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Le mélange des univers 
On peut jouer les Predators ou les Humains au sein d'un beat-them-all dans la pure tradition des oeuvres de Capcom d'Alien et de Predator sont allés bon train dans les années '90. Il est vrai que l'affrontement entre les 2 monstres sacrés du cinéma avait de quoi réveiller les spectateurs endormis. Ça a commencé par un Comics en 1989, puis un caméo dans le film Predator 2 (1990) et ensuite les choses se sont enchainées : jeux vidéos, figurines et une apogée atteinte en 2004, lors de la sortie du film du même nom dans les salles obscures. Mais en attendant, 10 ans plus tôt, Capcom nous a concocté un beat-them-all dont il a le secret, à la croisé de Final Fight, Cadillacs & Dinosaurs et The Punisher. Rien que ça !
Avant toute chose, il faut savoir qu'un Alien vs Predator est sorti sur Super Nintendo entre janvier et novembre 1993 (selon le territoire) et il n'est pas l'adaptation du jeu d'Arcade... En fait, le jeu Super Nintendo a été développé par Jorudan, un petit studio japonais né en 1991 et qui n'a sorti que des jeux que vous ne connaissez sans doute pas, la plupart n'ayant pas quitté le Japon. Et bien sachez que cette version sur console 16-bits, a vu le jour plus d'un an avant la version d'Arcade ! Capcom s'est inspiré de cette cartouche pour développer sa propre version, qui verra le jour sur le récent et performant CPS-2, Hardware maison qui est venu fidèlement remplacer un CPS-1 dont le succès fut incontestable. Bref, l'édition Arcade reprend les grandes lignes de la version Super Nintendo, mais diffère sur bien des points, et pas seulement techniques...
Et cette belle cartouche CPS-2 qui fait pas moins de 185 Mb (ce qui est vraiment pas mal sachant que le tout premier jeu du CPS-2 était Super Street Fighter II et qu'il ne faisait "que" 156 Mb), nous dévoile de gros efforts en termes de narration. En effet, ça commence par une jolie introduction qui nous narre l'arrivée des Aliens sur Terre. Evidemment c'est la panique, l'armée est débordée, jusqu'au moment où arrivent les Predators. Ces derniers vont s'unir aux humains afin de combattre l'invasion. Dès l'intro on sent un réel effort de la part de Capcom, pour offrir un scénario catastrophe cohérent et bien mis en scène (rappelons que nous sommes en 1994 et sur Arcade, il faut bien se remettre dans le contexte). Les images sont fort jolies, certaines sont animées, le design est respecté et même si le scénario tient sur un timbre-poste, difficile de bouder son plaisir. Le plus remarquable, c'est que nous aurons à nouveau des cinématiques entre chaque level, et que l'épilogue est suffisamment long et gratifiant, ce qui était assez rare à l'époque, surtout sur Arcade.
Il y a une petite chose qu'il faut bien comprendre avec les systèmes Hardware de Capcom, et vous allez le voir, ces mecs étaient des malins. Comme vous le savez déjà, c'est en 2007 que les normes audiovisuelles ont été mises à plat avec pour standard minimum le fameux HD Ready, soit du 720p / 60 images par seconde. Mais avant ça, il y avait principalement 3 normes : le SECAM (qui était notre standard pour la TV hertzienne), le PAL (nos télés étaient toutes compatibles avec ce format, notamment grâce à la Péritel) et le NTSC. La principale différence, c'est que le PAL avait une meilleure résolution mais il était souvent limité au 50hz des pays l'utilisant, alors que le NTSC avait une résolution plus faible mais il profitait du 60hz. Voilà pourquoi sur les vieilles consoles précédant la 7e Génération (celle des PlayStation 3 et Xbox 360), les jeux japonais et américains (en NTSC 60hz) tournaient plus vite que les jeux européens, qui étaient généralement en PAL 50hz. Côté résolutions, le NTSC offrait du 640x480 alors que le PAL pouvait monter jusqu'en 768x576.

