Scott Pilgrim Contre le Monde (X360)

 






 


Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image (si on aime les jeux rétro)
L'image (objectivement)
Le son
Note générale


Sortie du jeu : août 2010
Développeur : Ubisoft
Editeur : Ubisoft
Genre : beat-them-all

Support : en téléchargement sur XLA
Version testée : Française
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : FR

Définitions HD : 720p - 1080p
Difficulté :
Compatible Kinect : non
Compatible 3D : non
Multi-joueurs : jusqu'à 4 joueurs
Titre alternatif : Scott Pilgrim vs The World (US)
Prix au lancement : 10€ (800pts)


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Scott Pilgrim

Contre le Monde



Scott Pilgrim
La scénarisation ne vole pas bien haut... comme dans la BD en fait
est une série de comics écrite et dessinée par Bryan Lee O'Malley. Elle comporte 6 volumes parus entre août 2004 et juillet 2010 à raison d'un volume par an. La série décrit la vie de Scott Pilgrim, un canadien de 23 ans habitant à Toronto. Il est sans emploi et joue de la basse dans le groupe Sex Bob-omb (première référence, les bob-omb sont les bombes sur pattes de l'univers de Mario). Il tombe amoureux d'une livreuse américaine, Ramona Victoria Flowers, mais doit combattre ses 7 ex maléfiques pour pouvoir sortir avec elle... Ce scénario un peu bidon sera repris plus tard dans le film du même nom et bien entendu, dans la présente adaptation vidéo-ludique. Avant toute chose, je vais revenir sur le nombre effarant de clins d'œil que l'auteur a semé tout au long de son œuvre. Le coup des bob-ombs ce n'est qu'un début car les références, qui font appel à la culture j-pop ou plus globalement à la culture geek, parsèment tout le jeu. Par exemple, le boss du level 3 fait clairement pensé à Akira, lorsqu'ils finissent les niveaux Ramona part sur une étoile (comme Kirby) alors que Kim disparait dans un tuyau vert qui sort du sol (comme Mario). A un moment une limousine se pare de l'avant de K-2000, quand un peu plus loin on détruit une voiture à main-nues, comme dans Final Fight. Je ne vous décrirai pas tous les caméos que contient le titre mais dites-vous que si votre culture ludique et tout ce qui l'entoure (ciné, manga, geekologie…) est un peu enrichie, vous allez littéralement kiffer ça ! Bon retournons à notre jeu du moment, Scott Pilgrim est un beat-them-all de la vieille école, dopé par un gameplay bien moins bête qu'il n'y parait. Evidemment vu la richesse du scénario, il ne faut pas s'attendre à une grande scénarisation et son aspect "jeu de baston des années 80/90" fait en sorte que ça suffise. Après tout des titres comme X-Men, Cadillacs & Dinosaurs, Sengoku ou Golden Axe, nous ont servi leur bouillie sans que personne ne s'en soucis.


