Stranglehold (X360)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : septembre 2007
Développeurs : Midway Chicago - Tiger Hill Ent.
Editeur : Midway Games
Genre : TPS

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Unreal Engine III
Définitions HD : 720p - 1080p
Difficulté :
Multi-joueurs : 6 joueurs online
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 1.1 Million (tous supports)


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John Woo presents

Stranglehold








Après le test de la démo, j'ai finalement craqué pour ce superbe jeu d'action à la 3e personne (TPS). Avant d'y jouer, je me suis acheté sur le Net le fameux film "A toute Epreuve" (Hard Boiled aux USA) où le grand Chow Yun-Fat (l'un de mes acteurs asiatique préféré) joue du gun avec grâce. A vrai dire, difficile de croire que ce film est culte mais je veux bien admettre qu'il est marquant. Des milliers de coups de feu sans recharger, des mecs qui ne savent franchement pas viser (le gars est sous son nez et encore il rate sa cible), des cascades irréalisables, du sang partout et surtout, des héros qui passent à travers les projectiles... c'est sûr, c'est du grand John Woo, du grand n'importe quoi, mais aussi du grand spectacle comme je les aime. Tiger Hill Entertainment (la boite de production de John Woo) et le studio de Midway Chicago, se sont mis en tête de nous faire une suite de ce film "cérébral", sur nos machines contemporaines...




Développement scénaristique

Scénario : cliquez pour ouvrir

Il faut être clair,
Tequila is back !
sous ses airs de grosses productions, le scénario est un peu trop léger pour vraiment embraser les foules. Uniquement à base de cut-scènes 3D (les vidéos sont également basées sur le moteur graphique), la mise en scène est assez bonne (surtout pour l'intro) et propose quelques plans "à la Woo" et des passages très réussis. Il est vrai qu'au début de l'aventure on est franchement dans le flou mais une fois les bases du scénario dévoilées (vers 1/3 du jeu), ça roule tout seul. De toute façon, ce n'est pas le genre de titres où les scénarios brillent. Il n'y a qu'à voir celui de Lost Planet ou de la plupart des FPS pour s'en convaincre. Le plus souvent c'est léger, très léger...


Jouabilité & Gameplay

Trêve de blabla,
Se mettre à couvert nous évite de trop charger même si le système est largement perfectible
si Chow Yun-Fat s'est laissé digitalisé le portrait, c'était pour une bonne raison : faire un jeu d'action (un Third Person Shooter) nerveux, aux multiples possibilités de cascades, à l'action aussi abusée que dans le film et à la destruction massive. A ce titre, Stranglehold fait fort. Non content de dézinguer des mecs par dizaines toutes les minutes, on peut aussi user du décor comme moyen expéditif pour tuer ses ennemis : tirer sur une bouteille de gaz, faire tomber un panneau lumineux ou encore exploser tout un pan de mur... ça expédie vite fait la racaille en Enfer. L'inspecteur Tequila ne peut porter que 2 armes sur lui (s'il n'a plus de munitions, il joue des poings), les 9mm de base pouvant très bien être remplacés. Avec un arsenal assez sympa (Mp5, pompe, Desert Eagle, M4), difficile de se lasser d'autant qu'afin de garder un peu de crédibilité (eu égard au film), les armes sont assez réalistes. Mais 2 problèmes se posent : le premier c'est que je n'ai jamais vu des ennemis, apparemment humains, prendre autant de pruneaux avant de crever (c'est d'autant plus vrai pour des boss qu'on croirait sous armure) et le deuxième, c'est qu'on ne recharge jamais (un 9mm avec 80 douilles, c'est du jamais vu !). Mais comme je le dis souvent, il faut bien faire un jeu non ? Car Stranglehold est avant tout pensé pour se jouer au pad. C'est un jeu console mais loin du parti-pris limite insultant de certains jeux, on retrouve quelques anecdotes assez bizarres. Par exemple nous avons des bombes qui se placent toutes seules (comme ça juste en passant devant l'emplacement indiqué), le fait de ne pas recharger (deuxième couche), la plupart des actions acrobatiques s'effectuent automatiquement (j'y reviens de suite) ou encore le fait qu'il faille souvent réaliser des actions contextuelles pour avancer (action du type détruire un ponton pour franchir un précipice ou tuer tous les ennemis de la pièce pour que la porte s'ouvre). De plus, les combats sont souvent trop longs car il y a trop de monde à tuer en un même endroit (à croire que le cartel tenait une véritable armée), ce qui rend le jeu plus bourrin que subtil (on finit par rentrer dans le tas).