Aliens vs Predator (AvP) 
Comme souvent sur Arcade, le gameplay est très simple, très accessible mais le jeu est défoulant et pour une fois, pas trop difficile est un beat-them-all en 2D, comme sait si bien le faire Capcom. Il faut dire que sur Arcade le genre est assez plébiscité : sa simplicité de prise en mains et son aspect défouloir étant exactement ce qu'un joueur cherche à obtenir d'un "jeu de café". Nous aurons donc le choix entre 4 personnages : un mec barraqué ayant un canon à la place d'un bras (lent mais puissant), 2 Predators assez différents l'un de l'autre (un guerrier et un chasseur), et enfin une fille aussi jolie que badass mais malheureusement assez peu puissante.
Si le système de combat classique à main nues est commun aux 4 (bien que chacun possède ses coups et enchainements propres), il y a bien sûr des différences, à commencer par le système d'armes embarqué. Les originalités entrent en scène dès le premier level puisque des armes sont disponibles de suite : couteau, fusil, grenades, lance-flammes, mitrailleuse lourde, disque Predator et autres. D'ailleurs vos persos ne peuvent pas sauter et en contre partie, les 3 boutons d'action du jeu actionnent 3 attaques différentes (il y a aussi des combinaisons de touches). Du côté des opposants, on retrouvera toute la panoplie de la famille Alien (couché, debout, reine, œufs, chestburster et face-hugger) plus quelques-uns créés pour l'occasion. Après un virement du scénario (vers le dernier tiers du jeu), on verra aussi des humains.
En fait ces humains ont étés soumis à une toxine, en plus d'être contaminés par des œufs Aliens. Que du bonheur. En plus d'apporter une notion de variété dans les ennemis, on aura aussi une nouvelle panoplie d'armes (comme les fusils d'assaut vus dans Aliens 2, le film) et d'opposants comme les mechas de manutention (toujours issu du film Alien 2). Dans tous ça, afin de rappeler qu'on est dans un jeu Capcom, nous aurons également 2 bonus-stages. L'un propose une phase de shoot intensif et l'autre, plus classique, proposera la destruction d'une machine (et non, pas de Mercedes :).

Avec tout ça 
La réalisation nous dévoile un CPS-2 très en forme ! Affichant de nombreux sprites sans broncher en plus de jolis décors, AvP est une belle réussite technique vous l'aurez compris, Capcom a fait le maximum pour offrir un titre efficace, défoulant et varié. En plus, si le jeu abuse de nuées d'ennemis ultra agressifs, il ne sera pas trop difficile de s'en débarrasser, ce qui ne gâchera pas le plaisir débordant du titre. En somme, la difficulté est bien dosée pour un jeu d'Arcade, ce qui reste rare pour le secteur. Et niveau durée de vie, elle est très classique et avoisinne l'heure. Je finirai par la jouabilité qui est en tout point parfaite. La panoplie de coups, alliée à la diversité des personnages font qu'on ne s'ennuie jamais et sur certaines bornes, on peut même jouer à 3 simultanément.
Parlons un peu technique. Je rappelle que nous sommes sur CPS-2, le très performant Hardware 16-bits conçu par Capcom lui-même. La cartouche fait 185 Mb, ce qui est beaucoup quand on le compare à un Final Fight (28 Mb) ou un Cadillacs & Dinosaurs (72 Mb), bien que tous 2 soient sortis sur CPS-1. Les divers décors traversés seront bien sûr inspirés par les divers films des 2 licences, avec une finesse et une coloration agréable. On aura la ville, les égouts, un niveau sur le toit du M577 (le véhicule blindé de transport de troupes du second film), l'antre des Aliens avec son décor si particulier, la forêt, le labo... en somme ce n'est pas super original mais ça reste suffisamment varié et fidèle aux univers empruntés.
L'animation est pas mal détaillée et ne souffre que de très rares bugs. Les sprites sont imposants (surtout les boss) et l'action ne mollit pas. On retrouvera les bruitages des films (on reconnaitra immédiatement le bruit particulier des fusils) tout comme leur ambiance musicale. C'est d'ailleurs sur ce seul point que j'ai a redire. Musicalement si le sampling est d'un excellent niveau, de leur côté les compositions d'Hideki Okugawa ne collent pas vraiment avec l'ambiance et couvrent un peu trop les bruitages. J'aurais préféré que Capcom fasse dans le classique du genre : moins d'envolées cinématographiques et plus de mélodies carrées. Certes, ça fait le job mais sur ce point précis, je reste un peu déçu.

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Vaguement réinterprétée
Note
de la version Super Nintendo sortie plus d'un an auparavant (et non l'inverse comme le veut la tradition), Alien vs Predator est l'un des tous premiers jeux à s'inspirer de ce cross-over qui mêle les 2 monstres sacrés du cinéma Hollywoodien. Et quoi de mieux qu'un bon vieux beat-them-all des familles, pour défouler tout le monde ? D'autant plus que Capcom excelle dans l'exercice... Vous l'avez sûrement compris, j'ai adoré ce Alien vs Predator ! Techniquement d'un bon niveau, d'une difficulté bien dosée (ce qui est assez rare sur Arcade pour être souligné), jouable et défoulant, AvP est un très bon jeu qui dévoile autant le savoir-faire du studio, ainsi que les capacités assez incroyables d'un CPS-2 qui pourtant, n'est qu'en début de carrière. |