Et je le dis,
Le gameplay est plus riche que le laisse présager les premières minutes de jeu
on parle ici d'un jeu qui aurait pu être développé sur 16-bits, ou au mieux sur la première génération de PlayStation. Loupé, la licence est née en 2004 mais ça n'a pas empêché son auteur, comme Ubisoft Montréal (en association avec Ubisoft Chengdu, une filiale Chinoise) de nous faire revenir une paire de décennie en arrière, à cette époque faste où j'étais jeune, cet âge d'or du jeu vidéo, cette période unique où "c'était mieux avant". Alors pour mieux nous plonger dans cet univers, les personnages (crayonnés bizarrement dans la BD) ont été redessinés en pixel-art dont le rendu est proche du tiny-character. Ça rend le tout plus mignon et n'enlève rien au charme de son univers puisqu'il reste relativement mature avec des mamelles à l'élasticité étonnante (les développeurs ont sans doute trop jouer à Dead or Alive), des filles aux poses sexy et bien entendu, une certaine violence d'action. Au niveau des graphismes, c'est donc volontairement pixellisé, comme si le jeu tournait sur cette bonne vieille Mega Drive. Pixellisé oui, mais le charme opère. Les mimiques sont à mourir de rire, les décors sont très sympas et les animations sont parfaitement travaillées. Entre ça et un framerate heureusement imperturbable malgré des dizaines d'ennemis, c'est bien ça qui fait la différence avec nos jeux d'antan. Pour accompagner ce déluge de gros pixels qui tâchent, rien de mieux qu'une excellente bande-son, totalement ancrée dans une récente mouvance qui vise à nous faire revivre les grosses mélodies et les sonorités d'époque, j'ai nommé le "chiptune". En effet, si on prend la plupart des jeux actuels, les musiques sont symphoniques, composées par de grands orchestres, parfois même par de grands compositeurs mais bien souvent, selon le jeu, ça ne colle pas du tout. Le plus vieil exemple que j'ai sous la main, c'est Alien 3 sur Super Nintendo, où la bande-son proche du film, n'allait pas du tout au jeu. Depuis on n'entend plus que ça et c'est parfois frustrant. Le bon vieux temps où les grosses mélodies nous poussaient à forcer le son de la télé, ces thèmes inoubliables qu'on fredonnait à longueur de journée, sont indubitablement entrain de nous manquer. Dans Scott Pilgrim on retrouve donc ce son "so chip" et mélodieux qui accompagne parfaitement notre aventure. Bon on subit un petit défaut d'équilibrage musique/bruitages mais un simple tour au rayon des options suffira à corriger la faute.


Enfin les bruitages
Scott Pilgrim c'est aussi des tonnes de références comme ici, un sacré clin d'oeil à Guitar Hero
sont percutants (une bonne chose pour un jeu de baston) et une fois encore, les références pleuvent. Des sons sont issus d'autres jeux ultra-cultes et un connaisseur les reconnaitra de suite. Par exemple le chien d'Earthworm Jim (d'ailleurs les chiens de ce jeu semblent sortir de Resident Evil) ou encore des coups portés qu'on jurerait issu d'un épisode King of Fighters. Difficile d'être frustré si on aime les jeux vidéo... Dernier pan à évoquer avec vous, et non des moindres, le gameplay est d'une richesse peu soupçonnable de prime abord (surtout si on se cantonne à une démo). Beat-them-all avant tout, on profite d'une panoplie de coups normaux, de coups plus puissants et de coups spéciaux qui bouffent des points spéciaux. On en a plusieurs et ces points spéciaux peuvent également servir à re-remplir une jauge de vie tombée à zéro. Pareil, si on joue à plusieurs (de 2 à 4) un allié peut venir nous remettre debout, ce qui évite de cramer ses vies trop vite. C'est un peu la différence entre le jeu seul (plus difficile) et le jeu en multi coop', obligatoirement plus accessible. Si Scott Pilgrim s'arrêtait là, ce serait un peu décevant (reconnaissons-le) mais fort heureusement, la grosse nouveauté du titre, c'est d'apposer à son aspect barbare et sans cervelle, toute une dimension RPG. En effet, si passer les 2 premiers niveaux est assez aisé, les suivants risquent de vous mettre la misère. Et c'est là qu'entre en jeu tout l'argent qu'on amasse lorsqu'on fracasse un ennemi. Ce fric sert à être dépensé dans des boutiques (parfois cachées) afin d'acheter banalement de quoi remonter sa jauge de santé, des vies ou plus subtil, des upgrades. Par exemple un bras bionique augmente de 50% la force du personnage, ce qui facilite immédiatement l'aventure. C'est sans doute ça qui fait la grande différence entre un joueur qui a adoré le titre et un autre qui le trouvera sympa, mais trop dur. Le jeu n'est pas dur ! Il n'y a pas vraiment de game-over et si jamais il arrive qu'on perde, on peut très bien reprendre un ancien level, se faire de l'XP et de l'argent, s'acheter des upgrades, et revenir défoncer tout le monde ! Le jeu n'est au final difficile que pour ceux qui n'ont pas compris la finesse intrinsèque du gameplay. Résultat, même si l'aventure n'est composée que de 7 niveaux (qui sont quand même assez longs), la durée de vie est boostée par cet aspect de fond qui vise à recommencer plusieurs fois un niveau pour être au max de ses capacités. On le fait bien sur les RPGs, pourquoi pas ici après tout ?