Le gameplay
Le gameplay emprunte beaucoup à Max Payne (bullet time, shoot dodging), et ce n'est pas pour nous déplaire
est assez simplifié. Cet ersatz du cultissime Max Payne dont il reprend toutes les bonnes idées, propose un système de pouvoirs spéciaux pas vraiment original mais parfaitement mis en oeuvre. Sur votre parcours, vous trouverez des cygnes origamis (des cocotes en papier, l'un des nombreux clins d'oeil au film) qui vous rempliront votre "Tequila Bomb". Effectuer des morts spectaculaires (head-shot, acrobaties, meurtre par éboulement...) permet aussi de remplir cette jauge un peu spéciale (jauge ronde en bas à gauche de l'écran). Ainsi vous pourrez effectuer des coups spectaculaires : soit vous remontez votre énergie (rien de spécial donc), soit vous effectuez un tir précis (tout au ralenti pour une mort parfois sadique mais spectaculaire), soit vous chargerez votre arme, l'action se ralentie et vous pourrez tirer comme un dératé sur tout ce qui bouge et soit Tequila effectue l'attaque tourbillon où il dézingue tous les ennemis présent dans la zone. Autant dire que les 2e et 4e option sont particulièrement utiles soit pour se sortir d'un mauvais pas, soit pour se faire plaisir, la première option ne servant qu'à titre de survie et la 3e n'étant, pour ma part, que peu utile. Dernier point de ce chapitre : au moins une fois par niveau nous avons droit à une "confrontation". L'action se ralentie et on doit esquiver avec gauche/droite les tirs ennemis (Tequila ne peut que légèrement s'écarter) tout en visant ses cibles. Facile au début, ses passages sont forcément plus corsés sur la fin. D'ailleurs, selon le niveau de votre jauge de "Tequila Time" (celle sous la barre d'énergie), vous pourrez ralentir le temps à la façon du "bullet time", et ainsi réaliser d'acrobatiques figures. Au fur et à mesure de vos exploits, il y aura des bonus à débloquer et l'action est franchement défouraillée ! Si la zone d'impact est précise (c'est d'autant plus appréciable en mode sniper), il n'y a malheureusement aucune ouverture des maps (les zones étant cloisonnées) mais en contre-partie, la destruction y est massive. Tout ce qui n'est pas fait de métal peut être détruit avec les armes ! Murs, poteaux, objets, enseignes, placard, tables... c'est un véritable régal de tout détruire sur son passage. Véritablement impressionnant, si Stranglehold plagie, s'il n'innove pas (on retrouve même une phase de shoot à bord d'un hélico) ou si on nous cloisonne, on ne peut pas lui reprocher un fun puissant et débridé.


