Sur celles-ci, les munitions sont évidemment comptées, même si l'Auto-9 fait déjà du super boulot, même face aux boss.
Bien entendu, le jeu prend quelques libertés, notamment en ce qui concerne les ennemis, comme celui équipé d'une tronçonneuse qui fait des bonds lunaires (?), ou encore celui qui dispose d'un jet-pack. En cours d'aventure, il faudra bien entendu sauver des personnes kidnappées, on ramassera des petits pots de bébés pour remonter sa santé, et lorsqu'un ennemi ou un obstacle est trop près (comme une caisse ou une porte), notre héros de métal mettra des coups de poing. L'aventure se compose de 7 niveaux mais ces derniers sont très courts.



 

 

La 2e séquence d'intro est vraiment sympa, dommage qu'elle file si
vite qu'on n'ait pas le temps de l'apprécier à sa juste valeur



J'en prendrai pour un dollar !


Après les niveaux 2 et 4,
Sauf pour le scoring, les bonus stages ne servent à rien. A part ça, la réalisation est propre et les voix digitales sont même assez impressionnantes
nous avons même une sorte de bonus stage où, en vue subjective, il faudra tirer sur diverses cibles, afin de tester la précision de notre cyborg. Ce n'est bien entendu pas si évident car le stick de la borne est loin d'être aussi précis qu'une souris. Il n'empêche que vous ne pouvez pas perdre ici mais vous pouvez toujours réaliser un bon score (même si ça ne sert strictement à rien, convenons en). Bien entendu, le jeu essaie autant que possible de respecter l'identité visuelle du film, à commencer par les lieux caractéristiques vus dans le long métrage comme la rue, la casse et l'usine de drogue avant de finir par l'OCP et le fameux bureau de Dick Jones. De même, 7 niveaux impliquent 7 boss et on retrouve plusieurs fois l'iconique ED-209.
Techniquement, Robocop est un jeu très propre. Certes les décors ne sont pas fouillés à l'extrême, mais le tout reste agréablement détaillé, bien coloré, les animations sont plutôt fluides, et j'ai même été étonné de voir le fameux ED-209 être aussi bien animé, vu que sa taille en impose pas mal. En extérieur nous avons même droit à un très joli panorama de fond, que les intérieurs ne peuvent se permettre et qui donc, donnent un rendu plus terne et bien moins éclectique. Cependant j'avouerai que le jeu n'est pas très varié et on subit même quelques ralentissements, notamment lorsque les ennemis sont en surnombre.
Pour la bande-son, ils étaient 3 dessus et pour être franc, ça fait au moins 2 de trop. Et pour ça la raison est toute simple : tout au long du jeu on nous ressert inlassablement les mêmes pistes ! Les 7 niveaux sont accompagnés de la même musique, qui reprend à peu près fidèlement le thème principal du film. Ensuite vous avez une musique pour le boss, une autre pour la fin et quelques mini compositions pour les transitions ou cette intro malheureusement torpillée. Au final, ils n'avaient pas besoin d'être 3 pour composer si peu. D'ailleurs j'ai remarqué qu'en plus d'un son essentiellement en mono, c'était finalement assez récurent de n'avoir qu'une seule piste principale qui couvrira tous les niveaux du jeu. C'est tout du moins vrai sur les titres d'avant 1990, et je trouve ça un peu déplorable. Par contre, j'ai largement apprécié des bruitages de qualité et surtout, des voix digitales de haute teneur ! Rappelez-vous que nous sommes en 1988, nous sommes encore loin des supports ultra performants tels que la SNK Neo-Geo MVS.



Est-ce que t'as vu ma gueule, Dick ?


Et je peux
Méfiez-vous, la difficulté du jeu est hardcore !! Sur les derniers niveaux, les crédits défilent et c'est vraiment frustrant...
vous dire que pour son année de sortie, j'ai été impressionné par la qualité des voix, qui sont peut être issues du film (j'avoue j'en sais rien, je regarde toujours mes films en VF, et oui ^_^). Mais alors qu'est-ce qui cloche ? Et bien, en un mot : la difficulté !
La première chose à savoir, c'est que Robocop n'est pas Shinobi, le gaillard est lourd, pataud, il est même volumineux et franchement raide. Normal me direz-vous, le problème c'est qu'il est alors difficile d'éviter les attaques ennemies. On se dit alors que c'est pas grave, qu'il encaisse... sauf qu'ici nous avons la version en papier mâché du Robocop de Verhoeven ! En effet, alors qu'il est censé être fait de titane, notre héros se fait démolir en quelques coups à peine ! Sa jauge de santé tombe hyper rapidement à zéro, et comme il n'y a pas de vies, c'est directement la perte d'un crédit. Et si encore on arrive à s'y faire durant la première moitié de l'aventure, ça devient rapidement infernal durant la seconde moitié !
La difficulté monte de façon exponentielle et on perd les crédits plus vite qu'on est capable d'avaler les cacahuètes qui trainent sur le comptoir. Plus fort encore, sur les 2 derniers niveaux on arrive à perdre 1 crédit toutes les 30 secondes en moyenne, c'est aussi ridicule que frustrant ! Notre cyborg préféré semble comme fait de plastique pour une simple et bonne raison : le jeu est là pour vous faire dépenser vos pièces. Sauf que là, c'est insoutenable ! Et imaginez 2 minutes qu'avant de me lancer, j'ai réglé le jeu sur "facile", je vous laisse imaginer ce que ça donne en "difficile"...
On en vient alors à l'épreuve de patience où on va rusher comme un gros goret puisque de toute façon les ennemis sont si nombreux et si agressifs, qu'on ne peut pas jouer "proprement". Si on veut finir le jeu (au prix de plusieurs dizaines de crédits), il faut avancer coute que coute... C'est vraiment navrant, et particulièrement pénible, d'autant qu'au fond le jeu est très chouette et qu'il propose une ambiance et une réalisation qui font honneur au film. Malheureusement, tout ceci est gâché par une difficulté vraisemblablement non testée et encore moins équilibrée, sans doute en vue de compenser une durée de vie extrêmement courte, qui n'excède pas les 30 minutes. Je doute sincèrement que quelqu'un ait pu un jour le finir, sans y laisser des plumes au passage...



