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Sorti en juin dernier, j'ai découvert il y a 3 jours que ce jeu existait. Et il est vrai que personne n'en a parlé à tel point que de grands sites comme GameKult, ne l'ont même pas testés. La première chose à savoir, c'est qu’à l'heure tardive de mon test, le jeu n'est sorti qu'aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne et en Russie. Donc, vous n’aurez donc au choix que les langues Allemande, Russe ou Anglaise. Perso, quitte à rien comprendre à un jeu, autant qu'il soit en Anglais, la version Française ne proposant que des sous-titres. Le 2e truc bizarre que j'ai trouvé à ce jeu c'est qu'il n'a pas eu d'élargissement médiatique et peu de sites/revues l'ont testés. Alors moi, humble serviteur de mes lecteurs, je me suis dit que ça serait bien de combler ce petit manque d'autant qu'à regarder les screenshots, ça avait l'air beau. Et en effet le jeu est pas trop mal mais il possède son lot de tares avilissantes et si personne ne sait qu’Alpha prime existe, et bien c'est pas trop grave en soi.

Se plaçant dans un futur assez mal dégrossi voulant nous faire entrer dans une science-fiction dont on accrochera peu et hormis un scénario déjà vu 1000 fois, l'action est entrecoupée de dizaines de cut-scènes où les interlocuteurs prennent leur temps de bien se raconter leurs vies. C'est long, mais long et en plus c'est chiant car ça n'a que peu d'intérêt alors on finit vite par presser -ESC- pour zapper ses innombrables scènes bien lourdes. Tout ce blabla qui vous montera au nez telle une trop grosse dose de moutarde sur votre frite, sera le premier point du jeu qui vous gonflera. Mais pas d'inquiétude, y'en a d'autres...

Plus simple, c'est difficile à faire ! Se torpillant en une dizaine de bouton hors souris, les commandes sont on ne peut plus simples. Et vous me direz, ça sert à merveille un gameplay basique au possible. Bourrinage en vue, le jeu vous offre toutes ses armes dés la première heure. Sans originalité aucune, on ira du pseudo 9mm au pompe en passant par une sulfateuse et autre un lance-roquettes. Avec ça, on sulfate à tout va dans un titre assez difficile car entre autre, il ne gère pas les zones d'impact. Ainsi un bon gros shoot à la tête donnera le même résultat qu'au ventre. Pour se changer un peu les idées, on aura aussi quelques phases de plate-formes/puzzles bien chiantes. Chiantes parce que ce gros nul d'Arnold nous fait des sauts type "moon-jump" hyper imprécis et qu'en plus, il a tendance à rebondir comme une grosse buse sur la moindre paroi. Dingue ce que c'est réaliste ! En plus faut voir les puzzles pour gogols qu'ils nous proposent... des trucs à peine pensables et pourtant pénibles à franchir. Et encore je ne vous parle pas des objectifs à accomplir, franchement laids parfois. Ah oui car j'ai oublié de vous dire que j'ai rarement vu un jeu aussi scripté. C'est à tel point que le sas ne s'ouvre que si vous avez buté tous les gars de la pièce. Voyez le genre. L'IA est assez décevante car si on la croit développée dans le premier quart d'heure du jeu, on s'aperçoit vite qu'en fait chaque type d'ennemis aura toujours la même attitude face à vous. En plus on a pas d'attaque secondaire et encore moins au corps à corps alors que vos assaillants ne s'en prive pas. Et il faut ajouter à ça qu'ils sont assez persistants 
Le gameplay est simpliste, voire même tristement banalles bougres puisque les chargeurs se videront sur une poignée d'entre eux seulement. Si sur les robots on peut comprendre, sur des humains c'est plus difficilement concevable. Toujours confiné dans des couloirs, on fera aussi quelques ballades en extérieur où il faudra reprendre de l'oxygène (tient, il me semble avoir déjà vu ça quelque part). Enfin, Alpha Prime pompe 2 idées sympas venus bien sûr d'autres jeux. Tout d'abord il y a le pirateur qui permet d'accéder à diverses fonctions (contrôle de caméras, ouverture de portes ou plus fin, contrôle d'automates) puis la fonction de ralentir le temps, ce que Black Element a tout simplement appelé dans le jeu le Bullet Time. Super original. Et sérieusement, à la façon de The Mark, ce dernier gadget ne sert presque à rien.