Seuls défauts à tout ça :
Si vous aimez les jeux rétro, vous allez adorer les graphismes !
certaines facettes du jeu sont totalement incohérentes et les achats en magasin se font en aveugle. Impossible de connaitre l'effet de tel ou tel objet, ou même d'un upgrade, sans l'avoir acheté au préalable. Et comme le jeu sauvegarde automatiquement, il est difficile de faire des essais. Ça, c'est vraiment pénible. Dernier détail, Scott Pilgrim emprunte énormément à 2 grosses références du beat-them-all : Street of Rage et Double Dragon (on pourrait aussi citer Comix Zone, The Punisher et certains jeux du genre). En somme, il est hyper sympa de pouvoir se servir de n'importe quel objet trouvé par terre (poubelle, chaise, batte de base-ball…) mais il est complètement idiot que lorsqu'on le jette, on le voit rebondir sur le bord de l'écran pour mieux nous en mettre plein la gueule. Il est idiot de pouvoir se servir d'un ennemi comme pour frapper sur un autre mais qu'il ne perde pas de points de vie si on le cogne à terre, il est idiot que les chiens lâchent de l'argent une fois abattus (?), bref le jeu est bourré de ces petites choses qui font un peu tâche dans cette production pourtant très bien étudiée. Car à côté de ça, il est vrai que Scott Pilgrim peut être jubilatoire. Les coups spéciaux, les mouvements d'évitements, l'expérience qui une fois engrangée nous offre de nouvelles techniques, des bonus-stages bien déjantés avec ses décors volontairement bugués… j'en oublie sûrement mais gardez en tête que nous avons à faire à un bon gros titre qui vise avant tout les fans de ces jeux perdus, ces Streets of Rage monstrueux pour leur époque, ces jeux d'Arcade où on lâchait avec ses pièces 5 Francs dans le monnayeur… en clair ces temps reculés où jeux vidéos rimait plus avec plaisir qu'avec pognon. Et justement, la dernière bonne nouvelle, c'est que ce jeu ne coute que 10 €uros pour une durée de vie qui dépasse facilement les 5 à 6 heures (surtout si on veut un perso boosté). Croyez-moi, il n'y a pas beaucoup de jeux qui se permettent d'avoir un aussi bon ratio qualité/prix, d'autant que souvent, les plus chers sont les plus courts et pas toujours les meilleurs.



C'est Note
son design hautement artistique et retro, sa bande-son de Game Boy survitaminée, son gameplay qui reprend les grands pontes du genre (Streets of Rage, Final Fight, Cadillacs & Dinosaurs, Batman Returns...), cette profondeur d'aventure à la fois riche et fun, et son prix parfaitement calibré, qui font de Scott Pilgrim un incontournable du beat-them-all dématérialisé. Le rétro fait un retour en force depuis quelques années (il n'y a qu'à voir le succès des compilations de titres rétro ou tous ces titres XLA/PSN repris directement des ludothèques les plus prestigieuses) et avec Aquel, on ne s'en plaint pas ! Sans dire haut et fort que c'était mieux avant, disons que c'était différent, plus simple, plus accessible, plus fun. Avec Scott Pilgrim, Ubisoft nous prouve qu'on peut très bien marier les 2 époques, dans un savant mélange de jeux 16-bits et de gameplay nettement plus moderne. Difficile de ne pas être comblé...



Test réalisé par Aquel & iiYama

aout 2011