L'image

Basé sur
Tout exploser est un vrai régal ! La destruction massive du décor atteint un niveau jusque-là inégalé
le très prolifique Unreal Engine III, le moteur graphique impressionne. La modélisation des personnages est bluffante (notamment les visages des principaux protagonistes, qui arborent de véritables expressions faciales), les décors sont magnifiques pour la plupart (même il subsiste quelques passages à vide) et l'animation est dans la plupart des cas, réaliste. C'est aussi pour cette raison que l'intro, comme les scènes intermédiaires, sont excellentes et parfois même vraiment abusées ! Fait hallucinant, c'est grâce à un moteur graphique très performant, que tout le décor est entièrement destructible. On a déjà vu que certains objets peuvent nous servir à zigouiller un ennemi mais en plus, le moindre impact dégradera la moindre surface : murs, pilonnes, enseignes lumineuses, objets divers... tout y passe. Souvent après une fusillade, on ne reconnaît même plus l'endroit tant le décor a été dévasté et criblé de balles. On explosera même des maisonnettes entières suite au souffle d'une explosion. Tequila a aussi droit à sa dégradation physique (sang sur les vêtements), l'écran des menus est excellent (scène d'action en 3D) et on retrouve tout ce qui a fait le charme si particulier du film : les origamis, les colombes, les marchés de Hong-Kong, le salon de thé avec les oiseaux, du sang qui gicle par litres (c'est sûr, un shoot de fusil pompe dans la face ça pique !) et même notre inspecteur se craquant une clope ou buvant sa boisson préférée (téquila-paf). On retrouve également un énorme clin d'oeil au film Desperado (avec Antonio Banderas) lorsque Tequila dépose des étuis à guitare en guise de garde-fusils. Seul reproche qu'on pourrait formuler, c'est le manque de synchro lèvres/dialogues lors des cut-scènes, qui atteint un tel décalage que c'en est ridicule. On déplorera quelques saccades, certaines textures sont parfois pauvres en détails et... je crois bien que c'est tout. Stranglehold est une vraie leçon de dynamisme, de destruction massive et du savoir-faire si particulier de John Woo, que le réalisateur a su intégré à un jeu vidéo. Belle performance !


Le son

Si la plupart
La bande-son fait le boulot
des bruitages sont excellents, je reprocherai juste aux armes de ne pas être plus dynamiques. C'est d'autant plus vrai pour les 9mm qui ont des FX pas du tout correspondant (les autres armes, notamment les mitrailleuses, s'en sortent honorablement). Pas franchement décevantes non plus, les armes auraient mérités d'être plus véloces, plus incisives, plus expressives. Hormis ce détail, qui n'a finalement que peu de poids étant donné qu'ils remplissent malgré tout leur fonction, on retrouve un doublage entièrement en Français (c'est sympa de penser à nous), d'une qualité très correcte. Certes les voix ne collent pas toujours aux protagonistes et on déplorera que la synchro labiale ait été jeté aux orties. Sans ça, Stranglehold démontre bien qu'il est toujours plus agréable de vivre son jeu comme un film intéractif, plutôt que d'avoir un doublage en anglais certes plus pro, mais dont les sous-titres pèsent sérieusement sur le plaisir et le suivi scénaristique. Enfin la bande-son est cinématographique, au point qu'on la croirait sortie d'Hard Boiled. Sans quoi, elle n'est pas exceptionnelle pour autant. Seule le thème principal est vraiment accrocheur, le reste est dans la norme et accompagne bien le jeu, sans jamais dépasser le stade du suffisant.


Note générale

En conclusion, je pense que Stranglehold est un excellent jeu, qui a pour lui pas mal de bonnes facettes : réalisation graphique énorme, destruction massive/jouissive du décor, ambiance à la John Woo et scénario certes simple, mais qui touchera tout amateur de gent féminine en détresse. Bien sûr il n'est pas parfait (bugs graphiques, gameplay limité, scripts voyants), mais il possède son aura propre. Je pense que c'est un jeu auquel il faut s'intéresser, ne serait-ce que pour son fun frénétique, débridé, violent et sanguinolent. On sent bien que John Woo a voulu rendre le jeu très proche du film, à la fois dans son ambiance, son action et ses clins d'oeil. Difficile de faire plus accessible même si son côté Arcade, brut de décoffrage, plaira surtout aux vieux routards du jeux vidéo pour qui rien ne valait un bon Cabal. Stranglehold reste fun en toutes circonstances et jouer du gros flingue pour tout exploser l'emporte sur la plupart de ses défauts car il est clair qu'il est le nouvel embassadeur d'une destruction massive qui manque à beaucoup de jeux actuels.


Test réalisé par iiYama

novembre 2007