Nommé Path Engine, le moteur 3D assure... un peu. Pour être tout à fait objectif, il faut reconnaître que les décors ne sont pas si mal que ça. Son côté SF est sympa, le jeu de lumières et d'ambiance est assez bien réalisé et les textures sont dans l'ensemble très convenables. Seulement, le rendu graphique n'a rien d'extraordinaire non plus. Dépassé avant même de sortir, on croirait jouer à un jeu qui a au moins 2 ou 3 ans. La modélisation est correcte mais les mouvements ne sont pas du tout réalistes ce qui donne des gestes façon C3PO avec un visage cireux qui ne possède en plus, aucune expression faciale. Le gameplan est dirigiste au possible puisqu'il n'y a qu'un 
Si les décors sont réussis, les PNJ et leurs attitudes sont plus douteuseschemin possible et si l'ambiance SF est sympa au début, les décors se renouvellent peu (comme les ennemis) et ont finalement du mal à intégrer le joueur. Pas spécialement gourmand en terme ressource puisque un PC modeste suffira à le faire tourner, on remarquera par contre de grosses baisses de frame-rate. Le plus étonnant est de ne pas savoir pourquoi ça fait ça puisque le jeu reste constant dans sa platitude. Enfin, le Path Engine gère parfaitement les effets d'éblouissements, peut-être même trop. Car si c'est assez bien fait, qu'on reste surpris au début, à la longue c'est pénible toutes ces fluctuations de luminosité, l'effet étant usité en permanence (toute les minutes au moins) ce qui fatigue les yeux.

Grosse tare pour moi que de jouer à jeu non traduit dans notre belle langue, quand il faut en plus se le taper tout en Anglais et dans un jargon "amerloque" assez soutenu, c'est lourd. Mais bon, sans trop chipoter, le son est convenable dans sa version Shakespearienne. En effet le doublage est pas trop dégueulasse même si quelques envolées d'intonations vous feront sourire. Les bruitages sont dans l'ensemble assez bons. Quant aux musiques, qui alternent divers genres passant de l'Electro bas de gamme au Metal sans honte, et bien ça reste commun. Pas de quoi en faire toute une cérémonie.

Tout le problème d'Alpha prime vient de son manque de prise de risque, jonglant entre le bof et le sympa sans avoir la moindre originalité, piochant ça et là les bonnes idées des meilleurs FPS du genre (Red Faction, DOOM 3, Half-Life). Ainsi on a des graphismes pas vilains ainsi qu'une bonne gestion de la physique mais un moteur clairement dépassé et en plus saccadé. On a un héros auquel on ne s'identifie pas (le style 40 ans, divorcé, mal dans sa peau et pas beau en plus de ça) et une pléthore de bugs gênants. On peut par exemple citer des tonneaux explosifs qui ne tuent personne, des ennemis morts qui bougent tout seul, des voix (lors des cut-scènes) souvent coupées ou encore des cadavres ayant les yeux ouverts. Tout ça résulte d'un manque de finition assez visible et copier je dis pas non mais seulement si c'est bien fait ! Au final Alpha prime n'est pas un mauvais jeu, je le préfère même à The Mark pour son côté SF et son moteur 3D moins gourmand, moins chaotique, mais il est difficile de lui attribuer une super note. En jouant à ce jeu, c'est pile ou face : soit on s'ennuie soit on s'éclate. Dans ce dernier cas, il faut à mon avis ne pas être trop exigeant. En plus, le jeu a tellement fait un bide, qu'il n'est même pas sorti chez nous, comme dans la plupart des pays du monde. Pour le trouver, il faut aller sur Steam (le portail Internet de Valve) et il ne vous coûtera que 13€ (19$). Même pas 6 mois après sa sortie, ça vous donne une idée de la qualité du jeu.