Robocop Note


est un film mythique et mine de rien, il aura également su se porter en jeu vidéo. Si aucun jeu Robocop des années '80 et '90 n'aura jamais fait l'unanimité, à minima on peut se dire que la licence aura tout de même offert une expérience vidéoludique de qualité... la plupart du temps. Notre Robocop version Arcade est un peu le resucé de Bad Dudes (aussi connu sous le nom de Bad Dudes vs Dragon Ninja), un autre jeu de Data East, sorti quelques mois plus tôt. Mais qui pourrait leur en vouloir de reprendre une formule qui marche, et de l'améliorer ? Si tel était le cas, il n'y aurait plus aucune suite. Dans tous les cas, cette première édition sur Arcade nous propose un très bon jeu, au gameplay certes assez classique mais pas dénué d'attrait pour autant. Il faut dire que "piloter" le second cyborg le plus connu de l'univers (l'autre étant Terminator) y est sûrement pour quelque chose, dans le charme qui se dégage du titre. On profite également de bons bruitages, de superbes voix digitales, et d'une réalisation très propre, notamment lorsque le ED-209 se pointe à l'écran (ça fait forcément son bout d'effet).

Malheureusement, le jeu souffre aussi de quelques défauts comme ce thème sonore qui revient à tous les niveaux (comme s'ils n'étaient pas foutus d'en composer 3 ou 4 différents), un flagrant manque de variété, une durée de vie extrêmement courte (30 minutes environ), qui sera compensée par une difficulté exécrable ! Passé la moitié de cette courte aventure, le challenge sera si élevé, que vous perdez au moins 1 crédit toutes les minutes, ce qui est tout à fait inacceptable ! Cette abjecte difficulté vous pourrira votre partie au point où pour voir la fin, vous allez vous mettre à rusher le jeu, dans l'espoir de ne pas vous faire dégommer trop vite. C'est quand même bien dommage d'en arriver là et tout à fait entre nous, je préfère un jeu qui va durer 30 minutes mais qui me donnera du plaisir, plutôt qu'un jeu qui dure des heures et où je m'ennuie. Certes l'Arcade est directement liée au processus capitaliste dont le principe est de "payer pour avancer", mais là c'est clairement abusif ! Avec un jeu plus long et plus équilibré, assurément ce Robocop aurait gagné 2 points de plus. D'ailleurs, après réflexion, je me dis que c'est un peu la maladie de cette licence en jeu vidéo car avec le recul, toutes les versions que j'ai eu entre les mains étaient systématiquement trop difficiles.

Robocop version Arcade n'en reste pas moins un bon jeu mais on ne peut pas jouer à 2 simultanément (et oui, il n'y a qu'un seul Alex Murphy) et pour en faire un hit, sans doute aurait t'il fallu confier la licence à un studio plus talentueux comme Irem ou Capcom. Mais comme vous le savez, on pourra palabrer autant qu'on le voudra, on ne refera pas le passé et notre Robocop restera à jamais l'un de ces titres qui a raté l'occasion unique de proposer un produit dérivé d'une qualité irréprochable...



Les -

  • Une fin minimaliste, alors qu'on a souffert pour en arriver là et que ça nous a coûté un max !
  • Robocop est bien trop fragile, rigide et imposant, ce qui fait qu'on enchaine les crédits
  • Une difficulté absolument infecte, même en facile !
  • Vraiment très court (environ 30 mins)
  • La même musique tout au long du jeu
  • Finalement peu varié


  • Les +

  • Un gameplay basique mais qui n'en reste pas moins agréable
  • Le ED-209 fait un boss remarquable et assez impressionnant
  • Des voix digitales à la qualité étonnante pour un jeu de 1988
  • Une double intro assez sympa mais vraiment trop expédiée
  • La réalisation est très propre



  • La séquence de fin (spoil) : cliquez pour ouvrir



    Test réalisé par iiYama

    août 2025


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